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 Quatre mots sur un piano...

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✔ INSCRIT LE : 12/06/2017
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MessageSujet: Quatre mots sur un piano...   Mer 28 Juin 2017, 00:31


En discutant avec Liz, une amie, de ma rencontre et de ma fin de soirée avec Arev, elle m’avait fait réaliser que j’avais du souffler le chaud et le froid, l’accueillant chaleureusement, me montrant plus distante ensuite puis à nouveau chaleureuse en jouant de la musique avec lui et à nouveau distante en ne montrant pas le même enthousiasme que lui– que je ressentais au fond de moi pourtant. Ça m’avait ennuyé même si Liz m’avait rassurée « T’as pris son numéro, alors c’est à toi de jouer… ».

Dans l’avion qui me ramenait de Los Angeles, j’avais tenté une ébauche de sms, ce qui était franchement ridicule puisqu’il s’agissait juste de lui proposer de nous revoir pour jouer quelques morceaux. Le boss du King’s Tavern m’avait appelé dans la semaine pour me prévenir qu’il avait invité Arev à revenir dans la semaine qui suivait. J’avais spontanément parlé d’un duo avec l’arménien et le boss avait adoré l’idée. Restait plus qu’à reprendre contact avec le beau brun sauf que pour moi, ça ne représentait pas qu’un simple lien musical. Ce feeling avec Arev me perturbait beaucoup. En regardant par le hublot, mes pensées s’égaraient.

Dans le taxi qui me ramenait de l’aéroport à chez moi, j’avais fini par envoyer un SMS. Quand le beau brun avait répondu, j’avais souris toute seule. Et puis au bout de quelques échanges, nous avions convenu de nous retrouver chez moi dès le lendemain. Ça me laissait le temps de défaire mon sac, de ranger un peu et de me remettre de mon voyage. J’avais encore un jour de repos ce qui nous laissait toute l’après-midi sans avoir à se presser en voyant arriver la soirée.

Sans en faire trop, je m’étais quand même surprise à vouloir me faire belle. En croisant mon reflet j’avais levé les yeux au ciel. « On dirait une ado… Pathétique ! » me moquais-je. Et puis finalement on avait sonné et j’avais été ouvrir la porte de ma maison, accueillant l’arménien. « Salut ! » je lui offrais une accolade à l’américaine, l’occasion de respirer son parfum avant de le faire entrer. « Fais comme chez toi ! »

Je l’entrainais côté salon où trônait un piano à queue ainsi que ma guitare sèche qu’Arev avait déjà vu mais aussi une guitare électrique, une basse et un violon. Posé dans un coin, un étui qui contenait mon saxophone. Ça faisait un peu magasin de musique mais le salon était agencé de telle sorte qu’on se sentait plus dans un cocon musicale qu’un musée des instruments. « Tu veux boire quelque chose ? » Et avant de filer chercher ce qu’il voulait, je me rappelais les règles élémentaires de politesse. « Pardon je t’ai même pas demandé comment ça allait ? » Je croisais son regard réellement pour la première fois et je me mettais à sourire malgré moi. Liz avait raison, je l’aimais bien. J’avais juste pas encore décidé si c’était une bonne ou une mauvaise chose…

Je filais chercher à boire et ramenait tout sur un petit plateau que je déposais sur la table basse, invitant Arev à s'assoir. « J'aurais du écrire plus tôt... Mais j'ai été pas mal occupée et... Je suis quelqu'un de très timide, ça se sent pas toujours je fais bien semblant au bar... Mais il me faut un peu de courage même pour un sms... » Je souriais amusée, habituée à tourner en dérision ma timidité maladive.

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On est des enfants de la nuit de la mélancolie. Le crayon s’en est aguerri on est introverti. Sans un bruit attendre l’embellie abrité de la pluie. Comme nés de l’ombre et du soupir on est introverti. Mais sous le manteau de l’hiver, La nature entaille la chair. J’ai dans mon chagrin des cimetières, Le cœur trop pur pour vraiment m’y plaire.
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MessageSujet: Re: Quatre mots sur un piano...   Mer 28 Juin 2017, 15:41

Quelques jours après ma prestation au King's Tavern j'en ai parlé à certains de mes amis. Un batteur et deux guitaristes qui travaillent notamment sur des plateaux télé. À peine ai-je prononcé le nom de l'établissement qu'ils ont immédiatement cerné le topo. Le quartier, l'ambiance, ma réussite... la jolie serveuse. Ils n'ont oublié aucun détail du lieu comme si il était si populaire. Peut être, après tout, je ne suis pas quelqu'un de très attentif bien que curieux.
Après, j'ai largement confirmé les nombreux compliments qu'ils faisaient sur les groupes qui se produisent là-bas. Je ne sais pas si je me fais des idées, mais au fond, j'ai cru qu'ils savaient pour Neela.

Si leurs sous-entendus tenaient à autre chose que de la taquinerie quand à mes relations avec les femmes, je ne les ai pas compris. Enfin, j'y retourne d'ici peu et juste après la confirmation du chef, c'est un sms de Neela que j'ai reçu. Non sans soulagement, allez savoir.
En essayant d'être toujours poli et courtois malgré la froideur d'une conversation textée, cela m'a au moins évité d'être oralement maladroit. Ce qui est pire, car je peux alors bégayer sans parler de rougir !

Nous avons convenu d'un rendez-vous chez elle. Vous imaginez bien que personne n'est au courant au moment où je frappe à la porte. Un jean acheté récemment, un t-shirt sombre d'une qualité correcte, des baskets noires et un blouson marron, je ne fais pas dans la grande classe. C'est vrai. J'ai bien essayé d'enfiler une chemise bleu foncée et des chaussures dites "de ville" mais je me suis senti plus ridicule qu'autre chose. J'ai passé de longues minutes sous une douche bien chaude à cogiter intensément, avant de voter : ce sera tenue normale. Celle que j'aurai enfilé en toute circonstance, pour voir un ami ou pour aller à la fac.

« Salut ! »

« Bonjour Neela ! »

Ma phrase s'interrompt sous l'effet de surprise de son accolade. Oh je commence à connaître les habitudes des New-yorkais, mais je ne pensais pas être ainsi reçu par la belle.
Je dépose une main amicale et hésitante dans son dos alors que son parfum fleuri me ravi.

« Fais comme chez toi ! »

Dit-elle, ravissante. J'entre alors dans une pièce semblable à un studio, quoique plus confortable, et plonge les mains dans les poches comme pour les empêcher de casser quelque chose.
C'est joli. La présence de nombreux instruments ne rend pas la décoration trop grossière, au contraire. Ça reste discret, chaleureux. J'admire le piano avec des yeux d'enfants alors que mon hôte me tire de mes rêveries :

« Tu veux boire quelque chose ? »

« Euh, ce que tu prends, je te suis !...»

Dis-je déjà embarrassé. Il va vraiment falloir que j'arrive à me détendre. C'est la deuxième fois que l'on se voit, pour des raisons totalement professionnelles, ça ne m'empêche pas de paniquer. Même si nous ne devions être à jamais des connaissances pro, j'aimerai éviter d'être pénible à Neela. Et pourquoi pas, lui plaire un peu.

