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 Break goes the heart, Wrong goes the right, Good goes the bye... [Derek]

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MessageSujet: Break goes the heart, Wrong goes the right, Good goes the bye... [Derek]   Lun 11 Mai 2015, 01:31





Jour J.
Après des semaines de préparatifs, c'était le grand jour. Dans les Hamptons, dans un écrin de verdure, tout avait été mis en place au millimètre près. Les tonnelles pour les invités, le buffet qui serait prêt bientôt à accueillir les plats pour les invités. La scène pour la danse et pour le groupe qui allait animer la fête. Tout était parfais et dans l'une des nombreuses pièce du château que la famille de Thomas mettait à notre disposition pour notre mariage, je faisais face à ma robe blanche que je devais enfiler. Mes demoiselles d'honneur s’agitaient, alors que je prenais une grande inspiration. J'avais l'estomac noué et un drôle de pressentiment mais on m'avait dit que c'était lié au stress et qu'une fois le "oui" prononcé, je me sentirai plus légère.
Je décrochais la robe, l'enfilais, laissais mes amies m'aider à la lacer derrière et dans ma jolie robe de princesse, j'étais belle. Même moi j'avais conscience de l'effet magique qu'avait une robe de mariée sur une femme. Je m'étais ensuite laissée faire, laissant le coiffeur s'occuper de mes cheveux et Lily ma meilleure amie s'occuper de mon maquillage. Je tentais de me détendre alors que mon état de stress semblait émouvoir tout le monde. J'aurais préféré qu'on me dise que tout allait bien aller au lieu de dire "ma chérie, tu stress c'est mignon!".
Mon père était passé me voir. Pudique, maladroit, il m'avait prise dans ses bras avant de repartir. Lui et moi nous avions une relation des plus bizarre comme un ressort qui ne ferait que se resserrer avant de se distendre. Mais une fois prête, quand mon frère était venu me voir, l'étreinte avait été chaleureuse, sans fausse pudeur. Il m'avait regardé de la tête au pied et avait confié sa fierté. Je savais qu'il n'acceptait pas Thomas mais qu'il faisait un effort pour moi. Et je lui en étais reconnaissante.

La cérémonie allait bientôt commencer et tout le monde allait s'installer à sa place dans le jardin. Je demandais à rester seule un moment et par la fenêtre, j'observais les chaises alignées en des rangées parfaites qui bordaient l'allée. Le juge de paix était là. Je me souvenais de la tête de ma belle mère quand j'avais dis que j'étais athée et que je ne voulais pas de Pasteur pour nous marier. Je crois qu'elle avait frôlé l'attaque cardiaque. Mon beau-père lui se moquait bien de ça tout comme Thomas.
Petit à petit, les chaises se retrouvaient occupée et je voyais Melody s'installer. Je ne sais pas pourquoi mais je l'avais repérée au milieu de ces petites silhouette miniature de nos invités. J'inspirais profondément, sentant le noeuds se resserrer au niveau de mon estomac.

- Dis "oui" et tout ira mieux...

On frappait à la porte, cette fois c'était le moment. Je quittais la pièce après une dernière vérification dans le miroir. Mes yeux vers perçant étaient parfaitement mis en valeur alors que mes cheveux étaient noués en un chignon élégant et flou d'une façon presque bohème. Je rejoignais le rez de chaussée et mon père m'attendait. Je voyais l'émotion dans ses yeux humides et même s'il ne trouvait pas les mots, je savais qu'il était touché. On n'avait du mal à communiquer mais au final, on s'aimait et c'était probablement ce qui comptait. Par réflexe, je portais une main à mon pendentif avant de lever les yeux vers le ciel. Je ne croyais pas en dieu mais j'étais sure que maman était quelque part à veiller sur moi, sur nous, sur notre famille.
Les premières notes et je faisais mon entrée. Les sourires, les larmes des plus proches, les murmures. Tête haute mais émue, j'avançais d'un pas lent mais assuré jusqu'à mon fiancé. Arrivé, mon père déposait un baiser sur ma tempe et je prenais ma place. Demoiselle d'honneur et témoins de chaque côté, j'offrais un regard et un sourire amoureux à Thomas. Il devait sans doute être aussi nerveux que moi car j'avais senti une certaine crispation dans son attitude. Et une fois de plus, le noeud se resserrais et je me rendais compte que j'oubliais parfois de respirer. Sous le soleil j'avais soudain très chaud et espérais que la cérémonie en elle-même ne dure pas très longtemps.
Tout se passait à la perfection, le discours bien qu'un peu long vu mon état était magnifique et le juge posait alors la fameuse question.

- Si quelqu’un a quelque raison que ce soit de s’opposer à ce mariage, qu’il parle maintenant, ou se taise à jamais

Dans le silence de la nature qui nous entourait, des souffles qui se retenaient toujours pour ce moment de suspens, le bruit d'une chaise brisa l'atmosphère. Melody, debout parmi tous les invités faisait un pas sur le côté et se retrouvait au milieu de l'allée. Le regard de Thomas m'avait quitté pour se poser sur la jeune femme et j'avais fais de même.
Je me sentais soudain étourdie. Thomas amorçait un mouvement qui l'éloignait de moi et tout devenait flou et lointain comme une lumière blanche qui éblouit. J'avais pourtant vu les lèvres de Melody bouger sans parvenir à entendre ce qu'elle disait. J'avais juste vu Thomas se tourner vers moi, murmurer quelque chose qui serait sans doute des excuses et il était parti rejoindre la jeune femme.
Mon cerveau doué pour le déni finissait par me renvoyer comme un boomerang en pleine fasse des images que j'avais refoulées. Des erreurs au téléphone, des absences de Thomas régulière, des attitudes entre eux que je n'avais pas voulu voir. Le noeud dans mon estomac avait soudain lâcher et je comprenais que mon angoisse venait de cette situation que j'avais refusé de voir. Alors que le couple s'éloignait et que les regards se tournaient vers moi, je sentais mes jambes se dérobé et le reste ne fut plus qu'un image noire.

En retrouvant mes esprits, j'étais installée sur un canapé entourée de Lily et de mon frère. On me tendait un verre d'eau alors qu'on m'interrogeait sur la façon dont je me sentais. J'étais incapable de parler et après avoir avalée quelques gorgées, j'essayais de me lever.

- Tu devrais rester assise Eileen.

Debout dans ma robe, je devais avoir l'air perdue et Lily tentait de faire un bilan de la situation actuelle.

- Les parents de Thomas sont partis à sa recherche, son frère aussi... Pour occuper les invités, je leur ai dit de profiter du jardin et du buffet. Le groupe joue pour les tenir occupés... Eileen, tu veux pas t'assoir?

Je la regardais, puis lançais un regard à mon frère. Je me mettais alors à hurler de tout mon coeur en envoyant mon verre se briser contre l'un des tableaux de ce château surfait. Je soulevais alors ma robe et me mettait à courir, quittant la pièce, zigzaguant. Mes escarpins vacillaient dans les graviers de la cours mais je rejoignais rapidement la forêt. Je profitais de nombreuses années de déambulation sur talon pour m'aventurer dans les bois sans me casser la figure. Ma robe s'accrochait dans les ronces et les branchages et j'avais entendu quelques craquements de tissus. Quelques épingles finissaient par quitter la jungle de mes cheveux et le chignon maîtrisé bien que flou devenait un mélange de mèches qui retombaient de façon gauche sur mes épaules.

Je dévalais les pentes recouvertes d'arbres et courrait à perdre haleine sans vraiment trop savoir où j'allais. Je voulais juste fuir, partir loin de cette journée maudite, de l'humiliation. Emportée dans mon élan, j'arrivais sur l'une des routes qui serpentait la colline avec trop de vitesse pour freiner à temps. Une voiture arrivait et je l'entendais piler alors que je fermais les yeux en m'attendant à un impact. Mais rien. Je tournais la tête vers la voiture en me demandant si ça n'aurait pas été mieux de rencontrer la tôle de plein fouet.


Et très vite, le visage du conducteur m'apparaissait et je le fixais bêtement. Lui semblait hésiter entre l'envie de me crier dessus pour avoir surgit de nulle part, et l'embarras qu'on devait ressentir en voyant une jeune mariée débarqué dans un état lamentable. Après quelques secondes d'observation, je demandais d'un ton décidé.

- Vous prenez une passagère ? Je me fiche d'où vous aller...

Drôle d'entrée en matière et s'il acceptait de me faire monter dans son véhicule il me déposerait peut être devant un asile.
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MessageSujet: Re: Break goes the heart, Wrong goes the right, Good goes the bye... [Derek]   Lun 11 Mai 2015, 03:01




Eileen Vaughan & Derek Shepherd...



Un stupide accident survenu quelques jours plus tôt m’immobilisa durant quelques semaines. Quoi de plus bête que de glisser au sol parce que celui-ci était bien trop humide alors que les femmes de ménage venait de faire leur travail quelques instants plus tôt ? Ma main gauche en avait donc fait les frais au résultat d'une entorse. Plus de chirurgie, que de la paperasse et des directives. Autant vous dire que malgré eux, le personnel en avait prit pour son grade ce jour là. Ça m'avait mit dans une rage presque folle de devoir refiler mes opérations à un autre neurochirurgien pour un aussi bête accident. Qui plus est j'avais l'impression de perdre mon temps, à rien faire sinon tourner en rond comme un lion en cage. J'étais chef de la neurochirurgie du plus grand hôpital de New-York, et candidat pour en devenir le directeur. Autant dire que du travail, j'en avais. Mais la chirurgie ça, c'était une réelle passion. Le fait d'avoir autant de responsabilités en temps que chef de service, c'était autre chose, comme un dilemme que je m'étais procuré au fil du temps et de l'expérience que j'avais après des années de pratique. Au delà des quelques surnoms que l'on pouvait m'attribuer à l'hôpital, mon talent était reconnu. Non pas par vantardise, mais c'était une réalité et j'en étais fier. Alors quoi de mieux que devenir directeur de cet hôpital, après tout ?

Quoi que pour le moment, c'est mon atèle que j'observais d'un air réprobateur. Mon incapacité à opérer me frustrait au plus haut point si bien que je profitais de prendre du temps pour moi, même par une certaine obligation. Je ne passais pas plus d'une garde à l'hôpital, ce qui changea radicalement mon rythme de vie. Heureusement ce petit accident ne m'empêchait pas de conduire. Il aurait manqué plus que ça d'ailleurs ! Je rejoignais alors mon domicile, au delà de la ville de New-York, loin de sa constante agitation. L'effet de foule, de grandeur des choses, j'en avais tellement au travail que vivre en dehors de tout ça était primordial pour moi, retrouver un cadre de paix rien qu'à moi. Seul. Puisque personne ne partageait ma vie. Personne de durable, je veux dire... quoi que fonder une famille commençait à me trotter à l'esprit doucement. L'âge sûrement.

Et c'est sur une portion de route assez calme, presque déserte au dessus des collines surplombant la ville au loin que par réflexe, mon pied droit emboutit la pédale de frein de toutes ses forces quand à la vue d'une personne sur la route surgit alors. Un juron avait réussit à franchir la barrière de mes lèvres, si rare pourtant. Une femme se dressait alors face au capot de ma Porshe, son regard surprit trouvait le miens. Qu'est-ce qu'elle pouvait bien faire là, sortant au milieu de nulle part en... robe de mariée ? Par réflexe, après un coup d’œil rapide dans mon rétroviseur, j'ouvrais la portière, un peu sonné par la rapidité des événements :


Spoiler:
 



Aucun mot n'avait pu sortir de ma bouche. J'avais envie à la fois de lui hurler dessus, d'avoir déboulé de la sorte. La situation aurait pu être tellement plus dramatique ! Mais j'avais à la fois cette surprise, non dissimulable d'ailleurs de voir une femme en robe de mariée, décoiffée, choquée, perdue et légèrement salie par (et je ne le savais pas encore), une course folle dans la forêt pour fuir la trahison de son ex futur mari :

Vous allez bien ? Je peux vous aider ?

Citation :
Vous prenez une passagère ? Je me fiche d'où vous aller... 

La question était clairement esquivée et j'étais étonnée de sa confiance aussi soudaine envers un inconnu. La situation pour elle devait être tellement dramatique et désespérante que je ne pouvais refuser quoi que ce soit. Je l'invitais à monter sans perdre plus de temps, le virage dans lequel nous étions pouvait être dangereux si une autre voiture nous surprenait en plein milieu de celui-ci. Je reprenais alors ma route, doucement, abandonnant derrière moi deux gigantesques marques de pneus noires sur le bitume longues d'une dizaine de mètres, dû au freinage excessif créé un peu plus tôt. Mon regard se posait sur elle brièvement alors que son visage ne décolla pas la vitre laissant paraître le paysage défiler. Un silence étrange planait dans l'habitacle, créant une situation peu banale. Après avoir prudemment attrapé une bouteille d'eau non loin de moi, je la lui tendais :

Je n'ai que ça mais.. si ça peu vous rafraîchir, prenez là. - disais-je en lui tendant la petite bouteille que je n'avais pas ouverte jusque là. La route filait vite et c'est quelques kilomètres plus loin qu'elle me demanda poliment de la déposer. Étonné, j’obtempérai à sa phrase et me gara en bordure de route quand elle descendait en me remerciant par politesse. Je ne l'avais amené qu'à quelques kilomètres après l'avoir rencontré soudainement quelques minutes plus tôt. Je lui avais demandé si elle n'avait pas besoin d'autre chose, mais, les yeux pétillants visiblement de tristesse, elle refusa là aussi mon aide. Il était temps de reprendre pour moi la route. Cette rencontre des plus étranges me laissa terriblement perplexe. La portière côté passager se referma, et de la poussière s'envola après le passage de ma voiture, alors que dans le rétroviseur intérieur j'observais la jeune femme s'asseoir sur le trottoir, sur le bas côté de la route. Rapidement, un virage annulait cette vue pour me montrer le chemin de mon domicile. Mais à peine deux minutes plus tard, mon cerveau en ébullition cogitait d'aller la rechercher ou non.

