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 Maintenant j'en suis sûre... Tu es mon ange gardien... [Derek]

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✔ INSCRIT LE : 09/05/2015
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MessageSujet: Maintenant j'en suis sûre... Tu es mon ange gardien... [Derek]   Ven 15 Mai 2015, 16:14


Après mon mariage raté, ou plutôt interrompu, j'avais trouvé refuge chez Derek, un inconnu au coeur énorme et j'avais appris à le connaitre pendant les jours passés dans son havre de paix. Les jours défilant, j'avais appréhendé de plus en plus mon retour en société, obligée d'affronter les regards de ceux qui avaient apprit la nouvelle ou pire, avaient assisté à la scène. Mais j'avais du travail, des dossiers importants et le bureau avait demandé si je pouvais revenir travailler plus tôt car de nouveaux éléments importants avaient été découverts. C'était il y a 6 mois de ça et j'avais promis à Derek qu'on se reverrait. Je ne pouvais pas m'en aller, retrouver ma vie et le laisser de côté alors qu'il m'avait aidé, laissé pleurer sur son épaule, joué à la game boy avec moi et fait en sorte que ma peine s'évacue doucement mais surement. Il avait rendu le désastre moins lourd à porter et la douleur plus facile à extérioriser. J'étais revenue plus forte, assumant totalement ce qui s'était passé et malgré l'appréhension, je savais que j'allais pouvoir tout affronter : regards comme murmures.

J'ai retrouvé le bureau un lundi matin. J'ai affronté le regard des gens. Certains avaient pitié, d'autres étaient moqueurs et les uns comme les autres auraient pu me toucher. Mais j'étais restée la tête haute et je n'avais pas laissé le temps aux rumeurs de gonfler. J'avais mis tous les avocats sous ma supervision au boulot, j'avais clarifié les choses avec mes collègues et si j'entendais la moindre remarque, on allait avoir à faire à moi. Je n'avais pas eu besoin de le dire à voix haute, les gens le savaient. J'étais sympathique, mais quand on me cherche on me trouve. L'un de mes dossiers étaient brûlant, le genre de dossier délicat qui demande discrétion, efficacité et travail. Mais c'était le genre de sujet qui monopoliserait mon attention et me permettrait de me remettre dans le bain. Je n'allais pas avoir le temps de pleurer sur mon sort. La vie reprenait. Seule, sans Thomas, mais ce n'était pas plus mal.

Afin de ne pas oublier la trahison de Thomas, et n'étant pas capable d'avoir toute la sagesse de Derek pour me dire qu'un jour je trouverai quelqu'un à nouveau, j'avais recyclé mon alliance. Lily les avait récupérer en allant chercher mes affaires chez Thomas et en découvrant celle que j'aurais du avoir à mon doigt ce jour là, j'avais décidé de me rendre en bijouterie. Je savais ce que je voulais. Cette alliance ne resterait pas alliance. Avec une jolie cordelette travaillée, le bijoutier la transformait en un bracelet élégant. Tant que je l'aurais sur moi, je n'allais pas oublier la trahison de Thomas. Je n'allais pas oublier que baisser la garde menait à ce genre de situation et que les hommes en majorités finissaient toujours par vous décevoir.

Mais il y avait des exceptions. Derek était l'une d'elle. J'avais tenu ma promesse et on s'était revus entre deux gardes, entre deux procédures. Ce n'était peut être pas aussi souvent qu'on l'aurait voulu mais nos emplois du temps respectifs se révélaient être des obstacles assez difficile à surmonter. Et la vie faisant son chemin, le boulot reprenant le dessus, les entrevues se faisaient plus rare jusqu'à devenir quasi inexistante. Les coups de téléphones, les sms s'espaçaient jusqu'à ne plus avoir lieux. De temps en temps je repensais à Derek mais ayant l'impression d'avoir été ingrate en n'essayant pas plus de le revoir, je préférais le laisser tranquille. Parfois, je me retrouvais à choisir son contact dans mon téléphone mais je renonçais à le contacter. Le destin de Lily n'avait pas insisté pour que je reste en contact avec Derek.

De toute façon, je n'avais pas vraiment le temps pour ça. Même Lily me reprochait mon manque de disponibilité même si elle comprenait combien mon métier était important pour moi. Ce dossier, si important pour le procureur me mettait la pression. Mais j'étais déterminée et comme toujours je me montrais efficace. Seulement quand on s'attaque à des réseaux dangereux, à des mafias, il n'est pas rare de devenir une cible. J'avais fais l'objet de menaces mais je n'avais pas voulu baisser les bras. Le procureur m'avait convoqué dans son bureau et j'espérais seulement qu'il ne me demande pas d'abandonner.

- Comment allez-vous Eileen?

- Bien monsieur le procureur. J'avance encore sur le dossier Malakian. Mais vous vouliez surement me parler à ce sujet?


Le procureur vous convoquait rarement pour parler de la pluie et du beau temps voyez vous.

- Oui. Vous avez été menacée et beaucoup de sources rapporte que vous êtes devenue particulièrement gênante pour ce réseau... Vous avez refusé la protection de la police mais j'aimerai que vous reconsidériez votre décision.

- Je n'arriverai pas à faire mon métier correctement si je suis toujours encadrée par deux molosses monsieur... J'ai besoin de me sentir libre, de pouvoir discuter avec tout le monde sans que quelqu'un soit là à tout observer....

- Mais il s'agit de votre vie Eileen. Et j'ai besoin de vous ici, vous êtes mon meilleur élément. Acceptez au moins un garde du corps. Je ferai en sorte qu'on vous trouve quelqu'un de discret.


Est-ce que j'avais peur? Bien sur. Qui n'aurait pas peur en sachant qu'une cible était dessinée dans votre dos ou sur votre front? J'étais morte de trouille, je ne récupérais plus ma voiture dans le parking souterrain sans me retourner dix fois de suite mais je ne voulais pas céder. C'était trop facile de faire peur à quelqu'un pour s'en sortir. Et puis nous étions à deux doigt de pouvoir soumettre un dossier solide pour faire tomber les têtes pensantes du réseaux. C'était trop lâche de laisser tomber si près du but. Mais raisonnable et comprenant que le procureur ne me laisserait pas tranquille je finissais par mettre de l'eau dans mon vin.

- D'accord... Mais quelqu'un de discret. Et si j'ai besoin qu'il reste à distance parce qu'un témoin veut me parler, il doit accepter de s'éloigner... Je ne veux pas quelqu'un qui me suive comme une ombre sans que je sois capable de décider quand j'ai besoin d'air...

Cette fois c'est le procureur qui fait un compromis, il préfère me savoir protégée 90% du temps que pas du tout. Nous avons donc un arrangement et je vois débarquer dès le milieu de l'après-midi, un type qui va alors me suivre comme une ombre pendant les semaines à venir.

Les mois s'enchaînent, les dernières preuves arrivent. Je sens la tension monter, je sais que les menaces se font plus précises, plus nombreuses. Je sens d'ailleurs mon garde du corps plus tendu même s'il s'efforce toujours de ne pas montrer ses émotions. A force d'être ensemble tout le temps, une relation de complicité s'installe. C'est étrange, à cheval entre l'amitié et la complicité professionnelle. 4 mois après mon mariage, j'échappe de justesse à une attaque et je réalise à ce moment là que je suis sur la bonne piste. Sinon le réseau n'aurait rien tenté. J'accepte un second garde du corps et une voiture de police devant chez moi. Je me dis que c'est seulement temporaire.

2 autres mois passent, si j'échappe à d'autres tentatives, on en me le dit pas. Mais je sens la pression qui monte. J'espère pouvoir arriver à lancer des arrestations concrètes dans les jours à venir. Paranoïaque, je garde les dossiers avec moi et une copie dans un coffre au bureau. Je suis prudente, je sors peu de chez moi et je commence à en avoir ras le bol de cette situation mais je ne peux pas baisser les bras. Et puis un matin, je décide que ça suffit. J'ai besoin d'une heure pour moi, seule et je prend ma voiture sans garde du corps au volant  ou comme passager. J'ai besoin de conduire MA voiture, d'aller prendre un café sur le trajet sans être encadrée par deux hommes, même discrets et j'ai envie d'aller au boulot librement comme des tas d'autres gens.

Jusque là tout va bien et à un croisement, je sens la voiture qui ne me répond plus vraiment. Le feu passe au rouge et j'ai beau mettre tout mon poids sur le frein, la voiture ne ralenti pas une seule seconde. Je parviens à éviter les voitures devant moi et qui se sont arrêtées. Je me retrouve à les dépasser et à continuer tout droit, paniquée à l'idée de ne pas réussir à m'arrêter. Et au moment où ma voiture se retrouve pile au milieu du croisement, un camion de livraison d'une taille trop importante pour ma voiture me percute de plein fouet par le côté. Le bruit de la tôle, la douleur très vite et puis le noir total. Quand j'ouvre les yeux, un médecin est en train de me parler alors que j'entend des sirènes hurler. Prisonnière de ma voiture j'ai du mal à respirer et je sens mon dos compressé. Je sens encore mes jambes mais je suis incapable de bouger.

- Comment vous appelez vous?

- Eileen Vaughan

- Très bien Eileen... Je m'appelle Shawn, je suis médecin et on va vous sortir de là, d'accord?


Je confirme d'un signe de tête; Je répond à ses questions mais plus les minutes passent plus je me sens endormie. On me demande de garder les yeux ouverts mais je n'y arrive plus. On m'informe que les pompiers vont commencer à me désincarcérer mais au moment où tout se met en marche, je perds connaissance.

Quand je suis déchargée de l'ambulance aux urgences de l'hôpital le plus proche, je suis toujours inconsciente. Des médecins prennent mon cas en charge. On fait le bilan de mes blessures, on se base sur le premier bilan établi sur place. Et puis un des médecins a un doute sur un possible traumatisme crânien mais c'est mon dos qui les inquiète le plus. On bip la neurochirurgie et on tente de me stabiliser. Car si je risque de perdre mes jambes, dans l'immédiat c'est le moins grave. Mais j'ai la chance d'être dans l'un des meilleurs hôpitaux de la région.

Ce que je ne sais pas encore, c'est que Lily avait raison... Essaye d'échapper au destin, et il te rattrape...
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MessageSujet: Re: Maintenant j'en suis sûre... Tu es mon ange gardien... [Derek]   Dim 17 Mai 2015, 01:32


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6 mois plus tard...

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On a un AVP dans deux minutes. Voiture contre un gros camion, devine qui a gagné...

L'attente ne semblait pas durer uniquement deux petites minutes. C'était interminable, une attente si longue pour ces jeunes internes qui ont soif de connaissance. Obtenir la plus grosse chirurgie dramatique était tout simplement un rêve pour eux. Le fait d'ouvrir quelqu'un, voir leurs entrailles et s'estimer heureux de ça sans réaliser une seule seconde que c'est probablement la pire période de la vie du patient... rien de tout ça ne les effleuraient. Rien. L'ambulance arrivait enfin, on conduisait le brancard jusqu'à la salle d'urgence disponible du service avant que le titulaire, le docteur McBurn ne fasse un premier diagnostic assez pessimiste :

Bipez la neuro, j'ai bien peur qu'elle ne nous fasse une paralysie complète si ça continue. Et si elle fait une hémorragie interne, ça sera pire... il faut la stabiliser.


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Mon biper s'était affolé, au niveau de la taille de mon pantalon, stipulant que j'avais un appel urgent du service des urgences, justement. C'était peu dire, les journées s’enchaînaient aussi rapidement les unes que les autres. Ce rythme effrénée m'avait manqué autant que pas du tout. La fatigue, la surcharge de travail, le manque de vie personnelle... c'était là les principales caractéristiques de mon travail de neurochirurgien. Et une des principales cause de la perte de vue avec Eileen. Brillante avocate d'ailleurs, nous avions eu de rares occasions de nous revoir en dehors de nos travail respectifs. Il nous avait été difficile de trouver un créneau horaire qui nous correspondait tout deux mais je dois bien avouer que le peu de fois où nous avions réussi à nous revoir c'était un réel plaisir partagé. Sa carrière paraissait aussi si prenante, si importante pour elle qu'en aucun cas je pouvais la blâmer pour ça, j'étais pareil. Des bourreaux de travail, c'était peu dire dans nos cas respectifs. Quoi qu'il en soit j'avais rejoint le rez-de-chaussée de l'hôpital, traversant le service pour rejoindre la salle d'examen 2 en courant puisque urgence oblige :




Docteur McBurn, qu'est-ce qu'on a ?

Jeune femme de 32 ans, AVP, possible paralysie et trauma crânien, on l'a stabilisée mais j'ai préféré avoir votre avis sur le cas. Son dos m'inquiète. - disait l'homme barbu en me laissant plus de place. - Je pense que c'est un cas de neurochir'.

Je prenais le dossier, lisais brièvement les grosses lignes de celui-ci avant de me pencher au dessus de la patiente. Et malgré les hématomes, les contusions, le sang, j'aurais pu le reconnaître entre mille... mon visage devenait blême, vidé de toute énergie me semblait-il, avant que je ne demande confirmation du nom. Eileen Vaughan. Mon sang n'avait fait qu'un tour, l'inquiétude se lisait d'avantage encore alors que le docteur McBurn reprenait :

Derek, ça va ? Tu la connais ?

Oui c'est... oui. - disais-je en pressant d'avantage encore mes mouvements.

Tu veux que je demande à quelqu'un d'autre de se charger de ce cas ?

Non non, ça va aller... On a pas le temps de faire un scan, elle est probablement en train de faire une hémorragie alors il faut faire vite, pas le temps de discuter.

C'était une urgence, une terrible urgence même. Et rien que de penser que c'était belle et bien Eileen en dessous de mon visage me terrifiait encore un peu plus :




Je pratiquais des examens de base qu'ils n'avaient pas eu le temps de faire. Heureusement, avec la compétence de mon collègue, des aides soignantes et des infirmières dans la salle, la rapidité de notre action était absolument bénéfique pour Eileen. Je retirais ma blouse blanche, me semblant trop encombrante pour la situation :




On l'amène au bloc, tout de suite. Demandez la préparation d'une salle d'op – ordonnais-je à une infirmière de la salle – On se bouge, dépêchez !!!

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Quelques minutes plus tard...


Le trajet avec le brancard m'avait semblé durer une éternité. L'ascenseur – à mon avis bien trop lent cette fois – avait été la pire étape du chemin. Le visage inconscient d'Eileen était pâle, encore ensanglanté qu'il m'avait été pratiquement impossible jusque là d'observer. Je n'en avais pas la force. Qu'est-ce qui avait bien pu se passer ? Le choc avait du être d'une telle violence qu'il m'était impossible de l'imaginer. On arrivait enfin. Je m'attelais donc à la préparation avant toute opération concernant les règles d'hygiène obligatoire même si laver mes mains en respectant le temps demandé avait été insupportable là aussi :




Chacun trouvait sa place au sein du bloc opératoire. Minutieusement, cela paraissait comme une chorégraphie tandis que quelques autres internes allaient observer l'opération du haut de la salle, depuis une baie vitrée qui marquait un point d'observation plus qu'efficace pour apprendre. J'avais déjà récité ma phrase fétiche en début de journée, pour mes opérations précédentes mais cela ne m'empêchait pas de me la répéter sans cesse avant le commencement... « c'est une belle journée pour sauver des vies... »




Ok tout le monde, on va commencer. Tu me lance le top départ dès que tu es prêt aussi Bryan...

C'était l'anesthésiste, celui qui allait s'assurer des constantes de Eileen durant toute l'opération et qui allait par conséquent se charger de son dodo pour les quelques heures à venir. Sur le dos, je n'avais pas observé le visage de la jeune femme que j'appréciais tant, intubée, nue et vulnérable sur cette table d'opération, pour n'enlever aucune concentration qui paraissait optimale... Bryan avait confirmé la phase d'endormissement d'Eileen et pour ainsi dire, le signe que l'opération pouvait débuter...





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Quelques heures plus tard...


Je sortais enfin du bloc, les mains appuyées sur le lavabo face à la salle de chirurgie où on nettoyait enfin Eileen avait de l'amener doucement en salle de réveil. Mon visage était perplexe, bien que c'était certain d'avoir fait tout ce qui avait été en mon pouvoir pour lui éviter une paralysie des jambes. J'observais le brancard repartir de la salle alors que des compresses imbibées de sang regorgeaient dans la salle, jonchant le sol d'une part et d'autre. A l'extérieur, à ma grande surprise, je voyais deux grands colosses surgir devant moi, accompagnés d'un homme de plus petite taille, grisonnant :

Vous êtes le docteur Shepherd ?

Oui ? - demandais-je en question autant qu'en approbation.

Cyrus Vance, procureur du compté de New-York. Je suis là pour prendre des nouvelles d'Eileen Vaughan, vous sortez tout juste de son opération ?

Demandait l'homme d'un air surpris de la durée de celle-ci. Je pouvais lui confier quelques éléments, ce n'était pas un inconnu mais je n'allais pas dépasser la confidentialité du dossier de Eileen, secret professionnel oblige procureur ou non :

L'opération s'est bien passé, la lésion de la moelle épinière était importante mais on a su la réparer ainsi que contrôler l'hémorragie. Il ne reste plus qu'à attendre son réveil et voir s'il y a des séquelles ou non.

De quel genre... de séquelles... parlez vous docteur... ?

Physique, mentale... c'est impossible de prévoir à l'avance ce genre de choses. Il faut simplement attendre que Mlle Vaughan se réveille.




Bon sang... je savais que deux policiers ne suffiraient pas face à un dossier aussi sensible... - disait l'homme en se frottant le front. Devant mon incompréhension, lui aussi ne pouvait pas développer d'avantage mais il me livrait quelques détails sur la situation :

Elle a... couru des risques en faisant simplement son travail sur une affaire sensible... je regrette tellement ce qu'il s'est passé.