« Pardon je t’ai même pas demandé comment ça allait ? »

« Très bien je te remercie ! Et toi ? Comme s'est passé ta semaine, tu es bien rentrée ? »

Tentant d'aborder une position à l'aise, je retire mes mains des poches pour ensuite croiser mes bras sur mon torse. Réalisant que ce n'est pas super naturel, je viens les croiser dans le dos... finalement, je retire mon blouson et n'ai plus qu'à le tenir, ça m'occupe très bien les mains.

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MessageSujet: Re: Quatre mots sur un piano...   Mer 28 Juin 2017, 23:14


Il me faisait rire – mais j’évitais soigneusement de rire de façon évidente bien sûr – à se tenir comme s’il risquait de casser le moindre objet sur son chemin. Nous étions de toute évidence deux maladroits et deux timides qui se contrebalançaient à chaque fois. Quand il semblait moins à l’aise, c’était moi la plus en confiance et dès que je commençais à douter, il était le plus enthousiaste. Un drôle d’équilibre instable que j’espérais quand même voir se calmer, histoire d’être à nouveau sur la même longueur d’onde, comme lorsqu’on avait chanté ensemble et que tout avait paru naturel.

« Coca ? » Je carburais au coca quand ça n’était pas au café. La caféine, j’en abusais un peu mais je n’étais pas non plus rendu au point d’être une addict. Vu le beau temps, ça n’était pas vraiment un temps à boire chaud et j’avais donc opté pour ma seconde source de caféine et qui nous rafraichirait. Je filais chercher nos boissons et revenait tout déposer sur la table basse. « Assis-toi, je t’ai dis fait comme chez toi… » Je rapprochais son verre et attrapait le mien pour en avaler une gorgée.

« Oui ! Une bonne semaine ! » J’étais avare de détail mais je n’avais pas envie de lui mentir et je ne voulais pas non plus lui dire : « J’étais en séance d’écriture avec un artiste et d’autres auteurs compositeurs pour son futur album. » C’était mon petit secret et je ne le révélais pas comme ça, même si Arev avait l’air d’être un type bien et que j’avais un bon feeling à son sujet. « Tu as joué cette semaine ? » Je réalisais que je ne savais pas grand-chose de lui à part qu’il était doué pour la musique. « Du coup la dernière fois, en partant, tu as parlé d’intervention à la fac ? T’es prof de musique ? » Je me demandais si j’aurais continué mes études si j’avais eu un prof comme Arev. En tout cas je me serai moins ennuyée pendant le seul semestre que j’avais suivi avant de laisser tomber. Les cours classiques, les formations classiques, ça ne marchait pas avec moi ! ça devait être le genre de prof qui alimente certaines conversations entre étudiantes. Je les comprenais.



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MessageSujet: Re: Quatre mots sur un piano...   Mer 28 Juin 2017, 23:33



Va pour le coca. J'accepte en fin de compte de m'assoir, surtout parce que Neela se sent obligée d'insister tant j'ai l'air mal à l'aise. Je dépose le blouson dans un coin discret et m'installe, récupérant mon verre bien frais.
A sa première question, je secoue la tête. Non je n'ai pas joué cette semaine, bien sûr si l'on ne compte pas les soirées guitares après un bon repas - ou quelques pizzas commandées, entre potes. Je joue bien moins régulièrement qu'à une époque, bien trop peu à mon goût...

« Non, aucune représentation, la prochaine c'est chez toi. Enfin au King j'veux dire ! »

« Du coup la dernière fois, en partant, tu as parlé d’intervention à la fac ? T’es prof de musique ? »

Ola, certainement pas ! Je souris, franchement amusé par l'idée de pouvoir être pris pour un professeur. Vous pensez ? Je m'imagine un instant et, c'est vrai, mes intervention à l'Université peuvent s'apparenter à ce que fait un professeur. Mais, c'est tout ;

« Pas du tout non je, tu sais moi et le solfège... »

Dis-je dans une grimace qui signifie clairement que la matière en question n'est pas mon point fort. Enfin, l'expérience m'a heureusement permis de rattraper les carences de ce côté. Je regarde son reflet briller dans le vernis du piano avant de préciser.

« Comme j'ai une petite carrière, même loin d'ici, j'ai réussi à convaincre le directeur que je pouvais apporter quelques enseignements, ou disons des conseils aux élèves en musicologie. Je travaille un peu avec ceux qui envisagent de devenir organisateurs d'évènements culturels et même une classe qui se spécialise en journalisme. »

Finalement ma relation avec les étudiants se passe très bien. J'appréhendais, pas que je doutais de leur sympathie mais de mes compétences de pédagogue. Au final, on ne me demande rien de tel. Je n'ai qu'à expliquer ce que j'ai vécu en Arménie, là où ma carrière était réelle. Ceci dit j'évoque régulièrement les expériences acquises en France.
New York est plutôt la ville de l'intervenant Yeram, non du chanteur.

« En ce qui te concerne, tu m'as l'air bien plus musicienne que serveuse. »

Je marque une pause en dénombrant une fois encore les instruments. Puis je percute que ma phrase peut être impolie. Ou pas. Je panique, je bondis presque du fauteuil pour me rattraper, le coca tangue dangereusement.

« T'es une excellente serveuse ! Et plus encore hein, mais, enfin tu ressembles à une vraie artiste avec tout ce matériel et ... ! »

Mes sourcils se froncent, je détourne le regard un instant, prend une inspiration et lui reviens, navré d'être aussi puéril.

« Hem. Tu joues ailleurs qu'au bar ? Avec ton talent, ça m'étonnerait pas. »

Mieux ? Les traits anxieux laissent place à un sourire moqueur. D'accord je suis pathétique, mais mieux vaut en rire, je suis sûr que ça pourrait lui faire oublier mes scènes.

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MessageSujet: Re: Quatre mots sur un piano...   Jeu 29 Juin 2017, 00:01


Ça m’arrachait un sourire amusé qu’il parle du King’s Tavern comme mon chez moi. c’est vrai que je m’y sens comme à la maison ou presque et que j’y ai mes marques. Il semblait s’amuser de ma méprise sur ses réelles activités à l’université et assez rapidement il dissipait le malentendu. Je trouvais ça drôle qu’il n’aime pas le solfège. Je m’y connaissais, je savais déchiffrer une participation, je savais également écrire des partitions mais les cours, tout ça, ça me filait la nausée.