Derek, arrête de te mêler de ce qui ne te regarde pas. Ça te fais défaut. - m'assurais-je en faisant même un non de la tête comme pour accentuer ma réflexion. Sauf que je ne pouvais pas laisser cette pauvre jeune femme seule au bord de la route, sans téléphone et avec une simple petite bouteille d'eau de 50cl. Un regard au rétro, un coup de frein pas des plus tendres, un demi tour des plus professionnel et je rejoignais le chemin inverse pour rencontrer de nouveau cette jeune femme mystérieuse. Après tout un chirurgien est sensé aider les gens, de n'importe quelle façon qu'il soit. Et puis on ne sait pas sur qui elle aurait pu tomber, avec les dégénérés qui couraient les rues de nos jours. Rapidement, je stoppa la voiture non loin d'elle alors qu'elle m'observait minutieusement. Je descendais de mon véhicule, marcha en sa direction avant de m'asseoir sans dire un mot à ses côtés. Quelques secondes d'ailleurs passèrent avant que je ne croise son regard d'un vert émeraude absolument envoûtant :

Si vous avez besoin d'un téléphone, j'ai. De nourriture, j'ai aussi. D'une bonne douche, je peux vous l'offrir. J'étais en train de rentrer chez moi. J'ignore si vous connaissez ce coin là de New-York mais à pars moi et quelques autres voitures ce n'est pas l'endroit le plus fréquenté de la ville alors si vous n'avez personne qui doit venir vous chercher je vous le dis honnêtement ça m'embête de vous laisser seule ici. - lui assurais-je d'un regard sincère. Même si ce n'était qu'une illustre inconnue je n'avais jamais eu le tempérament d'un lâche, dans n'importe quelle situation que ce soit -  Laissez moi vous offrir mon aide.






Dernière édition par Derek Shepherd le Lun 11 Mai 2015, 14:03, édité 2 fois
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MessageSujet: Re: Break goes the heart, Wrong goes the right, Good goes the bye... [Derek]   Lun 11 Mai 2015, 03:51

L'homme n'avait même pas refusé de me prendre à bord de sa voiture. Tellement pleine de colère, je n'avais encore laissé couler aucune larme. Je ne devais pas vraiment réaliser ce qu'il s'était passé. Je venais de me faire littéralement larguée devant l'autel, j'avais été humiliée devant mes proches et amis. ça leur ferait une histoire croustillante à raconter le lundi matin en retrouvant leur collègues. Je grimpais dans l'habitacle, fourrant ma robe dans l'espace qu'il me restait et l'homme redémarrait. J'étais complètement inconsciente de monter dans la voiture d'un inconnue. Avocate au bureau du procureur, j'en avais vu des affaires où des gens avaient fait confiance en montant dans un véhicule et on retrouvait leur corps sans vie des semaines plus tard. Mais là, je n'avais plus grand chose à perdre et je voulais juste m'éloigner le plus vite possible.

L'homme me tendait une bouteille d'eau alors que depuis le début de notre trajet commun je fixais le paysage par la fenêtre. Je posais mes yeux sur lui brièvement, pour la première fois depuis que j'étais montée à mord et murmurais un merci en attrapant la bouteille. Je ne l'ouvrais même pas tout de suite, trop occupée à regarder à nouveau par la fenêtre. Quelques kilomètres plus loin, motivée par un sentiment de perdition totale, je lui demandais de s'arrêter et de me laisser là. Là au milieu de nulle part. Je savais pourtant que c'était une route peu empruntée, on l'avait repérée lors des préparatifs de ce foutu mariage. Mais j'avais envie de tout et son contraire maintenant. Envie de garder ma robe comme on se raccroche à quelque chose et envie de la déchirer de toute mes forces quitte à finir en sous-vêtement. Bien sur, je restais habillée, le type à côté de moi devait me prendre pour une folle déjà xD.

Il me laissait descendre, me proposait encore son aide au cas où mais je refusais poliment. Et alors qu'il démarrait et repartait, je me laissais échouer sur le bord de la route, ma chute amortie par ma robe pleine de froufrou. Elle était belle avant que je ne l'esquinte dans la forêt. Maintenant, le tissus était déchiré, la terre et les herbes avaient laissé de grandes traces marrons et vertes sur le blanc immaculé. Un gâchis, comme mon mariage. Mon non mariage. Je sentais les larmes monter d'un coup mais pourtant je ne craquais pas. Je refoulais tout à l'intérieur et ouvrait enfin cette petite bouteille d'eau qu'un inconnu m'avait gentiment offert. J'avalais quelques gorgées qui avaient du mal à passer tellement ma gorge était nouée.

Je ne sais pas combien de temps j'étais restée ici, assez longtemps il me semblait. Un bruit de moteur se faisait entendre et même si j'avais peur que ce soit un de mes proches à ma recherche, je n'avais pas bougé de mon bout de fossé. Je me contentais de fixer New York ou du moins ce que l'on en voyait depuis mon point de vue mais je détournais le regard en réalisant que la voiture s'était arrêtée. L'inconnu était de retour et je l'observais sans ciller alors qu'il se rapprochais. Même pas effrayée de ce retour qui pourrait très bien être louche, je détournais le regard pour le reposer sur la ville. De toute façon, un problème de plus ou de moins, je n'étais plus à ça près.
Mais au lieu de l'attaquer, l'homme s'installait à côté de moi, tranquillement et je croisais enfin son regard. Il prenait alors la parole et se mettait à jouer les bon samaritains. Téléphone, repas et même une douche, il me proposait son aide. Non, il me l'offrait comme il le précisait. Et devant tant de gentillesse, je sentais les larmes de tout à l'heure remonter d'un coup.

- Merci...

Je ne savais pas encore si c'était un oui pour ce qu'il me proposait mais tant de gentillesse d'un coup, ça me touchait. J'essayais de faire le tri dans mon esprit, de mettre de côté ce qui m'avait conduite à être là dans cette situation. Je voulais réfléchir à sa proposition. Est-ce que j'avais besoin d'appeler? Oui.

- Je veux bien votre téléphone, s'il vous plait...

Il me le tendait gentiment et m'excusant, je me relevais en manquant de grâce pour m'éloigner. Je composais le numéro de mon frère qui répondait dès la première sonnerie.

- Eileen où es-tu?

- J'ai besoin de prendre l'air, quelques jours... T'inquiète pas pour moi, je vais bien... Je vais me débrouiller...

- Laisse moi venir te chercher où tu es et promis, on partira loin de New York si tu veux...

- Non... Ecoute... J'ai juste besoin d'être loin...

- Appelle moi pour donner des nouvelles alors... S'il te plait...

- Promis.


Je raccrochais et revenais vers l'inconnu. Sans argent, sans téléphone, sans envie de retourner chez moi pour y croiser du monde, j'étais tentée d'accepter sa proposition. Je lui rendais son téléphone et restais debout, tout comme lui qui s'était relevée pendant mon appel.

- Je vais avoir besoin d'une autre tenue...

Je soulevais le bas de ma robe avant de relever les yeux vers lui.

- Si j'accepte votre aide, je crois qu'après la douche, j'aimerai mieux enfiler autre chose...

C'était de l'humour mais je n'avais pas le courage de sourire. Je croisais les yeux vert de l'homme, me rendant compte pour la première fois qu'il avait un visage plus qu'agréable mais qui respirait surtout la gentillesse et la générosité. Son coté beau gosse, à l'heure actuelle, ça m'importait peu.

- Et pour le moment je n'ai pas très faim mais je crois que mon corset me serrer l'estomac en plus de la taille...

J'acceptais donc son aide et je me hasardais à le suivre jusqu'à sa voiture. Recommençais alors le manège de faire entrer ma robe côté passager et j'avalais une gorgée d'eau pendant que la voiture se remettait en mouvement. Puisqu'il venait de me secourir et puisqu'il me ramenait chez lui, mon sauveur du jour méritais que je me présente.

- Je m'appelle Eileen.

Il se présentait en retour et je découvrais son prénom. Derek. Derek l'ange gardien, voila comment j'allais l'appeler s'il ne finissait pas par me séquestrer chez lui ou me tuer. Après tout, je n'étais pas encore sure qu'il soit honnête jusqu'au bout et pas un prédateur.
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MessageSujet: Re: Break goes the heart, Wrong goes the right, Good goes the bye... [Derek]   Lun 11 Mai 2015, 13:46


Sa situation était touchante, peu banale et à la fois terriblement effrayante. Soit j'avais à faire à une dégénérée habillée en robe de mariée, soit une femme dont le rêve venait de s'éteindre en ce début d'après-midi, une vie brisée par ce chagrin qui me rappelait des souvenirs un peu amer. C'était peut être pour ça aussi, que j'insistais pour lui apporter mon aide. Cette situation là, je l'avais connu il y a de ça quelques années maintenant. J'avais cependant franchi le cap du mariage à l'époque mais c'est avec mon meilleur ami que j'avais retrouvé ma femme, et ce, dans notre maison. Quoi de plus cruel que la trahison de la personne qu'on aime. J'aurais pu, à cette époque là, profiter des nombreuses opportunités que j'avais eu de la tromper. Mais je ne l'avais pas fait. Ça n'avait jamais été mon tempérament et je n'aurais jamais osé lui faire autant de mal. Elle en revanche, n'avait pas hésité visiblement. Mais c'est en bons termes que j'étais avec Allison à présent. Loin de New-York nous nous étions un peu perdu de vue même si elle était dans le même milieu professionnel que moi et par le biais du bouche à oreille j'entendais un peu parler d'elle. Après ça, la folie m'étais venu d'acheter mon immense demeure, bien trop grande pour moi. Pourtant, c'était encore aujourd'hui mon petit paradis où me ressourcer devenait essentiel. Loin de la ville, la surplombant d'ailleurs au sommet d'une colline parmi tant d'autres. L'endroit était loin de toute agitation, laissant un peu la nature reprendre ses droits ce qui me permettais par ailleurs d'avoir une certaine intimité. Loin des regards. On aurait pu dire d'ailleurs que la maison pouvait appartenir à un immense acteur très connu mondialement. Mais ce n'était pas le cas. Les nombreuses études m'avaient permit d'avoir un travail qui demande beaucoup mais qui paye très bien. L'héritage de mon père n'était qu'une « petite » somme à côté de mon compte en banque d'aujourd'hui. Ça me permettais de vivre aisément, et de me faire plaisir sur des voitures absolument magnifiques. Bien sûr, il faut aimer ce genre de choses pour s'en rendre compte. J'avais cependant une certaine appréhension du tape à l’œil que cela allait faire devant la jeune femme. J'espérais simplement qu'elle ne soit pas mal à l'aise en voyant ma maison car je restais tout de même quelqu'un de très simple. J'avais d'ailleurs une caravane vintage dans un coin du jardin, anciennement ma demeure durant quelques années après mon divorce. J'ignorais pourquoi, mais m'en débarrasser n'avait pas effleuré mon esprit une seule seconde depuis.

Citation :
Je veux bien votre téléphone, s'il vous plaît...

Je le lui avais tendu, naturellement, alors qu'elle s'écarta pour avoir un peu plus d'intimité dans sa conversation téléphonique. Je m'étais relevé à mon tour, frottant mon pantalon machinalement pour en retirer la poussière. La situation était des plus originale, il faut bien le dire. Je pensais la jeune femme assez bien dans sa tête pour le moment, même si les conversations ne fusaient pas à tout va. Cela restait sobre, compatissant pour la situation qu'elle était en train de vivre si c'était bien celle que j'imaginais. J'aurais peut-être sa version plus tard. Ou peut-être pas. Peu m'importait au final, je souhaitais juste lui apporter un peu de réconfort dans son épreuve. Elle revenait alors, me rendant mon cellulaire au passage avant de reprendre :

Citation :
Je vais avoir besoin d'une autre tenue... Si j'accepte votre aide, je crois qu'après la douche, j'aimerai mieux enfiler autre chose...

Je haussais les sourcils machinalement, comprenant bien que même si très jolie, sa robe de mariée était à présent de trop. On prenait alors la direction du véhicule avant de prendre celle de mon domicile, quelques kilomètres plus loin. Les présentations s'étaient faites brièvement mais c'était nécessaire. Eileen semblait si joviale en temps normal que son air triste ne me rendait machinalement pas au mieux de ma forme :



Spoiler:
 


Arrivé devant, je l'invitais à me suivre à l'intérieur alors que sa robe devenait un réel fardeau, j'en avais bien conscience. Dans le salon, je déposa mes affaires dans un coin avant de me tourner en sa direction. Puisqu'elle n'avait pas faim, plus soif, la douche avait été mon autre proposition de détente pour elle. Et mon regard posé sur le sien, je réalisais à quel point cette jeune femme était magnifique, bien qu'aucune gaieté n'avait franchis le seuil de son visage pour l'instant :

Dites moi ce qui vous ferez plaisir en vêtement et je vais aller vous les chercher. Il y a une boutique assez bien et pas très loin d'ici, ça me prendra une trentaine de minutes.

