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 You and Me, No matter what [Derek]

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✔ INSCRIT LE : 09/05/2015
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MessageSujet: You and Me, No matter what [Derek]   Jeu 11 Juin 2015, 00:32


Après un bon mois et demi d'hospitalisation, j'étais sortie de l'hôpital. Ma démarche était de plus en plus naturelle et ceux qui ignoraient ce par quoi j'étais passée ne se doutaient pas du tout que j'avais perdu l'usage de mes jambes dans un accident de voiture un peu plus tôt. Il était temps que je sorte car si nous faisions en sorte de rire des rumeurs avec Derek, l'ambiance devenait lourde à force. Nous avions surtout envie d'être libres de se voir sans regards lourds de sens, sans avoir à supporter les murmures derrière notre dos. Et puis je commençais sérieusement à en avoir marre de l'hôpital. J'avais beau avoir le droit de sortir un peu plus, ce n'était pas la vraie liberté.
J'avais retrouvé mon loft, escortée par mon frère et Lily alors que Derek était retenu à l'hôpital. Josh était ravi de me retrouver en pleine forme et quand Lily avait appris que Derek et moi formions un couple j'avais eu le droit à un long monologue sur le destin et à une quantité impressionnante de "je te l'avais bien dit". Mais parmi les visites à l'hôpital, j'avais reçue celle de quelqu'un dont je ne me serai jamais douée. Thomas. Au départ, mon accueil avec été des plus glacials mais il s'était montré gentil et avait présenté ses excuses. C'était peut être le fait d'être à nouveau heureuse avec Derek et d'avoir digéré le fiasco du mariage mais j'avais toléré la présence de Thomas. Je l'avais même autorisé à revenir. Mais j'avais décidé de cloisonner les choses en ne lui parlant pas de Derek. Le neurochirurgien par contre savait parfaitement que Thomas était passé et même si j'étais certaine que ça le rendait jaloux, il n'avait rien dit.
Thomas n'était pas seulement amical, j'avais remarqué son attitude mais je m'étais toujours montrée claire sur l'état de la situation. Je ne comptais pas renouer avec lui. Mais de semaines en semaines, il s'était montré quelque peu envahissant. Et ce fut encore pire une fois hors de l'hôpital. Il passait souvent à la maison pour déposer un repas pour le soir comme si j'étais encore convalescente et incapable de prendre soin de moi. Je l'avais interrogé sur sa maîtresse, la femme pour laquelle il avait quand même quitté notre mariage en pleine cérémonie. Apparemment ils s'étaient séparés 3 mois après le mariage et il regrettait d'avoir tout gâché pour elle. Moi je n'avais plus de regret. J'étais heureuse avec Derek et je comptais tout faire pour que notre histoire d'amour grandisse, se consolide de jour en jour et traverse le temps dans le bonheur.
Et puis un dimanche matin, alors que Derek était resté à la maison et qu'il était ensuite partie pour l'hôpital après un copieux petit-déjeuner - mon arme secrète depuis notre rencontre xD -  Thomas avait débarqué, bien moins souriant que d'habitude.

- J'ai vu un type sortir de chez toi.

Peut être était-il temps de parler de Derek. J'avais laissé entendre que j'avais quelqu'un dans ma vie mais Thomas ne semblait réaliser cette information que maintenant. Maintenant qu'il avait mis un visage sur son rival. Pourtant de mon point de vue, il n'y avait aucune rivalité. A vrai dire, je cherchais depuis un moment à reprendre mes distances avec un Thomas devenu trop collant.

- Et? Je ne t'ai pas caché le fait que j'avais quelqu'un dans ma vie.

- J'ignorais que c'était sérieux.


J'avais toujours considéré ma relation avec Derek comme sérieuse mais Thomas n'avait pas eu l'air de le comprendre avant aujourd'hui.

- Je crois que de toute façon je n'ai pas à te rendre de compte Thomas... Je croyais avoir été claire là-dessus...

- Tu t'es bien foutue de ma gueule! Tu m'as laissé revenir vers toi et maintenant tu prétends que tu as toujours été claire et que tu préfères ce type?


Je n'aimais pas la tournure de notre conversation et je me renfermais aussitôt. Ces dernier temps, en plus d'être un peu collant, j'avais trouvé certaines de ses réactions extrêmes et possessives. Si bien qu'à ce moment précis, en le voyant s'emporter, je n'étais pas particulièrement rassurée. Je coupais court à la conversation en lui demandant de s'en aller car j'avais rendez-vous avec Lily mais je sentais que cette fois, Thomas n'était plus vraiment lui même.

_ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _

En retrouvant la liberté, j'avais retrouvé le boulot. On m'avait déchargée du dossier qui avait failli me coûter la vie et je râlais sans arrêt contre cette décision. Mais j'avais beau m'agiter la situation ne changeait pas et j'avais hérité d'autres dossiers. Mais c'est un appel des plus inattendus qui allait interrompre ma journée qui pourtant jusque là avait été plutôt bonne.

En effet, quelques heures plus tôt, à l'hôpital où Derek travaillait, quelqu'un était entré et avait commencé à faire feu sur chaque médecin qu'il rencontrait. Tout le monde avait finit par se retrancher dans la pièce la plus proche mais le carnage continuait. L'homme armé était à la recherche d'une personne bien précise et cette personne était Derek. Lorsque la police avait réussi à établir un contact avec le forcené, ils avaient obtenu une identité. L'homme en question n'était personne d'autre que Thomas. Il reprochait à Derek Shepherd d'avoir ruiné sa vie en me volant à lui et il comptait tuer autant de médecin nécessaires pour arriver jusqu'au neurochirurgien. Le négociateur m'avait donc fait appelée pour tenter de peser dans la balance des négociations.

Angoissée était un mot faible pour décrire mon état au moment d'arriver sur les lieux. Quand on m'avait parlé de Thomas et des lieux de la fusillade, j'avais vite fait le lien. J'avais compris ce qui était en train de se passer et je n'avais qu'une hantise. Que Derek se retrouve sous le feu des balles de Thomas qui semblait déterminés bien que devenu complètement fou. Je m'étais retrouvée au milieu du pc de sécurité alors que le négociateur me briefait. Le but c'était que Thomas se calme et abandonne bien sur son plan. Il fallait aussi le convaincre de laisser les blessés être secourus et qu'il ne tire sur plus personne. Je devais faire attention aux mots choisis mais j'avais un bon instructeur à mes côtés.

La prise des contacts avait été compliquée comme depuis le début mais en entendant ma voix Thomas avait semblé désarçonné quelques secondes. Mais l'homme armé n'était plus celui que je croyais connaître. Peu importe ce que je pouvais dire, même avec les meilleurs conseils du négociateur, rien ne semblait ramener Thomas à la raison et rapidement la liaison coupait et de nouveaux coups de feu se faisaient entendre. Je perdais alors mon calme et l'assistante du procureur que j'étais était en train de perdre son sang froid.

- Pourquoi vous n'entrez pas! Faites quelque chose avant qu'il ne tue tout le monde!!!

Mais égoïstement, même si je pensais aux autres victimes potentielles je pensais à Derek. Lui, il ne le raterait pas s'il l'avait devant lui et je me retrouvais à prier tout et n'importe quoi.

- Derek, je t'en supplie... Fais qu'il ne te trouve pas...

Murmurais-je comme un voeux qu'on rêve de voir se réaliser de tout son coeur.
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MessageSujet: Re: You and Me, No matter what [Derek]   Jeu 11 Juin 2015, 03:19



Cela faisait précisément 5 mois, jour pour jour, qu'Eileen et moi formions un couple. A vrai dire, ça marchait plutôt bien entre nous. Elle avait reprit le travail après une longue et pénible rééducation au sein de l'hôpital et la voir heureuse dans son travail de nouveau me donnait le sourire. Je donnais aussi de mon temps, à ne pas recommencer les erreurs du passé j'avais consacré plus de temps à Eileen que je n'en aurais donné à quiconque, d'ailleurs. L'hôpital me prenait assez de temps et j'avais besoin de prendre du recul avec un certain nombre de choses. Ainsi, ma « dispute » avec Mark était terminée depuis un moment. Nous étions de nouveau de bons amis avec notre lot de taquineries quotidiennes, comme à notre habitude depuis des années. C'était comme ça entre lui et moi depuis le départ. Comme chien et chat et à la fois inséparables. Je crois qu'il semblait très heureux d'ailleurs pour Eileen et moi. Mais une tâche venait cependant noircir le tableau depuis quelques jours. Peut-être même quelques semaines, je n'ai plus trop la notion du temps. Mais le visage de Thomas m'était apparu à l'hôpital quand Eileen y était encore pour ces derniers jours. Mais je crois que cela continuait encore dès sa sortie. Elle m'en parlait parfois mais je ne voulais pas sembler jaloux alors j'avais préféré ne rien dire à ce sujet là, me contentant d'écouter la jolie avocate me confier ses réactions à ce propos. A dire vrai je me fichais éperdument du cas de Thomas. Ma seule crainte aurait été de le voir revenir pour tenter de reconquérir le cœur d'Eileen. Je ne croyais pas si bien dire...


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Jour J …



Un jour j'ai lu un livre concernant les meurtres de masse aux États-Unis. C'est précisément le nom de ce qui était en train de se produire, là, au sein de l'hôpital. Un meurtre de masse.

Ce n'est pas une attaque terroriste car les meurtres ne sont pas en train de se faire pour des raisons politique et ce n'est ni l’œuvre d'un tueur en série parce que Thomas n'a pas tué plusieurs personnes sur une période de plus de 30 jours pour être qualifié de tueur en série. On pourrait appeler ça des meurtres à la chaîne : c'est le fait de tuer des gens dans plusieurs endroits mais sans faire une quelconque pause. C'était le cas de Thomas. Des meurtres de masse. Un massacre commit à un seul endroit, par une seule personne avec plus de 4 victimes...