J’étais intriguée de savoir ce qu’il faisait du coup et il avait un espèce de rôle d’intervenant/consultat. Je trouvais ça intéressant et ne cachait pas un petit air impressionné. « J’ai fais musicologie… 6 mois. » Je me moquais de la mauvaise élève que j’étais. « Je suis pas très douée avec les cours, tout ça… J’apprend plus facilement sur le tas où avec des gens qui sortent de l’ordinaire… » Comme mon prof de piano, le seul qui ait tenu plus qu’un an. Heureusement que j’avais des facilités en musique parce que sinon je serai éternellement la nana qui commence un instrument et l’abandonne au bout d’un an… Je continuais d’apprendre seule ou en piochant à droite et à gauche des conseils mais je me défendais bien au final. « Je trouve ça super intéressant en tout cas… C’est cool » Je me demandais s’il était aussi maladroit devant une classe d’étudiant que devant moi et cette idée me faisait sourire.  

Il lâchait une phrase sans avoir conscience de ce qu’il venait de dire. Ça me faisait sourire et même rire quand d’un coup il s’enflammant, semblant vouloir se faire pardonner un mauvais commentaire. Je laissais échapper un autre rire quand il tentait de se reprendre et me mordais la lèvre inférieure pour essayer de me reprendre. « C’est pas incompatible d’être musicienne et serveuse mais oui la musique prend une place importante. » Privez-moi de musique 2 jours et mon moral est en berne et ce n’est pas façon de parler.

« Non ! Je joue qu’au bar. » C’était pas totalement faux. Je ne jouais en public qu’au bar. Ah si ! j’avais omis un détail. « Enfin si… Des fois je joue dans la rue. Souvent, je rejoins un musicien déjà en place ou je me pose dans un coin et je joue. J’aime bien le défi que c’est de retenir l’attention des passants… » Je devais avoir l’air d’une extra-terrestre à parler comme ça. « Maiiiis assez parlé de moi… On est là pour jouer de la musique ou pour en parler ? » Je l’avais remarqué observer plusieurs fois le piano. « Je te laisse le piano, je vois bien que t’en meurs d’envie. » J’avais souris amusé avant de me lever du canapé pour me rapprocher du bel instrument entouré des guitares, du saxophone. Ne manquait qu’une batterie mais je manquais d’espace pour ça. Tant pis, je me rattrapais au pub. « Est-ce que tu avais réfléchis à des morceaux qu’on pourrait jouer ? »

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MessageSujet: Re: Quatre mots sur un piano...   Ven 30 Juin 2017, 15:21



Apparemment, Neela n'était - et n'est - pas passionnée par le solfège, je me sens moins seul. Enfin, je n'ai pas délibérément choisi de mettre fin aux cours, je n'en ai tout simplement jamais suivi. Quand j'ai dit à mes parents que je voulais chanter, en faire mon métier, les enseignements musicaux n'étaient pas une option. Ils m'ont payé quelques cours de chant mais la professionnelle souhaitait m'orienter vers du classique. Ça ne me tentait absolument pas, ses exercices m'ennuyaient.

Je suis curieux de comprendre où le solfège lui a été enseigné - même un peu - dans quel cursus ? En France ? Pourtant je ne dis rien. Si la question se retourne contre moi, je serai contraint d'admettre n'avoir que l'équivalent du baccalauréat ! Ce n'est pas une honte, mais je garde ces interrogations pour plus tard alors que la belle m'explique ses habitudes de chant en dehors de ses heures de travail.
Le défi de retenir l'attention des passants... un exercice que je n'ai jamais tenté ! Si chanter dans les rues m'arrivent, je ne le fais qu'en me baladant. Je suis probablement trop pudique et j'ai besoin de la "bulle professionnelle" que son une scène et un micro, même si tout ce matériel est bancal.

« Génial, je te croiserai peut être dans les rues prochainement pour voir ça ! »

La jeune femme nous recentre sur le projet qui nous rassemble aujourd'hui. Je hoche la tête, n'ayant pourtant pas de réelles idées.
Ou plutôt, pas envie de vouloir passer pour celui qui a trop préparé le truc. Car oui, j'ai bien une liste des chansons que je me verrai chanter avec Neela...

« J'ai pensé à deux trois trucs... et toi ? »

Mieux vaut pour elle entamer le sujet.
Je me frotte les mains, légèrement nerveux. J'espère avoir la voix assez chaude pour répéter sans être ridicule et presque inconsciemment, je me racle la gorge et tousse deux trois fois, dans les starting block.
Stressé vous dites ?

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MessageSujet: Re: Quatre mots sur un piano...   Ven 30 Juin 2017, 23:45

J’avais souris amusé quand il parlait de me croiser dans les rues pendant l’une de mes petites sorties. « Si je te vois, tu auras intérêt à me rejoindre. » C’est qu’il n’allait surement pas rester spectateur si j’apercevais sa frimousse au milieu de celles des passants. Je lui adressais un sourire malicieux avant de recentrer la conversation sur la raison qui nous avait amenés à nous revoir.

On se rapprochait du piano et j’avais demandé à l’arménien de me dévoiler ses idées mais il semblait soudain bien moins exalté et j’esquissais un sourire en coin, légèrement amusé. « Deux trois trucs ? » C’était une question rhétorique puisque j’avais bien compris que ça serait à moi d’en dire un peu plus, la première. Je revenais sur ce que j’avais dit et lui piquais la place devant le piano avant qu’il s’y installe mais c’était pour la bonne cause. « J’ai mené mon enquête… » Je n’avais pas peur d’assumer d’avoir fouillé dans son répertoire car je voulais qu’il puisse chanter ses chansons et s’il y avait de quoi faire un duo, ça aurait été parfait. Et j’avais trouvé.

Je plaquais les premiers accords de « Tant que tu vis » et me mettais à chanter le premier couplet avec un petit sourire complice. Au refrain, je le laissais prendre le relais, posant quelques harmonies sur certains vers. Comme au bar, nos voix s’accordaient parfaitement et ça me donnait quelques frissons. Il enchainait le couple suivant et comme dans une danse parfaite, nos voix s’entremêlaient et se relayaient. Au moment où les derniers accords raisonnaient dans le salon, je n’osais presque pas briser le moment. « Wow. » C’était la seule chose qui était sorti de ma bouche, dans un souffle.

« Attend…. Je viens d’avoir une idée… » Je me levais et allais fouiller dans l’un des tiroirs d’un des meubles du salon. Je revenais avec un cahier façon Moleskine que je feuilletais en revenant vers lui. Je le tendais à Arev. « C’est un duo que j’ai écrit et composé… Lis le et si ça te tente… On pourrait essayer ? » Je n’avais encore jamais eu l’envie de le partager avec quelqu’un mais la voix d’Arev me donnait envie de tenter. « Je te fais écouter ? » J’attendais son accord et revenait devant le piano pour jouer et chanter pendant qu’il pourrait suivre le texte gribouillé sur le carnet. J’y avais déjà noté un premier découpage imaginaire pour celui ou celle qui aurait pu me rejoindre. Et sans plus attendre, je me mettais à chanter « Je ne t’en veux pas »

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MessageSujet: Re: Quatre mots sur un piano...   Dim 02 Juil 2017, 16:03



Elle a mené son enquête ? Je ne cache pas mon étonnement, un rien inquiet, avant que la jeune femme n'entame la mélodie d'une de mes chansons. Mon cœur se serre, un peu, mais je souris à l'écoute de ces accords si familiers. La voix de Neela s'approprie alors les paroles et j'admire un moment avant de me joindre à elle.
Cette chanson est intime, profonde, touchante. Pour moi en tout cas. J'ai du mal à la livrer facilement mais je prends conscience que d'entendre Neela la fredonner, la partager avec moi, c'est quelque chose de très agréable.