Je l'aurais bien dépannée avec mes fringues mais je doutais qu'en pleine rue cela rende bien. Cette jeune femme était si belle que n'importe quoi lui conviendrait, cependant. Quoi qu'il en soit j'étais bien décidé à lui rendre service et après lui avoir assuré que j'étais bien prêt à aller en magasin, je lui montra la salle de bain en lui stipulant qu'elle pouvait prendre le temps qu'elle voulait, un bain même si ça l'enchantait plus.


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MessageSujet: Re: Break goes the heart, Wrong goes the right, Good goes the bye... [Derek]   Lun 11 Mai 2015, 15:05

Je ne sais pas sur qui j'étais tombée mais en découvrant sa maison cachée dans un écrin de verdure, je ne pouvais que reconnaître que j'étais bien tombée. En sortant de la voiture, j'avais pris le temps de regarder autour de moi et c'était à couper le souffle. Moi qui voulait la solitude et m'enfuir en ayant l'impression de me perdre loin de tout, j'étais servie. On avait un peu l'impression d'être dans un lieu secret et abrité de l'agitation. Escarpins à la main, car ils me tuaient littéralement les pieds, je foulais les pavés qui avaient été réchauffé par le soleil. C'était la seconde chose agréable à être arrivée depuis le désastre. La première avait été la gentillesse de Derek et son aide qu'il avait offert spontanément.
Je le suivais jusqu'à l'intérieur et j'avais du mal à ne pas poser mon regard partout comme quelqu'un de curieux. C'était tout simplement magnifique et l'espace de quelques secondes je m'inquiétais de savoir s'il avait une femme qui serait là. "Chérie, je ramène une mariée paumée". Je voulais à tout prix éviter ce genre de situation quelque peu cocasse. Mais en entrant, même si les clichés du célibataire vivant dans son désordre n'avaient pas lieu ici, la décoration plutôt sobre et masculine me laissait croire qu'aucune femme ne vivait ici.

- Vous vivez seul ?

Dans ma voix on entendait surtout que je m'interrogeais sur la possibilité de surprendre quelqu'un en étant là. Mais l'homme confirmait ma première impression et à part lui, j'allais être la seule à évoluer dans cette maison. Et ce n'était pas plus mal car je n'aurais pas aimer abuser de l'hospitalité d'une famille et j'aurais sans doute trouvé un moyen de m'en aller avant de poser problème.
La maison était immense et magnifique et par la porte vitrée qui donnait sur la terrasse, j'apercevais le jardin et la piscine au bout de l'escalier. Je me demandais vraiment où j'étais tombée et si ce coin de paradis existait vraiment. Peut être qu'en m'évanouissant je m'étais cogné la tête assez fort et au lieu d'être réellement ici, j'étais encore sur le bas côté de la route en train d'halluciner.

- C'est vraiment très beau...

Bon, le compliment ne débordait pas d'enthousiasme et de joie mais c'était sincère. Je pense que j'étais surtout écrasée par le poids de ma robe au sens propre comme au figuré. Peut être qu'une fois hors de cette montagne de tissus blanc j'allais me sentir un peu plus légère. Et fidèle à lui-même depuis le début, Derek me proposait d'ailleurs de "passer commande" pour des vêtements. Je n'avais pas réalisé qu'il serait obligé d'aller faire cette course là pour moi. Mon cerveau devait vraiment être anesthésié par la douleur pour que je sois incapable d'anticiper. D'habitude j'avais l'esprit vif et dans mon métier, c'était un pré-requis.

- Oh... Je voulais pas vous obliger à aller faire des courses pour moi...

j'abusais déjà de son hospitalité. Mais il assurait ne pas être gêné d'aller faire ce détour pour moi.

- Je vous rembourserai quand je retrouverai mes affaires... Mais un Jean et un t-shirt, ça serait très bien...Et peut être... Une paire de converse... S'il vous plait.

J'avais toujours mes escarpins à la main et il était évident que ce n'était pas vraiment le genre de chaussure que j'avais envie d'enfiler à nouveau. Cette paire était associée à mon mariage pour toujours et comme pour ma robe, je rêvais de les brûler. Je précisais à Derek les tailles pour les vêtements et la paire de chaussure. Au vu de sa maison, il avait bon goût alors j'étais sure qu'il choisirait des vêtements corrects. De toute façon j'avais juste envie d'enfiler une tenue plus décontractée.
Et avant de partir, il me montra la salle de bain, mettant à ma disposition serviette, peignoir de bain, me laissant le choix entre un bain ou une douche et la salle de bain était tout aussi luxueuse et agréable que le reste de la maison. Je le remerciais et le regardais partir. J'avais l'impression d'être une petite fille paumée qu'il maternait et je réalisais que la colère s'était évanouie. Ce qui présageait rien de bon car au moins la colère me maintenait debout. J'entendais la porte de la maison claquer et j'entrais dans la salle de bain. Soigneusement, je refermais la porte derrière moi et entreprenait de me débarrasser de la robe. Je me contorsionnais pour attraper l'un des lacets du corset. Je tirai dessus et écartais les pans avant de tirer dessus de toute mes forces. Dernières forces nécessaires avant de me débarrasser de cette robe et en sous vêtement, je regardais ce tas de chiffon uniforme, déchiré et tâché.
Une boule dans la gorge, les larmes qui revenaient 10 fois plus fort. Je me glissais précipitamment sous la douche dont j'allumais le jet d'eau. C'était si classe qu'on pouvait régler la température de l'eau au robinet et j'avais besoin d'être entourée de chaleur pour étouffer mon coeur qui venait de se glacer. La vapeur envahissait la pièce alors que mes larmes se mêlait à l'eau du jet en silence. Et puis il y a eu un sanglot, un vrai qui vient du fond du coeur et qui te dit que c'est plus la peine de résister. J'éclatais en sanglot, pleurais vraiment comme un enfant, sans limite sans pudeur. Je me savais seule, Derek ne reviendrait pas tout de suite et je laissais ma peine exploser dans cette salle de bain alors que le bruit du jet couvrais le bruit de ma douleur.
Mes mains à plat sur les carreaux froids, je laissais tout sortir, comme si ça me permettait d'évacuer la peine pour ne pas la laisser m'étouffer. J'étais restée comme ça immobile alors que le jet glissais sur mon dos. C'était fini. J'avais été abandonnée devant tout nos proches par mon fiancé. Je n'avais rien vu venir, j'avais fait l'autruche et je jurais dans un petit sursaut de colère qu'on ne me verrait plus tomber amoureuse et devenir aussi aveugle. Il était parti avec cette fille et j'avais l'impression de n'avoir plus rien. Après la colère, j'en étais à la peine. Peut être que j'allais retrouver mon calme mais pour le moment, j'avais beaucoup de mal à l'imaginer.
Utilisant les produits de Derek, je frottais mon corps comme pour effacer toutes les épreuves de la journée. Heureusement, l'odeur était différente des produits de Thomas sinon je crois que j'aurais pu avoir un haut-le-coeur. Je prenais le temps de pleurer, le temps de m'écrouler, et en ressortant de la douche, j'avais les yeux rougis et brillants mais les sanglots avaient eu leur moment sous la douche, maintenant ils se taisaient. J'observais mon reflet dans le miroir. On aurait dit un petit oiseau tombé du nid. En temps normal j'étais une avocate brillante, un peu atypique. j'étais une femme avec du charisme disait-on, j'avais confiance en ce que je faisais, j'étais toujours plus ou moins souriante. Autant dire que là, je n'étais que l'ombre de moi-même.
J'avais du passer plus de temps que je ne le pensais sous la douche car je venais de m'enrouler dans une serviette au moment où j'entendais la porte de la maison claquer. J'avais guetté jusqu'à entendre les pas de Derek dans le couloir. Il avait toqué discrètement et après m'être raclé la gorge, je lui répondais. Il laissait les vêtements dans leur sac devant la porte. Je n'aurais qu'à les récupérer. Il proposait d'aller préparer quelque chose à grignoter si jamais la faim me revenait. Je le remerciais, une fois de plus et encore ce n'était rien par rapport à la gratitude que je ressentais. Cet inconnu était un don du ciel au vu des circonstance. J'attendais d'entendre ses pas s'éloigner pour ouvrir la porte et prendre le sac. Je découvrais plus qu'une seule tenue et je me demandais si c'était une invitation à rester chez lui si j'en avais besoin. Je ne faisais plus vraiment de plans, y compris pour ce soir ou demain et je me contentais de prendre l'un des deux jeans, l'un des t-shirt et je m'habillais. Je piquais un peigne, un peu de crème, tentait de me redonner un peu de contenance mais c'était pas vraiment ça. Et puis je devais sortir de cette pièce et affronter à nouveau le monde.

Derek était dans la cuisine et même si je pensais ne plus avoir faim, l'odeur ouvrait pourtant mon appétit. Peut être que libérée du corset aussi j'étais plus facilement capable d'avoir faim . Quant à respirer normalement, c'était une évidence. Je me hissais sur un tabouret en face de lui, accoudée au plan de travail et j'échangeais un regard avec lui. Je finissais par esquisser un premier sourire auquel il me répondait avec un grand sourire généreux et je n'avais plus aucun doute sur lui. ça ne pouvait pas être un psychopathe, juste quelqu'un de très gentil. Mon instinct ne pouvait pas être aussi mort que mon coeur, je décidais de lui faire confiance. L'amour m'avait rendue aveugle - et dans mon cas, le mariage lui avait rendue la vue ah ah - mais puisque Derek n'était pas Thomas, je pouvais me faire confiance.

- Vous secourez des fiancées en détresse, vous les ramenez dans votre palais, vous allez leur acheter des vêtements et en plus de ça, vous avez l'air de savoir faire la cuisine... Vous êtes d'une autre planète? Votre métier c'est ange-gardien?

Et un second sourire bien que timide venait de passer sur mon visage. Le ton n'était pas vraiment enjoué mais c'était bon signe. Le plus gros de la peine avait été hurlé, maintenant j'allais probablement alterner entre moment de tristesse et moments où j'allais reprendre le dessus. Je ne faisais rien, j'étais assise sur ce tabouret et je l'observais faire. Si je restais plus longtemps chez lui, comme par exemple cette nuit, je me promettais de me lever tôt demain pour lui faire le petit déjeuner. Première étape d'un chemin de remerciement qui vue l'aide apportée allait être long.
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MessageSujet: Re: Break goes the heart, Wrong goes the right, Good goes the bye... [Derek]   Lun 11 Mai 2015, 15:56


Je n'avais pas perdu plus de temps, une fois ses demandes en tête j'avais pris de nouveau ma Porshe pour filer à l'entrée du centre de la ville pour faire quelques courses. Les vêtements de Eileen, je n'avais pas eu plus de soucis que ça pour trouver ce qui semblait convenir. La bonne taille de prise, les converses dans un sac et je rangeais tout ça dans le coffre de la voiture avant de partir en direction d'un supermarché afin que je regarnisse mon frigo. Avec le travail, il était rare que je dîne à la maison. Par manque de temps surtout bien que pour les quelques prochains jours je sois presque cloîtré chez moi en raison de cette maudite entorse à la main. Je finissais donc par revenir, à peu près dans les temps que j'avais annoncé à Eileen alors qu'elle était toujours dans la salle de bain. Je supposais qu'elle avait eu sûrement besoin de temps pour assimiler tout de sa situation et je comprenais sa peine qu'elle tentait de cacher tant bien que mal. Je toquais alors discrètement à la porte, laissant le sac au sol avant de demander à Eileen si elle avait besoin de quelque chose d'autre. Surtout un petit repas, qu'elle acceptait timidement, à ce que j'en devinais. Je rejoignais alors la cuisine et m'attelais à ranger les courses et préparer un petit repas léger mais nécessaire. Le temps que Eileen sorte de la salle de bain, je préparais une bonne salade composée ainsi que des escalopes de dinde sauce échalote absolument divine qu'une collègue m'avait apprit à bien préparer. J'espérais ne pas rater ce plat, au moins, car même si je n'étais pas un excellent cuisinier je me défendais plutôt pas mal. Eileen s'installait alors sur le bar, accoudée doucement alors que je sentais son regard sur moi. Je releva alors mes yeux verts en sa direction, rendant un généreux sourire au sien, qu'elle venait de m'adresser :

Citation :
Vous secourez des fiancées en détresse, vous les ramenez dans votre palais, vous allez leur acheter des vêtements et en plus de ça, vous avez l'air de savoir faire la cuisine... Vous êtes d'une autre planète ? Votre métier c'est ange-gardien ?




Non, rien de tout ça mais.. j'aime simplement aider mon prochain. Si ça avait été la situation inverse j'aurais été reconnaissant que quelqu'un s'arrête au moins. C'est aussi mon vrai travail d'aider alors je suppose que c'est un peu spontané chez moi. Je suis neurochirurgien, c'est une autre façon d'aider les gens mais.. votre cas et tout aussi important pour moi qu'une opération.