Assis dans mon bureau à remplir de la paperasse, c'est April Kupner que je voyais m'interrompre sur le pas de la porte.




Maculé de sang de la tête aux pieds elle m'expliquait des choses absolument incompréhensibles à propos de sa famille, du fait qu'elle avait grandit dans une ferme, qu'elle a vu beaucoup de sang étant jeune ou même durant son internat. En fait elle venait de tomber nez à nez avec le corps de sa meilleure amie fraîchement tuée par Thomas dans une salle de soin. Je n'en saisissais pas bien le sens jusqu'à qu'elle m'annonce qu'un tireur fou rodait dans les couloirs de l'hôpital, sans me dire son but précis jusqu'à présent inconnu...



Spoiler:
 


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Quelques heures plus tard...



L'urgence avait été de faire sortir le plus de monde possible, dans le calme, et surtout garder un certain contrôle de la situation malgré le stresse que cela pouvait engendrer. Des coups de feu au loin s'étaient fait entendre par consonance et par échos. Aucune personne n'était à l'instant T capable de me dire qui était cet homme et quel était son but précis. Je savais que plusieurs médecins avaient été touchés, au hasard dans les couloirs ou salles communes mais sans nombre précis là non plus. Le chef de l'hôpital, le Dr Webber, n'était pas là aujourd'hui. Alors mener des opérations de transfert dans des circonstances pareils relevait de l'impossible. Et peu à peu, au fil du temps, les couloirs se faisaient vides. Je me devais de m'occuper de mon service et le gérer au mieux mais aucun contact avec l'extérieur ne m'avait permis d'en savoir plus sur la situation. Les ascenseurs ne fonctionnaient plus, sans doute pour ralentir la progression du tireur sans penser que ça nous ralentissait à nous aussi. La seule solution était de trouver une bonne planque et attendre que ça passe. J'avais croisé Mark brièvement avant que la situation ne s'empire mais lui aussi avait des responsabilités face à la situation qui était loin d'être un exercice, comme beaucoup avait pu le penser avant que tout ne s'accélère.


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10 minutes avait impact...





Depuis mon téléphone, j'avais cherché à joindre Eileen sans trouver de réponse. Je crois que les brouilleurs de la police empêchait le tireur d'avoir des infos de l'extérieur et aux personnes piégées à l'intérieur de livrer malencontreusement des infos à la presse ou au tireur même. Aucun contact ne m'avait été parvenu depuis l'extérieur de l'hôpital si ce n'est les sirènes hurlantes de la police locale et des hélicoptères que j'entendais au loin. Et enfin, au détour de la grande passerelle du hall d'entrée, j'apercevais au loin Eileen aux côtés de Thomas, arpentant les couloirs, semblant assez proche. L'urgence de la situation m'empêchait plus que d'habitude d'exposer ma jalousie bien qu'elle était belle et bien présente. Je courrais alors jusqu'à leur hauteur, quand ils se retournèrent :

Eileen... il ne faut pas rester là...

Disais-je avant de voir la lueur du revolver depuis la lampe de la salle voisine quand Thomas et la jeune femme se tournèrent en ma direction...


Spoiler:
 


Thomas..... Thomas ne faites pas de bêtises ça peu encore s'arranger... - disais-je en levant doucement les mains comme il me l'avais demandé d'un faible geste. Une pause de quelques instants m'avait permise de réaliser la totalité de la situation, son but, ses attentes, sa haine, sa détermination...

Laissez Eileen en dehors de ça Thomas. Je sais que vous ne voulez pas lui faire du mal...

Ta gueule !

J'avais sursauté par sa voix si forte soudainement, raisonnant dans les couloirs au loin. Plus personne n'était dans les environs, l'endroit était vide :

Tu m'as volé ma femme... c'est elle, ELLE qu'il me faut ! J'ai mis du temps à le réaliser mais tu me l'a prise... tu me l'as prise...

Il tenait Eileen à distance, surveillant ses arrières de temps en temps avant de pointer le canon de son arme face à moi, déterminé...

Thomas écoutez moi... écoutez moi... je comprends votre douleur... - finissais-je par dire, d'une respiration saccadé, d'un rythme respiratoire plus élevé par la peur, l'angoisse en grande partie pour la sécurité d'Eileen – Regardez moi dans les yeux. Je suis une personne... je fais des erreurs, j'ai des défauts. On en a tous. Aujourd'hui je crois que... que c'est juste une erreur. Vous voulez une justice... Vous voulez que quelqu'un paye.

Son arme s'abaissait de centimètres à centimètres, alors qu'Eileen retenait sa respiration, non loin de nous :

Je suis sûr que vous êtes quelqu'un de bon... je le vois dans vos yeux.

Je marquais une pause, je crois que j'étais plutôt convainquant vis à vis de Thomas qui semblait ranger sa haine que j'avais vu dans ses yeux. Sauf que son arme se dressa droit sur Eileen non loin de lui alors que j'avançais d'un pas sans pouvoir l'en empêcher :

Tu me l'as prise... et je vois pas pourquoi je vous laisserai être heureux...

Thomas... Thomas ne lui fais pas de mal, tu l'aime.. Tu l'aime !

Et toi aussi !!! - hurlait le jeune homme en redressant son arme en ma direction. A cet instant précis mon regard s'était fait plus serein. Peut-être le soulagement qu'Eileen ne soit plus dans sa ligne de tir, peut-être parce que je savais qu'il ne lui ferait pas de mal. Mais je savais aussi que la prochaine balle logée dans son canon allait être pour moi. Et le bruit sourd de la percussion résonnait dans les couloirs durant quelques secondes. Gâchette enclenchée, la balle percutée traversait ma peau vulgairement comme du papier. Et sous cette pression énorme, je chutais lourdement à terre, touché en plein cœur par Thomas.


Spoiler:
 


Il échangea un regard avec Eileen et préféra prendre la fuite pour se cacher encore au sein de l'hôpital et gagner du temps. Le plafond, les lampadaires au dessus de moi m'éblouissais alors que ma main venait appuyer contre ma plaie. Mais comme pour réaliser d'avantage ce qu'il venait de se passer, je relevais celle-ci au dessus de mes yeux comme pour analyser d'avantage le sang qu'il y avait dessus. Cela glissais sous mes doigts, chaudement. Je sentais d'ailleurs une flaque se dessiner non loin de moi, chaude elle aussi, d'un rouge foncé fraîchement sortie de ma plaie. Et soudainement, comme si je venais de sortir de l'eau après un temps d’apnée indéterminé, ma respiration se faisait d'un coup, courte, rapide, paralysante.

...surtout... ne pas oublier de respirer....



Spoiler:
 






Dernière édition par Derek Shepherd le Sam 13 Juin 2015, 01:03, édité 1 fois
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✔ INSCRIT LE : 09/05/2015
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MessageSujet: Re: You and Me, No matter what [Derek]   Jeu 11 Juin 2015, 04:06


A mon goût rien ne bougeait. J'étais injuste et pas du tout objective, j'en avais conscience et pourtant, je voulais juste voir quelqu'un entrer et sauver ces gens qui se retrouvaient bloqués avec un Thomas qui avait pété les plombs. On m'avait laissée de côté alors que j'avais essayé de faire avancer les choses à plusieurs reprises. Renonçant, j'observais tout ce qui se passait autour de moi. Les renforts et puis les gens qui pouvaient sortir de l'hôpital et qui étaient évacués d'un côté. Il fallait que je rentre. Je ne pouvais pas laisser Thomas jouer à cache-cache et abattre Derek, car ce n'était pas la peine de se mentir, c'était son ultime but.
J'avais quitté le groupe de négociation et m'étais faufilée, mon badge d'adjointe du procureur me permettant certaines liberté. Et puis après un dernier regard j'avais foncé tête baissé vers l'entrée d'où sortaient des gens de l'hôpital qu'on évacuait. On avait essayé de m'attraper au passage pour me retenir mais j'avais esquivé les bras qui voulaient me retenir. Je me retrouvais rapidement à courir à travers des couloirs devenus désert. Je ne connaissais pas bien l'hôpital même si j'arrivais plus ou moins à me repérer. Si je rejoignais l'entrée principale, je saurais où trouver Derek.

Au rez-de-chaussée c'est Thomas que je rencontrais alors qu'il tenait l'arme, bras le long du corps, cherchant du regard sa prochaine cible. Il avait relevé l'arme sur moi et s'en suivait un échange des plus tendus.

- T'es venue pour le sauver lui hein?

- Je suis venue parce que je ne veux pas que tu tue plus de gens Thomas... Je ne suis pas ton ennemie...


J'avais levé les mains en l'air dès notre rencontre pour montrer que je ne voulais rien faire contre lui.

- On peut sortir d'ici ensembles si tu me fais confiance... On pourrait se sauver, je suis sure que tu as un plan pour sortir d'ici non?

- Et tu veux le connaître pour le balancer à ces bâtards de flics?

- Non... Je te l'ai dis je suis de ton côté... S'il te plait Thomas, c'est pas la peine d'en arriver là... J'ai mis du temps à comprendre mais on peut s'enfuir ensemble...

- Pour qu'ensuite tu me laisses à nouveau pour repartir avec ce Derek?


J'avais envie de lui balancer en pleine tronche que le premier à s'être enfuit, c'était lui lors de notre mariage mais j'étais là pour l'apaiser pas pour m'engueuler avec lui. Mais il pointait toujours son arme sur moi et mes mots semblaient n'avoir aucune emprise sur lui.