Lui, semblait avoir prit connaissance de l'enquête menée par la police ses dernières heures sur les possibles thèses de l'accident auquel Eileen avait été victime. C'était soit un « banal » accident de la route, soit un sabotage de sa voiture alors que tout le monde semblaient s'affoler à cette idée là. Il était donc repartit, promettant de passer la voir dès son réveil si l'occasion se présentait pour lui malgré sa surcharge de travail. Il fallait peut-être compter là des heures, voir des jours avant qu'Eileen ne revienne à nous. Et sans le savoir, c'était ici que j'allais loger durant ce temps là. Ma maison allait être encore plus déserte que d'habitude. Mon envie de veiller sur Eileen était bien plus forte. Des policiers d'ailleurs stagnaient devant la porte de sa chambre. Et c'est en comptant sur les infirmières du service que j'avais demandé à être bipé de suite si quelque chose changeait, si Eileen ouvrait les yeux. Mais pour ça, il fallait encore attendre un certain temps...




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MessageSujet: Re: Maintenant j'en suis sûre... Tu es mon ange gardien... [Derek]   Dim 17 Mai 2015, 16:38


Je n'avais pas repris connaissance. Je n'avais pas conscience de l'agitation extérieure ou peu, comme si tous les sons étaient étouffés. Si on vous raconte qu'avant de mourir vous revoyez votre vie, ça, c'est si vous avez le temps. Personnellement, avant l'impact, je n'avais vu qu'un monstre d'acier prêt à m'écraser. J'avais tout juste eu le temps de réaliser que mes freins m'avaient lâché et à peine eu le temps de formuler clairement dans ma tête, l'idée qu'on ait saboté ma voiture pour qu'elle finisse par lâcher. Si je m'étais plantée seule, probablement que j'aurais eu plus de chance de m'en sortir. Mais voila, le destin, ce foutu destin - et rappelez moi de dire à Lily tout ce que j'en pense si je m'en sors - avait décidé que j'allais me prendre de plein fouet un camion au milieu d'un croisement. De ma voiture il ne restait plus que de la tôle froissée.

Dans ce noir total, je tentais parfois de saisir ce qui se passait autour de moi. Je ne sentais pas les mains des médecins se démenant pour m'empêcher de me vider de mon sang. L'instant d'après, mon esprit divaguait déjà vers mon frère. Est-ce que quelqu'un allait le prévenir? Lui et Lily? Est-ce que j'allais toujours rester comme ça où est-ce que si je mourrais, je verrai cette foutue lumière blanche dont tout le monde parle? Est-ce que si je ne mourrais pas et que je restais dans cet état d'inconscience toute ma vie, quelqu'un m'offrirait une chance de sortir de cette cage sombre? Je songeais plus à la mort qu'à la vie mais dans mon cas, on a du mal à savoir comment rattraper la seconde. Dans le brouhaha j'avais cru reconnaître une voix mais avant de pouvoir l'entendre à nouveau, tout s'était évanoui. J'avais froid. Est-ce qu'ils le savaient eux là, penchés au dessus de moi que j'avais froid?

Si je sentais malgré tout comme des courant d'air sur ma peau quand les médecins me manipulaient, je ne sentais jamais rien dans mes jambes. A croire qu'elles étaient intact pour ne pas demander d'attention. Et puis j'avais surpris les mots colonnes, chirurgie et j'avais fais le lien. Ce n'était peut être pas si bon signe que ça. Fatiguée, j'avais juste envie de déconnecté avec cette réalité lointaine que je n'arrivais pas à rejoindre. Tout semblait s'agiter encore et encore autour de moi jusqu'à ce que ma fatigue prenne le dessus. Je n'en avais pas conscience mais c'était tout simplement l'anesthésie qui faisait effet. Un bon dodo en espérant que je puisse ouvrir les yeux à nouveau.

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Quelques heures plus tard... Puis quelques jours...


Je n'ouvrais pas encore les yeux. ça je le savais parce que déjà, il s'agit de mon propre corps et ensuite parce qu'il faisait toujours noir. Mais je n'avais plus froid, ce qui était déjà bien et ensuite, j'avais beaucoup plus conscience de ce qui se passait autour de moi. J'avais sans doute basculé plus du côté de la vie que de la mort. Je n'arrivais pas à savoir si les sensations dans mes jambes étaient revenue mais comme je n'arrivais pas à bouger du tout, je ne pouvais pas en tirer des conclusions. Le ballet des infirmières rythmait ces journées interminables. J'entendais le bip des machines, le papier du dossier dans lequel on note les constantes à heures régulières.

Et puis il y avait eu la voix de mon frère. Josh était là. Et a sa voix, je savais qu'il s'inquiétait. Autant qu'il était en colère d'ailleurs. Lily aussi était passée, et je savais que ces deux là se soutiendraient. Mais qu'ils se rassurent, je ne comptais pas mourir ni rester comme ça. ça allait prendre le temps qu'il faudrait mais j'allais finir par avoir un autre contact avec la réalité que par le son seulement. Au milieu des visites de mon frère et de ma meilleure amie, j'entendais la voix de Derek. Je savais que c'était lui. J'avais déjà cru la reconnaître quand j'étais arrivée ici il y a je ne sais combien de temps. J'en avais perdu la notion. Je l'avais entendu me parler avant qu'il ne reparte. J'allais encore entendre parler du destin par Lily avec ça. Derek sur mon cas, quelle était la probabilité?

Au bout de plusieurs jours, j'avais commencé à donner des signes de réveil. Un petit geste du doigt, des paupières un peu plus en mouvement. Mon frère était là quand j'avais ouvert les yeux pour la première fois. Mes paupières me semblaient si lourde que j'étais obligée de les laisser retomber pendant de longues seconde avant d'offrir à nouveau mon regard vert au monde.

- Eileen... Mon dieu ce que j'ai eu peur... Comment tu te sens?

La bouche pâteuse, l'impression d'être passée sous un camion (oups, techniquement c'était le cas), j'avais du mal à parler longtemps mais j'articulais quelques mots en guise de réponse.

- J'ai connu mieux...

Il partait appeler un médecin dans le couloir pour alerter le personnel de mon réveil. J'avais du mal à discerner tout ce qui se passait mais quand Josh était revenu s'assoir, j'avais senti la chaleur de sa main sur ma cuisse. Chaleur diffuse, certes mais je sentais sa main.

- Tu te souviens ce qui s'est passé?

Si j'avais eu clairement conscience de tout pendant mon absence, tout redevenait flou en revenant dans le monde réel. Mais assez rapidement, je revoyais le camion et je fermais les yeux en ressentant à nouveau l'angoisse que j'avais eu à ce moment là.

- Un camion... Un accident avec un camion.

Je devais avoir répondu juste car Josh ne me regardait pas comme une extra-terrestre. Comprenant que j'étais à bout de force, il me conseillait de me reposer. Les médecins étaient arrivés avant que je puisse me rendormir mais après quelques vérification on me laissait retrouver le repos. J'avais juste entendu une infirmière qui quittait en dernier la pièce, donner l'ordre à une autre de "biper Shepherd".

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Quelques heures plus tard...

Cette fois, ouvrir les yeux était moins difficile. Mon frère était parti car le siège où il était était à présent vide. En tournant la tête je découvrais la silhouette d'un homme qui regardait par la fenêtre. Je souriais, contente de revoir la personne en question même si les circonstances n'étaient pas les meilleures.

- Derek...

Il s'était retourné et j'avais essayé de lui offrir un petit sourire alors qu'il se rapprochait. Je sentais sa main dans la mienne et ce contact avait quelque chose de très réconfortant. Repensant à ce que je lui avais dis le premier jour de notre rencontre, je me laissais aller à un peu de sentimentalisme.

- Tu vois... T'es un ange gardien...

Je savais qu'il s'était occupé de moi. Les médecins l'avaient dit en venant me voir à mon réveil. On m'avait parlé d'hémorragie, de colonne vertébrale et de moelle épinière. D'un neurochirurgien, le Dr Shepherd qui s'était occupé de l'opération. Je souriais amusée alors que je ressentais toutes les douleurs d'un coup. Dans mon inconscience, je n'avais pas ressenti tout ça. A croire qu'il y a un prix à payer pour revenir parmi les vivants. Mais j'allais faire avec, je préférais être ici. Et faisant mine de râler, j'évoquais les paroles de Lily.

- Je vais finir par croire que Lily avait raison avec le destin, toi et moi...

Je devais encore être dans le brouillard pour dire ça parce que ce que Lily avait également insinué c'est que Derek et moi n'étions pas fait pour nous rencontrer juste comme amis. Et j'aurais sans doute évité cette ambiguité dans ma phrase si j'avais eu les idées totalement claires.
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MessageSujet: Re: Maintenant j'en suis sûre... Tu es mon ange gardien... [Derek]   Dim 17 Mai 2015, 23:47


Le temps avait été terriblement long, jusqu'à sa phase de réveil. Peu après l'opération, Eileen avait été envoyée dans le service de réanimation pour un contrôle de son état de santé, constamment. Au vu de l'opération lourde qu'elle venait de subir je comptais sur la compétence de chaque personne ici pour la surveiller et veiller sur elle quand le travail me prenait une énorme partie de mon temps. L'esprit ailleurs quand mon temps fût libre, c'est avec une concentration extrême que j'effectuais le reste de mes chirurgies, même si c'était dur de ne pas m'inquiéter pour Eileen durant ce temps là. Le simple fait de ne pas penser à elle, même, m'était difficile. Quoi qu'il en soit j'avais demandé que l'on me bipe à la seconde qui suivait son réveil. Mais malheureusement je ne le savais pas encore mais il fallait que j'attende quelques jours pour avoir cette chance là. J'avais donc repris le travail malgré tout en cette même journée, mais le soir venu à la fin de mon service, j'étais allé voir Eileen au service de réa, toujours inconsciente sur son lit d'hôpital.

Pas de mauvaise surprise Eileen... tu me dois bien ça.... - avais-je chuchoté près d'elle sans forcément le vouloir. J'avais plutôt pensé à voix haute, croisant les doigts pour que l'opération soit un réel succès et que la paralysie ait disparue. Je ne m'étais finalement pas trop attardée à son chevet, la voir là, le visage pâle et toutes ces tubulures branchées à son corps, ce n'était pas un souvenir que je souhaitais avoir d'Eileen. Je préférais les moments passés dans le jacuzzi, autour d'un dîner, devant la télé... plutôt que de l'observer impuissant à présent sur ce maudit lit d'hôpital.


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Le lendemain matin...


Je ne travaillais qu'en début d'après-midi, mais j'avais choisis de tuer mon temps au chevet d'Eileen plutôt que de tourner en rond chez moi, sans rien faire. Je n'en faisais pas plus ici cependant, mais être près d'elle avait quelque chose de rassurant pour moi. Au moins je savais ce qui se passait, à la minute près. Quoi que la visite de son frère m'avait fait fuir, puisque je voulais lui laisser toute l'intimité dont il avait besoin au chevet de sa sœur toujours inconsciente. Nous avions brièvement discuté, j'avais sentis sa douleur, sa peine et bien qu'avec des mots simples je n'avais cependant pas réussi à retirer ne serait ce qu'un peu d'inquiétude chez lui. Ma garde commençait alors, ce qui m'avait fait loupé un tout autre défilé de visite pour Eileen. Lily entre autre. Et quand Mark m'avait proposé un café lors d'un moment « creux » de notre service mutuel, il m'avait confié lire de l'inquiétude aussi en moi :

Elle va s'en remettre... Tu es le meilleur neurochirurgien que je connaisse et probablement du pays. Elle n'est pas tombée aux mains de n'importe qui.




Ça n'empêche qu'elle peut rester paralyser quand même Mark...

Oui, mais elle ne le sera pas. Parce que tu m'a dit que c'était une femme forte et courageuse alors elle se battra. J'en suis sûr. Et quand elle se réveillera, elle te fera une joie de te montrer qu'elle peut bouger ses pieds comme elle veut. - disait le plasticien en se montrant sincèrement compatissant, muni d'un petit sourire qui ne me convainc pas plus que ça cependant...


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Quelques jours plus tard...


J'avais passé le plus de temps possible à son chevet, quitte à ne carrément pas rentrer chez moi parfois. Des bruits de couloir courraient, mais cela m'importait peu. L'hôpital était un nid à rumeurs et ce, depuis bien longtemps alors rien n'allait y changer. Quoi qu'il en soit, aucune amélioration avait été décelée sur le cas d'Eileen. Les visites, de son frère surtout, s’enchaînait et l'inquiétude d'ailleurs grandissait. Les questions fusaient et je faisais du mieux que je le pouvais pour y répondre. Et c'est donc trois jours après l'opération que mon bipeur sonnait enfin, un soir de garde, me stipulant qu'Eileen Vaughan venait d'ouvrir les yeux pour la première fois depuis l'accident.




L'envie de sauter de joie se faisait plus présente, enfin, mais le temps pour moi de venir jusque là, Eileen avait sombré de nouveau dans une somnolence de quelques heures. Tant pis, elle avait ouvert les yeux, c'était le principal. Son frère était là lors de mon arrivée, il avait bien vu mon air inquiet mais sans en dire plus, il semblait moins pessimiste pour la suite des événements, promettant de repasser quand il en aurait l'occasion, le plus tôt possible. J'avais donc établit les examens de bases sans trop déranger Eileen avant de repartir à mes occupations pour peu de temps. Quelques dossiers de remplit, des directives de donné à mes internes et j'avais rejoins la chambre d'Eileen pour un petit moment de paix.

La pluie s'abattait sur New-York en cette soirée. Les lumières au loin montrait cependant l'agitation de la ville et un orage grondait en haut des nuages à des kilomètres de là. La vue sur cette aile là de l'hôpital était plus dégagée que les autres et offrait un panorama plus dense, alors qu'une petite voix m’interpellait dans ma contemplation du paysage, toujours aussi magnifique malgré la pluie :

Citation :
Derek...

Mon visage s'était retourné en direction d'Eileen qui semblait émerger doucement de son long sommeil, pour de bon :

Eileen... content de te revoir parmi nous. - disais-je en m'approchant, logeant directement ma main dans la sienne sans même réfléchir à mon geste.

Citation :
Tu vois... t'es un ange gardien...




Peut-être le tiens en effet, je vais commencer à le croire en tout cas. - avouais-je en lâchant un rire discret mais timide. L'enquête avait avancée depuis, des éléments nouveaux avaient fait surface je savais mais pas plus, pas d'éléments divulgués pour le moment, tout était incertain.

Citation :
Je vais finir par croire que Lily avait raison avec le destin, toi et moi...

Sa phrase était ambiguë, mais je n'en avais pas tenu compte devant elle, estimant que j'avais probablement une toute autre idée que celle que voulait me dire Eileen encore dans le cirage :

J'aurais espéré te revoir autour d'un café cependant... - avouais-je en grimaçant doucement avant de me trouver une place au bord du lit d'Eileen, sans toutefois la gêner puisqu'elle ne pouvait pas encore bouger. Prudemment donc, je prenais place, lâchant sa main doucement pour la regarder plus intensément dans les yeux.

Eileen est-ce que tu te rappelle de ce qui s'est passé ? - lui demandais-je pour avoir un bilan de sa mémoire et ce qu'elle avait retenu des événements. Elle m'expliquait brièvement ses derniers souvenirs alors que je l'écoutais avec attention, avant de reprendre plus spécifiquement avec un jargon médical aussi simple que je le pouvais :

Le choc de l'accident à entraîné une lésion au niveau de ta moelle épinière, ainsi qu'une hémorragie interne qu'il a fallu contrôler avant que je ne t'opère. Le côté positif c'est que ta moelle épinière n'a pas été sectionnée, mais elle a subit une lésion qui peut entraîner une perte de capacité fonctionnelle. C'est à dire une paralysie, peut-être temporaire ou définitive... - finissais-je par préciser alors que je sentais son regard appuyé au miens plus intensément encore – Rien n'est concret. L'opération que tu as subit avait pour but d'éviter ça mais nous avons remarqué lors de la chirurgie que l'accident a aussi causé une spasticité. C'est une autre lésion, au niveau de ton système nerveux central et de ton cerveau. C'est une perturbation au niveau des signaux circulant entre le système nerveux et les muscles ce qui t'empêche de contrôler tes mouvements au niveau des jambes, surtout.

Je marquais une pause, comprenant bien que mon petit chinois n'avait pas une grande utilité pour elle et que la situation pouvait être terriblement angoissante :

Eileen... ce que je veux te dire par là c'est qu'il faut laisser le temps pour de possibles améliorations. Je vais devoir te faire les premiers examens de base mais ne t'attends pas à voir de brillants résultats, d'accord ? Il faut laisser du temps au temps.

J'avais souris, maladroitement peut-être avant d'aller chercher deux trois choses dont j'avais besoin. Je revenais alors, effectuant de simples exercices comme bouger les pieds, lever la jambe droite, puis la gauche mais sans grand succès. Rien, aucun résultat d'ailleurs n'avait pointé le bout de son nez ce matin. Et sans forcément me le dire, je lisais l'inquiétude que pouvait ressentir Eileen. Je venais donc m'asseoir de nouveau à ses côtés, souriant timidement :

C'est une opération lourde que tu as subit. Une opération de la moelle épinière est longue au niveau du rétablissement et de la rééducation, mais je sais que tu y arrivera. Je ne veux pas te dire que tout sera rose et facile, mais on fera tout pour te faire marcher de nouveau. Et je t'aiderais durant tout ça. On fera ce chemin là ensembles. Après tout, je suis ton ange gardien, non ?




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MessageSujet: Re: Maintenant j'en suis sûre... Tu es mon ange gardien... [Derek]   Lun 18 Mai 2015, 00:53


Le café, j'aurais sans doute préféré aussi. ça avait eu le mérite de m'arracher un sourire même si très vite je je perdais avec la question suivante. Ce qu'il s'était passé. Je prenais le temps de rassembler mes idées et je tentais de répondre calmement.

- Tout ce que je me souviens, c'est que j'ai pris ma voiture toute seule ce matin là. ça faisait des semaines que j'avais le droit à des gardes du corps mais là j'en avais marre, je voulais juste faire un trajet seule. ça roulait plutôt pas mal pour une fois. J'ai voulu ralentir en voyant le feu passer à l'orange, mais ça ne marchait pas. J'ai esquivé les voitures qui s'étaient déjà arrêté. J'ai du passer au rouge et le camion est arrivé...