Disais-je dans un sourire en relevant mes yeux dans les siens. Quoi que je relevais la main gauche, la secouant doucement en montrant mon atèle :

Mais une stupide entorse ne me permet pas d'opérer pour au moins les deux prochaines semaines alors... je me consacre à vous ! Remarquez si je ne l'avais pas eu je ne vous aurez pas croisé sur la route alors.. il faut voir le bon côté. Même si j'ai manqué de vous écraser, ça en valait la peine. D'ailleurs je tiens à m'excuser, j'ai vraiment... vraiment eu peur de vous retrouver sur mon capot. J'arrivais un peu vite en plus.

Je la regardais sincèrement et réalisa que la situation aurait pu être bien pire que ce qu'elle avait été finalement. Voir débouler Eileen en plein milieu de la route, ce n'était pas entièrement sa faute. Mon petit excès de vitesse aurait pu coûter cher et c'était un reproche que j'avais souvent eu et auquel je n'arrivais pas à arrêter définitivement. Jusqu'au jour où j'aurais vraiment une tuile...




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MessageSujet: Re: Break goes the heart, Wrong goes the right, Good goes the bye... [Derek]   Lun 11 Mai 2015, 16:53

Derek démolissait le mythe de l'ange gardien en quelques phrase. Mais il se révélait être une personne très généreuse, un neurochirurgien surement très doué pour se payer une maison comme celle-là, mais quelqu'un de foncièrement intéressé par les gens et leur bien être. J'étais donc un cas tout aussi important que ses patients et c'est pour cela qu'il se montrait surement si attentionné. Il agitait ensuite sa main avec son attèle et si je l'avais remarquée tout à l'heure au bord de la route, j'avais un peu oublié son existence jusqu'à ce que j'observe ses mains s'agiter pendant qu'il faisait la cuisine.
Cette entorse l'empêchait de pratiquer et j'avais compris qu'il s'agissait là d'une intense frustration. Je crois que si on m'empêchait de faire mon boulot pour une raison futile, je serai dans le même état. Il évoquait ensuite notre première rencontre fracassante et j'avais eu un petit mouvement sur mon tabouret qui traduisait mon malaise. Je ne savais plus trop quoi faire de moi car s'il prétendait aller trop vite, la vraie coupable, c'était moi.

- Non c'était ma faute... Je réfléchissais pas, je voulais juste courir le plus loin possible... Et les escarpins n'ont pas de freinage intégré ce qui n'aide pas...

Je levais les yeux au ciel avant de soupirer. J'avais eu chaud sur cette route mais je semblais en prendre conscience que maintenant. Sur le coup j'aurais presque souhaité rencontrer son capot. Maintenant j'étais bien contente d'être intacte. En tout cas physiquement.
J'étais beaucoup moins bavarde que Derek. Il fallait qu'il en profite car une fois que j'irai mieux, j'allais probablement être un peu étouffante. Je m'étais laissée glissée de mon tabouret en proposant de mettre la table. Je pouvais au moins faire ça et ça me donnait l'impression d'être utile. Il m'indiquait où trouver chaque chose et j'installais nos assiettes, les couverts et nos verres sur un bout du plan de travail. La cuisine sentait incroyablement bon et discrètement, je piquais un morceau de tomate avant de me faire surprendre en flagrant délit par Derek et son joli regard vert.

- Je plaide coupable... L'appétit semble revenir...

Je laissais à nouveau un sourire apparaître et me disait que décidément, Derek arrivait à me faire retrouver le sourire en un temps record. J'allais pas sautiller en chantant "l'île aux enfant" tout de suite mais malgré mes yeux rougis, je réussissais à sourire. Un miracle.
On s'installait à table alors qu'il venait de nous servir. 4ème chose la plus réconfortante après la gentillesse de Derek, les pavés chauffés de l'allée et la douche brûlante, la cuisine de Derek. C'était délicieux et je m'étonnais d'avoir faim mais à la fin du repas, il ne restait absolument plus rien dans mon assiette. Et ça faisait du bien. Je n'avais peut être pas profité du buffet préparé par le super traiteur mais ce repas était bien plus chaleureux pour moi.

- C'était vraiment délicieux... Merci beaucoup Derek...

Il avait respecté mon manque de conversation pendant le repas. J'étais une piètre invité mais alors que je débarrassais pendant qu'il sortait de quoi se consoler avec un petit dessert, je décidais de me dévoiler un petit peu. Après tout, il avait peut être envie de savoir qui il accueillait sous son toit.

- J'aide mon prochain aussi...

Je lui lançais un regard avant de dodeliner de la tête, pas sure d'aider autant que Derek mais je reprenais.

- Enfin, techniquement, j'essaye de mettre les méchants en prison. Je suis avocate mais pour le bureau du procureur...

Si je pouvais attaquer Thomas pour avoir brisé mon coeur et m'avoir trahie, j'aurais sans doute saisi l'occasion. Malheureusement, je ne pouvais plus faire grand chose.

- J'ai jamais supporté l'injustice... ça me rend malade... Quand j'ai commencé à exercer et qu'il fallait sauver la peau de certaines personnes dénuée de remord et qui étaient littéralement des monstres, j'ai vraiment déchanté. Après, je tiens au fait que tout le monde à le droit à un avocat, c'est ce qui est juste. Mais au bureau du procureur, je suis un peu plus à l'aise...

En fait, j'étais une super avocate super efficace mais tout comme Derek avait été modeste, je n'aimais pas tellement étaler mes prouesses. Je faisais ce qui était juste, je voulais que les salauds partent en prison quand ils l'avaient mérité. Je revenais m'installer vers lui et devant ma crème dessert. Je me surprenais à être aussi à l'aise ici, comme si c'était normal, comme si j'avais trouvé refuge chez un ami.

- Je voudrais brûler ma robe... Vous croyez que c'est possible?

J'étais très sérieuse. Je relevais les yeux vers lui et le regardais en attendant de savoir s'il avait un endroit où on pourrait faire un feu et brûler cette robe de malheur. J'étais décidée et j'avais besoin de le faire. ça serait un moyen de me venger. De quoi? Je n'en sais rien mais ça allait me procurer une certaine satisfaction.
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MessageSujet: Re: Break goes the heart, Wrong goes the right, Good goes the bye... [Derek]   Lun 11 Mai 2015, 18:54


J'avais ris instantanément quand Eileen avait mentionné ne pas avoir d'escarpins avec freinage intégré. Tant pis, le principal était qu'il n'y avait pas eu d'accident entre nous quelques heures plus tôt. Eileen s'était attelée à mettre la table alors que je finissais la préparation du repas. Une fois prêt, naturellement nous nous étions installé l'un en face de l'autre pour prendre du temps à se ressourcer autour de ses escalopes de dinde. J'étais content que le repas convienne à Eileen, content de voir aussi que je n'avais ni loupé la cuisson, ni la sauce. Pour une fois. Mais ce qui m'enchantait le plus c'est que Eileen prenait peu à peu ses marques, confiance en moi, elle paraissait déjà plus sereine même si ses yeux rougis n'allait guère mieux. C'était normal. Ce que je suspectais être une tromperie de son ex futur mari fait mal. Pour en être passé par là je me souviens combien la douleur est intense...

Les conversations étaient diverses. Certes, je parlais plus que Eileen et j'espérais d'ailleurs ne pas être trop pompant avec mes sujets de conversation mais cela semblait tout de même l'intéresser. Son regard ne quittait pas le miens et plus rapidement que je ne l'aurais pensé le repas se terminait. Je lui proposais alors un dessert et, une fois à mes côtés, Eileen reprenait :

Citation :
… j'essaye de mettre les méchants en prison. Je suis avocate mais pour le bureau du procureur...

Eileen avait donc une bonne situation, son intelligence s'était de toute façon reflété et j'avais remarqué dès notre rencontre que la jeune femme n'était pas « nunuche » bien que la situation fut étrange au début de notre rencontre, vite rattrapé par la suite qui se promettait plus calme et agréable, comme à cet instant précis où j'apprenais à la connaître doucement. Ce devait être une femme très connue dans son milieu, bourrée de talent puis qu'avocat du procureur n'était pas un métier donné à tout le monde. Il fallait « toucher sa bille » dans ce milieu là et je savais la concurrence très rude qui plus est.

Vous avez l'air très attachée à votre travail et d'avoir un beau parcours. J'imaginais plutôt un avocat du procureur comme... vieux, fripé, moche et arrogant. Je suis content de savoir qu'il peut y avoir tout le contraire de ça !

Je laissais échapper un rire en finissant mon dessert. Un bref silence s'en suivait alors que Eileen reprenait :

Citation :
Je voudrais brûler ma robe... Vous croyez que c'est possible?

J'ai un barbecue dans un coin du jardin. - avais-je lancé insouciant de sa sincérité avant de rire pour moi. Sauf qu'elle était on ne peut plus sérieuse et son regard me le prouvait. J'avais croisé ses jolis yeux verts, perdant mon sourire quand je réalisa qu'elle n'attendait que ça et que ça nécessitait un besoin presque immédiat pour se débarrasser de cette journée maudite :

J'ai... un grand barbecue qui fera l'affaire... - reprenais-je plus sérieusement – Vous êtes sûre de ne pas le regretter par la suite Eileen ? C'est assez.. radical comme geste.

Il est vrai que durant sa course la robe en avait prit pour son grande : déchirures, tâches et autres supplices du genre en plus du fait de porter le fardeau de son mariage raté. Dans un sens, je la comprenais. Je partais donc allumer un feu dans le coin prévu du jardin et l'invita à me rejoindre quand elle serait prête. Et c'est à peine quelques minutes plus tard que je revoyais Eileen revenir, sans vraiment oser affronter son regard. J'hésitais à rester mais en un simple regard je comprenais qu'elle m'invitait à rester à ses côtés. Peut-être était-ce un moment difficile pour elle. Ce que je comprenais. Le feu, bien allumé, brillait devant nous, dégageant une fumée qui s'évapora dans l'air en un instant...


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MessageSujet: Re: Break goes the heart, Wrong goes the right, Good goes the bye... [Derek]   Lun 11 Mai 2015, 19:55

J'avais beaucoup plus de collègue jeune qu'on ne le pensais. Le procureur lui oui effectivement était un peu vieux et un peu fripé mais très compétent et charismatique. J'apprenais beaucoup auprès de lui; Mais l'équipe d'avocat qui travaillent chez lui était assez diversifiée. Mais assez exigeant, il recrutait souvent les meilleurs. Obtenir ce poste avait donc été une grande satisfaction pour moi. J'expliquais d'ailleurs tout ça à Derek avant de passer au dessert.

Au départ, je crois qu'il ne m'avait pas prise au sérieux mais rapidement, le médecin avait compris. Il me répétait que le barbecue dans le jardin ferait l'affaire et à sa question, j'avais fais mine d'y repenser une seconde fois mais tout était décidé.

- Croyez moi... ça mérite un geste radical... Et de toute façon vu son état, je me la ferai jamais remboursée et elle finira à la poubelle... J'ai besoin de mettre les forme pour sa fin de vie...

J'effleurai déjà l'idée du soulagement que ce serait de voir le tissus brûler et Derek comprenant l'urgence de la situation m'abandonnait pour aller allumer le brasier dans le barbecue. J'allais à la salle de bain et ramassais en boule ma robe. Au passage je récupérais les escarpins et après une grande inspiration, je quittais la maison. Je découvrais par la même occasion le jardin de Derek qui m'apparaissait dans sa globalité à présent. Doué, le neurochirurgien avait déjà allumé le feu et je le rejoignais avec un petit air déterminé. Je n'avais pas envie d'être toute seule, je voulais même un témoin à la fin de cette robe, à la fin de cette relation.

- Prêt?

C'était à moi que je posais en réalité la question mais j'attendais le signe de tête de Derek pour jeter la robe dans le feu. les escarpins la rejoignaient facilement et pour éviter la fumée due à l'embrasement, on reculait de quelques pas. Mon mariage partait en fumée, comme ma relation et je réalisais à nouveau que tout était terminé. Mes yeux me piquaient autant à cause de la fumée que les larmes et pourtant je ne pouvais pas détacher mon regard de la robe qui brûlait. et plus elle devenait cendre plus je me sentais libérée d'un poids. Le chagrin était là bien sur mais j'avais l'impression de reprendre le contrôle sur ce qui s'était passé. Jusque là je subissais.

- Il s'est barré avec sa maîtresse...

Je tournais les yeux vers Derek. Sauf qu'il imaginait surement pas que ça s'était passé au milieu de la cérémonie.

- On allait se dire oui. L'homme qui nous mariait a demandé si quelqu'un s'opposait à ce mariage...

Je détournais les yeux et fixais la robe alors que je racontais l'histoire de la façon la plus détachée possible.

- Elle s'est levée. Je sais pas ce qu'elle a dit, je n'entendais plus rien. Je crois qu'il s'est excusé et il m'a laissée là, devant tout le monde, dans cette foutue robe et il est parti avec elle...

Je sentais les larmes revenir alors que le feu se calmait à nouveau.

- J'ai tout revu dans ma tête en un claquement doigt et je me suis rendu compte que j'aurais pu ouvrir les yeux plus tôt... J'ai fini par tomber dans les pommes pour le clou du spectacle...