- On va partir ensemble, mais si tu es sincère, emmène moi vers lui et ensuite on partira...

- Thomas...

- J'ai dit... Emmène moi... Vers Derek!!


Son ton s'était encore durci et je prenais peur. J'avais du mal à cacher ma respiration angoissée et essayant de ruser, je nous emmenait dans la direction contraire du pôle administratif. Je sentais le canon de l'arme dans mon dos. Au détour d'un couloir il s'arrêtait et défonçait une porte pour me faire entrer dans la pièce.

- Déshabille toi!

- Pourquoi?

- Je veux vérifier que t'as pas de micro... Si tu te fous de moi Eileen...

- Je me moque pas de toi, je te promet que je n'ai pas de micro.

- Alors déshabille toi putain!


Je me retrouvais à dégraffer mon chemisier pour montrer que je n'avais rien. C'était humiliant mais nécessaire pour obtenir peut être sa confiance. Une fois la question du micro réglée, il nous faisait sortir de là mais il armait l'arme et pointait le canon contre ma tempe.

- Et cette fois tu nous emmène dans la bonne direction... tu crois vraiment que tu peux me manipuler comme ça? Si tu te payes encore ma tête, je promet de faire sauter la cervelle de la prochaine personne qu'on croise... Compris?

Je retenais difficilement des larmes de peur mais je me contentais de hocher la tête et faisais demi-tour pour partir cette fois dans la bonne direction. Je traînais quelque peur des pieds et au moment d'emprunter la passerelle je me surprenais à fermer ls yeux un peu plus longtemps comme pour réitérer mon voeux de ne pas pouvoir trouver Derek. Mais le destin, ce foutu destin ne semblait pas vouloir nous laisser tranquille. J'entendais la voix de Derek et pour la première fois depuis notre rencontre, j'étais désespérée de devoir l'entendre. En me retournant, Thomas faisait de même et la situation apparaissait à Derek. J'aurais préféré qu'il quitte le navire comme certains de ses collègues et patients de cet hôpital mais il était encore là. Et maintenant rien n'empêchait Thomas de le tuer. Pourtant un échange verbal s'engagea entre les deux hommes. J'avais seulement réussi à laisser échapper un "je suis désolée" étouffé entre deux sanglots.

Derek était devenu la cible de l'arme de Thomas le temps de leur échange houleux. Je savais malheureusement que les mots du chirurgien ne parviendraient pas à calmer mon ex-fiancé. Rien ne semblait apaiser son esprit torturé. Cette fois ce n'était pas que Derek qu'il voulait supprimer mais moi aussi. Je voyais l'arme pointée sur moi mais je préférais ça. C'était plus facile de faire face au canon que de le voir pointé sur Derek. C'était sans doute suicidaire de penser ça et j'avais peur bien sur mais je ne supportais pas l'idée que Derek puisse être blessé ou tué à cause de moi. Derek tentait un dernier geste et Thomas avait à nouveau changé de cible.

Tout s'était passé au ralenti pour moi. Le moment où Thomas avait appuyé sur la gâchette et le moment où Derek s'était écroulé alors qu'une tâche de sang se répandait aussitôt sur sa chemise puis sur le sol. Si je n'avais pas été sous le choc, j'aurais entendu ma voix raisonner dans cette énorme baie vitrée. Je criais le nom de l'homme que j'aimais de toutes mes forces comme si ça pouvait bousculer l'espace temps et remonter le temps en arrière. Thomas avait eu l'air de réaliser son geste de folie et après m'avoir regardée il s'était enfuie en courant. Je m'étais jetée aux côtés de Derek et tentais de faire ce qu'il fallait dans ce genre de circonstance mais il y avait toujours plus de sang et mes mains se retrouvaient couvertes en quelques secondes.

- Derek... Derek... S'il te plaît... Reste avec moi!

Et alors que je tentais de boucher le trou de la balle avec mes mains je hurlais à l'aide. Je n'arrêtais pas de répéter en boucle.

- IL EST PARTI!! A L'AIDE!!! JE VOUS EN PRIE AIDEZ MOI!!

Et finalement un médecin avait débarqué et d'autres dans son sillage. J'étais incapable de bouger et c'est une jeune femme qui me faisait reculer alors que les collègues de Derek s'occupaient de lui.

_ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _

Entre ce moment là et celui où j'ai senti Mark me prendre dans ses bras, il y a un flou total, un blanc ou plutôt une zone sombre totale. Quelqu'un m'a lavée au vu de mes cheveux humides qui retombaient dans mon dos et sur mes épaules. Mes vêtements étaient devenu une tenue de médecin bleu foncée. Et il y avait les gros bras de Mark autour de moi. Pour la première fois, j'arrêtais de fixer le vide de façon continue et croisait le regard clair du meilleur ami de Derek.

- C'est ma faute...

- Non... Non non non Eileen c'est pas ta faute d'accord? Et Derek dirait la même chose que moi...

- Si je n'avais pas croisé la route de Derek ce jour là... Si je n'avais pas eu cet accident...

- Tu es la plus belle chose qui soit arrivée à Derek depuis des années. Et je pèse mes mots... C'est la faute de ce type, pas la tienne.


Mark pouvait dire tout ce qu'il voulait, j'étais sure de ma responsabilité dans toute cette histoire.

- Est-ce que tu as pu avoir des nouvelles?

J'avais eu des moments lucides où j'avais réclamé Derek mais on s'était contenté de me dire qu'il était entre de bonnes mains. Mais rien d'autre.

- Non pas encore... Mais dès que j'en ai, tu seras la première avec qui je partagerais les infos... Est-ce que je peux faire quelque chose pour toi en attendant, Eileen?

J'avais secoué la tête en faisant "non" et j'avais finis par fondre en larmes alors que Mark me reprenait dans ses bras. Je savais que la blessure de Derek était grave. J'avais entendu ses collègues dans les premières minutes et j'avais surpris les murmures et les regards inquiets. Si Derek mourrait, je n'étais pas sure d'encaisser le choc. Non, j'étais certaine d'être incapable de m'en remettre.

- ça va aller... Il est fort, c'est un battant...

Il posait ses mains sur mes joues pour me forcer à accrocher son regard.

- Il va s'en sortir. Et toi, tu ne crains plus rien. On nous a dit que Thomas avait été arrêté. Alors je te le promet Eileen, tout rentrera dans l'ordre...

J'aurais aimé dire à Mark que faire des promesses qu'on est pas sûr de pouvoir tenir était inutile mais j'avais besoin de me raccrocher quelque chose et je le laissais donc instiller en moi l'illusion que tout ce cauchemar puisse bien finir.
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MessageSujet: Re: You and Me, No matter what [Derek]   Sam 13 Juin 2015, 01:54



Le temps paraissait comme suspendu. Les secondes, les minutes paraissaient durer une éternité alors que je me sentais partir malgré les tentatives d'Eileen pour me garder éveiller. J'allais donc mourir là, sur ce vulgaire sol de carrelage sur lequel je marche chaque jour avec dans ma main celle de la femme que j'aime ? Sans aucune bataille, aucune résistance ? Non. Ce n'était pas moi. J'étais un battant de nature, mais bon sang que cette plaie me faisait mal...

Eileen part, il pourrait revenir... - murmurais-je comme dans un dernier souffle. Mais je crois qu'elle ne m'avait pas entendu. Loin de ça, j'entendais la voix de la brillante avocate appeler à l'aide sans pour autant avoir une quelconque réponse. Je crois bien que oui... j'allais définitivement rendre l'âme ici, sur ce carrelage. Mais au moins, dans tout ça, j'avais la personne qui m'était cher à mes côtés. Mais je n'ai pas eu le temps de lui dire combien je tenais à elle... pas suffisament.


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Des heures plus tard...


Une équipe de quelques médecins étaient venus me chercher en secourant également Eileen au beau milieu de ce couloir. Manque de chance pas un chirurgien cardiaque parmi eux mais il faut croire que j'étais encore en vie puisque je n'avais vu jusque là aucune lumière blanche. Peut-être avaient t-ils mit du temps à nous rejoindre au vu de la difficulté de mon opération, les circonstances n'aidant pas. J'ignorais si Thomas avait été arrêté, tué mais je m'en fichais un peu. Il avait abattu des dizaines de personnes aujourd'hui et ce triste bilan pouvait encore s'alourdir. Les chaînes d'informations TV ne parlaient plus que de ce triste événement, se nourrissant de toutes les informations que pouvaient leur livrer les victimes ou bien la police.


Spoiler:
 


Mon opération avait donc duré quelques heures. Au début, les quelques collègues qui étaient venus prêter main forte à Eileen dans le couloir avaient dû se débrouiller par leurs propres moyens, vite secouru par des spécialistes en chirurgie cardio-thoracique une fois le feu vert de la police. Il n'y avait pas eu de temps à perdre mais je semblais hors de danger à présent. Et c'est dans ma chambre de réanimation que je finissais par récupérer un peu de force grâce notamment aux nombreux médicaments qui m'étaient administrés.