Je pouvais presque revoir la scène, cette masse de tôle qui me fonçait dessus et qui avait klaxonné dans un dernier espoir d'éviter le choc.

- Mes freins ne répondaient pas...

Et je savais très bien ce que ça voulait dire. J'imaginais même pas la réaction du procureur. Je ne savais même pas qu'il était passé le jour de l'accident, ni qu'il prenait des nouvelles régulièrement via mon frère.

- Après y'a eu les secours... Le médecin a dit qu'on me sortirait de là mais après c'est le noir total.
Je ne me souvenais pas vraiment de cette demi-conscience. Quand les médecins avaient parlé de Derek j'avais commencé à aligner les pièces du puzzle et bien sur avoir senti la main de mon frère sur ma cuisse de façon floue m'avait paru louche d'un coup. Mais bientôt, Derek se mettait à m'expliquer quelle était ma situation. Je tentais de m'accrocher à son jargon médical même s'il faisait déjà un effort pour vulgariser au possible ses propos. Je ne comprenais pas tout et je ne pouvais que montrer de l'inquiétude face à tout ce mystère. Une paralysie temporaire ou définitive. J'avoue qu'un instant j'avais arrêté d'écouter Derek pour laisser ces mots-là résonner dans ma tête. Mais si j'avais senti Josh, si je sentais Derek assis au bord du lit, tout n'était pas perdu. C'est comme ça que je tentais de ne pas paniquer et de me rassurer.

Je comprenais que tout le discours de Derek servait à m'informer de la situation, qu'il incitait aussi à ne pas tirer de conclusions hâtive et à croire au temps qui passe mais il fallait qu'il sache que je n'étais pas du tout une personne patiente. Alors qu'il était parti, j'avais aussitôt essayé de bouger les jambes. Il le fallait et je m'étais concentrée comme jamais mais je n'avais pas bougé. Au moment où Derek revenait, je connaissait déjà le verdict même si je le laissais me demander de faire tel ou tel mouvement. Quand il avait "chatouillé" ma plante de pieds j'avais bougé mais c'est pas en bougeant les orteils que j'allais aller loin. Au sens propre comme au figuré et je commençais la panique m'envahir.

Derek s'était réinstallé mais je sentais l'angoisse former une boule au fond de ma gorge et couper ma respiration. Les mots du médecin avaient du mal à trouver un écho en moi et je ne pensais qu'à une chose : le pire.

- Mais si ça ne revient pas... Si je ne fais que sentir mais que je ne peux pas bouger...

J'avais envie de pleurer d'un coup. Je n'avais pas réagis, pas réalisé ma situation jusqu'à ce que Derek m'osculte et à présent il me fallait encaisser le second choc. J'étais vivante mais coincée dans ce lit pour le moment. La douleur se renforçait alors que me retenait de pleurer et ne voulant plus parler de ça pour le moment, je repoussais quelque part l'aide de Derek. Plus tard, cette attitude se dissiperait, j'étais juste en état de choc et n'importe qui à la place du médecin aurait pu en prendre pour son grade.

- Je voudrais rester seule s'il te plaît Derek.

J'avais vu que dans son regard je l'avais blessé mais j'avais besoin de cette solitude là pour assimiler la situation. Et je m'en voulais déjà au moment où il sortait de la chambre mais j'avais vraiment besoin qu'on me laisse tranquille. J'avais simplement sonné pour l'infirmière afin de demander un nouveau calmant pour les douleurs qui s'étaient réveillées et qui devenaient vraiment insoutenable.

_ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _

Le lendemain

J'avais demandé à une infirmière de faire passer un message à Derek de ma part. Le regard qu'elle avait eu m'avait intriguée. La veille, j'avais expliqué en résumé à Josh ce qui se passait et il avait essayé du mieux que possible de me rassurer et de me donner l'impression qu'il croyait en ma guérison. J'étais peut être incapable de me tenir debout mais je n'étais pas devenue sourde et j'avais entendu des murmures sur la présence de Derek. Mais je m'en fichais. Pour l'instant, ma seule obsession consistait à bouger mes jambes. J'avais passé des heures cette nuit et depuis le réveil à essayer de bouger. Je m'étais seulement arrêtée pour dormir et quand la police était venue m'interroger. Ils avaient d'ailleurs confirmé mes soupçons de sabotage même s'il fallait attendre le rapport officiel de la scientifique qui passait au peigne fin les restes de ma voiture et qui exploitaient les données de la scène de crime.

Si au début on aurait pu interpréter ma réaction comme celle d'un abandon, je ne comptais pas baisser les bras. Têtue, en début d'après-midi, j'avais essayé de me redresser dans le lit. J'avais commencé par remonter le dossier avant de forcer mes abdos à fonctionner. Mauvaise idée vue mes points récent, mais ça avait tenu le choc. J'étais à présent assise sans avoir besoin de m'appuyer même si j'avais mal partout. Ce paradoxe entre sentir mes jambes et ne pas les bouger était assez étrange mais j'attrapais ces foutus membres pour les balancer sur le côté. C'était laborieux et je croisais les doigts pour qu'aucune infirmière ne débarque. Je me serai sans doute faite remise au lit et j'aurais eu le droit à une bonne gueulante.

- Ok... Je vais me redresser... Et vous allez me porter...

Je tentais de m'encourager. J'arrivais à bouger les orteils et doucement je me laissais glisser. Je sentais le sol froid sous mes pieds et prise d'une pulsion excessive de courage, je tentais de me redresser. Lourde fut la chute au sol, j'avais baissé la tête alors que le pied de perfusion s'était écroulé près de moi. L'aiguille de la perfusion avait bougé dans la veine me faisant un mal de chien sur le coup. il faudrait sans doute en poser une autre. Le bruit avait attiré une infirmière et j'étais en train de constater la tâche rouge sur mon flan quand elle ne put retenir un cri devant le désastre qu'avait été ma tentative de marche.

- Mais qu'est-ce que qui s'est passé?

Question purement rhétorique bien sur. Elle appelait aussitôt une collègue mais j'avais eu la chance de voir Derek entrer en même temps que la seconde infirmière. On me relevait et dès que j'étais assise sur le lit, je demandais qu'on me lâche, un peu sèchement.

- Désolée... Je peux me débrouiller... Je le dois...

D'un regard, j'arrivais à faire comprendre que ce n'était pas contre elle et contre Derek mais je ne voulais pas être une assistée. Les infirmières pas trop rancunières s'en allaient, prévenant qu'elles allaient revenir pour s'occuper des points qui avaient sautés. Je me trainait au fond du lit, presque assise après avoir remonté le dossier. Je croisais enfin le regard de Derek. On aurait dit une petite fille qui savait qu'elle allait se faire gronder mais qui ne regrettait pas sa bêtise.

- Je devais essayer... Ne me regarde pas comme ça... J'avais besoin d'essayer...

Pour y croire peut être. Pour réaliser que je ne pouvais effectivement pas marcher. Maintenant j'en étais sure. C'était peut être idiot d'avoir eu besoin de faire tout ça pour l'intégrer mais chacun son chemin. Les infirmières revenaient avec de quoi faire les points et c'est finalement Derek qui proposait de s'en occuper. Il s'occuperait de tout et les infirmières étaient partie sans discuter. Mais si on avait entendu leur pensées, elles auraient été probablement nombreuse.

- C'est surement rien...

Sauf qu'en dégageant la blouse ensanglantée, c'était plus impressionnant que je ne le croyais. J'avais détourné les yeux et laissé Derek désinfecté, anesthésier et refaire les points. Alors que je ne sentais absolument rien et qu'il faisait sa petite couture, je tentais de reprendre la conversation même si j'avais peur que Derek soit toujours fâché contre moi après ma petite expérience.

- Les gens parlent beaucoup dans cet hôpital... ça me rappelle certains cabinet d'avocats... Les rumeurs... Ce genre de choses... Tu es là que quelques heures mais tu as déjà entendu assez d'histoire pour rédiger un livre...


Je tentais de lui lancer un regard mais je préférais poser mes yeux verts en face de moi plutôt que de regarder ma blessure.

- Tu es trop souvent ici... Il parait que c'est louche...

Cette fois j'avais lancé un regard un peu plus long parce que sa réaction m'intriguait. Je devais reconnaître que revoir Derek, cette fois sans le coeur brisé, me le faisait voir autrement. Même si j'avais toujours mon bracelet - Il avait été retrouvé dans les décombres de ma voiture et ramené dans une pochette plastique avec d'autres objets rescapés - pour me rappeler de ne jamais retomber amoureuse. J'en étais pas là, je trouvais juste mon neurochirurgien attitré canon et charmant. Et gentil, mais ça c'était un fait déjà acté. Il avait terminé et il me laissait tranquille le temps que je change de blouse, histoire d'en enfiler une propre. J'avais hâte d'enfiler un t-shirt que Josh avait ramené de chez moi mais ce n'était pas encore assez pratique pour les soins que j'avais... Mais j'avais bon espoir de porter quelque chose plus à mon avantage dans 2 ou 3 jours... Je m'installais correctement dans le lit, au prix de nombreux efforts mais j'avais dissuader Derek de m'aider, et ce juste avec un regard.

- Je suis obligée de garder ce truc?

Question idiote. Bien sur que j'avais besoin de ma perfusion. je faisais la maline là mais j'allais surement avoir mal à nouveau si je restais sans ma petite drogue qui coulait dans mes veines au goutte à goutte. Là aussi, c'est Derek qui se chargeait de poser la nouvelle perfusion.

- Ce que tu es concentré...

Je tentais un sourire. Je n'avais pas envie qu'il m'en veuille. Je retrouvais mon sourire et tenais à reparler d'hier et même d'avant.

- Je suis désolée Derek... Pour ma tentative et les conséquences... Pour hier aussi. J'étais sous le choc, j'avais besoin d'encaisser. ça justifie pas la façon dont je t'ai repoussé mais, bref... Je m'excuse... Et je suis désolée de ne plus avoir donné de nouvelles depuis des mois. Le boulot prend du temps mais j'aurais pu trouver du temps. Après tout tu m'as aidé quand ça n'allait pas et je m'en vais sans me retourner... C'est pas correct...


J'accrochais enfin son regard et je lui offrais un sourire timide. J'avais souvent pensé à lui, mais vraiment de façon très régulière. Mais une chose en entraînant une autre, j'avais fini par ne plus rappeler. Et je le regrettais maintenant. Lily er son histoire de destin commençait à me retourner un peu le cerveau.
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MessageSujet: Re: Maintenant j'en suis sûre... Tu es mon ange gardien... [Derek]   Mar 19 Mai 2015, 00:04


Citation :
Mais si ça ne revient pas... si je ne fais que sentir mais que je ne peux pas bouger...

Tes orteils bougent Eileen, c'est déjà un très bon signe. - disais-je muni d'un petit sourire convainquant. Cela ne semblait cependant pas fonctionner face à la grande inquiétude de la jeune femme après mon verdict de médecin. Il fallait rester optimiste mais ce n'était pour le moment pas sa vision des choses, bien au contraire :

Citation :
Je voudrais rester seule s'il te plaît Derek.

Oui, oui bien sûr je comprends... je repasserai plus tard. - avais-je fini par lui dire avant de me lever du lit et partir aussi doucement que ma venue dans sa chambre. Je comprenais que tout ça était dur à encaisser pour elle. Ce que je supportais moins était ce sentiment d'impuissante après l'opération que je ressentais en la voyant aussi triste. Malheureusement, le temps allait dévoiler la suite de la situation mais il fallait qu'Eileen se montre patiente, le chemin allait être long...


_ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _


Le lendemain, début d'après-midi.


Je venais de finir mes quelques visites en ce début d'après-midi. La fin de mon éternelle garde approchait et le besoin de sommeil se faisait de plus en plus sentir. Cependant il me restait quelques heures à faire encore et j'avais décidé de clore ces visites par celle de Eileen. Sauf qu'en arrivant dans le couloir, c'est trois infirmières que je voyais s'affoler autour de sa chambre avant que je ne rentre et ne constate les dégâts :

Qu'est-ce qui s'est passé... ?

Pas besoin de réponse, je la connaissais déjà. Ou je la devinait plutôt, vu le caractère d'Eileen bien trempé je savais que le fait que ses points aient sautés n'était pas la faute de mon personnel, mais bien de la sienne. Elle la relevait alors sur le lit, tandis qu'elle râlait dans sa barbe par mécontentement de son échec en se fichant visiblement éperdument des points de suture qu'elle venait d'arracher. Mains sur les hanches, j'attendais que mon équipe revienne tout en fixant Eileen d'un air assez mécontent :




Citation :
Je devais essayer... ne me regarde pas comme ça... j'avais besoin d'essayer...

Voilà pour le kit de suture.. - disait une infirmière en m'évitant soigneusement tout en regagnant le lit d'Eileen :

Je m'en charge.

Vous...

J'ai dis : je m'en charge, merci. - rajoutais-je en insistant un peu plus, toujours avec un air stricte collé au visage. Elles quittaient alors la pièce en refermant la porte après leur passage, tandis que j'enfilais des gants et quand le dernier fut installé dans ma main, le clap du latex contre ma peau retentissait à la fin de sa phrase :

Citation :
C'est sûrement rien...

On va voir ça. - mais j'étais loin d'avoir le même avis qu'elle, au vu de la tâche de sang qui s'était maculé sur sa blouse d'hôpital. Une petite anesthésie d'ailleurs s'imposait car la pause de point de suture était plutôt très douloureuse. Je m'attelais alors à la tâche, anesthésiant la plaie pas si belle que ça à présent avant de commencer le travail sur Eileen, alors qu'elle tentait de reprendre sereinement :

Citation :
Les gens parlent beaucoup dans cet hôpital... ça me rappelle certains cabinet d'avocats... Les rumeurs... ce genre de choses... Tu es là que quelques heures mais tu as déjà entendu assez d'histoire pour rédiger un livre.. Tu es trop souvent ici... Il parait que c'est louche...

J'avais sentis son regards s'appuyer sur mon visage mais je n'avais pas relevé le nez pour autant. Concentré dans mon travail mais parce que je me fichais pas mal des rumeurs qui circulaient à propos de tout et sur tout le monde. Un silence s'était d'ailleurs installé après sa phrase alors que quelques minutes plus tard je finissais enfin de refermer sa plaie. Une autre question s'en était suivit concernant la perfusion dont elle avait besoin mais qu'il fallait que je repose. Là encore elle connaissait déjà ma réponse et je n'avais pas prit la peine de relever mes yeux en sa direction pour lui dire une affirmation, occupé en plus de ça à écrire de nouvelles directives sur son dossier, au bout du lit. J'enfilais des gants de nouveau et installait la nouvelle perfusion. Et même si j'étais un peu en colère contre la jeune femme, j'essayais d'être le plus délicat possible dans ma pratique et cela semblait ne pas la faire souffrir :

Citation :
Ce que tu es concentré...

Je relevais enfin mon regard en sa direction, croisant ses magnifiques yeux verts qui cherchaient à tout prix à se faire pardonner :

Citation :
Je suis désolée Derek... pour ma tentative et les conséquences... pour hier aussi. J'étais sous le choc, j'avais besoin d'encaisser. Ça justifie pas la façon dont je t'ai repoussé mais, bref... Je m'excuse... et je suis désolée de ne plus avoir donné de nouvelles depuis des mois. Le boulot prend du temps mais j'aurais pu trouver du temps. Après tout tu m'as aidé quand ça n'allait pas et je m'en vais sans me retourner... c'est pas correct...

Tu n'as pas à t'excuser. Et pour hier, tu aurais pu me gifler, me balancer un vase ou autre que je ne t'en aurais pas voulu. C'est normal, tu avais besoin de temps pour tout clarifier et je suis content de voir qu'aujourd'hui tu prends les choses sous un autre angle. Il faut, c'est primordial. Et pour les nouvelles je suis aussi coupable que toi, alors aucune excuse, rien ne m'empêchais aussi de prendre mon téléphone et te passer un coup de fil plus souvent... je suis désolé aussi.

Finissais-je par dire en l'observant d'un regard plus décontracté, attendrit :

Mais... promet moi juste de ne pas faire d'autres tentatives stupides de ce genre, d'accord ? C'était ridicule, il faut te laisser le temps et tu as empiré les choses. C'est pas la solution pour guérir. Tu vas devoir me laisser faire sur ce coup là. - finissais-je par dire, encore assis sur le côté de son lit – Ordre du médecin. Tu es consciente que je peux te faire contentionner à ce lit si je veux ? ... Je pourrais si je le voulais.




J'en avais le droit, mais je n'en aurais jamais été capable pour Eileen. A moins qu'elle pousse les choses à l'extrême, ce que je doutais à présent. Je finissais par sourire amusé, levant les yeux au ciel en signe d'échec pour ma tentative de lui faire la gueule :

Arrête ça.. Arrête de me regarder avec ces yeux là. Je suis sûr que jamais personne n'a réussit à te faire la tête plus d'une journée...

Mon bipeur venait interrompre notre rire commun, alors que je soupirais déjà de devoir repartir travailler à une vitesse folle.

Bon... le devoir m'appelle. Je repasserai demain. En attendant, pas de bêtises Miss Catastrophe... sinon gare à toi.

Je finissais par quitter la chambre en lui adressant un petit clin d’œil avant de retourner à mes activités en neurochir'...


_ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _


Le lendemain. 11h00


Je n'étais pas de garde aujourd'hui. Mais aider Eileen était une priorité et de toute façon je n'avais rien d'autre de mieux à faire chez moi mis à part dormir toute la journée, ce que je n'aimais pas plus que ça faire. Il me fallait une occupation et celle-ci en était une bonne. Très bonne même, au vu de la déception d'Eileen des résultats encore manquants à l'appel. Je comptais bien lui montrer qu'aujourd'hui allait être une bonne journée pour elle. Ses orteils bougeaient, c'était forcément bon signe. Je prenais alors la direction de l'hôpital et rapidement, sous quelques excès de vitesse j'arrivais sur le parking, regagnant ma place attitrée. Je rejoignais alors le service aux alentours de 11h00 sachant que les visites de mes collègues étaient normalement terminées à cette heure là. Et, sous quelques curieux regards sans ma blouse blanche, je regagnais sa chambre en frappant quelques coups avant de rentrer quand j'eus l'occasion :

Salut toi... comment ça va aujourd'hui ? - demandais je d'un large sourire avant de prendre son dossier quelques instants machinalement voir s'il n'y avait pas du changement depuis la veille :

Tu sais quoi, j'ai de l'occupation pour toi aujourd'hui. - disais-je en observant son enthousiasme monter à grand pas alors que je prenais place à ses côtés – Tu vas faire quelques exercices. Essayer de marcher. Et – le meilleur arrive maintenant – tu peux même mettre un tee-shirt et un jogging si tu as. Tu sera plus à l'aise que la blouse devant tout le monde. Et si tu as été sage, je vais même t'inviter à...

Je marquais un instant de suspense, sûr de moi, l'air aussi heureux de lui annoncer la nouvelle :

… la cafétéria ! Je sais que tu en rêve.. - finissais-je par dire en éclatant de rire avant de reprendre, levant les mains en l'air en signe de défense :

Promis je t'offrirais un resto si tu veux à ta sortie... un vrai. Quoi que la cafétéria sera mieux que les plateaux repas qu'on peut servir ici. Je t'assure.

Lui assurais-je d'un air assez convainquant pour avoir testé les deux :

Bon. Quoi qu'il en soit, on va faire travailler ces jambes. Il faut que tu ai de l'aide, retire ta blouse pour que je t'habille...

Je patientais en l'observant droit dans les yeux mais son air m'avait fait explosé de rire quelques secondes à peine plus tard :

Ça va je plaisante rassure toi, ne devient pas aussi pâle on aurait dit un cadavre ! J'appelle une infirmière quand même, et ça c'est pas des blagues. Je veux qu'elle t'aide au cas où. Tes points sont encore fragiles, on ne va pas forcer inutilement dessus.

Je me levais et cédais ma place avec une infirmière pour le change d'Eileen...




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MessageSujet: Re: Maintenant j'en suis sûre... Tu es mon ange gardien... [Derek]   Mar 19 Mai 2015, 02:23

J'avais eu le droit quand même à un Derek mécontent qui semblait me faire la tête mais j'avais insisté jusqu'au bout, m'excusant même au passage. Je n'aimais pas quand il me faisait la tête et quand il me demandait de promettre de ne plus faire de tentatives de ce genre, je hochais la tête avant de lever la main comme on le ferait dans un tribunal sauf que je n'avais pas de bible sur laquelle jurer (ce qui n'était pas si grave puisque je ne croyais pas au vieux barbu dans le ciel et qui aurait tout créé).

- Je le jure docteur...

Et pour finir de me convaincre Derek me parlait de l'idée de m'attacher à mon lit. je trouvais cette idée cruelle et j'avais d'ailleurs fait les gros yeux pour souligner combien cette idée était arbitraire et exagérée. Il finissait quand même par rire et j'étais soulagée de voir qu'il ne me faisait plus la tête. faut dire que je savais comment faire une petite tête toute mignonne qui me permettait de me faire pardonner tout et n'importe quoi. C'était souvent utile et aujourd'hui en était encore la preuve.

- Si... Mes adversaires au tribunal...

J'avais pris un faux air sadique avant de rire à nouveau.

- Je suis irrésistible, c'est comme ça...

Et je ne sais pas si je parlais seulement de l'incapacité qu'avaient les gens à rester fâcher contre moi ou de façon générale xD. Et à ses nouvelles recommandation, je lui offrais le sourire le plus innocent du monde avant de le regarder partir. J'étais vraiment heureuse de le retrouver et de retrouver notre complicité même si les circonstances n'étaient vraiment pas géniales.

Le reste de la journée, j'avais été sage comme une image. Josh était passé avec Lily et j'avais omis de raconter ma petite expérimentation mais une infirmière avait finit par me balancer en me demandant si je n'avais pas trop mal à mes points de suture. Pour la seconde fois de la journée, j'avais eu le droit à une petite engueulade de la part de mes deux visiteurs et j'avais à nouveau juré de rester tranquille.

_ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _


Le lendemain. 10h45

J'avais déjà eu la visite des médecins dans la matinée. Ceux qui s'étaient occupé de moi pour que je ne me vide pas de mon sang. Apparemment tout allait bien, les derniers examens montraient que l'opération avait tout rétablis et tout évoluait bien. Et à nouveau seule dans ma chambre, je commençais déjà à tourner en rond. Enfin mentalement puisque j'étais coincée au lit. J'avais eu envie d'appeler le boulot pour demander des dossiers et je l'avais fais. Vance était passé hier pour prendre de mes nouvelles, et j'avais été touchée qu'il se déplace. Il y avait toujours des policiers dans le couloir ce que je trouvais assez étouffant même s'ils étaient discret. Et donc en appelant au bureau on m'avait dit que Cyrus avait déjà donné des consignes et que si j'appelais pour réclamer du boulot, on devait refuser et me souhaiter une bonne convalescence... Zut! On me connaissait vraiment bien, même au bureau.

Je me demandais quand Derek passerait. Le revoir m'avait un peu perturbée. Je jouais avec mon bracelet que j'avais récupéré. je caressais l'anneau de mon pouce et revoyait le moment où j'avais rencontré Derek, les jours qui avaient suivi. Cet anneau me rappelait la douleur que ça avait été de baisser la garder pour aimer un homme et je m'étais surprise à vouloir laisser ce bracelet de côté en pensant à Derek. Le téléphone avait alors sonné et Lily s'annonçait au téléphone.

- ça va? Je voulais passer cet après-midi mais j'ai une urgence au boulot. Je passerai demain, tu m'en veux pas?

- Non, bien sur que non... Josh va passer en fin de journée, je voulais pas qu'il reste ici tout l'après-midi non plus.

- Tu t'ennuie pas trop? Si, je te connais... T'as même du appeler le boulot...

- Ce que tu peux être agaçante à me connaître aussi bien...

- Peut être que tu reverras Derek aujourd'hui.

- Il a dit qu'il reviendrait, en effet.


Un silence passait et je savais très bien ce qu'elle était en train de penser.

- Vas-y, dis ce que tu penses...

- Que tu le crois où non, le destin, lui encore, a mis CE neurochirurgien parmi tant d'autres sur ton cas. Je dois avouer que quand vous vous êtes perdus de vue, j'ai commencer à me dire que je m'étais peut être trompée mais là... Reconnait que c'est une drôle de coïncidence...

- Oui... Oui c'est vrai que les probabilités pour que ça arrive sont faibles. C'est un hasard...

- Mais tu es contente de le revoir quand même, non?

- Oui... Enfin c'est normal, on ne s'est pas perdu de vue parce qu'on était fâchés.

- Non, je voulais dire... Cette fois, tu le retrouves, tu n'as pas le coeur brisé, tu n'as personne dans ta vie... ça pourrait marcher...

- Lily, je vais raccrocher parce que tu délires complètement.

- Ose me dire avant qu'il ne te plait pas. Eileen ne raccroche pas!!

- Au revoir Lily! A demain!


Je raccrochais pour ne pas avoir à lui répondre. Elle allait râler avant de me torturer à nouveau avec ses questions à notre prochaine conversation. Je regardais le bracelet et après une hésitation je le passais autour de mon poignet. J'avais eu trop mal à cause de Thomas, j'avais besoin de ne pas l'oublier.

Quelques secondes après, on frappait à la porte et je voyais Derek apparaître. C'était profondément débile mais je n'avais pas pu m'empêcher de sourire largement en le voyant. L'espace d'un instant, j'espérais que Lily n'ait pas mis de caméra quelque part. Elle se serait servi de ce genre de détails contre moi. D'abord, c'est parce que Derek a un grand sourire que j'avais souris autant. Tsss.

- Salut! ça va et toi?

ça allait même plutôt bien. ok, je ne bougeais pas les jambes et je ne marchais pas du coup mais les douleurs s'étaient quand même déjà amoindries et d'ailleurs les doses d'antidouleurs nécessaires avaient tellement diminué que j'étais passée à des cachets au lieu de la perfusion.

Derek avait l'air de très bonne humeur et il s'installait à côté de moi, prêt à m'annoncer à un programme de folie. J'étais très curieuse d'en connaître le contenu. J'avais déjà commencé à sourire quand il parlait d'exercice et de tentative de marche. J'étais contente de pouvoir enfin faire quelque chose, rester dans ce lit allait me rendre dingue et en pas pouvoir prendre le dessus sur mon état me contrariais. Au moins j'allais rentrer dans le combat contre mes séquelles pour remarcher à nouveau. Et j'étais plus que motivée pour cette première tentative. Et ce n'était pas tout, Derek s'apprêtait à m'invité et j'avais éclaté de rire quand il avait parlé de la cafétéria. Endroit de rêve n'est-ce pas? Mais il me promettait un vrai restaurant à ma sortie et croyez moi, je comptais pas le laisser oublier ça.

- Sache que si tu oublies de m'inviter à ma sortie, je saurais te le rappeler... C'est pas tombé dans l'oreille d'une sourde...

j'avais souris largement, ravis aussi au passage de pouvoir troquer ma blouse pour une tenue plus normale. C'est pas qu'être à moitié nue sous ma blouse mal fermée à l'arrière ne me plaisait pas. Je détestais ça. Et le plus naturellement du monde, il me disait de me déshabiller pour m'aider à m'habiller et j'étais devenue blême. C'est à dire que j'avais du mal à voir Derek comme mon médecin et uniquement mon médecin. C'était bien plus que ça et j'essayais déjà d'oublier l'idée qu'il ai pu me voir nue au bloc alors bon... Il éclatait de rire et si j'avais pu je l'aurais roué de coup de coussin mais je n'étais pas encore aussi agile pour pouvoir le faire. Du coup il se prenait une tape dans le bras alors que je grimaçais l'air de dire "gna gna gna"

- Ah ah très drôle...

Je levais les yeux au ciel.

- Je sais que tu en meurs d'envie mais oui, laisse donc la place aux infirmières...

Je le provoquais d'un petit sourire en coin et Derek sorti, une infirmière finissait par me rejoindre. Je l'aimais bien, c'était une petite jeunette qui n'était pas tellement du genre à plonger la tête la première dans les ragots. Elle avait sorti mon sac d'affaire que Josh avait ramené et j'avais pu choisir un t-shirt et un pantalon type survêtement fin dans lequel je pourrais être à l'aise. J'avais demandé si je pouvais en profiter pour me débarbouiller (j'avais pris une douche la veille au soir mais je voulais être au top pour Derek xD) et on avait échangé un petit sourire complice au moment où j'avais demandé ma brosse à cheveux et un élastique ainsi que mon miroir de poche. J'avais ensuite réclamé mon parfum et j'avais même poussé jusqu'à un tout petit peu de mascara sur les cils. Que de coquetterie pour une séance d'exercice. Mais je savais qu'elle ne balancerait pas à tout le monde que j'avais pris le temps de pomponner pour sortir de la chambre. Elle m'aidait à enfiler le survêt alors que pour le t-shirt, en y allant doucement, j'avais réussi à m'habiller toute seule. Elle avait quitté la chambre et Derek était revenu avec un fauteuil.

- Oh, j'adore mon nouveau carrosse...

Derek avait du remarquer tous mes efforts pour ma tenue et en croisant son regard je minimisais le fait que ça puisse avoir un rapport avec lui.

- Je sors enfin d'ici, je voulais être présentable... On sait jamais, si mon prince charmant se trouve dans cet hôpital... Faut que je sois à mon avantage...

Je souriais amusée et Derek me prenait dans ses bras pour m'aider à m'installer dans le fauteuil. J'avais eu l'occasion de respirer son odeur et je me surprenais à ne pas l'avoir oublié depuis la dernière fois. D'ailleurs il m'était arrivé de me retourner dans la rue en croisant ce parfum. ça n'avait jamais été le beau chirurgien malheureusement. Je le lâchais alors que je découvrais mon nouvel allié. J'allais sans doute avoir besoin de ce dernier pendant un moment.

- On a le droit de faire des courses avec?

je penchais la tête en arrière pour regarder Derek qui avait reprit son air réprobateur. ça me faisait rire à chaque fois et je haussais les épaules en regardant à nouveau devant moi.

- J'aurais tenté!

On quittait finalement la chambre et j'avais le droit à une petite visite guidée de l'hôpital sur le trajet. Je les voyais les regards étonnés mais je m'en fichais pas mal. Je trouvais ça presque amusant et je réalisais que je n'étais peut être pas qu'une simple patiente pour Derek. Et cette idée là me faisait plaisir.
Quelque part au détour d'un couloir, on avait pris une porte qui donnait sur une grande salle de rééducation. Il y avait des machines de tortures à différents endroits de la pièce et des barres parallèles qui allaient probablement me servir dès aujourd'hui. J'avais hâte de rentrer dans le vif du sujet mais je laissais d'abord Derek tout m'expliquer. Et avant de tenter l'impossible, il avait concocté quelques exercices assez répétitifs mais auxquels je m'étais pliée sans trop râler.

Enfin si, j'avais râlé. Quand ça ne marchait pas comme je le voulais, quand les résultats n'étaient pas aussi bon que je le voulais. Derek se voulait toujours rassurant et encourageant mais il était en train de découvrir Eileen la battante. Il avait connu celle qui avait eu le coeur brisé, celle qui faisait parfois (souvent) le clown et la convalescente mais il allait goûter à Eileen la têtue et la bornée pendant cette hospitalisation. Il nous imposait des pauses que je ne voulais pas faire mais il tenait bon. A croire qu'il pouvait être aussi têtu que moi. A la fin de la séance, j'avais demandé à tester les barres. Il m'avait répondu que c'était prévu et j'avais remarqué son sourire qui se moquait gentiment de mon impatience.

Derek m'avait aidée à me positionner debout. Mes bras prenaient tout sur eux alors que je m'appuyais sur les barres de toutes mes forces. Malgré tout, bien que tremblante de fatigue, je sentais un peu plus de résistance que lors de ma tentative de la veille. Sauf que je ne pouvais pas tenir correctement. Têtue, je tentais un pas minuscule et un autre encore. Je ne m'appuyais pas vraiment sur mes jambes mais ça me faisait tellement plaisir d'être debout. Derek m'aidait beaucoup bien sur sinon je me serai déjà écroulée. Je voyais arriver le bout des barres parallèle avec un certain soulagement. Mes jambes ne portant pas mon poids je me fatiguais dix fois plus vite. Mais arrivée au bout, mes bras lâchaient de fatigue et c'est Derek qui me rattrapait de justesse.

Je me retrouvais tout contre lui, mes bras l'entourant presque alors que mes mains se raccrochaient à ses épaules. Il y avait eu un sourire, heureux d'avoir pu faire cette traversée mais nos sourires s'étaient effacés alors que nos yeux s'étaient rencontrés. Mon coeur battait fort mais ce n'était plus l'effort qui le faisait cogner contre ma poitrine. Derek me serrait contre lui pour m'éviter de tomber et la proximité entre nous nous troublait. C'était un moment de rare intensité et perdue dans ses yeux, je réalisais qu'il m'avait manqué. Vraiment manqué.

- Derek? Tu...

J'avais repris des forces pour me redresser et j'avais laissé Derek m'aider à retrouver ma place dans le fauteuil. Un homme venait d'entrer dans la pièce et il venait de briser l'instant de grâce entre Derek et moi. J'avais détourné les yeux, un peu gênée d'avoir été surprise comme ça même si il n'y avait même pas eu un baiser entre le neurochirurgien et moi.

- Pardon, je croyais que tu étais seul.

Il me lançait un regard et un grand sourire et je répondais d'un sourire beaucoup plus timide. Derek, tout aussi gêné entamait les présentation et je serrais la main de Mark. A croire que dans cet hôpital, il y avait une concentration de médecin aux yeux bleus et avec une belle gueule. Je me demandais quand même si c'était le meilleur ami de Derek dont le chirurgien m'avait parlé quand il avait évoqué son ex-femme l'ayant trompé.

- Ravie de vous rencontrer.

- Moi aussi...Enfin! Derek m'a beaucoup parlé de vous... Il avait juste oublié de mentionner combien vous étiez charmante...

- Merci, c'est gentil.


J'avais lancé un regard interrogateur à Derek mais je n'allais pas avoir plus de détails. Alors comme ça il avait parlé de moi à Mark? Et ce dernier avait l'air content d'avoir mentionné ça devant Derek. Préférant ne pas m'imposer plus longtemps, je préférais les laisser tous les deux et m'excusait auprès d'eux.

- Je crois qu'on avait fini... Je vais attendre dans le couloir...

Dans le couloir je tentais de reprendre mes esprits. Le moment avec Derek au moment de mon faux pas avait été si intense que j'avais encore du mal à réaliser. Qui sait ce qui se serait passé si Mark n'était pas entré à ce moment précis. Nerveusement je jouais avec mon bracelet et tentait de me convaincre de ne pas replonger là-dedans. Craquer pour un homme, mauvaise idée. J'étais déjà attachée à Derek, je le savais. Mais ça risquerait de devenir des sentiments plus forts et je pouvais pas me laisser aller à tout ça.

Alors que j'étais perdue dans mes pensées, la porte s'ouvrait et Mark sortait en m'adressant un sourire que je lui rendais. Il s'était attardé en espérant me recroiser de nouveau, chose qu'il avait bien sur dite devant Derek. Je trouvais ce petit manège assez drôle mais j'étais rentrée dans le jeu de Mark. Je ne savais pas s'il était réellement en train de jouer les séducteur mais ça m'amusait.

- Je risque d'être encore ici un moment alors pourquoi pas!

- Alors à bientôt Eileen! Derek, on se reparle plus tard!