Je passais mes doigts sous mes yeux, cette fois les larmes coulaient.

- Quand j'ai repris connaissance, j'ai pété les plombs et je me suis sauvée... J'ai dévalé la colline et la forêt et je suis tombée sur vous...

Je pleurais à chaude larme maintenant même si ça n'avait plus rien à voir avec ma crise sous la douche. Derek toujours là pour me ramasser à la petite cuillère se rapprochait et je me laissais aller dans ses bras en ne retenant plus mes larmes. Bizarrement, c'était plus facile de me laisser approcher par un quasi inconnu que par mes proches. Et sa bienveillance me faisait du bien. Et dans ses bras, je voyais le dernier morceau de tissu s'évanouir en cendre.
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MessageSujet: Re: Break goes the heart, Wrong goes the right, Good goes the bye... [Derek]   Lun 11 Mai 2015, 22:43


Eileen m'avait rejoint, robe d'un côté et escarpins de l'autre avant de se mettre face au feu et attendre quelques instants. Son regard fixait les étincelles à quelques mètres à peine de nous alors qu'elle me demanda si j'étais prêt, ce à quoi je répondais un signe de tête, croisant mes bras sur ma poitrine pour contempler son action. Je comprenais à peu près l'importance de cet acte pour Eileen. Une page importante de sa vie, et douloureuse, se tournait en cette fin de journée et d'un geste, la robe ainsi que les chaussures finissaient leur existences dans ce feu vif grimpant au fil des minutes.

Citation :
Il s'est barré avec sa maîtresse...

C'est une chose que j'avais deviné, bien que j'aurais pu largement me tromper mais j'en avais à présent la certitude de Eileen. Son regard croisa le miens quelques instants. C'était le moment que Eileen vide son cœur et comme un silence religieux je respectais cet instant, alors que mes yeux tristes fixèrent les siens en écoutant la lâcheté de cet homme qui l'avait humilié face à son entourage, brisant leur amour paressant pourtant si sincère. Par colère, instinctivement j'avais serré ma mâchoire, baissant les yeux alors que Eileen avait cette voix tremblante, signalant là sa douleur la plus profonde. Elle finissait tout de même par éclater en sanglots et malgré tout, au vu de sa situation je trouvais cette femme absolument forte d'esprit et courageuse. Je n'avais pas vraiment hésité à la prendre dans mes bras, ce à quoi elle semblait avoir besoin puisque je sentais son étreinte autour de mes épaules. Sa tête posée sur l'une d'elle, je caressais doucement ses cheveux dans un geste de réconfort, et ce en tout bien tout honneur et rien d'autre (pour une fois que je n'ai pas vraiment d'arrière pensée je tiens à le souligner !). L'instant durait quelques longues secondes, c'était à la fois étrange et agréable de se sentir utile de cette façon là, bien différente de mes chirurgies. Car même si nous étions deux illustres inconnus l'un pour l'autre, je sentais que Eileen avait prit confiance en moi un peu plus et je tenais à l'aider plus que quiconque. Comme un devoir et non un désir. Qu'ici soit son havre de paix et de sérénité, loin de sa vie privée partie de ce mariage qui n'était qu'un échec au final. Le feu s'éteignait doucement quand la robe et les chaussures n'étaient plus que cendre. Je me détachais doucement de la jeune femme. Et je dois bien avouer que cette proximité là était nouvelle et étrange pour moi. Ce sentiment là je ne l'avais pas connu avec une autre femme. Comme si quelque chose avec Eileen était différent. Et pourtant rien n'était bizarre chez elle. Juste... son charisme, je crois, me rendait un peu mal à l'aise :

Ce type ne vous méritait pas, c'est certain. Dans un sens, dites vous que c'est bien que vous n'ayez pas eu l'occasion de lui dire oui. Ça aurait été vraiment dommage. - disais-je presque en chuchotant, comme si nous étions dans notre bulle de confession, un moment rien qu'à nous. - Je suis prêt à parier que votre famille pense la même chose que moi et qu'ils seront là pour vous soutenir quand vous reviendrez vers eux.

Je prenais légèrement du recul, la situation était étrange pour moi et je ne voulais pas l'offenser, d'une quelconque manière que ce soit :

Mais prenez le temps de vous ressourcer ici. Laissez passer quelques jours, profitez du calme pour réfléchir à votre situation et prendre les bonnes décisions par la suite. Prenez du recul avec votre travail si vous le pouvez histoire de recharger les piles complètement. Je vous fais confiance, vous avez l'air d'une personne relativement honnête. Je travaillerai, moins que d'habitude mais vous aurez la maison pour prendre un grand bol d'air frais, seule, au moins quelques temps.

Je lui souriais doucement :

Séchez vos larmes, votre visage est tellement mieux avec un sourire. - disais-je en souriant d'avantage encore – Laissez ce salaud partir il ne vous arrivait certainement pas à la cheville, j'en suis certain.



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MessageSujet: Re: Break goes the heart, Wrong goes the right, Good goes the bye... [Derek]   Lun 11 Mai 2015, 23:18

C'était totalement surréaliste. En fait, on ne verrait ça que dans un film et encore. La fille perdue qui trouve du réconfort auprès d'un inconnu qui lui offre le gîte et le couvert. Mais dans les bras de Derek, j'avais l'impression d'avoir le droit de me laisser un peu aller, il me retiendrait. Le réconfort de ses bras faisait son effet et je séchais déjà mes larmes, frottant mes joues régulièrement jusqu'à ce que plus aucune larme ne s'échappe de mes jolis yeux verts rougis. Et ses mots faisaient écho en moi, je savais qu'il avait raison parce que j'avais eu le temps de me dire la même chose. Heureusement que je n'avais pas eu le temps de dire oui à Thomas, sinon je me retrouverai avec un mariage à annuler. Mais de là à avoir envie de dire merci à ces deux traitres, je n'étais pas encore dans cet optique là xD.

- Vous avez raison... D'ailleurs, j'aimerai rappeler mon frère tout à l'heure, il doit s'inquiéter...

J'esquissais un petit sourire timide alors que j'avais l'impression que mes yeux étaient gonflés comme des patates soufflées. Derek reculait légèrement et sa générosité sans limite s'imposait encore à moi. Il était littéralement en train de me proposer de rester ici quelques jours, le temps qu'il faudrait. Je me sentais quand même gênée devant tant de gentillesse et pour le moment je n'osais pas accepter et abuser de sa confiance. J'essuyais une larme qui voulait filer, touchée par sa disponibilité et je me forçais à sourire pour faire plaisir à Derek. Peut être qu'en forçant un peu les choses j'allais réussir à sourire plus naturellement. J'avais réussi tout à l'heure après tout.

- Je ne sais pas si je peux accepter votre proposition. C'est... trop. Vous ne me connaissez même pas, je débarque dans votre vie comme ça avec la mienne bousillée... Je ne sais pas... J'avoue que si vous m'offrez l'hospitalité pour cette nuit je ne dirai pas non. Pour plus longtemps, je crois que je préfère me décider après une bonne nuit de sommeil...

Et du regard je sondais Derek pour voir s'il était d'accord avec cette façon de procéder. De toute façon la nuit n'allait pas tarder à tomber et demain matin, je verrai surement plus clair sur la façon d'aborder les prochains jours.

- De toute façon, j'ai 15 jours de vacances... Je devais partir en lune de miel au Costa Rica... ça avait l'air bien sur le papier...

Je levais les yeux au ciel, cette fois j'utilisais l'humour cynique pour relativiser. Il valait peut être mieux que je sois dans cette situation plutôt que mariée à un menteur qui ne m'aimait pas vraiment. Personne ne devrait épouser quelqu'un qu'il n'aime plus vraiment et visiblement, ce n'était plus moi la femme de sa vie. J'allais avoir du mal à encaisser mais je savais que j'en étais capable. J'étais forte, il fallait juste que je m'en souvienne pour ne pas m'écrouler.
Le feu s'éteignait doucement et on retournait à la maison alors que je complimentais Derek sur la beauté de son jardin et le côté très attirant de la piscine même si je n'avais pas la tête à aller piquer une tête ce soir. Insistant lourdement, je l'aidais à faire la vaisselle et à ranger, lui rappelant de toute façon qu'il avait une entorse et qu'il fallait qu'il se ménage. Après tout, moi, c'est mon coeur qui était brisé et ça m'empêchait pas de faire quelques tâches ménagères. J'avais ensuite appelé mon frère pour le rassurer sans pour autant lui dire où je me trouvais. Je le connaissais, il aurait débarqué et j'avais besoin d'être seule.

J'avais passé une nuit assez difficile. Au départ, j'avais mis du temps à m'endormir et j'avais craqué dans le silence de la chambre d'amie que m'avait donné Derek. J'avais étouffé mes sanglots dans mon oreiller mais pleurer avait finit par me fatiguer tellement que je m'étais endormie. Le sommeil était agité et peu réparateur mais alors qu'il faisait encore très tôt, je me réveillais comme une fleur. Profitant de ne pas entendre Derek debout, j'étais passée par la salle de bain pour m'habiller. Comme je me l'étais promis, j'avais décidé de préparer le petit déjeuner.
Bacon, oeufs prêts à être brouillés, pancakes, jus d'orange etc. Tout sur le plan de travail permettrait au neurochirurgien d'avaler un petit déjeuner bien complet. Je ne savais pas grand chose mais le petit déjeuner était ma spécialité. Pourtant je ne mangeais pas beaucoup le matin mais j'adorais préparer tout quand j'avais de la visite. Croyez moi, mon frère raffolait de mes pancakes et de mes oeufs brouillés. Pendant que je cuisinais, je réfléchissais à la proposition de Derek et couper un peu de New York et de mon quotidien me semblait une bonne option. J'allais m'arranger pour dédommager Derek, c'était ma seule condition. Les courses, le ménage, ça serait une bonne façon de le remercier pour sa générosité.
J'entendais justement le beau docteur et quelques minutes après, il entrait dans la cuisine ouverte sur le salon avec une tête toute décoiffé qui lui donnait un peu l'air d'un petit ours trop mignon. Il n'y avait là aucune ambiguité, mon coeur était brisé je vous le rappelle. Alors que je lui montrais d'un geste de la main un tabouret, je lui présentais une assiette de pancakes avec beaucoup de fierté. J'avais cette fois un grand sourire à lui ouvrir, preuve que j'allais déjà mieux aujourd'hui.

- J'espère que vous aimerez... Vous voulez des oeufs brouillés? Du bacon? Laissez moi gérer, ça me fait plaisir. C'est ma façon de vous remercier...

Je le laissais passer commande et rajoutais avec un petit sourire timide espérant qu'il n'ait pas changé d'avis.

- Je promet pas de faire ça tous les matins mais j'essayerai...

Sous entendu, j'espérais rester quelques jours.

- Sauf si votre proposition ne tient plus et je comprendrai...
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MessageSujet: Re: Break goes the heart, Wrong goes the right, Good goes the bye... [Derek]   Mar 12 Mai 2015, 19:04


Citation :
De toute façon, j'ai 15 jours de vacances... Je devais partir en lune de miel au Costa Rica... ça avait l'air bien sur le papier...

J'allais laisser Eileen réfléchir à ma proposition sagement. J'avais une certaine capacité à déceler les gens biens des mauvais et la jeune femme m'avait malgré tout inspiré confiance dès le départ. Et pour tout dire, voir cette maison avec uniquement mon ombre de temps à autre à l'intérieur était un peu déprimant. Voir l'immensité de ma demeure en étant seul était... vraiment dépriment. Quoi qu'il en soit, je respectais le délai de réflexion de la jeune femme et nous rentrions ensemble à l'intérieur. La fin de soirée fut calme, un peu de rangement pour remettre en ordre et finalement, la fatigue tombait plus rapidement que prévu. J'avais montré à Eileen les principaux éléments si elle en avait besoin pour quoi que ce soit durant sa présence ici. Finalement, après une bonne douche, j'étais partis me coucher bien que le sommeil fut plus difficile à trouver que je ne l'aurais pensé. Le cas de Eileen était assez spécial, la journée avait été étrange et tout un tas de questions sans réponses demeuraient dans mon esprit sans pour autant me ficher la paix pour quelques heures de sommeil.





_ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _

Le lendemain matin...


J'avais cette fâcheuse impression d'être encore endormis profondément, comme si je venais de me coucher 5 minutes avant, à peine. Le réveil fut cruel et d'un pas endormis je rejoignais la cuisine où Eileen s'était déjà installée. A vrai dire, je devinais qu'elle avait préparé pleins de bonnes choses à l'odeur alléchante envahissant jusqu'aux pièces voisines de la maison.

Bonjour, dites ça sent drôlement bon.. - disais-je en réalisant tout ce qu'elle avait pu préparer jusque là. Autrement dit : tout ce dont je raffolais le matin au petit déjeuner : pancakes, œufs brouillés, bacon, jus d'orange frais, la totale.

Citation :
J'espère que vous aimerez... vous voulez des œufs brouillés ? Du bacon ? Laissez moi gérer, ça me fait plaisir. C'est ma façon de vous remercier...