Spoiler:
 


Peut-être plusieurs heures encore, peut-être au beau milieu de la nuit, j'avais enfin ouvert les yeux après cette lourde et délicate opération. Mes paupières semblaient peser une tonne, si ce n'est plus. Tout était flou, lointain. Le bruit des machines, quelques voix à l'extérieur de la chambre je crois. J'étais totalement vidé de mes forces, comme si ouvrir d'avantage les yeux ou ne serait-ce que dire quelques mots me semblait si insurmontable. Impossible de bouger mes membres là aussi. J'avais cru reconnaître cependant la voix de ma mère, Carolyn Shepherd. Femme de caractère, elle n'avait pourtant pas su m'offrir de petit frère durant mon enfance mais belle et bien 4 autre sœurs, dont j'entendais là aussi les distinctes voix : Nancy, Kathleen (« Kate »), Amelia & Elizabeth (« Lizzie »). Toutes venaient des alentours de New-York, parfois plus loin encore. Malgré cela, il fallait un événement telle une fusillade pour nous retrouver, c'est à croire. Mais je n'avais pas encore entendu la voix d'Eileen. Je crois que mes mains étaient sans aucune autre, seules. Ce n'était pas bien grave, rester à mon chevet ne servait pas à grand chose qui plus est quand on me voit à peine ouvrir les yeux comme là, à cet instant. Mais une personne faisait irruption dans la chambre : Mark. J'avais eu beau le haïr de toutes mes forces à une certaine époque, il avait toujours été là dans les moments difficiles, tel que celui-ci :

Derek ?

Mark... qu'est-ce qui s'est passé...

Demandais-je en puisant au bout de mes dernières forces en refermant les yeux :

Tu t'es fais tirer dessus mon grand... mais ça va aller maintenant. On t'as opéré et tu as l'obligation de te rétablir pour retrouver Eileen et la rassurer...

Où est-elle...

Elle est partie se chercher à manger. Elle est là depuis des heures. Ta famille est là aussi. Je... suis là. Tout le monde est là pour toi, alors ….... Derek ?... Derek... ?!

Les machines bipaient d'avantages, indiquant une fibrillation ventriculaire. Une douleur soudaine et terrible venait se loger dans mon thorax, et un peu partout ailleurs. Les médicaments n'avaient pas suffit pour freiner cette douleur aiguë et rapidement, j'entendais Mark appeler du renfort : infirmières, médecins... bloc opératoire. Mais je n'allais pas  tenir jusque là. A peine dans ma chambre de réanimation que les problèmes continuaient déjà : un caillot de sang venait de se former dans mon cerveau. L'urgence était de me maintenir en vie et mon arrêt respiratoire enchaînait sur une réanimation sous les yeux de ma famille, de mes collègues, mes amies... Eileen... Le défibrillateur était d'une violence insoutenable mais me ramenait tout de même un rythme cardiaque. Et c'est alors que mon brancard se dirigea à toute vitesse en direction du bloc qu'on avait préparé pour moi en quelques minutes, sous l'urgence de la situation...


_ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _

Après une longue attente...



Spoiler:
 


L'enquête suivait son cours, alors que l'opération avait été d'une urgence primordiale pour me sauver. Ça n'avait visiblement pas été une mince affaire, de ce que j'en déduisais. C'était étrange, comme sensation. Comme un flottement. Un caillot de sang avait failli me coûter la vie en quelques instants et maintenant intubé, il fallait que je me batte, coûte que coûte pour survivre. Pour ne pas laisser gagner Thomas. Pour ma famille, mais surtout Eileen. Mark tenait au courant mes proches et était d'une aide précieuse pour Eileen. Ma mère avait une certaine affinité avec lui, mes sœurs aussi, au delà du fait qu'elles le trouvaient horriblement sexy.

C'était le comble quand même, pour un neurochirurgien de se faire opérer du cerveau, nous ne trouvez pas... ?






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MessageSujet: Re: You and Me, No matter what [Derek]   Sam 13 Juin 2015, 02:45

Je n'avais pas voulu quitter mon siège pendant plusieurs heures. Ce n'était pas faute de m'entendre dire par Mark que je devais me reposer, manger aussi. J'avais fini par céder parce que Mark avait l'air désespéré par mon cas et que je ne voulais pas être un souci supplémentaire. J'avais fais jurer à Mark de m'appeler si jamais Derek se réveillait et je partais, l'estomac nouer, chercher quelques bricoles que j'arriverai à avaler. J'avais contourné prudemment toutes les scènes de crime qui ponctuaient l'hôpital. Je me sentais coupable même si c'était Thomas qui avait tiré sur toutes ces personnes. Il l'avait fait par "amour" pour moi si on peut encore appeler ça de l'amour. J'avais ce sentiment de culpabilité qui ne me lâcherait pas de si tôt.

J'avais du mal à trouver quelque chose qui me plaisait à travers la vitre du distributeur. J'avais finalement opté pour un paquet de chips et une bouteille de soda avant de prendre un café pour Mark. C'est là que mon téléphone avait sonné et dans un message, Mark me prévenait que la famille de Derek était là, qu'il avait ouvert les yeux et qu'il allait le voir. Je n'avais plus qu'à les rejoindre. Tant pis pour le reste, tout ce que je voulais c'était voir Derek le plus vite possible et j'avais traversé l'hôpital en quatrième vitesse. Pas assez malheureusement pour arriver à temps.

Alors que tout le processus de réanimation avait lieu, le gobelet de café venait s'exploser a mes pieds tout comme le reste de ce que j'avais dans les mains. J'étais entre Mark et un groupe de femmes auxquelles je ne prêtais pas attention. Tout ce que je voyais, c'était le corps de Derek se soulever à chaque décharge et mon regard traduisait toute l'angoisse et tout le choc que c'était d'assister à une scène comme celle-là. On nous éloignait enfin alors que j'avais encore et encore ses horribles images qui tournaient dans ma tête. Entre celles-ci et celles de la fusillade j'étais abreuvée d'images choquantes.

Je m'étais isolée. C'était pas très correcte comme réaction, j'avais à peine eu le temps de saluer la famille de Derek mais j'avais un grand besoin d'air. C'était ça ou suffoquer sous l'effet d'une crise d'angoisse et Mark m'avait rapidement rejointe avant de prendre soin de moi une fois de plus. Il arrivait à me faire retrouver ma respiration régulière à me calmer et je m'étais remise à pleurer. J'avais l'impression de ne servir qu'à ça. Pleurer. Je ne pouvais rien faire d'autre, je n'avais pas de pouvoir magiques, rien qui ne puisse aider Derek. La seule chose qui me maintenait debout c'était la perspective de faire payer à Thomas son carnage. J'allais tout faire pour obtenir le dossier, j'allais l'enfoncer et lui faire payer tout ça.

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J'alternais les périodes au chevet de Derek avec Mark et sa famille. Si j'avais bien retenu les propos de Mark, seule Amelia avait l'air de me connaître. Les autres m'avaient croisées une ou deux fois mais dans ces circonstances là nous n'avions pas été vraiment amené à nous parler. Si bien que les jours passaient sans qu'on soit en contact. L'état de Derek lui, ne s'améliorait pas. Jusque là, je n'avais pas vraiment réalisé que les médecins communiquaient sur l'état du neurochirurgien avec beaucoup trop de naturel. Quand je m'étais présentée, je pensais qu'en étant pas liée à lui, je n'aurais rien le droit de savoir mais pourtant on me disait tout. Comme si c'était naturel. Je voulais bien croire que les rumeurs allaient bon train dans l'hôpital mais de là à briser le secret professionnel...

Je parlais souvent à Derek, je lui demandais de ne pas nous laisser, de se battre. Je lui racontais parfois mes journées et d'autres choses mais jamais l'homme que j'aime ne réagissais. En réalité, plus le temps passait plus j'avais l'impression qu'il s'éloignait. Drôle d'impression mais confirmée par les médecins qui semblaient avoir perdu de leur optimisme. Et ça, je l'ai définitivement compris quand en arrivant dans la chambre de Derek, appelée un peu plus tôt par son médecin, je me retrouvais en compagnie de la famille de Derek et de Mark. Le médecin avait un air si sérieux qui ne présageait rien de bon.

- L'état de Derek était très grave. Nous avons fait tout ce qu'on a pu et nous avions bon espoir après sa seconde opération. Mais les derniers examens montre une aggravation de son état.

Il semblait chercher la meilleure façon de dire les choses mais il n'y en avait pas. Il devait dire les choses. Tout ses mots feraient mal, mais il devait les dires.

- Il y a peu de chance pour que Derek se réveille...

La maman de Derek étouffait un sanglot, l'une de ses soeurs montait déjà au créneau "comment ça peu de chance?" et moi je restais silencieuse, encaissant la nouvelle. Il devait y avoir une erreur, le médecin ne parlait pas de Derek. Il allait se réveiller et il serait à nouveau mon ange gardien, on se retrouverait et tout finirait bien. Mark venait de poser sa main sur mon épaule mais je ne réagissais même pas.

- Dans le dossier de Derek, nous avons vu qu'il avait désigné une personne de confiance. Cette personne est la seule qui peut prendre des décisions dans le cas où lui même est incapable de faire les choix.

J'avais décroché, je n'entendais pas ce qui se disait. Je fixais Derek en espérant qu'il ouvre les yeux et face mentir le médecin qui était en train de parler sans que je l'écoute.

- ... Eileen Vaughan?

- Quoi?


J'avais relevé la tête en entendant mon nom et je fronçais les sourcils sans comprendre. La famille de Derek non plus ne comprenait pas. Seul Amelia me regardait autrement que comme une étrangère débarquée de nulle part.

- Quoi?

- Vous êtes la personne de confiance de Derek... C'est à vous que revient la décision de le laisser partir, ou de toute option thérapeutique mais comme je le disais, il n'y a plus rien à faire...


C'était trop d'un coup. Je comprenais pas. Comment ça j'étais celle qui devait décider? Le médecin s'excusait, il nous laissait le temps d'encaisser et de réfléchir et se tenait à notre disposition ou plutôt à la mienne si j'avais des questions. Sans Mark, je me serais surement laissée tomber par terre. Il me retenait discrètement alors que j'osais enfin croiser le regard des proches de Derek.