On échangeait un grand sourire alors que Derek lui ne semblait pas trouver ça aussi amusant. Le beau chirurgien plastique s'éloignait dans le couloir. Je le fixais du regard avec un petit sourire qui en disait long. Est-ce qu'il était jaloux? J'avoue que je trouvais ça plutôt amusant mais il n'avait pas à s'inquiéter, après tout, c'est avec lui que j'allais prendre un super déjeuner à la Cafet'.

Et c'est ainsi que dans une Cafet bien moins bondée que si nous étions arrivée à l'heure de pointe, on s'installait après avoir choisit notre repas. Derek avait géré pour mon plateau car je n'étais pas encore une pro du fauteuil roulant. On s'était trouvé une table légèrement isolée et j'avais fini par faire retrouver son sourire à Derek qui avait eu l'air contrarié pendant tout le temps passé dans la file d'attente. Mais pendant le repas, la bonne humeur était revenue. J'avais presque l'impression de me retrouver chez lui quand on partageais un repas sur la terrasse et qu'on passait des heures à parler de tout et de rien. La seule chose qui changeait, c'était les regards que beaucoup nous lançaient, souvent avec peu de discrétion. ça n'avait pas l'air de déranger Derek et du coup je ne m'en offusquais pas. Je supposais que les médecins déjeunaient rarement avec leur patiente mais après tout, Derek et moi nous étions amis... On avait le droit non? (a)

Toutes les choses ont une fin et Derek avait fini par me ramener à ma chambre. Il avait décidé de prendre les commandes du fauteuil après m'être cognée en faisant une marche arrière et avoir roulé à une allure de tortue. Bien sur dans les couloirs les regards continuaient et ce n'est que de retour dans ma chambre qu'on retrouvait un peu de calme.

- Je vais rester dans le fauteuil... Je préfère profiter du temps que je peux passer hors du lit...

Et comme Derek ne travaillait pas - ce qui avait alimenté encore un peu plus les rumeurs, quel médecin vient sur son temps de repos voir ses patients? - on avait tout le temps de discuter. Mais Josh, têtu avait décidé de venir plus tôt que prévu. Il avait définitivement un tempérament protecteur et même si Derek avait été invité à resté, sa discrétion l'avait poussé à nous laisser mais j'allais le revoir surement le lendemain. Josh avait chopé le virus de Lily et à part le médecin sorti, il avait tâté le terrain. De façon beaucoup plus discrète par contre.

_ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _


Le lendemain. 15h30

J'avais eu le droit à une nouvelle séance de rééducation. Mais comme Derek avait été appelé sur une opération en urgence c'était avec un autre médecin que j'avais répété les exercices de la veille. Moi qui espérait progresser à vitesse grand V j'en ressortais un peu frustrée même si c'était totalement normal de ne pas faire de progrès incroyable d'un jour à l'autre. Après un plateau repas beaucoup plus dégueulasse que la nourriture de la cafet - Derek avait raison - j'avais eu envie de prendre l'air. Josh cette fois avait été kidnappé par Lily sous ma supervision. Je ne voulais pas qu'il passe ses journées ici. Il passeraient tous les deux en toute fin de journée et j'avais donc décidé de m'entraîner à gérer mon fauteuil. J'avais pris le coup de main et je traversais le service, échangeant quelques mots avec la jeune infirmière qui était officiellement ma préférée.

- Je vais prendre l'air devant l'hôpital. Si on me cherche, je suis là bas!

J'avais rejoins le hall principal et attirée par le soleil et les températures douces, j'avais pris la direction de l'extérieur. Me trouvant un petit coin tranquille près d'un banc libre, je fermais les yeux et profitais du soleil sur mon visage. Je respirais profondément, contente de retrouver l'air libre. En sentant une ombre passer sur mon visage, je soupirais, persuadée qu'il s'agissait des garde du corps qu'on m'avait attribué.

- Vous voulez pas me laisser un peu de soleil et un peu d'air? Je doute qu'on vienne m'achever ici...

- En effet, ce n'est pas mon intention.


J'ouvrais les yeux d'un coup en réalisant que ce n'était pas du tout un garde du corps. En réalité c'était Mark qui un café dans chaque main semblait profiter d'une pause.

- Désolée, je croyais que c'était quelqu'un d'autre.

- J'avais cru comprendre... Je peux?

Il désignait le banc à côté et je confirmais d'un signe de tête. Il me tendait un gobelet de café que je prenais en le remerciant.

- Je devais retrouver un collègue mais il a été bipé alors j'en avais un de trop...

- Tant mieux pour moi


Je trempais mes lèvres dans le breuvage noir et retenait difficilement une grimace.

- Il est dégueulasse, j'aurais peut être du vous prévenir.

- Tant pis... J'ai l'habitude au tribunal il est au moins aussi infecte...


Je souriais amusée alors que je me sentais détaillée du regard par Mark. Je me mettais à rire à présent

- J'ai l'impression d'être passée au détecteur là.

- J'étais en train de me dire que je comprenais pourquoi Derek vous gardait que pour lui.

- Derek ne me garde pas que pour lui.

- Il s'est débrouillé pour que je ne sache pas dans quel service vous étiez. Et s'il avait pu il ne m'aurait même pas dit que vous étiez dans cet hôpital.

- N'importe quoi...

- Pourquoi? Vous ne me croyez pas?

- ... Il l'a surement fait pour que vous ne puissiez pas me détailler du regard en me disant ce genre de choses...


Je souriais amusée. Mark me faisait penser à un nounours. Un type très dragueur mais qui cachait surement un coeur gros comme ça.

- Eileen, vous avez conscience quand même que Derek vous aime bien, même beaucoup?

- Puisque vous avez l'air bien renseigné, il m'a récupérée à une période chaotique et m'a laissée rester chez lui alors je suppose qu'il a au moins un peu de sympathie pour moi.

- Ce que vous vous êtes bien trouvé! Cette même façon de faire comme si vous ne compreniez pas où on veut en venir... Vous allez me répondre quoi si je vous demande ce qui aurait pu se passer si je ne vous avais pas interrompus hier?


- Vous nous avez interrompus et je ne suis pas devin, donc j'en sais rien...

- Vous devez être chiante en procès... Sans vouloir vous vexer!

- Je le prend comme un compliment...


On échangeait un sourire complice et j'avalais une nouvelle gorgée de café.

- Je l'aime bie... beaucoup aussi... Vous allez le lui répéter...

- Je vous promet de ne rien dire...


Je croisais son regard et il avait l'air sincère.

- J'ai rencontré Derek j'avais le coeur brisé. Et je ne cache pas que le revoir maintenant change quelque peu ma vision des choses... Mais je crois juste que votre meilleur ami est quelqu'un avec un coeur en or et de très généreux... Je doute qu'il ait quelques sentiments pour moi autre qu'amicaux...

- Vous me faites confiance? On se connait pas mais vous me faites confiance?


Mon instinct ne me trompait jamais et j'étais tentée de faire effectivement confiance au chirugien. Je confirmais d'un signe de tête et il se dépêchait de murmurer.

- Derek arrive, ne vous retournez pas... Faites comme si j'avais dis quelque chose de drôle et laissez moi vous présenter Derek, le jaloux...

- Quoi?


C'était vraiment ça son plan? Il me regardait et m'incitait à rire et je ne sais pas pourquoi mais je rentrais dans son jeu; Je voulais sans doute vérifier ses dires. Plaire à Derek malgré mon bracelet et mes résolutions, j'en avais envie. Peut être qu'il avait eu raison dans le jacuzzi en disant que le temps passerait et qu'un jour j'aurais envie de renouer avec l'amour. Je me mettais donc à éclater de rire comme si Mark venait d'avoir un bon mot.

- Ah Derek! Eileen ne me croit pas capable de la kidnapper pour un dîner hors de l'hôpital... Mais je lui ai dis que tu serais surement d'accord pour une permission de quelques heures.

Il y allait fort dans son plan machiavélique. Mais j'observais attentivement Derek pour guetter chacune de ses réactions.

- Salut Derek...

Je lui souriais comme si c'était totalement normal cette situation.
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MessageSujet: Re: Maintenant j'en suis sûre... Tu es mon ange gardien... [Derek]   Jeu 21 Mai 2015, 01:49


Je revenais enfin dans la chambre et à la grande surprise et ce que je remarquais en premier était la petite touche de maquillage supplémentaire sur le visage de Eileen. Non pas qu'elle en ait particulièrement besoin, bien au contraire mais ça l'embellissait tout de même. A mon regard d'ailleurs, une tentative de justification s'imposait d'ailleurs :

Citation :
Je sors enfin d'ici, je voulais être présentable... On sait jamais, si mon prince charmant se trouve dans cet hôpital... Faut que je sois à mon avantage...

Ah, les femmes... - disais-je en soupirant doucement tout en levant les yeux au ciel avec cependant un sourire amusé. Je l'installais alors sur le fauteuil roulant le plus confortablement possible avant de regagner les couloirs de ce gigantesque hôpital. A sa question concernant les courses en fauteuil roulant je lui avais adressé un regard lourd de sens auquel elle connaissait déjà la réponse sans que je n'ouvre la bouche. Devrais-je lui dire qu'on en avait fait un paquet de courses en fauteuil avec les collègues ? Non... non non, je perdrais en crédibilité. Ca restera donc mon petit secret. Et à force de traîner dans les couloirs on retrouvait la salle de rééducation, assez spacieuse et très bien équipées. Mais nous, on allait avoir besoin principalement des barres parallèles qui étaient disponibles. Mais avant tout ça bien sûr s'imposait différents exercices pour elle tous aussi importants les uns que les autres. Si ce n'est son manque de patience j'arrivais tout de même à lui faire le complet, incluant même les pauses entre chacun sans recevoir quelques remarques de la femme têtue qu'elle était. Mais nous étions deux, et ici c'était mon tribunal à moi, autant dire qu'elle n'allait cette fois-ci pas avoir le dernier mot. Mais c'est sans compter la fin de la séance qu'Eileen insista pour au moins essayer les barres parallèles. Et au vu de ses résultats plutôt satisfaisants d'aujourd'hui je finissais par accepter, l'installant à un bout avant de la suivre petit à petit. Il faut dire que, bien que difficile elle se débrouillait très bien mais arrivé à la fin des barres, Eileen lâchait prise et c'est dans mes bras qu'elle se retrouvait :

Oh oh... je te tiens... ça va ? - demandais-je en la serrant contre moi. C'était un poil plume à vrai dire, Eileen tenait bien le résultat de sa silhouette si magnifique. Et à ma question, son regard croisa le miens, puis un sourire fut échangé. Je comprenais là que cet exercice était bien plus motivant que les autres et là, dans ses bras aussi, je me sentais bien, remplit de fière té pour elle. C'était une femme incroyablement forte et courageuse et je l'admirais pour ça autant que je la respectait. Mais cet instant là valait de l'or. Mes yeux azur plongé dans ses yeux émeraude je pouvais sentir son souffle contre mon visage. A quelques centimètres seulement de ses lèvres, je crois que j'aurais bien tenté de l'embrasser si... si Mark n'était pas arrivé à ce moment là :

Citation :
Derek ? Tu...

Toujours là quand il faut celui-là. Je repositionnais Eileen dans son fauteuil quelques secondes plus tard avant de soupirer doucement, tournant mon regard en direction de celui de Mark :

Citation :
Je croyais que tu étais seul...

Maintenant tu es au courant que non. - disais-je un poil déçu de la tournure de la situation, je dois bien l'avouer. - Mark je te présente Eileen Vaughan, ma patiente. Eileen... voici Mark Sloan, chirurgien plastique.

Ils se serraient la main avec un grand sourire – lui – tandis qu'Eileen était à présent tout aussi gêné que moi. Mark avait du voir la scène avant de nous interrompre soudainement. A croire qu'il était là uniquement pour ce genre de situation, et rien d'autre.

Citation :
Ravie de vous rencontrer.

Moi aussi...Enfin ! Derek m'a beaucoup parlé de vous... Il avait juste oublié de mentionner combien vous étiez charmante...

Merci, c'est gentil.

Le numéro du dragueur, il le faisait à toutes. Mais là il semblait mettre une couche supplémentaire dans sa tactique habituelle. Je l'observais faire, serrant ma mâchoire nerveusement avant de l'interroger du regard concernant sa venue qui m'était gênante. D'ailleurs, Eileen préférait visiblement fuir la scène et s'éclipsait dans le couloir avant que je ne me retrouve seul avec Mark qui me tendait des images scan' :

J'ai besoin d'un avis.

Il a intérêt d'être intéressant ton scan'.

Tu allais l'em...

Chut. Tais-toi. - disais-je sèchement, refoulant une quelconque tentative de Mark pour m'extirper des renseignements sur ce qui venait de se passer...


_ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _

Le lendemain.


Le déjeuner à la cafétéria la veille avec Eileen m'avait détendu après la venue de Mark en salle de rééducation. Son comportement m'avait quelque peu agacé mais je m'étais finalement fait une raison en fin de journée : c'était Mark Sloan. Autrement dit pas n'importe qui et je connaissais ce type comme si c'était mon frère. Nous étions – encore – meilleurs amis après tout. Je ne lui accordais pas une confiance aveugle mais je pouvais compter sur lui. J'avais donc quitté la jeune femme en fin d'après-midi. J'avais été fier d'elle et des efforts qu'elle avait fourni sans, cette fois-ci, s'arracher les points de suture ce qui était un énorme progrès. Quoi qu'il en soit, aujourd'hui était une mauvaise journée. Une opération d'urgence sur un môme de 17 ans m'avait retenu une bonne partie de l'après midi et j'avais besoin d'un peu de réconfort et me changer les idées après sa mort car l'opération n'avait pas été un succès au vu de la gravité de son état. Autrement dit : aller voir Eileen était un moyen pour moi d'aller mieux. J'avais un peu de temps devant moi, peut-être de quoi partager un café avec elle. J'avais donc rejoint le service de rééducation mais je trouvais chambre vide. La journée n'était vraiment, vraiment pas bonne :

Où est Mlle Vaughan ? - demandais-je à une infirmière derrière son comptoir, celle-ci accompagnée par la majorité des autres du service. Un petit sourire au coin des lèvres, celui-ci avait eu le don de finir ma mauvaise humeur :

Je ne sais pas docteur... - son sourire qui en disait long était celui de trop.

Je croyais que vous étiez payées à vous occuper des patients de ce service, pas pour bouffer des donuts à longueur de journée en faisant circuler des rumeurs à tout va ici.




Je me fou de ce que vous pouvez pensez. Mlle Vaughan est ma patiente et comme tous les autres je me dois de la soigner du mieux que je peux. Maintenant je vous conseille de vous mettre rapidement au travail avant de trouver la sortie de cet hôpital définitivement, suis-je clair ?

Très clair, docteur Shepherd, excusez-nous.- disaient elles presque toutes synchroniquement avant de se remettre au travail sans tarder. L'une d'elles, la plus jeune, m'interpela avant que je ne file encore plus en colère :

Docteur ? … Elle a rejoint le parc pour se changer les idées et s'aérer un peu...

Merci. - adressais-je sèchement à la jeune femme alors que dans ce service c'était peut-être elle avec qui j'avais le plus d'estime. Je rejoignais alors l'extérieur de l'hôpital, espérant juste trouver un petit moment pour discuter avec elle et me changer les idées. Mais en cherchant quelques instants, c'est avec Mark que je retrouvais ma belle patiente, profitant tout deux du soleil. Décidément... ma colère n'était pas prête de passer. Je tentais cependant de me contenir devant Eileen, mais avec Mark ça allait être plus délicat. J'arrivais enfin à leur hauteur, alors que Mark, muni de son éternel sourire de tombeur m'adressait la parole en premier :

Ah Derek ! Eileen ne me croit pas capable de la kidnapper pour un dîner hors de l'hôpital... Mais je lui ai dis que tu serais sûrement d'accord pour une permission de quelques heures.

Citation :
Salut Derek...

M'avait adressé Eileen semblant heureuse à ses côtés. Je lui avais simplement répondu avec un petit sourire avant de retrouver le regard de Mark :

Tu n'as rien de mieux à faire, Mark ?

Pourq... c'est ma pause en fait. Alors, tu es d'accord Derek ?

Je laissais de longues secondes passer, réfléchissant en serrant ma mâchoire plus fort encore si bien que j'aurais pu m'en casser les dents avant que mon bipeur me sonne de nouveau. Je n'avais décidément pas de répit, à tout point de vu aujourd'hui :

Quatre heures maxi mais elle est sensée être en convalescence alors si il lui arrive quoi que ce soit qui pourrait compromettre sa guérison tu vas m'entendre Mark.

D'accord... très bien... je prendrais soin d'elle... - disait l'homme, perdant son sourire face à ma phrase aussi froide que de la glace.

A plus tard, faut que j'y aille... - finissais-je par dire, quittant les lieux pour répondre à mon appel d'urgence. Sur le coup, je laissais Mark perplexe et je pense qu'il supposait les deux raisons de ma réaction aussi intense : la perte de mon patient et son approche d'Eileen pour me rendre jaloux. Ça avait décidément le don de marcher...

Je ne pensais pas qu'il aurait une réaction aussi.... démonstrative, en fait.


_ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _

Quelques heures plus tard...




C'est dans l'ascenseur que je croisais Mark de nouveau. Il avait cet air à la fois si arrogant et sympathique que ça en devenait frustrant.

Derek... ?

Quoi. - avais-je répondu du tac au tac, ce qui l'avais surpris :

Bah je sais pas en général tu me laisse dire ton prénom sans répondre alors là du coup je sais plus trop quoi dire... tu veux parler ?

Non.

Je sais bien que j'ai fais quelque chose qui t'as froissé mais....

Tu crois ? C'est comme une impression de déjà vu tout ça. - les portes de l'ascenseur s'ouvrait et je n'avais pas perdu de temps pour déguerpir de là alors que Mark me suivait de prêt. Je trouvais alors une salle de réunion vide et je m'engouffra à l'intérieur alors que Mark m'avait suivit encore :




Tu crois que je n'ai pas cerné ton petit manège peut-être ? Je te connais Mark, toi et tes méthodes.

Derek c'est du passé tout ça...