J'avais observé son sourire, plus large cette fois-ci que les précédents jusque là tandis que mon regard venait se poser sur l'assiette qu'elle me proposait :

Vous rigolez ? Tout ce que vous avez préparé, j'en raffole. Je suis un dingue du bacon, je crois que je vais commencer par ça...

Disais-je en m'installant sur le tabouret où elle m'avait invité quelques instants plus tôt.

Citation :
Je promet pas de faire ça tous les matins mais j'essayerai... Sauf si votre proposition ne tient plus et je comprendrai...

Bien sûr qu'elle tient toujours. Je n'ai pas l'habitude de jeter les femmes dehors, croyez-moi.

Disais-je en souriant malicieusement :

Mais vous savez Eileen, ne vous sentez pas obligé de faire tout ça pour me remercier. Je n'attends rien de vous en retour. Ou peut-être... si... - disais-je avec un air amusé, plissant les yeux en l'observant quelques instants – Ce large sourire que j'ai vu il y a 10 secondes. J'en demande encore. C'est bon pour la santé et... c'est le docteur qui le dit.

Je lâchais un rire avant d'avaler ma première bouchée, à laquelle je ne pouvais pas résister de commenter ce délice :

Mon dieu ça fait une éternité que quelqu'un ne m'a pas préparé un repas, qui plus est aussi bon. Vous êtes réellement douée ! C'est vraiment un délice. Avec ça je... je pourrais enchaîner 15 opérations d'affilées, j'en suis sûr...

Annonçais-je, sûr de moi même si c'était bien sûr une plaisanterie.

J'y pense d'ailleurs. Puisque vous restez quelques jours de plus ici, je pourrais vous accompagner chez vous prendre quelques affaires, après mon travail ? Ça serait plus simple que de prendre un taxi, et moins cher et... mon ennuyant et... - je m'arrêtais là, raclant ma gorge en l'observant, attendant une réponse quelconque – Je file dans 1 heure et je reviens en milieu d'après-midi. Mais je ne veux pas être trop entreprenant alors si vous refusez il n'y aura aucun souci.




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MessageSujet: Re: Break goes the heart, Wrong goes the right, Good goes the bye... [Derek]   Mar 12 Mai 2015, 20:29


J'étais contente d'avoir tapé dans le mille. Si Derek était un gourmand de tout ce qui était prêt alors il pouvait en abuser. Je comptais rester au fourneaux jusqu'à ce qu'il éclate d'avoir trop mangé xD. Sa proposition tenait toujours et ça me soulageait de savoir que je pouvais rester là. Et même si Derek me faisait savoir que je n'avais pas à faire quoique ce soit en échange de son hospitalité, moi ça me faisait plaisir. C'était la moindre des choses et je ne voulais pas juste profiter sans faire quelque chose. C'était comme ça que je fonctionnais. Il ne voulait que mon sourire et je m'exécutais en lui offrant un grand sourire, ravie de la tournure des choses.

- Alors vous aurez le sourire et le petit-déjeuner... Je ne me force pas, j'adore ça en plus... ça me fait plaisir et je n'aimerai pas rester là sans rien faire de toute façon... Va falloir vous habituer au bacon grillé le matin...

Et accompagnant ma phrase, je lui donnait le bacon. Et après la première bouchée, je le voyais se régaler ce qui me faisait d'autant plus plaisir. e prenais le compliment avec un petit signe de tête reconnaissant avant de l'empêcher de se faire des idées sur mes capacités culinaire.

- Par contre je ne sais faire que ça... Mon autre spécialité, ce sont les surgelés alors...

Je laissais échapper une petite grimace alors que finalement, j'attrapais un pancake, ce qui serait sans doute la seule chose que j'allais avaler avec ma tasse de café.
Et anticipant mes besoins, Derek me proposait de me ramener chez moi pour aller chercher quelques affaires. Je comptais appeler un taxi comme il le mentionnait mais puisqu'il devait de toute façon aller à Manhattan, autant que je profite de l'occasion pour me greffer à lui. Je souriais amusée à sa façon d'avoir peur d'en faire trop et je le rassurais d'un sourire.

- C'est juste adorable et j'accepte la proposition... Mais à une condition... C'est que si on cohabite pour les prochains jours, on devrait peut être se tutoyer...

je l'interrogeais d'un regard et on tombait rapidement d'accord pour ce fonctionnement.

- Vous n'aurez qu'à me déposer et à repasser me chercher quand vous aurez terminé... Je pense ramener du travail, je suis un peu accroc à mon boulot et je sais que je vais être contente de les avoir à porter de main. Je rendrais quelques affaires et j'espère pouvoir contacter mon frère aussi. Je le connais il doit s'inquiéter. Bref, j'aurais quelques petites choses à régler de mon côté, alors on peut faire comme ça.

Je ne voulais pas abuser de la générosité de Derek même si j'avais bien compris qu'il ne se forçait pas et que c'était dans sa nature d'être aussi généreux.

Et 1h après le petit déjeuner, je suivais Derek dans sa voiture alors qu'on démarrait pour rejoindre la ville. Je devais reconnaître que vivre aussi isolé à quelques kilomètres à vol d'oiseau de la grosse pomme avait son charme. C'était surement pour ça aussi que j'aimais l'idée de pouvoir couper avec tout le reste pendant quelques jours en me réfugiant ici. Pendant le trajet, on discutait, beaucoup plus que la veille mais ce matin j'arrivais à garder le moral. Il y aurait surement des moments de blues, c'était certain mais je voulais exploiter à leur maximum les moments où je me sentais mieux. Voir moi même.
J'avais commencé à guider Derek quand la ville s'était montrée. J'habitais dans un loft aménagé dans un ancien atelier d'artiste du côté du Village. Un grand portail cachait une petite cours qui menait jusqu'aux portes en fer forgés avec beaucoup de vitres polie laissant passer la lumière. J'aimais ce loft en duplex et bien que Thomas espérait nous voir nous installé dans une maison qu'il avait acheté, je n'avais jamais vendu mon appartement. J'aurais déjà du trouver ça bizarre de vouloir à tout prix garder un lieu de vie à moi.
Alors que la voiture ralentissait et se rangeait sur le côté, la silhouette de Thomas se dessinait devant le gros portail sombre. Il semblait faire les 100 pas devant l'interphone alors que je devenais blême. ça n'échappait pas à Derek et avant même qu'il ait le temps de poser la question, je confirmais son impression.

- C'est lui...

J'étais contrariée, il ne faisait pas parti de mes plans du jour et mon euphorie du matin venait de s'envoler en quelques secondes.

- Je vais me débrouiller... On s'appelle quand on a terminé?

Je ne voulais pas mêler encore plus Derek à toute cette histoire et je sortais de la belle voiture avant de me rapprocher de chez moi.

- Qu'est-ce que tu fais là?

- J'espérais te voir... Ton frère est chez toi mais il a refusé que j'entre...

- C'est une fleur qu'il te fait, je pense qu'il aurait envie de te mettre son poing sur la gueule...

- Je voulais m'excuser...

- T'excuser? Tu crois que ça suffit? Tu m'as humiliée devant tout le monde, tu m'as trompé depuis des mois avec ta putain d'assistante? Tu es sérieux?

- Et j'ai réalisé après l'erreur que j'avais faite. J'aurais du rester à tes côtés hier et te dire oui, je ne voyais pas le bonheur que j'avais à porté de main...

- T'es vraiment un détraqué... Barre toi, je veux plus te voir. Je te ferai expédier tes affaires... Maintenant va retrouver ta pouffe...


Je retirais ma bague de fiançailles que je lui tendais sans un regard.

- T'as qu'à la recycler avec elle

- Garde là... Eileen... S'il te plait... Calme toi...


Je sonnait attendant que Josh ouvre le portail mais Thomas m'attrapait le bras, serrant un peu trop fort.

- Arrête ton caprice... Je suis là, je m'excuse...

- Mon caprice?  Lâche moi...

Mais il ne me lâchait pas et je tentais pourtant de le faire lâcher prise.

- Casse toi Thomas... Lâche moi et casse toi...

Je me connaissais, je pouvais vraiment être zen mais j'étais à deux doigts de vouloir lui sauter à la gorge et lui faire aussi mal qu'il l'avait fait la veille. Et d'ailleurs mon autre main libre bien avec le diamant de fiançailles à l'intérieur venait rencontrer son visage alors qu'il ne m'avait pas lâchée. Je n'étais plus moi même. Les bijoux avaient écorché son visage alors que j'étais prête à me jeter sur lui, je sentais deux bras me retenir alors que Josh, mon frère lui s'occupait de retenir Thomas, qui vexé comptait riposté. En plus d'être malhonnête et lâche, il allait se montrer violent. Je réalisais alors que la personne qui une fois de plus m'empêchait de faire n'importe quoi était Derek qui était resté finalement. Josh demandait à Thomas de se barrer alors que Derek relâchait son étreinte. Les deux hommes me regardait alors que je serrais les dents.

- Il l'a mérité!!!

Et sans plus de développement, je poussais le portail, prenant la direction du loft. Josh ne connaissait pas Derek mais ayant compris qu'il était là avec moi, il l'invitait d'un geste de main à me suivre. Je traversais la cours au pas de course et poussait la porte de mon chez moi. Je réalisais alors que Josh m'interrogeais du regard alors que le pauvre Derek ne devait pas trop savoir ou se mettre. ça avait le mérite de me calmer d'un coup.

- Derek, je te présente Josh mon frère. Josh, je te présente Derek... Il m'a récupérée hier quand je me suis sauvée...

- Tu rencontre un inconnu et tu atterri chez lui comme ça?


Il se tournait vers Derek.

- Sans vouloir vous offenser...

- Désolée d'avoir fait un truc un peu dingue pour une fois mais on venait de me larguer au milieu de mon mariage et quelqu'un de gentil a surgit... Ou plutôt j'ai surgis sur le chemin de quelqu'un de gentil... Tu vois je suis vivante, Derek n'a pas essayé de me séquestrer ou de me tuer...

- Je disais pas ça... Je me suis juste inquiété... Je peux prolonger ma permission, je peux rester plus longtemps...

- Non... Non vas-y... De toute façon je quitte New York quelques jours...

- Tu vas ou?

- Chez Derek... ça le dérange pas...

- Tu vas pas aller chez un inconnu alors que je peux rester?

Il se retournait à nouveau vers Derek, comme s'il insistait sur le fait qu'il ne voulait pas l'attaquer vraiment lui en disant tout ça.

- Justement, j'ai besoin d'air, besoin de changer de décor... Est-ce qu'on peut se disputer une autre fois, quand on sera juste tout les deux?

Il savait que je pouvais être têtue et je lançais un regard à Derek, réalisant que j'étais vraiment un nid à problème en ce moment.

- Je suis désolée Derek... Je voulais pas te retarder avec tout ce que tu as à faire... Je pensais pas que ça prendrait cette tournure là... Je suis connue pour garder plus facilement que ça mon sang froid....
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MessageSujet: Re: Break goes the heart, Wrong goes the right, Good goes the bye... [Derek]   Mar 12 Mai 2015, 23:22


On s'était mit en accord sur le reste de l'emploi du temps. Eileen allait me suivre avant que je ne parte à l'hôpital et je la récupérerai à la fin de mon « service » plutôt minime comparé à d'habitude. Quoi qu'il en soit elle avait des choses à faire et sans perdre de temps, finissant mon petit déjeuné le ventre plein, je fila me préparer avant que l'on ne prenne la direction du centre de Manhattan. Les indications d'Eileen furent claires, nous arrivions devant son loft. La bâtisse était très belle, chaleureuse et accueillante et je m'imaginais déjà l'intérieur d'une brillante avocate comme elle, ses goûts même si ce n'était pas une visite à l'ordre du jour : j'avais à faire. Mais une fois garé à demi sur le trottoir pour la déposer, son teint pâlissait à vu d’œil face à un homme longeant la voie en long, mains plongées dans les poches.

Citation :
C'est lui...

Disait la jeune femme d'un teint blafard, laissant paraître un visage inquiet plutôt que jovial, qu'elle avait eu jusque là.

Citation :
Je vais me débrouiller... On s'appelle quand on a terminé ?

J'acceptais, d'un oui peu convaincu par la suite des événements. Et quand la portière claqua, ce n'est pas la clé que je tourna dans le contact, je préférais rester les yeux rivé sur Eileen jusqu'à qu'elle rentre en sécurité dans son loft. Je préférais être méfiance, ce type aussi lâche que pathétique pouvait tout tenter pour la récupérer ou l'enfoncer encore plus. Vitres closes, je n'écoutais pas leur conversation mais l'agitation montait soudainement alors que Eileen le frappait au visage après que Thomas l'eut empoigné du bras. Rapidement, je retira ma ceinture de sécurité et accourait vers eux alors qu'un autre type prenait sous son emprise Thomas, tandis que je luttais pour calmer Eileen. La situation avait dégénérée en deux secondes à peine. Tout s'était passé si vite. C'est qu'elle en avait de la force en plus :

Eileen, calme toi ! - disais-je en la faisant reculer un peu des deux autres hommes. Thomas finissait par partir sous nos conseils et je lâchais alors la jeune femme, qui retrouvait une légère sérénité dans ses mouvements :

Citation :
Il l'a mérité !