- Mais vous êtes qui vous?

- Comment ça se fait que Derek vous ai désigné vous? On est sa famille!


Je me sentais accusée, c'était leur attitude qui me donnait cette impression. Mais Amelia s'était glissée entre ses soeurs, sa mère et moi et avait pris la parole.

- C'est la femme que Derek aime... Voila pourquoi il l'a choisie. Parce qu'on ne vit pas là, parce qu'on est loin, parce qu'il m'a dit qu'il était tombé amoureux et qu'il m'a dit qu'il avait tellement confiance en elle qu'il lui confierait sa propre vie...

Et me jetant un regard, elle usait du sarcasme comme elle savait le faire, même dans des circonstances comme celles-ci.

- Je pensais pas que ça serait à prendre au pieds de la lettre mais voila...

- Pourquoi il t'en a parlé à toi?

- Parce que j'ai pris de ses nouvelles récemment ce que vous n'avez sans doute pas fait!

ça risquait de tourner au pugilat et je réalisais que c'était à moi de prendre la parole.

- Je ne prendrais pas de décision sans vous. Je ne savais pas qu'il avait modifié son dossier... J'aime Derek autant que vous même si vous trouverez surement ça étrange parce que vous n'avez pas toute entendu parler de moi. Mais je vous promet que je ne ferai rien contre vous, tout ce que je veux c'est le bien de Derek...

Mais moi je croyais encore qu'il pouvait s'en sortir et je n'imaginais pas d'autre issue que de croiser à nouveau son regard et de lui dire combien de l'aimais.

- Encore heureux!

- Nancy! Je suis sûre qu'elle préfèrerait ne pas avoir toutes ses responsabilités. Derek voudrait qu'on l'accepte et qu'on l'aide, pas qu'on lui fasse la guerre!


Amelia venait de faire mouche. Nous étions toutes et tous sur les nerfs et Mark avait été de son petit mot aussi pour se porter garant de mon importance dans la vie de Derek. On se regardaient tous avant de regarder Derek. Derek ne voudrait pas nous voir nous déchirer, c'était certain.

- On devrait peut être sortir d'ici et discuter calmement...

Nancy proposait l'apaisement et je faisais oui d'un signe de tête. On abandonnait Derek mais on avait besoin de se retrouver dans un lieu plus ou moins neutre et nous avions choisi la cafétéria. C'était l'occasion de raconter notre histoire à Derek et moi et de prouver à sa famille que je tenais autant à Derek qu'elles. Je sentais que les choses s'arrangeaient même si il leur fallait du temps mais je pouvais compter sur Amelia. Elle était d'ailleurs restée après le départ de sa mère et de ses soeurs.

- Merci Amelia.

- De rien. Je sais que mon frère n'aurait pas fait ce choix sans y avoir bien réfléchi. Et puis je n'imagine même pas ce qui doit te passer par la tête.

- Je le laisserai pas partir. Je sais qu'il est encore là Amelia... Je le sais...
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MessageSujet: Re: You and Me, No matter what [Derek]   Dim 14 Juin 2015, 01:54






Amelia SHEPHERD




Les jours passèrent sans que Derek ne montre aucune amélioration. Mes sœurs, ma mère et moi étions venues à son chevet dès que nous avions pu nous réunir enfin, habitant toutes à une ville différente. Et maintenant, à l'heure actuelle, au delà de ma petite personne, le reste de ma famille apprenait l'existence d'Eileen, alors que la situation était loin d'être idéale pour des présentations. Derek était profondément attaché à elle, jusqu'à même la désigner personne de confiance et la laisser maîtresse de son dossier médical et donc, son avenir. Je connaissais assez bien mon frère pour savoir qu'il ne plaisantait pas avec l'amour. Il avait été véritable au temps d'Addison et à l'entendre parler de sa brillante avocate je crois que s'en était de même, voir plus. Eileen était d'ailleurs connue dans son domaine et en plus d'être absolument magnifique elle était carrément agréable, de ce qu'il pouvait en dire. Je n'avais eu malheureusement que le même sort que mes sœurs et ma mère : la connaître dans ces tragiques circonstances si bien que même là, j'arrivais à voir à quel point elle était battante. Derek m'en avait parlé du fait de son opération après son accident mais le sujet avait été flou. Il avait fallu que je le baratine durant des dizaines d'appels téléphonique qu'on s'était échangé pour obtenir quelques détails. Je restais toujours sur ma faim, mon frère étant quelqu'un de discret, pudique sur sa vie. Son éloignement était d'ailleurs en partie pour ça, il avait souhaité garder sa part de mystère, un peu de son jardin secret.


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Quelques semaines plus tard.



Aucun progrès n'avait pointé le bout de son nez durant tout ce temps. A son chevet il y avait toujours quelqu'un. Sa chambre aurait été décorée de dizaine de bouquet de fleur si le personnel avait eu l'autorisation de les déposer à ses côtés. Mais pour des raisons d'hygiène il ne fallait pas. Le détail frappant ici avait été l’empathie de ses collègues de travail. Derek semblait très apprécié par le personnel de l'hôpital et les gens paraissaient touchés par la situation, sincèrement. Ma mère tenait le coup grâce à mes sœurs mais depuis les mots du chirurgien de Derek, la question de le laisser en vie ou non s'était posée comme un ultimatum, une déchirure contrastant avec nos vies au par avant si tranquille. Une lueur d'espoir était apparue pour ma mère quand Derek lui avait machinalement serré la main, mais cela ne présentait qu'un réflexe tout à fait normal dans son état comateux. J'en savais quelque chose, puisque j'étais dans la neurochirurgie, suivant les pas de mon frère d'une renommée mondiale. J'espérais être aussi brillante que lui, si ce n'est pas plus si possible. En plus d'être un médecin hyper sexy il était un battant et je comptais sur ce trait de caractère chez lui pour un bon rétablissement. Car je ne supportais pas de le voir dans cet état là, comme un bon nombre d'autres personnes. Eileen, Mark, ma mère, mes sœurs... tout le monde.

Mark avait beau être un grand gaillard il n'en paraissait pas moins touché par l'état de son meilleur ami, sachant lui aussi les enjeux de la situation qui n'annonçait rien de bon pour la suite. Mes sœurs quand à elles, avec ma mère, débattaient toujours de la suite des événements, s'il fallait débrancher ou non Derek du respirateur. Kate, Nancy & Lizzie semblaient vouloir lâcher l'affaire, bien trop dur pour elles de voir leur frère rester un légume pour le restant de ses jours. Ma mère quand à elle, voyait encore là l'espoir d'un rétablissement soudain, des miracles de la médecine ou d'une entité supérieure, qui sait. Elle y croyait, point barre. Quoi qu'elle restait perplexe et sans vraiment dire une réponse finale sur le débat. Moi, ainsi qu'Eileen, étions d'avis de le maintenir en vie coûte que coûte pour lui laisser une chance de revenir parmi nous. Parce qu'il en était capable, c'était mon frère.

Et même si Mark n'avait pas vraiment son mot à dire sur la décision finale, et même s'il n'en disait rien pour ne pas influencer qui que ce soit, je crois qu'il était plutôt d'accord de lui laisser une chance de se remettre de cette fusillade, de cette foutu hémorragie méningée, de ces maudites opérations... il voulait simplement lui aussi retrouver son meilleur ami.

Le médecin nous avait laissé le temps nécessaire. Plus d'ailleurs. Je crois qu'il avait assez de respect pour Derek et pour sa famille pour nous laisser un délai aussi « long » pour une prise de décision aussi importante. Eileen était seule maîtresse de son destin, sous la demande de mon frère et même si mes sœurs ne s'étaient pas faite complètement à l'idée, moi je restais convaincu que quoi qu'il en soit Eileen prendrait la bonne décision. Elle était assez intelligente pour ça. J'avais appris à la connaître durant ces semaines aussi longues que des décennies entières. Nous avions beaucoup discuté, de Derek, de ma famille, de la sienne aussi et de son parcours. Nous avions partagé quelques histoires sans grande importance mais j'avais appris à l'apprécier et même à la connaître un peu. Et c'est ce matin là, quand je rasais Derek une nouvelle fois pour le laisser aussi présentable que d'habitude, que nous discutions et que je me laissais dévoiler un peu plus au plus profond de moi :

Tu sais avec Derek on a toujours été, en quelques sortes, les vilains petits canards de la famille. - disais-je en contournant le tube qui permettait encore à Derek de rester en vie, la lame de rasoir effaçant derrière elle la mousse à raser sur ses joues – Avec mes sœurs, ça a toujours été différent. Je ne me suis jamais intégrée complètement, puisqu'en plus j'étais la dernière de la fratrie... mais pour ça j'ai pu compter sur Derek. Il a toujours été plus protecteur envers moi qu'envers mes sœurs. Pourtant ça n'a pas toujours été simple, encore aujourd'hui d'ailleurs. C'était plutôt compliqué même, mais au moins on a la même passion et surtout le même caractère.

J'acquiesçais d'un large signe de tête, amusée comme pour lui dire qu'être têtue chez nous c'était réellement de famille et qu'il ne fallait pas nous en vouloir.

Notre père tenait une boutique, quand on était gosses. Un jour, alors qu'on était dans le local où il stockait tout son matériel on jouait mon frère et moi, deux types sont entrés soudainement dans le magasin et  ont demandés la montre de notre père que notre mère lui avait offert. Il n'a pas voulu la leur donner et l'un des gars à sortie un flingue puis à tiré. Notre père est mort sous nos yeux. Il s'est écroulé sur le sol du magasin alors qu'on est resté dans le local sans pouvoir bouger jusqu'à l'arrivée de la police. On avait vu toute la scène. On était comme... paralysés...