Pour toi, peut-être. Moi je n'ai pas oublié ta trahison ainsi que celle d'Addison. Elle ne t'as pas suffit alors ? Maintenant tu t'intéresse à Eileen ? Tu veux quoi à la fin Mark... dis moi parce que je n'arrive vraiment plus à te saisir.






Écoute Derek... je...

A par considérer les femmes comme un vulgaire bout de viande tu ne sais pas faire grand chose si ce n'est bousiller un peu plus notre fragile amitié. Je t'ai pratiquement pardonné, je t'estime beaucoup et la seule chose que tu trouves à faire c'est d'aller draguer ma patiente... mon amie et... la seule femme qui m'intéresse vraiment depuis des années.

Ces trois choses regroupaient le cas d'Eileen pour moi. Je me devais de la respecter, de la soigner, de l'encourager si ce n'est... l'aimer à présent. Il n'y avait plus de secret pour moi même : j'étais en train de tomber amoureux d'Eileen Vaughan, que je le veuille ou non et ce contre Mark :

Alors... tu tiens vraiment à elle ? Derek je voulais seulement... je voulais...

Ses mots n'arrivaient pas à sortir de sa bouche et son regard désespéré en disait long alors qu'il soupirait de désespoir :

Écoute avec Eileen y'a vraiment rien, c'est juste que...

C'est ça, prend moi pour un con. Dit moi que tu ne l'a pas dragué et que tu ne cherche pas à l'avoir dans ton lit, je te croirais là aussi sur parole je suppose ? J'te consacre trop de mon temps et de mon énergie, tu n'en vaut pas la peine. Si tu cherche absolument à finir tes jours seul, c'est ton problème mais tout le monde n'a pas ton mode de fonctionnement...

Arrête Derek tu délire complètement ! C'était juste un piège pour voir si..

Va te faire foutre Sloan.. - finissais-je par dire en claquant la porte, le laissant derrière moi, seul. C'était DEFINITIVEMENT une mauvaise journée...




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MessageSujet: Re: Maintenant j'en suis sûre... Tu es mon ange gardien... [Derek]   Jeu 21 Mai 2015, 02:59

Tout comme Mark, je n'aurais jamais pensé que Derek réagirait aussi violemment. Et si j'avais aimé l'idée de le rendre jaloux, je n'étais pas si ravie que ça de le voir aussi touché. D'ailleurs en le regardant partir, j'avais fais une grimace à Mark. J'espérais qu'il ne me fasse pas la tête et surtout qu'il ne fasse pas la tête à Mark. Mais j'allais apprendre rapidement que mes espoirs allaient être déçus.

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Quelques heures plus tard...

Lily et Josh étaient rentrés. Tout était calme. Je n'avais pas vu Derek mais la jeune infirmière avait accepté de me dire qu'il avait fini sa garde et qu'il était parti. Je savais qu'elle ne ferai pas de ma question une nouvelle rumeur. Alors qu'elle sortait de la chambre, Mark faisait son apparition. A sa tête, je comprenais tout de suite que notre petit manège de l'après-midi avait mal tourné.

- Okay... Raconte moi tout... A voir ta tête, c'est pas la joie...

Il s'installait à côté de mon lit et me résumait la situation. Je me sentais coupable malgré tout, même si Mark me rappelait aussitôt que c'était son idée. Je faisais une petite moue contrarié et repoussais les draps du lit pour apparaître en short et en débardeur.

- Aide moi à aller dans le fauteuil.

- Maintenant? Mais il est 21h

- Oui! Maintenant... Si tu le fais, je te promet de tout arranger entre Derek et toi...


Mon air déterminé ne lui laissait pas trop le choix, même s'il faisait 3 têtes de plus que moi. Il m'aidait à me glisser dans mon fauteuil et j'ouvrais la marche, devenue entre temps experte en manipulation de fauteuil.

- Derek m'a dit que j'avais pas le droit de faire de courses... Mais dis moi la vérité toi, vous en avez déjà fait...

- Si je te dis oui, tu ne lui diras pas que c'est moi qui a balancé? Parce qu'il est déjà assez fâché contre moi.

- Motus et bouche cousue!

- C'était le premier à vouloir en faire!


On échangeait un rire avant de continuer notre route. Je nous emmenais tout droit jusqu'à la salle de rééducation. Mark n'arrêtait pas de m'interroger sur ce mes projets et une fois à l'intérieur de la salle, une fois les lumières allumées, j'acceptais enfin de révéler mon plan.

- Je veux faire une surprise à Derek... Mais je vais avoir besoin de toi et peut être d'un collègue fiable qui ne répètera rien à Derek. Je vais accélérer la rééducation. Je bosserai dur mais je marcherai plus vite que prévu. Et quand je décide quelque chose, je le fais...

Il croisait ses bras et me regardait intrigué. J'aimais avoir l'attention, comme dans une salle d'audience.

- Tu vas me faire travailler, et je marcherai. Le problème de mon plan, c'est que Derek va t'en vouloir... Avant que tu ne deviennes à ses yeux le meilleur ami de tous les temps. En tout cas j'espère...

Il semblait déjà beaucoup plus réticent mais je continuais ma plaidoirie xD.

- On va utiliser ma permission de sortie pour un dîner... Mais j'ai le regret de t'annoncer que ce ne sera pas pour nous deux...

- Si j'ai bien compris où tu voulais en venir, je suis prêt à accepter la haine de Derek quelques jours supplémentaires.


J'expliquais les détails de mon plan, l'organisation nécessaire. J'allais mettre ma meilleure amie dans la confidence pour qu'elle me ramène la robe parfaite. Pour le repas, Mark connaissait les goûts de Derek et je lui donnais pour mission de nous procurer le repas chez le traiteur. Il se proposait spontanément pour être mon chauffeur de taxi jusqu'à la maison de Derek. Enfin, ma permission de sortie devrait avoir lieu un soir où Derek serait de repos, pour être sure qu'on ne se croise pas. Après avoir scellé notre accord, j'avais surpris Mark en décidant que la première session de rééducation secrète commençait maintenant.

- Vous avez déjà un point commun : vous êtes têtus tous les deux...

On avait échangé un sourire complice et la séance s'était poursuivie.


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Dans les jours qui suivirent...

Derek faisait la tête. Enfin pas vraiment à moi mais à Mark oui. Le chirurgien plasticien me décrivait des situation assez compliquée mais il tenait à aller au bout de notre plan. Il était sur que ça valait la peine d'être haïs par Derek. Quant à moi, tant que je ne parlais pas de Mark, notre complicité revenait au galop. J'avais peur que mon manège ne marche pas, mais j'arrivais à duper le chirurgien en cachant mon avancée réelle dans ma rééducation. Je faisais semblant de bloquer, de manquer de force parfois mais les barres parallèles devenaient de plus en plus facile à franchir lors des séances secrètes.

Mark avait repéré le planning de Derek et on avait fini par se fixer une date butoir, date à laquelle je comptais tenir sur mes jambes et marcher le plus naturellement possible. C'était un véritable objectif et but. Mais j'avais le mental, et puis c'était surtout pour pouvoir faire une surprise à Derek et ça, c'était la plus belle des motivations. C'était difficile de résister à l'envie de lui dire que Mark ne m'intéressait pas et que j'avais été heureuse de le voir jaloux. J'avais envie de lui dire que si j'avais des sentiments pour quelqu'un, c'était pour lui. Sauf que je devais jouer le jeu, y compris quand je ramenais cette histoire de permission sur le tapis.

- Derek... Est-ce que pour la permission, jeudi ça serait bon? Est-ce qu'on peut éventuellement, rajouter une heure?

Jeudi était son soir de repos et je poussais le vice jusqu'à ce qu'il soit obligé de passer me voir avant que je parte. Le narguer avec ma jolie robe pour mieux lui faire plaisir ensuite. J'étais sadique mais il fallait au moins ça pour réussir la surprise. Derek avait refusé l'heure supplémentaire ce qui intérieurement m'avait fait plaisir parce que ça prouvait sa jalousie. Mais pour la permission il n'avait pas pu me dire non et j'avais offert un grand sourire au chirurgien. Lui par contre semblait encaisser difficilement et je m'en voulais de lui faire ça. Mais une fois de plus, c'était nécessaire.

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Le jour J...

Je tenais debout, j'étais même capable de marcher sans me tenir. Ce n'était pas totalement naturel, dans le sens où parfois je boitais mais c'était un vrai bonheur d'être debout. Comme toujours j'avais fêté en toute discrétion mes progrès avec Mark. Ce stratagème des plus sadiques nous avait rapprochés et nous pouvions presque nous qualifier d'amis. Derek savait qu'on discutait beaucoup, c'était le but, on faisait exprès d'être vus par des infirmières quand on déjeunait ensemble. J'évoquais souvent Mark de façon spontanée en apparence comme pour montrer que je passais beaucoup de temps avec lui. Je n'aurais sans doute pas pu continuer ce petit manège très longtemps, trop triste de voir le regard de Derek dans ces moments là. Trop difficile de faire semblant de ne rien remarquer.

Lily avait été mise dans la confidence et elle avait pris sa mission pour ma robe très au sérieux. Elle avait d'ailleurs parfaitement rempli sa mission. Gênée de demander ça à Josh et parce que je voulais être parée à toute éventualité, je lui avais également demandé de passer chez moi pour me ramener de la lingerie. C'est pas que je portais des culottes petit bateau tous les jours mais Josh avait pas vraiment fait attention au choix quand il avait fait le sac d'affaire xD. Quoiqu'il en soit, le jour J, j'étais aussi jolie que possible dans ma robe, les cheveux légèrement relevé et un maquillage soulignant mes yeux verts. Quand Derek était passé avec les papiers de sortie, je me démenais avec ma fermeture éclair. Lui devait se démener pour ne pas avoir l'air éblouis - si si, rien que ça - et je lui adressais un sourire innocent.

- Est-ce que tu peux m'aider?

Bien sur il s'exécutait mais lire sa déception dans son regard me faisait trop de peine. Je devais encore tenir quelques heures.

- Tu es de garde ce soir?

Mieux valait ne pas avoir l'air trop renseignée. Je savais bien jouer l'idiote.

- Est-ce que ça fait pas trop? C'est que je voulais être jolie pour dîner avec un homme à qui je tiens déjà beaucoup... J'ai peur de... De pas lui plaire... Et que les sentiments soient pas réciproques...

L'homme en question était Derek bien évidemment, mais ce dernier allait associer ces mots à Mark. La torture psychologique était horrible et je promettais de me faire pardonner.
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MessageSujet: Re: Maintenant j'en suis sûre... Tu es mon ange gardien... [Derek]   Mar 26 Mai 2015, 00:53



Quelques jours plus tard....




La situation avec Mark ne s'était guère arrangée entre nous. Je lui en voulais toujours de son comportement toujours aussi irrespectueux qu'à l'époque où il avait couché avec ma femme. Cette fois-ci, il avait des vues sur Eileen et ne prenait même pas de gants pour me le cacher, sachant bien que j'avais des vues moi aussi sur la jeune femme. Non pas à faire comme les petits enfants « c'est moi le prem's ! », mais je dois bien avouer que me faire piquer sans cesse les femmes avec qui je veux partager ma vie... ça commence à me gonfler. Après tout ce n'est pas ce qui manque, il pouvait arrêter de calquer sur mes goûts ! Mais nous avions toujours eu les mêmes et ça, je ne peux pas le nier car c'était bel et bien depuis le tout début de notre amitié...

Il avait donc réussit à récolter un rendez vous avec Eileen, ce jeudi soir. C'était précisément la date exacte aujourd'hui et je dois bien dire que j'avais tourné mainte et mainte fois la question dans ma tête, chez moi. C'était mon jour de repos, j'avais autorisé la sortie pour quelques d'heures d'Eileen mais pas de rallonge possible, comme elle avait pu me le demander. Une heure de plus ça aurait été une chance pour Mark de conclure son affaire et ça, je ne le souhaitais pas. C'était donc entièrement par jalousie que j'avais gentiment refusé l’extension de soirée pour Eileen, prétextant que c'était plus pour ne pas qu'elle se fatigue et force trop d'un coup, notamment du fait que sa rééducation était assez longue. Je ne me chargeais pas d'ailleurs de tous ces cours de rééducation mais je comptais sur mes confrères pour la faire progresser doucement, mais sûrement. Quoi qu'il en soit, si ce n'était pas pour remplir de la paperasse en retard, je passais à l'hôpital pour aller la voir avant sa fameuse soirée. Et après avoir fait toutes mes tâches ingrates restantes je rejoignais sa chambre au service de rééducation, esquivant les deux trois infirmières qui traînaient dans les couloirs. Je frappais donc et attendis que Eileen me donne l'autorisation d'entrer, avant de l'observer dans sa magnifique robe de soirée :

Salut... - disais-je en la détaillant du regard de haut en bas, les sourcils levé par stupéfaction de sa beauté – Tu es... très belle.

Certes, c'était le cas, mais pour Mark et ce détail là avait le don de rester en travers de ma gorge :

Citation :
Est-ce que tu peux m'aider ?

J'acceptais naturellement, déposant le formulaire de sortie provisoire sur son lit avant d'aller remonter la fermeture éclair du dos de sa robe. Face à un miroir, il fallait que je pense à celui-ci en cachant ma moue boudeuse de ce soir car Eileen pouvait détailler mon visage sans aucune difficulté :

Citation :
Tu es de garde ce soir ?

Non. Mais je suis venu remplir quelques papiers. J'ai pris du retard ces temps-ci.

La faute à Eileen malgré elle, d'occuper mon esprit sans cesse sans que je ne puisse faire mon travail à 200%. Cette histoire avec Mark qui lui tournait autour m'avait quelque peu embrouillé l'esprit et me dire en plus que ce soir elle va partager un dîner avec lui... m’écœurais.

Citation :
Est-ce que ça fait pas trop ? C'est que je voulais être jolie pour dîner avec un homme à qui je tiens déjà beaucoup... j'ai peur de... de ne pas lui plaire... et que les sentiments soient pas réciproques...

Tu sais Mark te veux dans son lit, alors la robe je doute qu'il s'y intéresse plus de deux secondes.

C'était sortie avec une spontanéité hors norme mais je fermais néanmoins les yeux après ma phrase, croisant le regard d'Eileen dans le miroir avant qu'elle ne se retourne vers moi :

Pardon. C'était méchant et gratuit. Je voulais pas dire ça... enfin... pas comme ça.

Je soupirais doucement, passant ma main sur mon front alors que je reculais d'un pas.

Si tu peux signer en bas de la page, c'est le formulaire de sortie provisoire. C'est juste une formalité.

Disais-je en lui tendant la feuille accroché à un porte document ainsi qu'un stylo. Elle signa et j'observais ses jolies yeux verts finement maquillé avant de lui sourire doucement :

Tu es splendide. Tu as bonne mine, et tu as l'air heureuse. C'est le principal à mes yeux. - finissais-je par lui avouer avant de lui faire un bisou sur la joue – Bonne soirée. Je pense avoir le temps de passer te voir demain.

Je rejoignais la porte que je referma derrière moi avec regret. Ô combien j'aurais aimé lui dire à cet instant précis combien je tenais à elle, que mes visites aussi souvent n'étaient pas anodines et qu'amicales, malgré ce qu'elle pouvait penser. Oui, les rumeurs avaient raisons. Je voulais sortir avec Eileen plutôt que ce soit Mark. Lui, cette attraction ambulante de l'hôpital, ce beau gosse qui a tout pour plaire et qui ne fait jamais d'effort pour arriver à ses fins. Je rejoignais donc le parking, ma voiture, et mon domicile enfin. La soirée venait de commencer et je crois qu'une bonne bouteille de vin m'attendait à la maison, sur le canapé, en train de cogiter devant la télé à zapper bêtement les programmes complètement idiots du soir. Et c'est précisément ce que j'avais fait, une fois chez moi. Après une bonne douche, un repas rapide puisque je n'avais pas faim, je m'étais calé sur le canapé à regarder une télé réalité stupide avec un bon verre de vin à la main. Et c'est à peine une heure après qu'à la porte, quelqu'un sonna. Je n'attendais personne pourtant mais devant l’insistance de l'inconnu je me levais finalement pour aller ouvrir. Et ma stupéfaction se lisais sur mon visage quand la porte s'ouvrit, face à... :

Eileen ?

Non seulement elle était là, juste devant moi. Elle semblait cependant être en train de partir vis à vis du fait que j'avais tardé à ouvrir la porte, si bien que le fait qu'elle soit debout, sans aide ni rien ne m'avait pas effleuré l'esprit les premières secondes, bien que l'idée revenait cependant en force :

Tu... tu marche... ? Eileen tu...




Je finissais par sourire largement, puis rire de joie en la voyant bien debout, droite et aussi spontané que d'habitude – Tu es debout. Et tu marche... ?

Là, juste devant moi. Dans cette robe aussi splendide qu'irréelle Eileen était debout, souriante et décontractée à la fois. De son sourire, ses cheveux tombant en cascade sur ses épaules, de sa silhouette si parfaite, je ne voyais qu'elle, et elle seule. Elle était absolument parfaite à mes yeux et je crois qu'à présent aucun sentiment envers elle n'était caché. Autant dans la tristesse et la déception que j'avais ressentis quelques minutes plus tôt encore que là, maintenant, heureux de la voir rétablie. La question de la rapidité de sa guérison viendrait ensuite. Ainsi que du fait de sa venue là ce soir, hormis l'idée qu'elle ait conduit puisque ça lui était encore - naturellement - interdit. Là cependant, je ne voulais profiter que de l'instant présent et rien d'autre.




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MessageSujet: Re: Maintenant j'en suis sûre... Tu es mon ange gardien... [Derek]   Mar 26 Mai 2015, 01:45

Face au miroir, je pouvais observer les réactions de Derek et même si le chirurgien faisait tout pour dissimuler la tension de son visage, j'arrivais quand même à déceler quelques traits endurcis. A ma question qui était mon ultime torture pour lui, sachant que l'homme dont je parlais était Derek, sa réaction avait été plus que cash. Je n'avais pas eu besoin de me forcer pour jouer la surprise et fatiguée de le regarder à travers le reflet, je me retournais vers lui en fronçant légèrement les sourcils. Quand il saurait que Mark m'avait aidée pour le conquérir lui, ça serait une sacrée nouvelle.