C'était certain, et elle aurait bien eu droit de lui casser la figure seulement ce n'était pas correct. Ce type ne méritait même pas qu'Eileen lui accorde encore son attention. Mais sa rage avait eu besoin d'être évacuée. Je n'avais pas entendu leurs conversation mais je soupçonnais l'homme de l'avoir provoqué, pour attirer autant ses foudres. Rapidement, Eileen effectuait de courtes présentations avec son frère tandis qu'il m'invita à les suivre à l'intérieur du loft. Mal à l'aise, j'obtempérais tout de même avant de me retrouver dans le salon, impressionné encore de la force qu'avait montrée la jeune avocate. Mais au fil de la conversation, je comprenais son frère inquiet de la situation. Il m'avait mainte fois montré qu'il ne m'en voulait pas mais le fait que sa sœur traîne chez un inconnu le dérangeait. Je trouvais ça normal, protecteur. Je signais d'un geste qu'aucune offense ne m'avait été faite. Et tandis que je passais la main dans mes cheveux nerveusement, Eileen reprenait :

Citation :
Je suis désolée Derek... Je voulais pas te retarder avec tout ce que tu as à faire... Je pensais pas que ça prendrait cette tournure là... Je suis connue pour garder plus facilement que ça mon sang froid....

Il n'y a aucun souci, ne t'en fais pas. Je t'appellerai après la fin de mon service, profite en pour passer du temps à te changer les idées et faire le point. A tout à l'heure.

Je serrais la main de son frère chaleureusement malgré tout. Il n'avait pas l'air méchant, juste méfiant ce qui était une juste cause. J'aurais été pareil avec mes sœurs de toute façon. Je les laissais donc en famille et filais de là, regagnant l'hôpital...


_ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _

Pendant ce temps là...


Mon service était si ennuyant avec autant de paperasse que je passais presque tout mon temps avec Mark, mon meilleur ami. Ça n'avait pas toujours été rose entre lui et moi mais j'estimais que les histoires passées appartenaient... au passé. J'avais surtout l'impression d'avoir un million de choses à lui dire, à propos de tout et de rien mais surtout de Eileen. Arpentant les couloirs sans but précis, je lui avais brièvement raconté mes péripéties avec la jeune avocate de la veille. Son avis était d'ailleurs très définis sur mon comportement avec elle :




Tu veux t'envoyer en l'air avec elle, c'est ça ? - demandait-il le plus sérieusement du monde.

Non ! Pourqu... non ! - lui assurais-je, les sourcils froncés et l'air si surpris.




Pourquoi ça tourne toujours autour du sexe avec toi ?

Oh arrête, me dit pas que tu n'y a pas pensé... une jeune femme épeurée n'a besoin que du docteur Shepherd... vu comment tu la décrit tu as l'air de l'apprécier. Et si tu l'apprécie, elle est forcément canon. Elle est canon ?

Un peu... - disais-je en faisant oui de la tête avant de rejoindre son regard - .. trop d'ailleurs.


_ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _

Fin du service...



Ma réflexion du jour aura été une confirmation plutôt : j'ai beau essayer de croire le contraire, je ne peux jamais avoir une conversation relative avec Mark à propos des femmes. Peu importe, Eileen était bien trop triste pour penser à ce genre de chose et je n'étais pas quelqu'un qui profitait des femmes vulnérable, point barre.

Je lui avais donc téléphoné pour savoir si je pouvais revenir la chercher au point de rendez-vous donné. Une fois le trajet accomplit, je regagnais son loft où elle avait finit ses objectifs de la journée et je la laissais monter dans la voiture avant de lui adresser un sourire, plus timide que d'habitude :

Ça a été ? Tu as pu faire tout ce que tu voulais ?



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MessageSujet: Re: Break goes the heart, Wrong goes the right, Good goes the bye... [Derek]   Mer 13 Mai 2015, 01:01

Derek finissait par s'en aller et je me retrouvais seule avec mon frère qui me regardait comme si j'étais en train de péter les plombs. Ce qui était peut être un peu le cas, mais j'avais les circonstances pour excuses. On se jaugeait du regard pendant de longues secondes et quand le portail claquait au bout de la petite cours, signe que Derek était parti, Josh commençait l'interrogatoire.

- Il fait quoi dans la vie?

- Neurochirurgien.

- Il vit où?

- Pas loin du château... Si on coupe par la forêt...

- Célibataire, marié?

- A priori célibataire... mais il a peut être une copine quelque part, j'en sais rien...

- Et donc, toi, toi qui d'habitude agis toujours avec raison, tu vas aller squatter chez ce gars. Alors il a l'air gentil hein, mais t'en a surement fait enfermé des gens qui avaient l'air gentil et qui étaient en fait des monstres...

- Et mon instinct me disait de ne pas me fier aux apparences dans ces cas là... Mais là, je sais que je peux avoir confiance en lui... Ecoute... Je sais que tu t'inquiète mais j'ai besoin de changer d'air, et oui, voir un inconnu ça fait du bien aussi. Et à force de cohabiter avec lui, il deviendra rapidement moins un inconnu. Je peux te laisser son numéro et son adresse si ça te rassure, mais s'il te plait, respecte le fait que j'ai besoin de couper avec tout ça...

Josh m'observait et puisque j'avais l'air d'avoir bien réfléchi à tout ça, il levait les yeux au ciel, signe que j'avais quand même sa bénédiction et il venait me prendre dans ses bras. Pas longtemps, pour m'éviter de craquer, mais assez pour dire "je suis là".

- Bien joué quand même pour la gifle... Et de toute façon t'as rien loupé, le gâteau était même pas bon...

Je levais les yeux au ciel avant de secouer la tête. N'empêche que défigurer légèrement Thomas m'avait fait plaisir. Je m'étonnais qu'il soit déjà là mais je supposais que la maîtresse était devenu bien moins marrante maintenant qu'elle l'avait gagné et il regrettait surement pour ça. Mais tant pis, j'allais surement pas revenir même si la rupture était dure à encaisser.
Josh continuait de me raconter la suite des évènement de façon à ce que je ressente peu de regrets vis à vis de la cérémonie. Et ça marchait quelque part. Montrer que les choses étaient nulles de toute façon, ça m'aidait à me dire que c'était mieux ainsi. Dans un sac, je jetais quelques vêtements confortable, une tenue habillée au cas où j'aurais envie de sortir, sait-on jamais. J'avais aussi pensé au maillot de bain et au regard interrogateur de Josh je m'étais lancée dans une description de la maison de Derek incroyablement belle et accompagnée d'une piscine à l'abri au milieu de son jardin.

- Et alors il a des voitures... Même moi qui n'y connait rien, je sais qu'elles sont géniales... Tu serais vert de jalousie si tu les voyais et tu serais bien content de pouvoir monter dedans...

Bizarrement, Derek gagnait des points avec ses voitures. Les mecs, tous pareils xD. Au moment où Josh tentait de parler de papa, je me contentais de demander s'il s'était réellement concerné par la situation. La réponse étant non, car mon père était déconnecté de la réalité et je demandais alors à Josh de pas m'en parler. Mes relations avec mon père étaient vraiment plus que compliquées. Et à mon sac, je rajoutais une sacoche avec les dossiers en cours.

- Faut que j'appelle le boulot, je vais leur dire que je ne vais plus à l'étranger mais que je suis dispo si besoin par téléphone... Enfin je suppose que mes collègues ont déjà raconté le mariage raté de maître Vaughan

Je me laissais tomber dans mon canapé alors que j'avais posé mes sacs près de la porte.

- Si tu veux rester là du coup, tu peux tu le sais hein?

- Tu crois que je vais partir alors que j'ai un loft juste pour moi?

- Pas de fête monsieur Vaughan!

- On se demande lequel des deux est le plus vieux et rabat-joie...

- Toi, Moi je joue à la game boy! Et je parle à de méchants inconnus...


La suite pourrait se résumer à une bataille de coussin au milieu du salon.

_ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _

Quelques heures plus tard.

J'avais été déjeuner avec mon frère. ça nous avait fait du bien de nous retrouver même si hier je l'avais repoussé. Lily nous avait rejoint pour le dessert et si Josh avait été convaincu par les belles voitures, c'est le côté beau gosse et neurochirurgien qui avait convaincu Lily de ma bonne idée d'atterrir chez Derek. Et pendant que mon frère allait régler l'addition, elle jouait les petites curieuse.

- Si ça se trouve, c'est un signe du destin... Thomas n'était pas fait pour toi, tu t'es sauvée et le destin a mit ce Derek sur ta route...

- Un signe du destin...

- Je sais que tu n'y crois pas, mais moi je suis sure que rien n'arrive par hasard.

- Oui, ça je sais que tu crois à ce genre de chose...

- Lutte contre ton destin et il te rattrapera, je te le dis...


Et je pensais pas que l'avenir finirait par me prouver que ce coup-ci, Lily allait avoir raison. Mais pour le moment j'étais loin de ce genre de considération même si au moment où elle me demandait à quel point Derek était canon j'avais répondu

- Tu vois Bradley Cooper? Ou Patrick Dempsey (ah ah)...

- Ouai?

- Bah voila... Aussi canon que ça...


Et à la tête de Lily, je sentais qu'elle maudissait son destin de ne pas être à ma place ce qui m'arrachait un sourire.

Et après une virée en ville, mes fameux coups de téléphone passé, Derek m'appelait et je lui proposais de me retrouver au loft. Je ne sais pas si c'était le destin mais Josh proposait à Lily d'aller boire un verre et ces deux là m'abandonnaient lâchement à mon sort. Derek était arrivé peu de temps après moi et j'étais ressortie avec mes bagages, mon sac à main que Lily avait pensé à ramener. Je déposais tout ça dans le coffre de la voiture du chirurgien, trouvant pourtant la situation aussi naturelle que si j'allais chez quelqu'un que je connaissais depuis longtemps.

- Oui merci... Je suis encore désolée pour ce matin... Je sais pas ce qui m'a prit...

Mais mon sourire trahissais un certain plaisir à avoir frappé Thomas.

- Je pensais pas que ça m'aurait autant plu de le frapper...

Je faisais une petite tête coupable et en même temps une bouille de petite fille qui a fait une bêtise mais qui en est fière. ça avait le dont de faire rire Derek et moi aussi du coup.

- Et ton service du coup?

Et tout en discutant, on montait à bord, cap sur la maison de Derek. Il avait eu l'air tout timide au moment de se retrouver que j'avais trouvé ça mignon. Si ce n'était pas malpoli, j'aurais envoyé un sms à Lily pour lui dire que finalement, Bradley Cooper était bien moins canon que Derek. Enfin ça ne changeait rien, je ne courais pas après Derek. J'étais là pour me changer les idées et pour refaire le plein d'énergies avant d'affronter à nouveau le quotidien.
Le trajet était aussi agréable au retour qu'à l'aller. Et en arrivant, j'avais été mettre mes affaires dans la chambre d'ami pour ne pas encombrer. Je revenais, décidée a avoir un meilleur moral pour la soirée que celui que j'avais hier. Je ne voulais pas que Derek passe une nouvelle soirée avec Eileen la dépressive.

- Merci encore Derek... Et si jamais tu as besoin que je m'en aille, n'hésite pas... Je veux pas être une gêne, vraiment pas... D'ailleurs, je me demandais un truc... Est-ce que je risque de tomber sur une petite amie qui viendrait à l'improviste? Parce que si jamais ça crée un quiproquo, je préfèrerais pouvoir le désamorcer à l'avance...

Imaginez que j'ouvre la porte et qu'une nana se mette à me pourrir avant même que j'ai pu ouvrir la bouche. Si en voyant la jeune femme je disais "ah! c'est vous la copine de Derek", croyez moi, ça pouvait désamorcer beaucoup de choses.
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MessageSujet: Re: Break goes the heart, Wrong goes the right, Good goes the bye... [Derek]   Ven 15 Mai 2015, 00:16



Citation :
Oui merci... Je suis encore désolée pour ce matin... je sais pas ce qui m'a prit... je pensais pas que ça m'aurait autant plu de le frapper...

J'avais souris puis ris après sa dernière phrase, alternant mon regard quelques instants entre la route et ses yeux presque pétillants de joie en se remémorant ce passage ci :

C'était... une sacrée gifle. Je n'aurais pas aimé la prendre.

Citation :
Et ton service du coup ?

Terriblement... ennuyant. Papiers, réunion, gestion du budget... papier, réunion, gestion du budget. Ça rime à ça et ça m'exaspère. Aucune chirurgie et pour une stupide entorse on va me faire passer des examens avant de reprendre pour voir si je suis opérationnel. Je ne supporte pas ça, comme si j'étais assez stupide pour reprendre sans m'en sentir capable. Mais... c'est assez cruel en fait d'attendre uniquement les opérations... j'en conviens.

Finissais-je par dire en réalisant que mon discours n'était pas forcément adéquat pour une personne qui n'était pas dans le milieu, comme Eileen. Elle devait penser que j'étais un boucher qui n'attendait uniquement que la bonne occasion pour opérer quelqu'un avec une maladie rare et une opération complexe. C'était... un peu ça au fond, mais la relation avec un patient m'avait toujours plu en règle générale. Il y a pleins de bons côtés dans la chirurgie neurologique. C'était mon métier, c'était ma passion.