Le mélange est à nouveau superbe. J'appréhendais tellement de reposer ma voix contre la sienne, il n'y avait pas de quoi. Les timbres, les vibratos, l'articulation, tout s'accorde. Nous avons chacun nos points forts, nos jolies faiblesses, nos histoires dans les cordes vocales, et le mélange est divin.

« Wow. »

J'acquiesce, incapable d'ajouter quoique ce soit. Je suis d'accord avec elle, c'était incroyable. Une étrange mélancolie me saisi mais heureusement, la belle propose alors l'un de ses textes. J'attrape le document avec beaucoup de précaution comme si c'est un trésor que l'on glissait dans mes mains. En survolant les mots griffonnés, j'adhère totalement.

« Je te fais écouter ? »

« Avec plaisir ! »

Plus concentré à m'imprégner de l'atmosphère de la chanson que par les paroles que je suis censé prononcer, je murmure ce que j'arrive à suivre et ferme légèrement les yeux sous la mélodie. Quand le silence nous revient, je dépose le papier sur le piano et me tourne un peu, pour faire face à Neela.

« C'est très joli. Si tu veux, on peut faire celle-ci, au King. Et... tant que tu vis, à nous deux, est parfaite, mais peut être faut-il préparer quelque chose d'un peu plus rythmé ? »

Plaçant ma main à côté de la sienne pour plaquer un Do à trois touches, je cherche une chanson - pas forcément mienne d'ailleurs - qui pourrait à la fois entraîner le public vers du plus jovial, mais qui convient surtout à nos voix. Nos styles.
Mon bras rencontre accidentellement le sien alors que je joue, je me recule alors pour ne pas la gêner.

« Pardon ! ... Tu as une idole ? Un artiste phare en ce moment que tu voudrais reprendre ? »

Je réalise que je suis carrément parti pour préparer au moins deux duos. Ce n'est pas forcément ce qu'elle souhaite, je secoue alors la tête et retire mes mains de l'instrument pour avaler une gorgée du coca posé derrière moi.

« Enfin on peut déjà commencer avec une. Tu auras remarqué que je m'emballe facilement ! »


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MessageSujet: Re: Quatre mots sur un piano...   Sam 08 Juil 2017, 20:54

S’il existait peut-être encore un minuscule doute, en entendant Arev fredonner légèrement la chanson, je savais que j’avais choisi la bonne personne pour ce duo. J’étais contente qu’il trouve le morceau joli. « Oui avec plaisir. » Mais il avait raison, il fallait peut-être chercher un autre registre, quelque chose de moins lent et de plus punchy. « Oui sinon on va les faire tous déprimer, c’est pas le but. » Même si ça encouragerait certains à consommer de l’alcool. Enfin bref.

J’observais ses mains jouer sur le piano réfléchissant un peu à ce que l’on pourrait jouer mais j’ignorais ses goûts et je n’osais pas proposer. Je sentais son bras contre le mien et le voyais reculer. « C’est rien. » Je tournais la tête vers lui et ne m’étais pas préparée à croiser son regard, aussi près. Je m’étais mise à sourire un peu gênée avant de ramener mon regard sur les touches blanches et noires. « J’adore Sia et Christina Aguilera. » J’avais eu la chance de travailler avec la seconde, un vrai honneur. « Mais attend un peu… » Je tournais la tête vers lui, plissant légèrement les yeux d’un air qui se voulait menaçant mais qui finissait plutôt par être malicieux. « C’est moi qui propose depuis le début alors à ton tour ! »

Il semblait faire marche arrière et je haussais les épaules. « ça m’ennuie pas que tu t’emballes. » Je réalisais l’ambiguïté de mes propos et tentait de me redonner une contenance en attrapant mon verre de coca. « J’veux dire, j’aime bien chanter avec toi alors on peut aussi prévoir un autre duo. » Je me trouvais terriblement nulle à m’embrouiller toute seule comme ça et je ramenais la conversation au choix d’un morceau. « Donc, que nous proposes-tu ? »

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MessageSujet: Re: Quatre mots sur un piano...   Dim 09 Juil 2017, 10:52



« Oui sinon on va les faire tous déprimer, c’est pas le but. »

Dit-elle, visiblement d'accord avec moi. Je commence à réfléchir à quelques titres plus enjoués que nous pourrions reprendre ensemble, sans que l'un d'entre nous soit forcé de s'exposer à un style qui ne lui correspond pas. Ma timidité m'empêche de lister ce qui me vient en tête mais bien vite, Neela remarque la stratégie et je n'ai plus d'autre choix.
Amusé, je lève innocemment les mains.

« J'apprécie beaucoup Sia et Christina également ! »

C'est un peu tricher ? Mais véridique. Je me creuse un peu plus la tête pour émettre enfin quelque chose qui vient de moi, histoire de ne pas être qu'un copieur. Si je m'en veux d'être si impatient, la jeune femme me rassure en exprimant le même enthousiasme.
Je ne relève pas la petite ambigüité qui peut naître de sa remarque et réponds avec le peu d'assurance dont je suis capable en étant si près d'elle ;

« Je pensais à Police ou U2... »

En fait je ne trouve pas l'artiste/le groupe qui convient parfaitement parce qu'en fait, je m'imagine bien tout chanter avec elle. Je l'ai peu entendue et pourtant je ne doute pas de son immense talent. Je ne vois pas comment elle pourrait louper une reprise ! Pour ma part, s'il y a un domaine ou je me fais confiance - relativement - c'est le chant. Je ferai mon possible pour ne pas abîmer le duo mais je sais que notre duo fonctionnera quelque soit la chanson.
Étrange sensation.

« Vraiment, c'est comme tu veux. »

Je ramène mon verre à mes lèvres d'une main tandis que l'autre brode un arpège inconnu à la mélodie impatiente et gaie, à l'image de mon ressenti.


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MessageSujet: Re: Quatre mots sur un piano...   Dim 09 Juil 2017, 11:35

Je lui lançais un regard réprobateur que mon sourire amusé décrédibilisait totalement. Qul tricheur à se rabattre sur Sia et Christina. C’est la première fois que j’avais l’impression qu’il était presque plus réservé que moi, n’osant pas trop proposer de reprises. Je gardais le silence après lui avoir fait comprendre que chanter avec lui n’était pas un problème. Je ne le montrais peut-être pas, et je ne le dirai sans doute pas mais même s’il voulait prévoir 10 duos, ça ne m’aurait pas dérangé.

Assise à côté de lui je me sentais étrangement bien. Je sentais la chaleur de son corps le long de mon flanc et ça avait quelque chose de rassurant (et troublant) pourtant j’avais l’habitude de m’asseoir à côté des gens avec qui je répétais, ne serait-ce qu’au King’s mais là, c’était un peu différent (et du coup effrayant aussi).