- C'est pas grave...

J'avais lâché ça d'un ton un peu froid, après tout je devais être dans mon rôle et ne pas me réjouir d'une démonstration aussi claire de sa jalousie. Pourtant intérieurement je trouvais ça mignon tout autant que je trouvais mon manège cruel. Je me promettais de me faire pardonner ce soir. Je récupérais le stylo et signais son formulaire avant de le lui rendre. Face à ses compliments je retrouvais le sourcils rapidement et à son bisous j'avais cru rougir. J'étais à deux doigt de tout lui balancer et de lui dire de sortir avec moi de l'hôpital mais ça ne vaudrait pas la surprise de débarquer à sa porte, debout sur mes deux jambes.

- Merci Derek. Bonne soirée. A demain.

Je lui adressais un sourire avant de le regarder sortir de la chambre. Pas sure d'être à l'aise sur des talons trop haut j'avais choisis des escarpins tout simples que j'étais en train d'enfiler au moment où Mark faisait son entrée.

- Wow... Et Derek t'as laissé sortir en te voyant comme ça?

- J'ai failli tout lui dire en voyant sa tête... C'était vraiment cruel et il était temps que je puisse passer à l'action... Les secrets et le rendre jaloux à ce point, je peux plus lui faire ça...

- Il oubliera tout au moment même où il te verra devant sa porte.

- Et je n'oublierai pas de lui dire que tu as été mon excellent complice...


Après tous les deux amis étaient brouillé depuis notre première tentative pour le rendre jaloux et je tenais à arranger les choses. Rapidement, je comptais raconter à Derek comment Mark avait en fait essayé de me prouver que Derek m'aimait plus que bien ce jour là. J'espérais que tout puisse rentrer dans l'ordre et que le chirurgien ne nous en veuille pas trop.

- Prête?

- Prête...

- Le carrosse de mademoiselle... Désolé, c'est le règlement.

- Je sais...


J'avais pris place dans le fauteuil et les regards des infirmières commères qui nous regardait passer valait tout l'or du monde. Elles devaient se dire que je draguais tous les beaux médecins de l'établissement et que je n'avais pas de scrupules à jongler entre les deux amis. Mais je m'en fichais car ce soir j'allais retrouver Derek. Je ne cachais pas que je me sentais nerveuse, une boule nouant mon estomac mais j'avais peur que Derek ait décidé de sortir, ou qu'il soit déçu. Après tout, il pouvait aussi être jaloux et avoir tiré un trait sur moi malgré ses réactions.

Pendant le trajet d'ailleurs, je n'avais pas été très bavarde. Pourtant Mark me rassurait et il avait tellement tout gérer qu'en passant chez le traiteur notre commande était prête. Il ne voulait pas que je perde une minute de plus par rapport à ma courte autorisation de sortie. Un amour. j'allais trouver un moyen de le remercier, je me le promettais et on avait repris la route jusqu'à la maison de Derek, isolée de New York et où j'avais trouvé refuge il y a 6 mois. C'était d'ailleurs étrange de revenir après tout ce temps et dans les derniers kilomètres je repensais à notre rencontre des plus surprenante. Lily et son destin avaient fini par me convaincre.

Arrivée sur les lieux, je prenais une profonde inspiration et remerciais pour la dixième fois en 2 minute Mark. J'avais récupéré le sachet en papier avec les différents petits plats et j'étais sortie de la voiture. D'un pas un peu nerveux je rejoignais la porte et je sonnais. Bien qu'il y ait de la lumière, personne ne venait m'ouvrir et je commençais un peu à déchanter. Ma surprise allait tomber à l'eau. J'avais tenté une dernière fois de sonner et abandonnant, je m'apprêtais à rappeler Mark pour lui demander de faire demi-tour. Mais c'est à ce moment là que la porte s'ouvrait et que je me retournais.

- Hey...

Je sentais mon coeur tambouriner à mille à l'heure contre ma poitrine. J'en avais oublié que je marchais et c'est Derek qui me le faisait remarquer. C'est vous dire combien j'étais troublée.

- Eh bien... Oui... C'est un peu malhabile comme tu peux le voir...

Je faisais quelques pas pour revenir vers lui du coup. J'étais d'une nervosité et en même temps le sourire de Derek m'avait rassuré et je souriais à mon tour comme je ne l'avais plus fait depuis un moment.

- Je peux pas vraiment courir mais... C'était assez pour aller dîner...

Et d'un regard, je lui faisais comprendre que l'homme avec qui je comptais dîner depuis le début c'était lui et pas Mark. On aurait bien le temps d'évoquer toute la préparation de la surprise. je déposais le sac par terre et me jetant à l'eau, je le prenais dans mes bras.

- C'était que toi depuis le début... Je suis désolée de t'avoir torturé comme ça, mais je voulais vraiment te surprendre...

Je me détachais de lui mais pas tant que ça. Si les sentiments de Derek m'apparaissaient clairement, les miens n'étaient plus un secret. La façon que j'avais de le dévorer des yeux et de lui sourire. J'étais heureuse d'être là et je voulais juste profiter du temps passé à ses côtés.

- Mon médecin ne m'a laissé que 4h alors on devrait peut être rentrer...

Je souriais amusée, le laissais récupérer le sac du traiteur et je rentrais avec lui dans sa maison. Cette maison qui resterait définitivement mon cocon préféré. Il n'y avait que du positif dans les souvenirs que j'avais ici, même quand ça avait un lien avec mon mariage raté. Je surprenais le regard de Derek qui à chaque fois semblait réaliser que je marchais. Faut dire que j'avais du simuler une longue rééducation alors que j'avais bossé comme une folle pour pouvoir marcher au moins de manière correcte ce soir.
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MessageSujet: Re: Maintenant j'en suis sûre... Tu es mon ange gardien... [Derek]   Mer 27 Mai 2015, 23:05


Citation :
Je peux pas vraiment courir mais... C'était assez pour aller dîner...

La rééducation, Mark, son dîner en tête à tête, amenant cela à une sortie provisoire qu'elle avait signé quelques heures plus tôt, à peine. Tout me revenait en pleine tête mais je dois bien avouer que c'est voir Eileen marcher qui me troublais le plus, si ce n'est sa beauté absolument fascinante. Et sans plus attendre, d'un regard complice la jeune femme venait se fondre doucement dans mes bras alors que mon étreinte se serrait tendrement contre sa taille alors que mes narines s’enivraient de son parfum si doux et fin :

Citation :
C'était que toi depuis le début... Je suis désolée de t'avoir torturé comme ça, mais je voulais vraiment te surprendre...

Je sentais son souffle au creux de mon oreille alors que nos regards se croisèrent, plus complices que jamais. Là était la délivrance d'entendre Eileen enfin avouer ses sentiments alors que je ressentais exactement la même chose de mon côté sans pour autant avoir eu jusque là le même courage qu'elle pour lui avouer. Mais je crois que ma jalousie maladive avait parlée pour moi et qu'il avait été inutile jusque là de le lui dire à vive voix, même si l'envie ne me manquait plus à présent :

Je crois que tu as réussi ton défi alors. - lui avouais-je en souriant amusé. Pour la surprise, pour se livrer à moi enfin sur ce qu'elle pouvait ressentir, aussi. C'était une très bonne nouvelle. Et nous finissions d'ailleurs par regagner la maison d'un commun accord, alors que je prenais les sacs de nourriture pour les rentrer à l'intérieur enfin. Mais en l'observant marcher, je souriais pour moi de voir ses progrès auxquels je n'avais pas été mis au courant pour la bonne cause, et là encore c'était une sacrée surprise. D'ailleurs, bouche ouverte sacs en mains Eileen me surprenait à l'observer sans rien dire avant de sourire amusée :

Eileen Vaughan... tu es quand même une sacrée cachottière, il faut bien le dire... - finissais-je par dire en faisant non de la tête en déposant les sacs sur le comptoir du bar de la cuisine – Comment as-tu fait pour te remettre de l'opération aussi vite, c'est vraiment surprenant ! Quoi qu'il en soit je suis vraiment heureux de te voir en aussi bonne forme.

J'étais sincère, à 200%. J'avais ignoré jusque là tout le courage qu'elle avait pu avoir pour se rétablir aussi bien, car il en fallait. Elle était d'ailleurs l'une des seules patientes qui se remettait aussi bien en si « peu » de temps d'une telle opération après un accident pareil. Eileen m'impressionnera sûrement toujours :

Est-ce que... je t'ai déjà dit à quel point... tu étais belle et sexy dans ta robe... ? - demandais-je innocemment en plissant les yeux par interrogation – Non parce que c'est une information relativement importante à laquelle je tiens à préciser. Et puis j'ai l'air d'un plouc à côté de toi alors il faut bien que je me rattrape sur quelque chose...

J'installais la table tout en l'observant de temps à autre, écoutant Eileen me raconter son stratagème pour en arriver jusque là, sa rééducation à un rythme soutenu pour m'impressionner ce soir ce qui avait excellemment marché, et l'aide que Mark avait pu lui apporter durant son temps libre. D'ailleurs, à ce propos je reprenais, d'un air totalement innocent :

Alors... toi et Mark... c'est... - je faisais un signe de la main qui ne voulait finalement rien dire du tout - … enfin je veux dire, y'a vraiment rien entre vous ? Parce que toi... d'accord... mais lui, je ne lui fais pas confiance. Je suis pas jaloux mais.. enfin il aime le même genre de femme que moi et... toi tu me plais énormément alors à lui aussi, forcément, du coup voilà je...

Je finissais par racler ma gorge sans trop savoir comment finir mon explication plus ou moins claire :

Je suis jaloux... c'est terrible comme... je suis jaloux en fait. - finissais-je par dire en grimaçant légèrement. Techniquement c'était un peu inutile puisqu'Eileen et moi ne sortions pas encore ensembles mais l'envie ne me manquait pas et j'avais cru d'avantage comprendre que c'était réciproque :

Bref... tu es absolument magnifique, le dîner sent très bon, j'ai l'air d'un plouc à côté de toi mais marche et tu es debout et en plus j'ai faim... On se met à table ?

Ou l'art de changer complètement de sujet en trois secondes. Si la faim n'avait pas été au rendez-vous en pensant que Eileen était avec Mark en ce début de soirée, je peux dire qu'elle était bien vite revenu en voyant arriver la jeune femme. On s'installait alors après avoir soigneusement décoré notre table de façon plus romantique que les fois précédentes. Je promettais tout de même d'offrir un véritable restaurant à Eileen dès sa sortie de l'hôpital pour marquer le coup bien que cette soirée là s'annonçait parfaite. Et le dîner fut excellent, je ne manquais d'ailleurs pas de valoriser le traiteur qu'avait choisie Eileen pour ce soir. Et si nous avions discuté comme deux vieux amis lors du repas, c'est de quelques regards plus intenses que la différence avait été faite. Et une fois fini – débarrasser la table se fera plus tard – nous avions troqué nos chaises contre le canapé confortable du salon pour déguster un pot de glace que nous partagions ensembles. Non loin d'elle je souriais doucement en l'observant en silence déguster sa part :

Je suis vraiment heureux de te voir ici ce soir..

Je souriais doucement avant de finalement me lever de mon siège pour rejoindre le sien. Assis sur l'accoudoir d'un côté, posant une main sur l'accoudoir suivant, penché au dessus d'Eileen mon regard se faisait plus intense, comme pour lui dire en silence que je la remerciais grandement du premier « vrai » pas qu'elle avait fait pour déclencher le dernier petit point de notre relation. Mon visage, prêt du siens, je pouvais sentir son souffle contre mes lèvres alors que mes yeux alternaient entre les siens, émeraudes, et ses lèvres, semblant si douces :

Ton médecin est un imbécile, 4h c'est bien trop court pour une sortie comme celle-là... - finissais-je par dire en souriant amusé avant de rire pour moi – J'insinue rien là... mais... c'est juste trop court. J'aimerai que ce moment s'arrête dans le temps, en réalité.

Pas de Mark Sloan, pas d'hôpital ou de cabinet d'avocat, de garde du corps, de flics, d'infirmières commères ou de service de rééducation... juste Eileen et moi, son souffle contre ma peau et inversement, son parfum se mélangeant au miens doucement, sa voix si douce alternant avec la mienne, et ce baiser, qui naissait enfin. Mes lèvres venaient contre les siennes doucement alors que je sentais ses mains se poser sur mon corps. Là, suspendu au dessus d'elle, je l'embrassais tendrement durant de longues secondes de bonheur absolu. C'était , notre vrai relation naissante. Le destin aura eu finalement raison de nous et je crois que Lily, quelque part dans New-York, avait eu bon d'espérer quelque chose de ce genre entre nous.



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MessageSujet: Re: Maintenant j'en suis sûre... Tu es mon ange gardien... [Derek]   Jeu 28 Mai 2015, 00:18

La surprise de Derek, ses sourires immenses, c'était une belle récompense après des semaines de mensonge et parfois de tensions aussi. J'avais été cruelle de le torturer, de le rendre jaloux comme ça mais ses réactions me confortait dans le fait que j'avais réussi ma surprise et qu'elle lui faisait finalement plaisir. Je me faisais traiter de cachottière à juste titre et je ne pouvais refréner un sourire de fierté immense d'avoir pu jouer le jeu jusqu'au bout.

- J'ai du soudoyer ton personnel pour garder le secret... Et j'avais un but pour me motiver, c'était très efficace...

ça avait joué, c'était certain. L'idée de pouvoir débarquer ici, debout sur mes deux jambes avait été un objectif pour lequel ma motivation avait été décuplée. Devant son compliment sur ma tenue, j'avais souris, touchée, me sentant même rougir. Je n'avais jamais voulu me faire jolie pour Mark, même si j'appréciais beaucoup ce dernier, mais tout mes efforts étaient pour Derek. Et j'espérais que le neuro-chirurgien se rende bien compte de tout ça. Son amitié avec Mark devait reprendre, ils ne pouvaient pas rester fâché pour un quiproquo et encore moi quand Mark avait tout fait pour arranger les choses entre Derek et moi. Et d'ailleurs, je ne perdais pas de temps pour tout lui expliquer.

- Tu te rappelles quand tu es venu nous rejoindre dehors? Mark était là et il t'a parlé de cette permission de sortie pour m'emmener dîner? C'était une blague... Il voulait me prouver que tu serais jaloux et que donc tu tenais à moi. Sauf que ça a marché un peu trop fort et quand je l'ai revu plus tard, il m'a raconté votre dispute... C'est là que j'ai eu cette idée un peu sadique...

Je souriais amusée même si j'ignorais comment Mark avait pu accepter ce projet fou qui allait le brouiller avec son ami pendant des jours.

- J'ai demandé à Mark son aide. On allait bel et bien avoir besoin d'une permission de sortie, mais ça serait pour que je vienne ici. Pour le repas, je lui ai demandé de s'en occuper parce que j'étais coincée à l'hôpital et qu'il connaissait tes goûts. J'ai fais des séances secrètes de travail et je faisais en sorte de simuler les difficultés quand tu étais là... C'était horrible d'évoquer Mark pour te rendre jaloux et voir ta tête... j'ai eu envie de te dire plein de fois que c'était un plan diabolique, que tu ne pouvais pas te brouiller avec ton meilleur ami pour ça mais la surprise n'aurait pas été la même... Du coup quand j'ai atteins un niveau suffisant de stabilité dans ma marche, j'ai missionné Mark pour qu'il trouve un soir de repos dans ton planning...

Et je souriais amusée en repensant à Derek, que j'avais interrogé un peu plus tôt dans ma chambre, comme si je ne connaissais pas son emploi du temps. Et face à la jalousie de Derek qui était affreusement touchante, je me dépêchais de le rassurer.

- Je te promet qu'il n'y a rien entre Mark et moi... Il a toujours voulu nous rapprocher et je crois que c'est pour ça qu'il a accepté mon plan diabolique. Après tout, ça lui coutait votre amitié, même si c'était de façon temporaire, ça lui faisait de la peine. C'est lui qui m'a déposée ici ce soir. Crois moi, tu as un ami en or...

Et j'espérais que tout rentrerai dans l'ordre dès que les deux hommes se retrouveraient face à face. Mais pour l'instant, c'est le moment présent qui comptait et j'acceptais avec gourmandise son invitation à passer à table. Le dîner était à la hauteur et je m'étais régalée. Et après de nombreux repas à l'hôpital, c'était un vrai paradis que j'avais au bout de la fourchette. L'ambiance avait été sereine et j'avais retrouvé la complicité que j'avais toujours eu avec Derek, les moments de tensions du à sa jalousie en moins. Maintenant que tout était clair, tout devenait plus léger et j'avais adoré partager ce repas avec lui.

Lovée dans le canapé, je savourais la glace qu'on partageait tranquillement et alors que j'avalais une cuillère je surprenais le regard de Derek. Je réalisais que ça faisait bien longtemps qu'un homme ne m'avait pas regardée comme il le faisait et ça avait le don de me troubler. En le voyant approcher, je me mettais à sourire alors qu'il prenait place, penché au dessus de moi. J'avais laissé échappé un rire à sa remarque sur le médecin.

- C'est pas faute de lui avoir réclamé une heure en plus... Mais il a refusé par jalousie je crois...

Je souriais amusée et plongeais dans son regard à nouveau alors que je partageais son envie que le temps s'arrête. Cette fois personne ne viendrait nous interrompre et ses lèvres contre les miennes, mon coeur semblait louper quelques battements. Mes mains venaient l'enlacer comme pour mettre à mal la dernière distance entre nous. Un long baiser tendre et amoureux. Et si je n'avais déjà pas envie que la soirée s'arrête c'était encore pire maintenant.

- Si je dépasse l'heure autorisée, je vais avoir des problèmes?

Parce que je n'avais vraiment pas envie de me séparer de Derek. Le temps filait trop vite quand on était ensemble, encore plus pendant cette belle soirée. Je caressais sa nuque du bout de mes doigts alors que je frôlais encore une fois ses lèvres.