Et même si j'avais pu paraître un brin timide lors de nos retrouvailles sur le chemin du retour, au fil de nos conversations tout redevenait comme le matin même, une entente mutuelle s'était installée entre nous et au final nos caractères étaient plutôt compatibles, il faut croire. Même si Eileen traversait une passe pas des plus simples à vivre, j'aimais son caractère, c'était une femme très agréable. Au regard comme à sa personnalité...

On arrivait finalement à mon domicile en fin de soirée. Le soleil ne se couchait pas déjà mais les rayons se faisaient plus discret tout en laissant une chaleur de plomb dans l'air. Ces derniers temps d'ailleurs la température New-yorkaise avait augmentée un peu soudainement, ce qui s'était ressentit au niveau du service des urgences de l'hôpital. Je me mettais donc à l'aise, dé serrant ma cravate avant de retirer ma chemise de l'intérieur de mon pantalon. J'offrais quelque chose à boire à Eileen avant d'en faire autant, alors que nous étions sur le bar dans la cuisine :

Citation :
Merci encore Derek... et si jamais tu as besoin que je m'en aille, n'hésite pas... Je veux pas être une gêne, vraiment pas... D'ailleurs, je me demandais un truc... Est-ce que je risque de tomber sur une petite amie qui viendrait à l'improviste ? Parce que si jamais ça crée un quiproquo, je préférerais pouvoir le désamorcer à l'avance...




Non non... aucun risque. - disais-je en haussant les épaules. Je rencontrais des femmes, pour un soir, peut-être deux mais pas plus. Mais jamais je n'avais fait venir quelqu'un jusqu'à chez moi, une relation pas sérieuse, je veux dire. Aucune d'elles n'avaient franchis le seuil de ma porte pour ce genre de chose, c'était un principe, une règle d'or que à laquelle je tenais. Mais rapidement j'avais esquivé la conversation, je tenant pas trop à ce genre de chose, surtout avec Eileen. Je n'étais pas vraiment à l'aise devant elle, surtout que... je la trouvais terriblement canon et sympathique. Bref, je reprenais :

On pourrait manger au bord de la piscine si tu veux. Et même en profiter pour se baigner, dans le jacuzzi aussi. Le pauvre je ne sais même pas s'il est encore opérationnel... ça sera l'occasion. L'eau est chauffée.  Ça te dis ?

Lui demandais-je en souriant doucement. Elle acceptait alors, tandis que je prenais le chemin de ma chambre pour me changer, enfiler un short de bain ainsi qu'un tee-shirt, troquant mon costard avec ceci. J'appréciais être à l'aise chez moi, c'était quelque chose à quoi je tenais en rentrant du travail même si la journée n'avait pas été bien difficile aujourd'hui. Je m'attelais alors au nettoyage de la piscine, la mise en route brève du jacuzzi pour voir s'il marchait et content, tout était ok pour ce soir. La nuit tombait alors doucement sur New-York. Eileen m'aidait à la préparation du repas et la mise en place de la table à l'extérieur et le temps de faire tout ça, le soleil s'était maintenant bel et bien couché sur l'horizon doucement. Repas simple, sans vraiment  de recherche mais ça avait l'air plutôt pas mal. Et nous dégustions notre repas avec le soleil couchant, peu à peu la lumière du soleil disparaissait doucement. J'avais tout un tas de lumière extérieur, ce n'était pas là le problème. Au contraire, l'ambiance apaisante que dégageait les lieux était quelque chose que j'appréciais le plus le soir venu ici. On se mettait d'accord pour débarrasser la table plus tard, l'envie autant pour Eileen que pour moi de se plonger dans un jacuzzi tiède était trop important.


Spoiler:
 


Je l'allumais alors, retirant mon tee-shirt avant de me glisser à l'intérieur. Et d'un regard – un poil voyeur je dois bien l'avouer au final – j'avais entrevu Eileen retirer ses vêtements et je dois bien avouer qu'elle était encore plus magnifique en maillot de bain : son corps de rêve était bien plus séduisant que les mannequins anorexiques ou autres top modèles du genre. Bref, je ne m'étais pas attardé sur son corps car je ne voulais pas paraître pour... enfin bon. Passons. Je soupirais longuement, signe que ça faisait finalement un bien fou de se plonger là dedans jusqu'au cou. Je n'avais pas forcément le temps en temps normal de profiter de ce jacuzzi mais j'avais tors de ne pas le faire quand celui-ci se présentait. C'était une bonne occasion avec Eileen, qu'elle se détende par la même occasion. Même si, je suis sûr, la conversation concernant ma vie amoureuse et ma fuite du sujet ne lui avait pas échappé, j'en était certains. Le silence envahissait les lieux, doucement bercé cependant par un bruit de grillon, ce qui était agréable. Les étoiles dans le ciel brillaient de mille feux tandis que je les observais en silence jusque là, avant de reprendre :

Tu sais j'ai été marié. - disais-je doucement alors que jusque là Eileen aussi avait respecté ce certain silence qui planait entre nous. Ça avait été reposant, mais je tenais à lui confier certaines choses. Pourtant, je n'étais pas de ce style, loin de là. Au contraire même, mais je ressentais le besoin de confier à Eileen que j'avais vécu presque la même situation qu'elle était en train de vivre ces jours-ci.

J'ai toujours vécu à Manhattan. Je crois que tous les New-yorkaise sont à peu près tous génétiquement conçu pour détester toutes autres villes des États-Unis... Enfin peu importe. J'avais rencontré ma femme de l'époque à l'hôpital où je travaillais avant. Elle était chirurgien pédiatre, on s'est mariés assez rapidement d'ailleurs mais, on s'entendait plutôt bien.

Disais-je en souriant, me rappelant mes premières années avec Addison, où tout allait encore bien.

Un soir, je me gare devant chez moi, j'ouvre la porte et je rentre dans la maison : quelque chose est différent. Rien n'a changé, les choses sont les même c'est sûr mais... y'a quelque chose de différent. J'attends un petit peu... et là je sais. Y'a des moments pour moi – en général quand je suis au bloc – où je sais déjà tout ce qui va se passer ensuite. Alors je vais au premier étage et en montant l'escalier j'essaie de me préparer à ce que je vais voir au moment où j'entrerai dans ma chambre. Là en plein milieu de l'escalier y'a une veste qui n'est pas à moi. Tout ce que je crois savoir, toutes mes grandes certitudes... tout ça s'envole. Parce que la veste qui n'est pas à moi je la reconnaît. Et maintenant je sais que quand je vais ouvrir la porte de ma chambre, je ne vais pas seulement voir que ma femme est en train de me tromper. Mais je vais voir que ma femme est en train de me tromper avec mon meilleur ami... C'est tellement banal, commun, cruel, nul... Cruel surtout... alors je suis venu habiter ici. J'ai eu la folie de m'acheter cette immense maison qui est bien trop grande pour moi. A l'écart de tout. Je cherchais à prendre du recul sur la situation. A m'écarter de tout, et de tout le monde... la fuite, ça fait parfois du bien. Et te voir ici c'est plaisant aussi, ça change de ma vie absolument ennuyante. Alors tu reste le temps que tu veux, je ne vais pas revenir sur cette décision là.

Finissais-je par dire en lui souriant doucement après avoir redressé ma tête en sa direction :

Je ne suis pas du genre à avoir une liaison. D'avoir un double des clés ou de laisser ma brosse à dent chez l'autre. Je n'ai pas le temps d'avoir une relation sérieuse. Mais si jamais c'est le cas un jour... je serai heureux parce que je tenterai ma chance avec quelqu'un qui m'aime vraiment et que j'aimerai en retour autant qu'elle. Et je ne passerai pas autant de temps au travail. Parce que la tromperie de mon ex femme m'a rendu plus fort, et ne me fera pas recommencer deux fois la même erreur.

Je marquais une pause, roulant finalement les yeux en l'air avant de sourire amusé :

Je crois que je dis tout ça pour te faire comprendre que finalement Thomas va te faire avancer dans ta vie. Ne prends pas ça pour un échec mais plutôt pour une leçon de vie que tu dois mettre dans un coin de ta tête.



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MessageSujet: Re: Break goes the heart, Wrong goes the right, Good goes the bye... [Derek]   Ven 15 Mai 2015, 01:01


C'était vraiment étrange. Pouvoir être ici et se sentir comme dans un lieu familier, avec quelqu'un que je connaissais depuis toujours alors que j'étais dans la maison d'un homme que je ne connaissais que depuis la veille. Derek avait cette façon de vous mettre à l'aise et d'agir comme si tout était normal que ça finissait par sembler naturel d'être là. Et tout aussi naturellement on avait préparé le dîner, Derek s'était occupé de la piscine et surtout du jacuzzi qu'il fallait faire repartir. J'avais pris en charge l'installation de la table et on avait diner dans une ambiance agréable et détendue. En dehors du repas, quand je n'avais pas vraiment envie de parler, Derek avait respecté mon silence ce qui rendait ce dernier beaucoup plus léger. J'avais des moments comme ça où je revoyais le fiasco d'hier, et celui indirectement de ces derniers mois. Je vacillais toujours entre moments douloureux et moments où je reprenais le dessus.
Se glisser dans un jacuzzi avait quelque chose de romantique mais mon coeur brisé était si anesthésié que je ne songeais même plus à cet aspect là. C'était juste une piscine beaucoup plus petite avec des bulles et une eau chaude qui détendrait tous mes muscles. J'avais absolument pas remarqué les regards de Derek sur moi, même en m'installant dans le bain bouillonnant. Pourtant, j'étais capable de vous dire que lui était toujours un bel homme, y compris sans sa chemise xD. Je basculais la tête en arrière, le rebord sous ma nuque et j'avais fermé les yeux quelques instant. Dans le silence, on entendait le moteur discret qui créait les bulles et la nature qui reprenait le dessus. Comment pouvait-on imaginer que New York était si près d'ici. J'avais rouvert les yeux pour observer les étoiles. Le spectacle m'avait surprise car avec la pollution lumineuse de la ville, il est compliqué d'avoir un aussi beau ciel à admirer.
Derek prenait alors la parole, brisant délicatement le silence et je tournais la tête vers lui intriguée. ça avait commencé par une déclaration courte mais efficace. Il avait été marié. Et alors qu'il me racontait son histoire avec beaucoup de détails, je n'avais de cesse de l'observer. Je le fixais sans être dérangeante alors que les mots s'échappaient de ses lèvres. Il y avait des similitudes dans son histoire et dans la mienne. Sauf que je la trouvais presque pire. Son meilleur ami et sa femme l'avaient trahi. En même temps. Moi c'était seulement mon fiancé et j'avais eu la "chance" de ne pas avoir le temps de lui dire "oui".

- Je suis désolée... ça a du être vraiment difficile à digérer... Tu as perdu ta femme et ton meilleur ami... Tu as coupé les ponts avec eux?


Je l'aurais fais moi. J'aurais giflé (parce que ça serait devenu ma spécialité) et j'aurais coupé tous les ponts. Plein de sagesse, il semblait avoir digéré l'épreuve pour en faire une force. Il avait l'air de croire possible une nouvelle histoire, une nouvelle rencontre. Mon état d'esprit était tout à l'opposé. Je lui rendais son sourire mais je finissais par faire une petite moue peu convaincue par tout ça.

- Je vais surement apprendre de tout ça... En ressortir plus forte mais honnêtement... J'ai juste envie de rester loin des hommes... J'ai un peu la gueule de bois pour utiliser une métaphore vraiment nulle et j'ai pas envie de prendre un autre verre... Leçon retenue...

Et on pouvait comprendre à ma tête et au ton de ma voix que je tirais un trait sur les hommes.

- Pour que je replonge... Faudra vraiment que le destin soit costaud...

Je me mettais à sourire toute seule avant de regarder Derek qui lui ne devait pas comprendre.

- Ma meilleure amie Lily, elle aime bien ces histoires de destins, ces choses qui n'arrivent pas par hasard. Donc pour elle, mon mariage devait raté pour tout un tas de raison. D'ailleurs tu es l'une d'elle... A midi elle m'a dit que si j'avais été larguée devant l'autel, ça avait un sens parce qu'ensuite je te rencontrais... Donc, si on se base sur ce qu'elle dit, toi et moi, on devait absolument se rencontrer et si je me met en tête de lutter contre ce destin, je perdrai forcément et il me rattrapera à tous les coups...

Je secouais la tête, ayant toujours tendance à taquiner Lily sur ses théories un peu trop farfelues pour moi. J'étais persuadée que les choses arrivaient parce qu'on faisait des choix et que le destin était un résultat de nos actions et non l'inverse.

- Je suis pas en train de me plaindre d'être tombée sur toi... En fait, ça m'aide à ne pas péter complètement les plombs d'être ici, de discuter avec toi... Si je te remercie encore tu vas me bâillonner mais j'en ai vraiment envie alors merci...

Je souriais amusée alors que mes mains s'amusaient avec les petites bulles d'air qui remontaient à la surface. Je réalisais que je n'avais pas pris le temps de me poser comme ça depuis des années. Mon travail demandait tellement d'énergie et de temps que je n'avais pas pris de pause pour pouvoir être toujours d'attaque. Les jours à venir allaient me changer la vie, c'était radical.
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MessageSujet: Re: Break goes the heart, Wrong goes the right, Good goes the bye... [Derek]   Dim 17 Mai 2015, 01:34

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MessageSujet: Re: Break goes the heart, Wrong goes the right, Good goes the bye... [Derek]   

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