« Je serai plus à l’aise avec U2 que The Police mais ça peut être cool. » Sauf que pour des groupes comme ceux-là, le piano n’était pas idéal. Je finissais par me résoudre à me lever pour retourner attraper ma guitare et m’asseoir sur un tabouret près du piano. « On pourrait faire… Beautiful Day ? » Après tout on cherchait quelque chose de plus rythmé, c’était pas avec « One » qu’on bougerait les gens.

On tentait alors et malgré quelques petites maladresses dues à la première tentative de duo, ça rendait bien. Je n’en étais même pas surprise, Arev et moi formions un duo qui fonctionnait bien, on devait l’admettre. Je tapotais ma guitare en réfléchissant à une autre possibilité mais j’avais autre chose dans la tête. « C’est chouette, ce que tu jouais juste avant… » Je parlais des arpèges juste avant que je l’abandonne pour retourner à la guitare.

Je grattais les mêmes arpèges à la guitare jusqu’à ce que j’ai une autre idée pour un duo : « Ed Sheeran ! » ça avait été soudain mais je me disais que ça pourrait être un bon style autant pour lui que pour moi. « Sing ? ou Shape of you ? ou même Castle on the Hill ? » Mais soudain mon enthousiasme se faisait plus discret, pas certaine qu’Arev partage mon avis… C’était dingue d’hésiter autant et d’avoir peur d’en faire trop alors qu’on était tous les deux emballés (par la musique… juste par la musique… Tsss)

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MessageSujet: Re: Quatre mots sur un piano...   Dim 09 Juil 2017, 12:05


Neela m'indique ses préférences parmi mes propositions et je prends note, fouillant ma mémoire à la recherche d'un titre de U2. Spontanément, c'est elle qui fait le choix et j'acquiesce. Pas de soucis pour les paroles - même si mon anglais reste médiocre - je la connais par cœur. Quant à savoir si elle conviendra, il suffit d'essayer !

« On pourrait faire… Beautiful Day ? »

« Aller ! »

Armée de sa guitare, la jeune femme s'installe près du piano et nous entamons le morceau en douceur. La voix déjà plus chaude, je m'amuse avec la sienne et termine en hochant la tête, convaincu : ça passerait si on la répète correctement.

Neela reprend alors l'improvisation que j'ai joué plus tôt et progressivement se rend sur des accords connus qui lui inspirent un artiste on ne peut plus populaire.

« Ed Sheeran ! [...] Sing ? ou Shape of you ? ou même Castle on the Hill ? »

« Pourquoi pas. »

Dis-je avec moins de motivation que précédemment. Je m'en rends compte et m'efforce de sourire alors que Neela se réserve légèrement, probablement à cause de la tronche que je fais. Pour éviter qu'il y ait incompréhension, je me tourne un peu plus vers elle.

« Ce sont de très bonnes chansons mais je, j'avoue que j'appréhende toujours de reprendre des artistes si adulés. Je ne veux pas décevoir, présenter quelque chose de moins bien... Ed Sheeran est un artiste d'actualité, tout le monde l'a en tête, j'ai peur de déplaire. »

A-t-elle conscience de mon niveau de timidité ? De ma façon de me sous-estimer ? En voici une jolie démonstration. J'en souris pourtant. Il n'y a pas de mal à être modeste, voire craintif. Le problème c'est qu'une des chansons proposées par la demoiselle irait très bien ! Et puis nous parlons de duo, je serai plus à l'aise si nous sommes deux. La proposition sera une vraie nouveauté ;
J'essaye de me convaincre.

« Essayons, on sait jamais. »

Je lui donne un léger coup de coude pour l'inciter à démarrer tout en voulant me faire rassurant. Ça va, je ne vais pas non plus me mettre à trembler par le simple nom de M. Sheeran, si grand soit-il...


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MessageSujet: Re: Quatre mots sur un piano...   Dim 09 Juil 2017, 12:35

Et voilà. Je m’étais plantée. Son « pourquoi pas » balayait Ed Sheeran avant qu’il ne précise sa pensée. C’est comme ça que je découvrais Arev timide, manquant de confiance en lui et il avait tellement de talent et sa voix était tellement belle que je ne comprenais pas pourquoi il doutait autant. Si j’avais croisé mon reflet dans le miroir, j’aurais compris. J’écrivais pour des artistes connus, j’étais appréciée dans le pub où je chantais et pourtant j’avais autant de doutes qu’Arev. On se ressemblait beaucoup, définitivement.

« Tu ne peux pas déplaire… Je comprends vraiment tu sais, le manque de confiance, la peur de décevoir mais… Enfin t’as du talent ! T’en as conscience quand même, au moins un peu, non ? » Je lui adressais un sourire encourageant. « T’as une belle voix et le sens du rythme… Et puis Ed Sheeran c’est parfait pour ta voix… Alors franchement, tu n’as rien à craindre. En fait c’est moi qui risque de galérer… » Je souriais amusée et en l’entendant proposer d’essayer, j’affiche un air satisfait.

« Shape of You ? » Et après confirmation je commençais à jouer une version guitare du titre phare d’Ed. Et je me lançais la première dans la chanson histoire d’être la première à m’y risquer. Il ne pourrait pas faire pire, c’était impossible. Petit à petit le rythme de la chanson nous emportait et j’arrêtais de réfléchir, laissant juste les mots sortir et m’amusant. C’était le meilleur moyen - s’amuser et arrêter de réfléchir - pour que ça sonne bien. On terminait et j’avais un grand sourire sur le visage. « Yeah ! Je t’avais diiiis ! » Si lui ne croyait pas assez en lui, je voulais bien croire pour lui.

« Un autre verre ? » Je me laissais glisser de mon tabouret, posais ma guitare délicatement et filais au moins me resservir. Je revenais vers le piano. « Je pense que ça peut être bien tout ça pour la prochaine fois… » Je haussais les épaules. « Au pire, si ça fait trop, ça nous en fait d’autres pour une autre fois. » Qui était celle qui s’emballait cette fois hein ? « On s’y remet ? » Mieux valait changer de sujet.

On avait répété à nouveau les duos. Arev avait apprivoisé ma chanson et notre duo sonnait vraiment bien. On avait repris U2 et Ed Sheeran et le temps avait filé à toute allure comme à chaque fois qu’on fait quelque chose qui nous passionne. Je réalisais l’heure alors qu’Arev jouait à nouveau les petits arpèges de tout à l’heure. « Est-ce que t’as faim ? » Andy serait fier de moi, je m’apprêtais à proposer à Arev de rester dîner. « On peut se commander à manger où je peux essayer de nous préparer un truc vite fait ? » Sauf que mon manque de confiance en moi reprenait le dessus, il avait peut-être mieux à faire et quelqu’un d’autre à voir. « Enfin je veux pas te retenir si t’as mieux à faire. » Promis, j’allais pas me vexer s’il déclinait l’invitation. En tout cas j’allais garder ma déception à l’intérieur.