Raconter ça était encore douloureux, même après tout ce temps, toutes ces années.

Derek est devenu renfermé, mystérieux, fort après ça. J'en ai fais de même d'ailleurs. Je crois que c'est pour ça qu'il est encore là. Ce n'est pas totalement le respirateur qui le maintient en vie, c'est surtout parce que c'est un battant. Et qu'il s'accroche. Et c'est pour ça que je veux lui laisser une chance de revenir avec nous. Parce que j'y crois aussi. Parce que c'est mon frère et que cette fois-ci c'est à moi de le protéger des mauvaises décisions. Alors sache que je suis à 200% avec toi Eileen. Si la situation avait été l'inverse entre lui et moi, j'aurais aimé qu'on me laisse le temps de m'en tirer. D'essayer au moins. Je sais que ça fait plusieurs semaines et qu'il faut maintenant prendre une décision, mais je veux qu'on se batte contre mes sœurs pour lui permettre de revenir parmi nous. Parce que je sais qu'il se bat et qu'il va réussir.


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Quelques jours plus tard.


Ma mère n'avait pas été des plus difficile à convaincre pour qu'elle soit d'accord de laisser Derek branché au respirateur. Le temps avait encore passé sans aucune progression de son état. Les résultats aux examens neuro n'étaient pas très convaincants non plus et cela avait sembler suffire à mes 3 autres sœurs pour décider de le débrancher et de le laisser partir en paix. Non pas qu'elle n'aimaient pas mon frère, bien au contraire justement, elle ne tenaient simplement pas à le laisser dans cet état là. Pour elles, ce n'était plus Derek là, allongé sur ce lit d'hôpital. C'était simplement un légume pour elles qui ne répondait presque plus à aucun examen neurochirurgical... Mais la décision finale appartenait uniquement à Eileen et ce fut la sienne, la mienne et celle de ma mère qui finissait par être prise. Nous voulions lui laisser une chance. Certes, c'était un risque puisque si Derek ne se réveillait pas le respirateur pouvait le maintenir en vie indéfiniment. Mais nous y croyions, coûte que coûte....


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… et nous avions bien fait. Après la décisions quelques jours s'étaient passés sans qu'aucun autre événement ne vienne perturber le changement d'état de Derek. Les examens avaient cessés et là avait été la faute commise. Je discutais avec Eileen, installée confortablement sur une chaise au coin de la pièce à côté de l'armoire. Ma mère et mes sœurs avaient élu domicile chez mon frère pour notamment s'occuper de son petit paradis dans les hauteurs de New-York. Eileen tenait la main de Derek, à ses côtés alors que nous discutions de banalités, entre autre. Et soudainement, un réflexe avait serré la main d'Eileen... non non. Non. Ce n'était pas un réflexe cette fois-ci, c'était bel et bien mon frère qui tentait de revenir parmi nous. Nous n'en croyions pas nos yeux, si bien qu'un scan' s'imposait d'urgence pour voir ce qui pouvait bien se passer dans le crâne de Derek. Et avec un immense soulagement, au résultat d'un optimiste hors norme mon frère avait retrouvé une activité cérébrale jusque là mise en « pause » après la seconde opération. C'était encore inexpliqué, ça avait été autre qu'un coma naturel ou artificiel et qu'un état végétatif. Derek s'était en quelque sorte retrouvé entre les deux mais il faut croire qu'il était de nouveau parmi nous. Et si ce n'était que deux fois qu'il avait serré volontairement la main d'Eileen, cela suffisait amplement à retrouver notre énergie jusque là perdu au fil de ces semaines.

Mon frère semblait de plus en plus présent. Des mouvements incertains mais bel et bien présents, Derek était de retour parmi nous. Et maintenant s'il fallait attendre qu'il ouvre les yeux, c'est à mes 3 autres sœurs qu'il avait réussit – comme d'habitude – à leur clouer le bec. Ma mère avait retrouvée de l'énergie et Eileen semblait plus qu'heureuse. Nous l'étions tous. Maintenant, il fallait juste être patient... Et c'est une fois de plus que j'étais en compagnie d'Eileen que le moment le plus beau de ma vie arrivait enfin. Toujours intubé toutefois car encore peu autonome dû au peu de force qu'il avait après tout ça, Derek semblait bouger les paupières, puis ouvrir finalement les yeux...


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Derek SHEPHERD


C'était le flou total. Un sentiment insoutenable de fatigue que je n'avais pas connu jusque là. Une exténuation sans précédent qui m'empêchait tout mouvement. Même le tube dans ma gorge n'était pas un problème au contraire, bien que cependant désagréable. Au dessus de moi se dressait le plafond de ma chambre, vite camouflé par le visage d'Eileen, d'un côté puis ma sœur Amelia, de l'autre. J'avais beau ne pas avoir de force, une larme avait cependant frayé un chemin pour dévaler ma joue doucement alors que je fixais Eileen, puis ma sœur, et de nouveau ma magnifique avocate encore à mon chevet.


Bon sang que ça faisait du bien d'être en vie...




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MessageSujet: Re: You and Me, No matter what [Derek]   Dim 14 Juin 2015, 18:31

Les semaines étaient passées au ralenti. C’était compliqué d’établir de vraies relations avec la famille de Derek dans ces circonstances. Je les comprenais. Une femme dont elles n’avaient jamais entendu parler se retrouvait avec le sort de leur frère ou fils entre ses mains. Ça ne devait pas être facile à accepter et à gérer. Amelia se détachait toutefois du groupe puisqu’elle m’avait assuré de son soutient spontanément depuis le début. Bien sur le fait que Derek lui ai déjà parlé de moi devait jouer mais je ne m’étais pas attendue à ce qu’elle soit autant de mon côté.
Assez rapidement, deux tendances s’étaient dégagées. Amelia, la maman de Derek, Mark (même s’il gardait le silence) et moi nous voulions y croire. Les 3 autres sœurs de Derek ne supportaient pas de le voir dans cet état et avaient laissé assez clairement apparaître leur volonté de laisser partir leur frère. Mais pour moi c’était impossible et je repoussais sans arrêt le moment de donner une réponse claire aux médecins.

Côté boulot, Thomas avait été arrêté et très rapidement, il y avait eu une première audience. Je m’étais battue bec et ongle pour obtenir le dossier. Le procureur avait eu beaucoup de mal à me laisser faire, connaissant bien évidemment mes liens avec cette affaire. Je m’étais faites engueulée au passage pour être entrée dans cet hôpital de façon aussi insensée. J’avais fini de le convaincre en lui disant que si je n’avais pas pu mener à bien l’affaire de la mafia et qui avait failli me couter la vie, il ne pouvait pas me retirer cette affaire en plus. C’était un coup bas mais il avait finit par baisser les bras.
Lors de cette audience préliminaire j’avais frappé fort. Ma colère avait été stimulante et Thomas ne s’en était pas sorti avec une caution. Il était déjà en prison et allait attendre son procès là bas. C’était une première victoire et me battre comme ça m’aidait à tenir debout et à supporter l’attente de voir Derek se réveiller un jour.

Quand je n’étais pas au boulot, j’étais à l’hôpital. Mon loft ne me servait que de chambre d’hôtel et de salle de bain mais je vivais à l’hôpital. Je m’étais retrouvée à discuter très souvent avec Amelia et nous avions fait connaissance. Je lui avais raconté ma rencontre fracassante avec Derek et comment on s’était retrouvé 6 mois plus tard. Elle semblait avide de détails, son frère s’étant toujours montré discret et mystérieux. Je me montrais au contraire bavarde car parler de Derek et l’évoquer me faisait chaud au cœur. Et lors d’une de ces nombreuses discussions, Amelia qui rasait le visage de Derek se lançait dans quelques confidences à son tour.
Je comprenais parfaitement cette impression d’être le vilain petit canard. Avec mon frère on s’était retrouvés souvent à part du reste de la famille et finalement éloigné également de notre père. Je découvrais la disparition tragique de leur père. C’était peut être cette épreuve qui les avait lié autrement qu’avec le reste de la fratrie. J’avais reconnu le caractère d’Amelia en Derek et inversement et j’avais naturellement souris à sa petite remarque.
Mais à la fin de sa tirade surtout j’avais tiré la force de prendre enfin une décision. Je la savais à mes côtés dans ma volonté de garder Derek avec nous.
Et c’est comme ça que quelques jours plus tard, j’avais fini par trancher et je savais qu’après avoir dit aux médecins de laisser du temps à Derek, ses 3 sœurs m’appréciaient encore moins. Mais je n’étais pas là pour me faire aimer ou non, j’étais là pour prendre la meilleure des décisions pour Derek et je savais qu’il était là quelque part et qu’il se battait pour revenir. Ça ne pouvait pas être autrement.

J’avais eu aussi mes moments toute seule dans cette grande chambre. Quand Amelia rentrait se reposer avec le reste de sa famille et quand Mark était happé par son quotidien de médecin. Je ramenais parfois des dossiers pour travailler à l’hôpital. Je ne supportais pas de rester chez moi et puis j’aimais bien lui parler, même sans être certaine qu’il pouvait m’entendre. Il y avait eu des jours avec et des jours sans. Des jours où il me manquait tellement que j’aurais pu me vouer à n’importe quel culte, moi l’athée convaincue, en espérant qu’un dieu quelque part sauve Derek.