- J'ai juste pas envie d'être loin de toi... 

J'avais encore plus envie de terminer ma rééducation et de sortir de l'hôpital pour être plus libre de mes mouvements. Bien sur j'allais devoir reprendre le travail et j'entendais déjà les protestations de certain si je voulais reprendre le dossier qui m'avait amenée à frôler la mort mais j'étais têtue. Et du coup, j'appréhendais un peu la suite entre Derek et moi car nos métiers étaient très prenant. Je ne voulais pas trop réfléchir, je préférais prendre les choses au jour le jour mais forcément, en étant hospitalisée, j'étais sure de voir Derek au moins une fois dans la journée.
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MessageSujet: Re: Maintenant j'en suis sûre... Tu es mon ange gardien... [Derek]   Dim 31 Mai 2015, 22:47


Citation :
Si je dépasse l'heure autorisée, je vais avoir des problèmes ?

Hum... - insinuais-je d'un sourire malicieux. Je sentais ses doigts fins caresser doucement ma nuque alors que ses lèvres se rapprochèrent des miennes une fois de plus avant de sceller un baiser de nouveau.

Citation :
J'ai juste pas envie d'être loin de toi...

Nos baisers se faisaient de plus en plus longs, agréables, comme si cette nouvelle étape devenait peu à peu une nécessité absolue. Le silence de la maison n'avait rien de désagréable. Au contraire, les baies vitrées étant ouvertes on profitait du bruit des insectes nocturne qui animaient la soirée :

J'adore t'embrasser. Je ferai ça toute la journée, tu sais... - disais-je d'un sourire de gosse, devenant peu à peu accroc à la jeune femme. Maintenant nous pouvions être plus libre et j'avais hâte qu'Eileen sorte enfin de l'hôpital pour l'être d'avantage. Cependant il y avait des règles à respecter à l'hôpital et ce, pour tout le monde :

Il va falloir être discret. Un médecin n'a pas le droit de sortir avec sa patiente en temps normal... mais bon. J'adore franchir les limites. C'est une vilaine habitude mais là ça en vaut la peine. Quoi que les rumeurs vont bon train à ce que j'ai pu comprendre !

Les infirmières passaient tout le temps de leur service à s'inventer des histoires sur tout et tout le personnel dans tout l'hôpital. C'était une réalité et ce, depuis des années. Quoi qu'il en soit, j'étais bien là, lové contre la jeune avocate au regard de braise avant que mon bipeur, au loin, ne se mette à sonner. Relevant la tête au même moment avant de se regarder instinctivement, je reprenais :

… ne me dit pas que c'est mon bipeur... - finissais-je par soupirer avant de me rendre jusqu'à lui et regarder l'objet du message affiché sur l'écran – Merde... c'est un code rouge. Il y a du se passer quelque chose de grave...

Code rouge voulait dire catastrophe nécessitant le plus de titulaire possible, autrement dit même ceux en repos à cette heure-ci. La nuit était déjà tombée sur New-York, le calme semblait pourtant régner sur la ville au loin :

Je suis vraiment désolé Eileen... - sincère, je ne tardais même pas à préparer mes affaires et fermer les baies vitrées de la maison. Compréhensive, la jeune femme n'avait pas tardé non plus à prendre ses affaires et se lever, seule, sans trop de difficultés ce qui m'impressionnais encore. Je fermais alors la maison et pressais le pas pour sortir la voiture du garage et prendre Eileen au passage avant de foncer vers l'hôpital. Pas trop non plus, Eileen n'avait pas besoin de se remémorer des souvenirs noirs en voiture dû à son accident mais le temps pressait et des vies étaient en jeu. J'informais alors la brillante avocate que j'allais devoir la laisser à l'entrée de l'hôpital, avec un fauteuil et qu'elle regagne seule sa chambre. Je n'avais pas le temps de la ramener tel un gentleman l'aurait fait. Au vu des nombreuses ambulances stationnées à l'entrée des urgences j'en déduisait que la situation était critique. Je garais alors la voiture non loin de là, courrais à l'intérieur chercher un fauteuil pour revenir avec avant de finalement embrasser Eileen sur le front, espérant la revoir assez rapidement puis partir, désolé de la laisser en plan ici avant de rejoindre le feu de l'action. Et après avoir enfilé une blouse jetable, sans même avoir eu le temps d'aller me changer, me voilà sur le front, prêt à affronter les nombreuses victimes d'un carambolage impliquant plusieurs voitures et un bus remplit d'enfants sur l'autoroute contournant New-York...


_ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _




Ces quelques heures passées avaient été épuisantes, stressantes et désagréables. L'anxiété des collègues, la peur de laisser partir une vie pour une infime erreur ou une mauvaise décision au bloc. Le temps jouant contre nous constamment, les familles apeurées demandant sans cesse des nouvelles alors que nous pouvons pas toujours leur répondre... La vie des urgences était parfois très dure à supporter. D'autant plus quand la fatigue vous gagne au fil de votre service. Ce terrible sentiment que l'on peut ressentir après une garde, d'être totalement exténué mais d'avoir l'impression de ne pas avoir fini le travail. Quelqu'un a constamment besoin de notre aide dans le monde. Mais nous sommes des Hommes, et non des machines...




Je venais à peine de sortir de la douche des vestiaires quand un collègue entrait enfin après sa garde, lui aussi appelé au beau milieu de la soirée. Je n'avais plus de vêtements convenables, les miens avaient été maculés de sang au court de la soirée avant mes opérations. J'enfilais donc un nouveau pyjama de travail, propre, bleu marine, avant de sortir des vestiaires. Mais je n'avais pas envie de rentrer chez moi. Je n'en avais surtout pas la force mais avoir laissé en plan Eileen de cette façon là m'embêtait un peu. Beaucoup même. Qu'elle m'en veuille aurait été normal. Je décidais alors de rejoindre son service, presque désert vu l'heure aussi tardive. Les infirmières commères n'étaient pas là cette nuit et d'autres plus agréables avaient prit leurs places. J'entrouvrais la porte de la chambre d'Eileen, délicatement, avant de la refermer derrière moi. Store baissés, le volet de la fenêtre légèrement encore ouvert, laissant paraître la lumière que la lune pouvait produire, je retirais mes chaussures avant de voir le visage d'Eileen se tourner vers moi :

Pardon si je te réveille... - m'excusais-je en grimaçant légèrement avant de m'installer à ses côtés dans son lit, l'embrassant sur sa tempe – Je sais que j'ai dis qu'il fallait être discret mais... je suis tellement exténué que j'ai même pas la force de rentrer chez moi... ça ne te dérange pas si je reste avec toi ?

Demandais-je en l'observant grâce à la lumière lunaire :

Je suis désolé de t'avoir laissé en plan tout à l'heure... vraiment.



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MessageSujet: Re: Maintenant j'en suis sûre... Tu es mon ange gardien... [Derek]   Dim 31 Mai 2015, 23:44


Derek me rappelait les règles qui existaient entre un patient et son médecin et je souriais amusée.

- Dire que je suis censée faire respecter la loi et que je vais t'aider à l'enfreindre...

Mais je n'avais pas envie d'être raisonnable et puisque mon état ne nécessitait plus de grande décision, notre relation interfèrerait peu avec mon avenir médical. Certes, ça aurait peu de valeur si quelqu'un voulait vraiment semer la zizanie mais à par les rumeurs, je n'étais pas sure que ça nous retombe dessus. De toute façon pour le moment nous étions hors de l'hôpital. Du moins c'était le programme jusqu'à ce que son biper ne se mette à sonner et à vibrer frénétiquement.

- Je ne te le dis pas...

Mais forcément, il était obligé d'aller voir, c'était le jeu dans son métier et malheureusement la manifestation de l'objet électronique n'était pas de bon augure. Je comprenais rapidement sans être initiée qu'un code rouge sonnait la fin de notre soirée. J'étais déçue bien sûr mais je comprenais aussi. D'ailleurs pendant qu'il se préparait, je faisais de même, m'extirpant du canapé sans trop de difficulté et enfilant à nouveau mes escarpins dont je m'étais débarrassée plus tôt.
La route avait défilé à un rythme frénétique et je m'étais surprise à ne pas trop appréhender le trajet. Tout comme à l'aller, je m'étais sentie relativement sereine même si les pointes de vitesse faisaient peut être monter un tout petit peu la pression. Quoiqu'il en soit, on arrivait en un seul morceau à l'hôpital, Derek se démenant pour me ramener un fauteuil avant de disparaître. C'était pas tellement la fin de soirée que j'avais imaginé, mais c'était l'appel du devoir et je respectais ça.

Décidant que je n'avais pas besoin du fauteuil, je m'étais faufilée jusqu'à mon service sur mes deux jambes. ça en ferait hurler plus d'un si je me faisais surprendre comme ça, et d'ailleurs la petite infirmière que j'aimais bien me faisais les gros yeux en me voyant débarquer sur mes jambes. C'était la seule qui ne s'étonnait pas de ma capacité à marché car c'était la seule qui était au courant. Les autres me regardait bizarrement, comme si elles avaient loupé des pages de mon dossier médical.

- Y'a eu un code rouge, alors je suis rentrée plus tôt...

- Je vois ça mais c'était pas une raison pour rentrer sans le fauteuil règlementaire...

Elle me faisait d'ailleurs m'assoir dans un fauteuil dans lequel elle me poussait jusqu'à ma chambre.

- Alors? Comment était votre soirée?

- Parfaite... Jusqu'à ce que son biper sonne... Mais ça valait le coup de faire tout ça...

- J'aurais aimé être une petite souris pour voir sa tête quand il vous a vu debout...

- Je m'en doute bien... J'aurais aimé prendre une photo!


On partageait un rire avant qu'elle ne s'assure que je n'ai plus besoin de rien avant de s'éclipser. J'avais confiance en cette jolie brunette pour ne rien dire. Elle m'avait prouvé depuis mon arrivé que je n'avais rien à craindre venant d'elle. Je troquais ma belle robe pour quelque chose de plus confortable. UN short et un débardeur faisaient l'affaire dans ces chambres d'hôpital et après avoir somnolé devant la télé, je m'étais endormis en me refaisant le fil de la soirée. Un grand sourire barrait mon visage au moment de sombrer.

Quelques heures plus tard, sans aucune idée de l'heure qu'il était j'entendais du bruit dans la pièce. Pensant d'abord aux infirmières faisant leur ronde habituelle, je découvrais Derek juste là. J'avais automatiquement souris bien qu'à moitié réveillée. J'espérais que la nuit n'avait pas été trop difficile compte tenu de la raison pour laquelle nous avions du abréger notre soirée.

- Non ça va...

Je me décalais alors qu'il s'installait à côté de moi. Je n'étais pas sûre que de l'avoir contre moi faisait parti du plan pour rester discret mais j'étais incapable de le repousser. Et puis de toute façon c'était si gentiment demandé que non, définitivement non, je ne voulais pas le voir partir.

- ça ne me dérange pas... Pas du tout...

Je l'enlaçais de mon bras libre avant de déposer ma main sur sa nuque, caressant sa peau du bout des doigts. J'aurais aimé avoir le pouvoir de lui retirer un peu de sa fatigue pour la prendre sur mes épaules. Il avait du avoir une nuit catastrophique. Alors qu'il s'excusait, je faisais non de la tête.

- C'est pas grave... L'appel du devoir c'est sacré et je sais que si t'avais eu le choix, tu aurais fais autrement...

Je lui volais un baiser tout en me serrant contre lui. L'avantage des petits lits d'hôpital c'est qu'il forcent la proximité xD.

- Dure nuit...

C'était à la fois un constat vu ses traits tirés, et une question. Je le câlinais doucement, profitant de sa chaleur alors que je fermais les yeux, m'interdisant de me rendormir s'il avait besoin de parler. Mais Derek était épuisé et je le sentais somnoler. Dans un dernier avertissement pour nous même, je murmurais.

- Faut juste qu'on arrive à se réveiller avant la ronde des infirmières...

Après un grommellement vague on finissait tous les deux par se rendormir. On avait réussi à se réveiller avant le passage des infirmières et pour mon petit déjeuner mais une fois tranquilles, on avait prolongé notre nuit. J'avais totalement occulté la visite de routine des médecins et c'est comme ça que le "pire" allait arriver.
Un résident suivit de ses petits canetons d'interne venait de frapper pour entrer. On avait beau avoir eu un réflex d'éveil total au moment où la porte s'était ouverte, nous étions pris en flagrant délit. Derrière le petit groupe, Hunt jouait les professeur en suivant tout le monde. S'en suivis un moment quelque peu étrange alors que Derek s'était jeté hors du lit.

- Dr Shepherd...

Le médecin rouquin semblait hésiter entre le choc et l'amusement alors que les internes eux avaient de plus en plus de mal à cacher leur excitation face à la scène qui leur était proposé. ça ferait une bonne histoire à raconter et d'autres rumeurs qui traverseraient l'hôpital. J'esquivais les regards alors que je me sentais mal pour Derek. Pour la discrétion, on allait devoir revoir notre copie.
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MessageSujet: Re: Maintenant j'en suis sûre... Tu es mon ange gardien... [Derek]   Mer 10 Juin 2015, 23:17



Citation :
C'est pas grave... l'appel du devoir c'est sacré et je sais que si t'avais eu le choix, tu aurais fais autrement...

C'était vrai. J'admirais la personnalité d'Eileen en partie aussi pour ça. Le fait d'avoir une certaine compassion pour les longues heures de travail que je me devais de fournir à cet hôpital. Mais je m'étais promis une chose, après la « perte » de mon mariage. C'était de consacrer plus de temps à la personne qui entrerait dans ma vie, dans mon cœur. Et peu à peu je découvrais qu'Eileen devenait cette personne, avec un peu plus d'importance chaque jour. Elle m'avait manqué, durant ces longs mois sans se voir, sans nouvelles. Nous n'avions pas osé, l'un l'autre, à relancer cette alchimie qui s'était déjà produite dès le premier instant.


Citation :
Dure nuit...

Catastrophique... - disais-je en chuchotant, la tête posée sur son épaule doucement. J'étais bien, là, dans ses bras. La fatigue gagnait du terrain à une vitesse folle et à peine dans ses bras deux minutes que je commençais déjà à somnoler. Cependant sa dernière remarque s'avérer un très bon conseil pour la suite...


Citation :
Faut juste qu'on arrive à se réveiller avant la ronde des infirmières...



_ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _

Quelques heures plus tard...




La nuit avait été agitée, entre le bal des infirmières faisant leurs rondes et procédure habituelles. Heureusement – ou pas, pour d'autre – le bruit de leur discussion dans les couloirs loin d'être discrètes nous avaient permis à Eileen et moi de se réveiller à temps. Enfin, techniquement, surtout moi puisque j'étais le seul abrutit de l'étage à se cacher dans l'armoire de la chambre pour éviter de se montrer dans les bras de ma « patiente » - car elle l'était encore. Quoi qu'il en soit, après le petit déjeuner d'envoyé, j'estimais que la matinée allait être calme et que j'allais pouvoir me reposer encore un peu avec Eileen en toute sérénité. Mais quoi de plus stupide que de penser ça...

Le petit grincement de la porte d'entrée de la chambre s'était fait soudainement entendre, laissant paraître sept ou peut-être huit jeunes internes, tous assistés par le docteur Hunt, leur résident. Ce bruit ne m'aurait pas tellement fait sursauté, si j'avais été dans l'armoire de la chambre d'Eileen. Sauf que là, ce n'était pas le cas, et d'un bon je m'étais redressé sur le lit, surpris tout autant que la jeune femme :






Dr Shepherd...

Dr Hunt... - disais-je en me retirant des draps maladroitement avant d'arranger ma tenue, enfin debout – Je...

Je raclais ma gorge, c'était là bien le seul truc que j'arrivais à faire, ne trouvant bien entendu aucune explication convenable pour me justifier de cette situation. Mon regard à Eileen était quelque peu paniqué et j'entrevoyais dans le sien à la fois un certain amusement comme de la gêne :

Je ne savais pas que vous étiez aussi matinal pour vos visites...

Et bien... je le suis. Comme tous les autres résidents d'ailleurs. - disait le rouquin dans un petit sourire en coin. C'était bien sûr complètement ridicule, je savais exactement que c'était à cette heure précise que les visites se faisaient. Seulement la fatigue ne m'avait pas permise de me réveiller à temps et d'éviter ce spectacle devant ses internes. D'ailleurs, dans quelques rires mal cachés j'avais relevé les yeux et calmé le jeu d'un regard. Tous fixaient le sol pour ne pas m'observer en ricanant, si bien que je savais éperdument que c'est ce qu'ils attendaient. Et une fois le dos tourné, la rumeur se lancera dans tout l'hôpital en un rien de temps. C'était leur hobby, balancer des rumeurs ou les alimenter, peu importe. Je ne pouvais pas leur en vouloir, c'était aussi de ma faute si nous avions été prit en flagrant délit Eileen et moi :

Je ne suis pas de garde aujourd'hui... - disais-je à Hunt en lâchant finalement un sourire en le croisant dans l'encadrement de la porte. D'un regard au loin je quittais Eileen en lui faisant signe que je reviendrais plus tard, quand nous serions enfin de nouveau seul tous les deux.



_ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _

Trois heures plus tard...



Je regagnais de nouveau la chambre d'Eileen, fraîchement changé puisque j'avais regagné mon domicile afin de retirer ma tenue de travail et retrouver une tenue plus convenable et surtout, stipulant bien que je n'étais pas de service aujourd'hui. Quoi qu'il en soit en retournant dans le couloirs, c'était cette fois-ci non pas les internes mais les infirmières qui me dévisagèrent de nouveau. Peut-être plus qu'avant même. L'info avait du bien faire son chemin en si peu de temps et rapidement, en frappant à peine, je venais me cacher dans la chambre d'Eileen. Je m'étais collé dos à la porte durant quelques instants avant de m'observer, puis exploser de rire sans avoir dit un mot jusque là :





On dirait bien qu'on a foiré notre coup...



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