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MessageSujet: Re: Quatre mots sur un piano...   Dim 09 Juil 2017, 12:57



Bon, Neela n'a pas été dupe, pire encore, elle a parfaitement interprété mon hésitation. Tant mieux remarque, je ne veux pas qu'elle se trompe sur mes goûts. Ce que propose l'anglais est plus qu'agréable à entendre, et chanter. Sous ma douche, j'en ai repris un paquet de ses chansons ! Mais honnêtement, pour pouvoir reprendre un artiste de cette envergure, il faut du charisme, du talent, une aisance sans limite... Ce n'est pas mon cas. Je crois.

« … Alors franchement, tu n’as rien à craindre. En fait c’est moi qui risque de galérer… »

Ses mots polis sont également sincères. Je l'observe en silence et réfléchis, en essayant d'être objectif, pour imaginer ce que ma voix pourrait réellement rendre sur du Sheeran. Je pense avoir tellement entendu l'artiste que j'ai du mal à me glisser à sa place pour interpréter ses mots. Il faut que je prenne du recul, que je me détache de ce stress aussi !
Neela m'aide, beaucoup, et je finis par chanter avec elle suffisamment à l'aise pour m'approprier le titre. Ouf. C'est plutôt très sympa ;

Après ces premières minutes à se caler et à choisir les chansons, nous reprenons chacune d'elles avec un peu plus d'application et d'investissement. Je cherche les harmonies, atténue ma voix pour faire ressortir celle de ma camarade avant de la rejoindre avec plus d'intensité. On s'amuse, se découvre encore un peu, jusqu'à ce que les minutes soient devenues une bonne heure (ou plus ?).
En une question, Neela réveille mon appétit et me ramène à la réalité.

« Euh, oui un peu. »

« On peut se commander à manger où je peux essayer de nous préparer un truc vite fait ? »

L'invitation implicite me fait plaisir. D'ailleurs je souris et quitte déjà le piano. J'ai adoré notre partage musical mais il est temps de souffler un peu et la "pause" qui s'annonce me paraît juste délicieuse. Aller, je rougirais presque en imaginant que Neela puisse lire dans mes pensées ;
Quand elle parle de mieux à faire, je secoue la tête sans doute trop hâtivement.

« Ah non du tout ! Ça me ferait plaisir de manger un bout avec toi. J'offre le repas, si tu veux commander quelque part. Ou alors, on bricole un truc ensemble. »

Je n'ai pas mieux à faire. Après, est-ce une bonne chose d'accepter ? Je ne peux le nier, Neela me plaît. Belle, talentueuse, amusante, souriante, gentille, je ne lui trouve aucun défaut et quand bien même, le feeling est parfait.
Nous pourrions être de bons amis... mais cette perspective me déplaît. Coupable, je me frotte la nuque en chassant l'image de mon épouse.

« Qu'est ce qui te fais envie ? »





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MessageSujet: Re: Quatre mots sur un piano...   Dim 09 Juil 2017, 13:17

C’est étrange cette nervosité quand il accepte. J’aurais été complètement déçue s’il avait refusé, j’avoue, mais de l’entendre accepter me faisait un peu peur. Plaisir mais peur. Je tentais d’écouter une petite voix, qui aurait le timbre d’Andy et qui me conseillerait de juste profiter sans se poser de question. C’était un dîner entre amis. Voilà ça n’avait pas forcément vocation à être autre chose entre nous, non ? Alors pourquoi je sentais mon esprit s’emballer comme si la perspective d’être ami ne lui plaisais pas assez ? Stop. Fallait vraiment que j’arrête de cogiter comme une tarée.

« ça me gêne que tu payes, c’est moi qui t’ai invité la première… »
Je souriais amusée avant de reprendre. « Alors autant cuisiner ? » Je l’entrainais vers la cuisine avant de soupirer à sa question. « Je ne suis jamais inspirée pour les repas c’est une catastrophe… » Avec Noah on était tout le temps-là se demander « qu’est-ce qu’on mange ? » et on mettait autant de temps à trouver l’inspiration qu’à préparer ensuite le repas, c’était ridicule mais à présent ça me faisait sourire. En pensant à lui je me demandais si je devais me sentir coupable mais je chassais cette idée. Je ne faisais rien de mal.

« Voyons voir… » J’ouvrais le frigo, en présentait le contenu à Arev comme je l’aurais fait si j’avais été présentatrice du télé-shopping. De la même façon, j’explorais mes placards. « Tagliatelles carbonara ? croque monsieur ? Burgers ? Mac & Cheese ? » Je me retournais vers lui avec un petit air malicieux. « J’ai proposé, tu choisis ! » Et toc ! Parce que je le voyais venir à grandes enjambées l’indécis qu’il était même si ça me faisait sourire.

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MessageSujet: Re: Quatre mots sur un piano...   Dim 09 Juil 2017, 13:31



Elle opte pour la cuisine plutôt que la commande. Ça me va. Ça impose de dévoiler un peu plus ma grande maladresse mais, en supposant que j'arrive à éviter la catastrophe, ça reste beaucoup plus sympa que d'attendre le livreur. Cuisiner n'est certainement pas ma vocation, en revanche c'est toujours un plaisir. Ma mère est une cuisinière hors pairs, j'ai été élevé avec cette chaleureuse habitude de concevoir les gourmandises et les partager avec ceux que l'on aime ;

Dans la cuisine, la belle me présente les ingrédients de son frigo et fait la liste de ce que nous pouvons réaliser avec. Ma foi, que des bonnes choses - mais je ne suis pas difficile, au contraire ! Avant que je puisse faire une courbette d'esquive, Neela anticipe :

« J’ai proposé, tu choisis ! »

« Bien alors, les tagliatelles carbonara ! »

Je fais celui qui impose son choix mais croyez bien que j'étudie attentivement sa réaction pour être sûr que cela lui convient.
Les pâtes, de l'eau à bouillir, quelques condiments, la crème et les lardons bien sûr, j'aide comme je peux sans être encombrant. En me retournant pour placer le couvercle sur la casserole, je rencontre ses courbes dans un frôlement accidentel - loin d'être pénible néanmoins.

« Pardon, je prends de la place. »

Je fais semblant de la pousser un peu plus avant de me concentrer sur ma tâche. Lorsque je me retrouve les mains vides, j'interroge :

« Tu as des œufs ? J'ai l'habitude de casser un œuf sur les pâtes carbo. »

C'est peut être son cas aussi. Bien sûr, on peut faire sans, je m'en moque totalement. La petite session cuisine m'a détendu et je m'entends proposer mes petits trucs persos de manière décontractée. Ce dîner est une très bonne idée, je me sens bien.



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MessageSujet: Re: Quatre mots sur un piano...   Dim 09 Juil 2017, 13:54


Peu importe ce qu’il aurait choisi, tout me plaisait. J’affichais donc un sourire face à son verdict et sortait les ingrédients avant de commencer à préparer. Les lardons à défaut de Pancetta étaient en train de griller et l’eau bouillante accueillait les pâtes. La cuisine avait beau être spacieuse, à être au même endroit on finissait par se rencontrer. Je me sentais rougir alors qu’il s’excusait. Je m’écartais pour lui laisser la place.