- Tu me manques tellement Derek. Il faut que tu te réveilles. Je sais que j’ai pris la bonne décision, ne me fais pas mentir tu veux ?
Je me souviens quand j’ai déboulé devant ta voiture dans ma robe de mariée toute abîmée. Je me souviens exactement du premier regard qu’on a échangé. Je ne voyais que tes yeux bleus. Je n’avais pas tellement la tête à te trouver charmant mais je me suis sentie malgré tout à l’aise. Tu m’as sauvée ce jour-là Derek. Et en me permettant de rester chez toi tu m’as aidée plus que tu ne peux l’imaginer. C’était simple. C’était léger. C’était agréable et réconfortant comme un petit cocon. Et si j’ai pu panser mes blessures plus rapidement c’est grâce à toi.
Quand j’ai commencé à ne plus avoir mal en pensant à cette relation ratée, c’est ton visage que j’ai vu apparaître de plus en plus souvent. J’aurais du appeler plus souvent, j’aurais du m’accrocher mais j’avais peur de souffrir à nouveau ou de tout gâcher. Maintenant je regrette d’avoir perdu tout ce temps.
Dès le début, Lily a parlé du destin et de sa façon qu’il avait eu de te mettre sur ma route et je n’aime pas l’idée de croire en quelque chose de ce genre mais je crois qu’elle avait raison. Tu m’as réparée mentalement puis psychologiquement quand j’ai eu cet accident. Tu ne peux pas m’abandonner après tout ça Derek… S’il te plaît… Par après m’avoir regardé comme tu l’as fait quand je suis venue chez toi, à nouveau capable de marcher. Je n’oublierai jamais ton regard et ton sourire et j’ai besoin de les revoir encore et encore.


Je me retrouvais à pleurer en silence en serrant sa main dans la mienne.

- Tu es la plus belle personne qu’il m’ait été donné de rencontrer. Tu sais donner aux gens l’impression qu’ils sont plus forts, plus beaux, plus grands. Il faut que tu me reviennes parce que sans toi je me sens toute petite et perdue. Je t’aime tellement…

_ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _

Le destin, lui encore, avait fini par me donner raison. Ça avait commencé par quelques mouvements, autre qu’involontaire. Petit à petit, il remontait le fil qui le ramènerait vers nous. Les connaissances médicales d’Amelia imposaient le respect et les médecins de Derek semblaient suivre ses directives à la lettre. J’avais peur de me réjouir trop vite et pourtant j’y croyais tellement. J’espérais revoir rapidement le beau regard de Derek même si j’espérais pouvoir être là à son réveil. Et mon souhait fut réalisé. Vivant dans la bonne humeur depuis quelques jours, j’atteignais le summum du bonheur en voyant Derek ouvrir les yeux alors qu’une fois de plus j’étais avec Amelia à son chevet.

- Amelia…

Au ton de ma voix elle avait compris que quelque chose d’important avait lieu et elle avait posé son joli regard sur son frère pour constater la même chose que moi. On s’était levée toutes les deux, couvant du regard le beau neurochirurgien. D’un geste doux je venais essuyer la larme qui coulait sur sa joue alors que je m’étais mise à laisser couler quelques larmes à mon tour. Du soulagement et beaucoup de bonheur.

- Hey… Bon retour parmi nous…

Nos sourires traduisaient notre bonheur de le voir éveiller. Incapable de parler tant qu’il avait ce tube dans la gorge, on appelait un médecin pour qu’il puisse être libéré de tout ça.

- On revient vite.

En sortant dans le couloir, Amelia et moi on tombait l’une dans les bras de l’autres. On avait raison d’y avoir cru et on se félicitait encore d’avoir gardé la foi en Derek. Et pendant que nous étions hors de la chambre on se dépêchait de prévenir Mark et le reste de la famille. Alors qu’on pouvait à nouveau entrer, Amelia prétextait avoir encore des appels à passer mais je la soupçonnais de me laisser un peu de temps avec le neurochirurgien. Je m’étais alors glissée dans la chambre et j’étais venu m’installer à ses côtés en prenant sa main dans la mienne. Parler serait sans doute compliqué à cause du tube qu’on venait de lui retirer mais de croiser son regard valait tous les mots du monde.

- Tu m’as tellement manqué… Mais j’étais sûre que tu reviendrais vers nous…

Je portais sa main à mes lèvres et déposais un baiser dessus. Cette fois, c’est moi qui allais veiller sur lui pendant sa convalescence. Toute cette épreuve m’avait fait réaliser un peu plus à quel point Derek comptait pour moi. Peut être que c’était trop tôt, peut être que ça semblait bizarre mais je l’aimais plus que tout et c’était une évidence. Lily et son destin avaient toujours eu raison, je devais reconnaître que je me sentais comme exactement à l’endroit où je devais être quand j’étais aux côtés de Derek.
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MessageSujet: Re: You and Me, No matter what [Derek]   Mar 16 Juin 2015, 17:23


Citation :
Hey… Bon retour parmi nous…

Ses lèvres n'avaient fait que bouger, je n'avais pas vraiment entendu le son de sa voix. Le temps d'émerger, je crois, il me fallait réaliser que j'étais bel et bien vivant et non plus enfermé dans mon propre corps entre un semi coma et la mort.

Citation :
On revient vite.


Je voyais les deux filles filer de la chambre à tout va alors que je me retrouvais seul. Le bruit des machines apparaissaient enfin au creux de mon oreille. Le temps de me réveiller doucement que les bruits me venaient de plus en plus alors que j'entendais la discussion de ma sœur au bureau des infirmières en face de ma chambre. Intervenait alors un vieux médecin, mon confrère. Je n'avais pas eu de réelles occasions de travailler avec lui mais je le connaissais un peu. D'un regard compatissant, bienveillant il m'extirpa le tube dans ma gorge pour que je puisse respirer par moi même, non sans quelques douleurs au passage de celui-ci sortant après des semaines d'intubation. Le mal venait petit à petit mais il me prescrivait quelques calmants pour la suite de la journée, heureusement. A nouveau seul, patientant le temps qu'Eileen ou Amelia reviennent enfin, j'observais la chambre en me frottant doucement la gorge. C'était étrange... d'être à la place du patient. Je préférais largement ma place de chirurgien en fait. Mais c'était une expérience qui allait m'être utile pour avoir un point de vue différent sur mon travail. Prenons le bon côté des choses...

Ma belle avocate n'avait pas tardé à revenir à mes côtés. A croire qu'au fil des semaines elle s'était embellie d'avantage. Ou était-ce moi qui avait presque oublié à quel point cette femme pouvait être séduisante ? Elle prenait ma main et d'un regard protecteur me lançait :

Citation :
Tu m’as tellement manqué… mais j’étais sûre que tu reviendrais vers nous…

Son baiser dans ma main, cela valait tout ce que j'aurais désiré plus que tout au monde. D'un geste, je venais caresser sa joue avec les quelques forces que j'avais depuis mon réveil, revenant peu à peu en ma possession.

Je t'aime.

Avais-je articulé sans aucun son. Je n'avais pas la force de parler. C'était bien trop douloureux pour le moment de toute façon mais Eileen avait saisie mes paroles, c'était le principal. Bon sang si elle savait réellement ce qu'elle pouvait compter à mes yeux, je crois qu'elle prendrait peur tellement je tenais à elle. Mark le savait sûrement. C'était mon meilleur ami et il avait une facilité déconcertante à savoir ce que je pouvais bien penser ou ressentir à propos de quelqu'un ou quelque chose. Je lui demandais par signe une feuille et un stylo, ce qu'elle me sortait de son sac à main. Ça m'étonnera décidément toujours ce qu'une femme peut sortir de son si petit sac. Je nota alors quelques mots, petits phrases pour qu'Eileen puisse m'éclairer un peu plus sur la situation, mais pas que :

Tu es magnifique. Tu vas bien ?
Depuis combien de temps suis-je ici ?
Ma famille ?
Thomas ?


_ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _

Quelques jours plus tard....


J'avais eu besoin de savoir un certain nombre de choses. La fusillade avait fait 17 mots et 34 blessés plus ou moins graves. Mark m'avait tenu au courant sur ce point là à ma demande, si ce n'est qu'il se bataillait maintenant pour obtenir de nouveau le droit d'exercer son métier après être passé devant un psychologue loin d'être facile parait-il. S'il voyait la moindre faille, il ne donnait pas son autorisation. Et beaucoup de médecins encore attendaient la leur. L'hôpital était comme en pause, loin de sa splendeur habituelle, comme s'il marchait au ralentis parce que beaucoup de spécialistes avaient eu malheureusement un lien avec cette fusillade qui avait fait la une des journaux pendant un certain temps. En clair, nous avions du mal à se relever et à reprendre le dessus. Mais j'étais le dernier à m'en défaire à ses dires, le temps avait si vite filé. Ma famille était là depuis l'annonce de la tuerie de Thomas. Ma mère, mes sœurs avaient prit possession de mon domicile pour s'en occuper et éviter de payer les hôtels hors de prix ou miteux qu'on peut trouver dans cette ville. Il y avait difficilement un juste milieu. Quoi qu'il en soit revoir tout ce petit monde m'avait fait plaisir, même si la distance faisaient de ces retrouvailles quelque chose d'un peu spécial. Qui plus est j'avais entendu dire que trois de mes sœurs auraient voulu lâcher l'affaire à mon sujet alors qu'Amélia, ma mère et Eileen avait voulu y croire. J'étais en vie grâce à elles.

J'avais repris la parole, peu à peu. C'était encore douloureux parfois mais j'étais bien content de pouvoir communiquer autre que sur un misérable bout de papier. Je me levais parfois, mais pas longtemps parce que mes jambes avaient perdues de leur tonus musculaire durant ces longues et pénibles semaines. Et si ce n'était pas la fatigue qui m'en empêchait là encore, c'était l’incessant balai des infirmières dans ma chambre qui me freinait dans ma progression.