Les pâtes seraient cuites dans quelques secondes et je poussais la crème plus loin, versant le parmesan dans le saladier de service avant d’ouvrir le frigo au moment où Arev parlait des œufs. « J’en cherchais justement… » Je ramenais la boîte et cassait un œuf dont le jaune finissait dans le saladier. Je battais le mélange avant de relever la tête vers Arev. « Y’a pas de crème dans la vraie carbonara… J’en mettais avant et puis j’ai rencontré un italien et j’ai plus jamais osé en utiliser. » Je souriais amusée avant d’aller égoutter les pâtes et de les verser sur l’œuf et le parmesan battu. Je rajoutais les lardons et mélangeais le tout avant de partager notre plat de pâtes en deux assiettes. « A toi de jouer ! » Je le laissais casser les œufs pour en déposer un sur chaque assiette. Travail d’équipe. « Y’a plus qu’à manger. »

J’avais profité que l’eau chauffe pour dresser quelques couverts sur la table et nous n’avions qu’à nous installer pour déguster. « Merci pour l’aide… » Je lui adressais un nouveau sourire et lui souhaitais un bon appétit. L’heure du verdict était arrivée et le silence des premières bouchées prouvait que c’était plutôt bon. « On forme un bon duo je crois… » J’esquissais un sourire malicieux avant d’avaler quelques gorgées d’eau. « Ta famille est en Arménie ou en France ? Ou les deux ? » J’avais peur de me montrer trop indiscrète mais j’avais envie de mieux le connaître. On avait déjà beaucoup partagé avec la musique mais j’étais curieuse de savoir s’il avait des frères et sœurs, où sa famille vivait et accessoirement s’il avait quelqu’un dans sa vie. Je n’avais pas remarqué d’alliance quand on était installés au piano mais ça ne voulait rien dire.  

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MessageSujet: Re: Quatre mots sur un piano...   Dim 09 Juil 2017, 14:48



Notre version du repas est parfaite, je déguste aux côtés de la serveuse/chanteuse, ravi de pouvoir remplir mon estomac avec autant de gourmandise que d'amitié. Car oui, ce genre de partage finalement, c'est avec des amis qu'on les a. Que ça me plaise ou non. Je finis par me persuader qu'une amitié est forcément le début d'une relation, qu'importe la direction que prend cette dernière, et je cesse de me tourmenter.

« Merci pour l’aide… »

« Je t'en prie. Merci pour l'invitation ! »

Double invitation, entre les répétitions programmées chez elle puis ce repas. Neela s'autorise alors un peu de curiosité et je dépose mes couverts pour prendre le temps de boire un peu d'eau avant de répondre. Qu'elle questionne prouve qu'elle s'intéresse, ce devrait être un bon point. Je souris et entame une explication que j'espère claire :

« En Arménie, ma famille vit en Arménie je suis le seul à être allé en France. »

Ma famille se résume à mes parents et ma fratrie. Aussi compliqués soient mes liens avec les miens, mon frère notamment. Mes pensées s'égarent brièvement jusque dans l'hexagone mais le courage me manque pour évoquer celle que j'ai épousée. Courage, ou honnêteté. Les mois de séparation qui se comptent déjà en années ont largement détruit mon couple et puisque je n'ai jamais voulu m'expliquer, celle que j'aimais a fini par me détester. Nous ne nous entendons plus, nos contacts sont rares et violents, la procédure de divorce est en cours - paraît-il.
Pourquoi embêter Neela avec tout ça ?

« J'ai trois sœurs ainsi qu'un frère. Je suis le cadet. Et toi ? Tu as de la famille en France ? »

Je préfère largement entendre son histoire que d'évoquer la mienne. Si elle a d'autres interrogations bien sûr, j'y répondrais. Je ne veux pas me fermer à elle, paradoxalement, j'ai peur de m'ouvrir et de devenir inintéressant à ses yeux ;

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MessageSujet: Re: Quatre mots sur un piano...   Dim 09 Juil 2017, 15:23

Je terminais mon assiette en l’écoutant. J’avais toujours eu la chance d’avoir ma famille avec moi et je me demandais si j’aurais pu faire comme lui, partir dans un autre pays toute seule pour y vivre ma vie. J’étais proche de mon père sans l’être, on savait qu’on s’aimait, au moindre coup dur, il suffisait de s’appeler et l’autre était présent mais sinon il pouvait se passer des semaines sans qu’on échange le moindre message. Mais je savais qu’il pensait malgré tout à moi, on était juste pas très démonstratifs.

« C’était pas trop difficile ? » Et mon visage montrait clairement que moi, ça l’aurait été. « Je suis pas forcément très proche de ma famille, mais partir loin de chez moi comme ça, j’aurais eu du mal. » Pourtant c’est ce que j’avais fais quelques mois après la mort de Noah. J’avais taillé la route, toute seule avant de revenir mais au lieu de rentrer à Washington je m’étais arrêtée à New York, poussant le chemin un peu plus loin. Mais je n’avais pas changé de pays et la grosse Pomme ne m’était pas complètement étrangère quand j’étais venue m’installer car j’y travaillais régulièrement.

« C'est une grande famille! Je suis fille unique, j'aurais aimé ça avoir des frères et soeurs...» Mais la vie avait fait que mes parents n'avaient eu que moi. « Des cousins surement… Ma mère était française mais elle n’était pas très proche de sa famille… Donc j’ai surtout des amis là-bas… » Je souriais doucement avant de reprendre. « Par contre mon père a pas mal de famille à travers le pays ici, on est pas hyper proches au quotidien mais c’est le genre de famille qui va se resserrer en cas de coup dur. » ça me brûlait les lèvres de parler de Noah. « J’ai… » Je ne pouvais pas parler de moi ouvertement sans l’évoquer mais j’avais pas envie en même temps de créer un froid. En général, c’est ce qui se passait, la personne en face était mal à l’aise et dans le pire des cas, je lisais de la pitié dans les regards. Je me mettais peut-être des barrières pour avancer et refaire ma vie, mais soyons honnêtes, les gens s’en mettaient aussi une fois qu’ils savaient.

« J’ai pas grand-chose pour le dessert… Des fruits, de la glace… Ce genre de chose. » Et voilà. Je m’étais défilée et j’avais préféré éviter de gâcher le moment. Je me levais pour débarrasser non sans être aidée par Arev. Je sortais ce qu’il voulait en guise de dessert et laissait à nouveau libre cours à ma curiosité. « Donc tu es parti d’Arménie pour la France… Je n’y suis jamais allée… Pourquoi tu es parti ? » Je ne me souvenais plus s’il me l’avait dit ou non. « Je suis désolée je suis un peu curieuse mais j’aime bien connaître la vie des gens que j’apprécie. » J’avais l’habitude d’écouter. Par curiosité, par envie d’être présente quand ça n’allait pas. Professionnellement, faire parler les artistes permettait de mieux les cerner pour mieux écrire pour eux. Mais là c’était pas une motivation professionnelle mais une motivation personnelle. Il y avait ce feeling entre nous quand on chantait et peut-etre aussi quand on ne chantait pas à moins que je me monte la tête – ce qui était fortement possible étant donné le cœur d’artichaut que j’étais - mais ça me donnait envie de tout savoir… J’allais juste éviter de lui dire ça comme ça sinon il me prendrait pour une psychopathe.