Les cauchemars m'empêchaient de passer une bonne nuit de sommeil complète. C'était pesant à la fin, de revoir Thomas lever son arme en direction d'Eileen. J'avais failli la perdre et j'en prenais conscience un peu plus chaque jour, ce qui grandissais mon amour pour elle à chaque fois d'avantage. Elle était à chaque fois présente à mes côtés. Je l'avais supplié pourtant qu'elle avait mieux à faire que de rester dans cet hôpital mais je crois que j'avais parlé à un mur, une énième fois. Mais je l'en remerciait. Je ne supportais que moyennement les chamailleries de mes sœurs et les plaintes de ma mère qui avait eu si peur de me perdre. Mark venait me parler de ses conquêtes la plus part du temps alors Eileen... Eileen c'était la meilleure visite de la journée, et de loin :

J'ai envie de marcher un peu. - disais-je en me redressant doucement de mon lit pour m'asseoir sur le côté – Sans fauteuil.

Stipulais-je alors que je la voyais déjà le chercher du regard. J'avais beau littéralement adorer ma blouse d'hôpital (si si je vous jure!), je me leva pour la troquer contre un bon vieux tee-shirt et un jogging. Il était hors de question pour moi de me trimbaler dans l'hosto dans une tenue pareille. Je regagnais alors mon armoire, chercha ce qu'il me fallait avant d'enfiler mon jogging puis retirer ma blouse. Et face au miroir de ma salle de douche, j'observais ma cicatrice quelques instants, mon visage si pâle et blafard. Ma mine était bien loin de celle que j'avais d'habitude mais c'était bien ma cicatrice qui me perturbait le plus. Je voyais Eileen se poster derrière moi, reflété par le grand miroir et d'une grande inspiration je finissais par fermer les yeux deux secondes pour me ressaisir. Je n'avais pas vu la grandeur de celle-ci jusque là. Je ne l'avais pas vraiment vu tout cour d'ailleurs puisqu'on m'avait retiré le pansement récemment et qu'allongé sur le lit ça ne donnait pas la même chose. Je sentais alors les mains d'Eileen entourer mon torse doucement. C'était bien avec elle que j'allais puiser l'énergie dont j'avais besoin pour remonter cette pente pourtant si dure à remonter. Ce n'était pourtant que le début.

Je ne pensais pas qu'elle... qu'elle était si imposante. - disais-je en me retournant vers elle, dos au miroir à présent – J'ai eu tellement peur pour toi tu sais... j'ai eu peur de te perdre ce jour là. Et au lieu de ça tu m'a sauvé la vie... deux fois. Parce que tu n'as pas lâché le morceau. Parce que tu t'es battue pour moi et... et ça en t'opposant à mes sœurs. Alors merci. Merci énormément. Je pourrais te le dire 100 fois chaque jours que je passerai à tes côtés. Merci... et je t'aime. Je t'aime Eileen.

Disais-je en le lâchant pas son regard du miens. Dans mes bras, on échangeait un long baiser avant de se prendre dans les bras un moment. J'avais besoin de ça, de cette proximité que j'avais perdu jusque là avec elle. Eileen était si parfaite. Magnifique, intelligente, battante, courageuse et j'en passe et des meilleurs. On se mettait finalement en route dans les couloirs du service. Appuyé légèrement contre elle, mon bras autour de son cou, je marchais non sans mal mais avec détermination.

Il fallait... que je remonte la pente...



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MessageSujet: Re: You and Me, No matter what [Derek]   Mar 16 Juin 2015, 19:47

En le voyant articuler ces 3 mots j’avais eu les larmes aux yeux. J’avais eu peur de ne plus les « entendre » même si là c’était seulement articulé. C’était peut être le plus beau je t’aime que j’aurais pu recevoir. Je n’allais pas pleurer ou seulement de joie et de soulagement. Comprenant ce que Derek voulait, j’avais sauté sur mon sac pour en sortir un stylo et un bloc note. Je ne sais pas si toutes les femmes avaient ça mais moi je me trimballais toujours équipée au cas où une idée de discours pour mes plaidoiries venait. Rien de bien fun là-dedans.
En découvrant son compliment j’avais laissé échapper un petit rire alors que je guettais la suite de ses écrits. Je répondais au fur et à mesure, faisant une pause en découvrant chaque question.

- ça va… ça fait un mois… Tes sœurs se sont installées chez toi. Ça arrangeait tout le monde je crois… Et Thomas est en détention. On va dire que je me suis assurée qu’il ne sortirait pas libre avant son procès…

Je tenais vraiment à m’occuper de cette affaire. J’allais tout faire pour l’enfoncer même si le bilan dramatique allait suffit à le condamner à la prison à vie. J’espérais juste qu’il ne soit pas déclaré irresponsable. Ce serait trop facile qu’il s’en sorte comme ça. Mais je n’avais plus envie de parler de lui et Amelia arrivait justement au bon moment pour que l’on passe à autre chose…

_ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _

Je vivais au rythme de Derek. Je faisais mon job bien sur, mais en dehors de ça, tout mon temps continuait à lui être consacré. Je dormais souvent à l’hôpital même si Derek me disait de rentrer. Je voulais le veiller, être là quand les cauchemars venaient perturber son sommeil. J’en avais fais aussi pendant toutes ces semaines mais depuis que Derek s’était réveillé, je dormais mieux.
De jours en jours, je voyais un Derek qui voulait progresser et retrouver la santé. On avait ce point commun d’être des battants têtus et déterminés. Si bien qu’en venant le voir, il décrétait vouloir marcher sans utiliser quoique ce soit. Non, pas de fauteuil au cas où juste lui et ses petites gambettes. Il avait troqué sa jolie blouse d’hôpital (jolie, ou pas) pour une tenue décontractée. J’aurais bien offert mon aide mais je savais déjà ce qu’il me répondrait. Je le laissais donc faire même si j’étais prête à lui venir en aide à tout moment. C’est ce qui expliquait ma présence près de lui dans la salle de bain. Il semblait fixer sa cicatrice et je m’étais rapprochée me glissant derrière lui. Mes bras venaient entourer sa taille alors que je déposais un baiser sur son dos. Cette cicatrice nous empêcherait d’oublier ce qui s’était passé, mais elle nous rappellerait aussi qu’on était plus fort que tout ça. Derek avait survécu et moi j’avais cru en lui. On n’était pas obligé d’y rattacher des émotions négatives. J’espérais pouvoir en convaincre Derek. Il se retournait vers moi et je plongeais dans son regard.

- C’est parce que l’épreuve qu’elle représente avait l’air insurmontable mais tu as réussi… Elle montre juste à quel point tu as été plus fort que tout, plus fort que les statistiques. Et moi elle me rappellera toujours que j’avais raison de croire que tu étais quelque part au fond de toi, en train de te battre pour revenir…

Je déposais mes mains de chaque côté de son visage et je caressais son visage avec mes pouces. Amelia avait l’air d’aimer prendre soin de Derek en le rasant mais je lui préférais son air d’ours mal léché avec sa barbe de trois jours.

- Elles ne supportaient pas de te voir comme ça. Elles n’étaient pas ravies de laisser tomber. Elles pensaient juste que tu méritais mieux qu’être branché à ces machines. Essaye de ne pas trop leur en vouloir…

J’avais bien deviné et bien sur compris que Derek leur en voulait un peu. A sa place je serais sans doute aussi contrariée.

-J’ai eu le soutien d’Amelia puis de ta maman, ça m’a beaucoup aidé de sentir que d’autres croyaient en ma décision. Mark aussi était d’accord même s’il ne voulait pas en parler pour ne pas m’influencer. Je n’ai fais que t’aimer comme une folle et refuser de te laisser partir… Je t’aime aussi Derek. Tu n’imagines même pas à quel point.

Je ne me voyais pas du tout comme celle qui lui avait sauvé la vie. Juste comme une femme qui n’avait pas voulu laisser partir l’homme qu’elle aime et qui croyait qu’il pouvait survivre à tout. J’avais eu raison de croire en lui, tant mieux. On partageait un long baiser suivis d’un long câlin. Ces moments là m’avaient manqué et j’avais hâte que Derek sorte de l’hôpital pour qu’on se retrouve. Mais en attendant, on allait faire un tour et c’était à mon tour d’être là pour lui.

- Je pense qu’on devrais arrêter de passer du temps comme ça à l’hôpital…

Comme si on avait eu le choix entre mon accident et la fusillade. Je souriais amusée. Je voulais essayer de rire de la situation pour m’en détacher.

- Le procès de Thomas aura lieu dans plusieurs mois, alors quand tu sortiras là on pourrait prendre des vacances ? Enfin une fois que ta famille sera repartie, je ne veux pas que tu les chasses à cause de moi. Mais ensuite on pourrait soit rester chez toi ou partir. Je ne sais pas…

Tant que je pouvais rester avec Derek, le reste n’avait pas d’importance. Mais on avait le droit à quelques moments de répits et de bonheur après toutes ces épreuves.

- Il faut aussi que tu me présentes officiellement aux femmes de ta vie… Elles n’ont pas tellement compris que je puisse avoir autant de pouvoir sur ton avenir sans avoir entendu parler de moi. Heureusement que tu avais parlé de moi à Amelia… D’ailleurs, j’ai été assez abasourdie sur le coup… Me fait plus de cachoteries comme ça hein…

Je ne l’engueulais pas du tout. Je n’avais que le sourire sur le visage en voyant Derek marcher. Mais c’est vrai que me retrouver en personne de confiance par surprise m’avait fait vraiment bizarre.
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