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MessageSujet: Re: Quatre mots sur un piano...   Dim 09 Juil 2017, 15:36



Partir fut très difficile. Je savais qu'en choisissant ce métier, j'allais devoir m'éloigner des miens, mais la facilité avec laquelle on peut prendre un avion ou un train me rassurait. Jusqu'à ce qu'on me demande de partir et de ne jamais revenir. J'ignore encore aujourd'hui le réel degré de risque que je prendrai en rentrant en Arménie. Du coup, je n'ai vu ma mère que deux fois depuis... La blessure reste intacte, je me suis senti arraché au mien et à la fois responsable car, peut-être aurait-il fallut se battre. La peur de voir les miens souffrir m'a condamné au silence, à la fuite et la lâcheté.

« C’était pas trop difficile ? »

« Ils me manquent atrocement. »

Le terme employé sonne mal. Sonne comme s'il m'était impossible d'y retourner, ce qui est le cas ! Je souris discrètement pour atténuer ces propos et l'écoute alors me parler des siens. J'imagine cette famille éparpillée sur cet immense territoire, solidaire pourtant. Je suppose un père discret mais protecteur, des proches attentionnés malgré les distances.

Finalement, le repas se termine autour de quelques fruits. La jeune femme articule une nouvelle question et je continue de vouloir la rassurer bien que la réponse à donner soit compliquée. Je souris, prends le temps de chercher mes mots avant de rouvrir la bouche.

« Je suis parti pour ma carrière. Il fallait que...j'élargisse un peu ma culture musicale, que je découvre le métier depuis un autre pays. Il fallait que je prenne un peu de distances avec l'Arménie. »

Un mensonge qui n'en est pas un. Il fallait partir, c'était la condition, l'ordre. Ma carrière gênait chez moi, je sais que depuis la France j'étais surveillé et même, tant investi dans la vie de la communauté arménienne que me voici aux USA.
Fronçant les sourcils sans m'en rendre compte, je pose un regard amer sur la table en jouant nerveusement avec mes doigts.

« Il faudrait que je retourne en France prochainement. »

Dis-je sans cacher l'absence de motivation.


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MessageSujet: Re: Quatre mots sur un piano...   Dim 09 Juil 2017, 15:53


Les mots son violent. Le ton aussi. Je pouvais entendre la déchirure derrière sa phrase mais je sentais là une limite à ne pas franchir. Je ne voulais pas remuer le couteau dans la plaie même si j’aurais aimé savoir pourquoi il avait l’air contrait de rester loin de sa famille. Je me faisais peut-être des idées, mais quelque chose semblait le maintenir à distance de ses racines. Une dispute familiale peut-être ? J’étais loin d’imaginer les vraies raisons de son exile. « Je suis désolée… » pas que je sois responsable mais qu’il ait à vivre cette douleur-là.

Il continuait de répondre à mes questions, ça me rassurait. Néanmoins j’avais l’impression d’être une équilibriste qui marchait sur un fil, j’avais peur du faux pas, d’aller un peu trop loin dans ma curiosité. Je guettais donc ses réactions, l’observant peut-être un peu trop. Dans le choix de ses mots, quelque chose m’intriguait. « Il devait prendre de la distance avec l’Arménie. » ce n’était pas tellement un choix ce départ, je le comprenais mais puisqu’il ne l’avait pas dit clairement, je ne voulais pas risquer de le mettre mal à l’aise en mettant à jour ce que j’avais deviné. « Je comprends… »

Et comme pour mieux confirmer mes déductions, il parlait de retourner en France et non en Arménie. J’aurais aimé lui dire que j’avais un voyage prévu pour Paris dans quinze jours mais ça me forcerait à lui expliquer sans doute que j’y allais pour travailler. Quoique, j’avais parlé d’amis, alors je pouvais toujours dire que je partais en vacances. « J’y vais moi. Dans deux semaines… » D’un coup l’idée que j’avais eu de lui proposer de venir avec moi semblait ridicule. « C’est un peu ridicule dit comme ça mais tu pourrais venir avec moi. » Bah oui Neela, il avait que ça à faire… « Désolée c’était maladroit… Je sais pas trop à quoi je pensais en te disant ça. » Si, je pensais à un voyage en France, avec lui et ça ne m’aurait pas déplu. « J’ai tendance à croire qu’on peut tout arranger simplement… C'est idiot... » Je haussais les épaules. « T’y retourneras surement un jour… Quand tu en auras envie… » Parce que j’avais remarqué le manque de motivation dans son attitude.

Consciente d’avoir un peu plombé l’ambiance en forçant Arev à se replonger dans ces histoires qui semblaient compliqué, je tentais de faire diversion. « Et si on parlait des lutins qui vivent quelque part en Patagonie et qui vivent de l’élevage de licorne plutôt hein ? » Je croisais son regard et lui lançais un sourire amusé, témoin de toute mon envie de changer de sujet et de ramener la bonne humeur.

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On est des enfants de la nuit de la mélancolie. Le crayon s’en est aguerri on est introverti. Sans un bruit attendre l’embellie abrité de la pluie. Comme nés de l’ombre et du soupir on est introverti. Mais sous le manteau de l’hiver, La nature entaille la chair. J’ai dans mon chagrin des cimetières, Le cœur trop pur pour vraiment m’y plaire.
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MessageSujet: Re: Quatre mots sur un piano...   Mer 12 Juil 2017, 15:12



L'évocation de la France réveille de mauvais souvenirs, d'autres plus doux mais terriblement frustrants. Un violent frisson de nostalgie s'empare de moi et je me fais violence pour ne pas manquer de respect à Neela en loupant ses réactions.

« J’y vais moi. Dans deux semaines… »

« Ah oui ? »

Une opportunité trop belle ou un hasard malheureux ? Pourquoi envisager de voir mon épouse au moment où je rencontre une fille si parfaite ?
Le destin souhaite peut être me forcer à conclure l'histoire, à clore définitivement mon mariage... mais j'appréhende tant de la revoir ;

« Désolée c’était maladroit… Je sais pas trop à quoi je pensais en te disant ça. »

« ... non ce, ce serait peut être l'occasion d'aller régler quelques détails là bas... si tu peux supporter un partenaire de vol tel que moi. »

Suis-je vraiment entrain d'imaginer partir en France, là, sur un coup de tête ? Bon sang, je ne peux pas rester à ses côtés en allant vers Paris... je suis un danger tant que mes ennemis n'auront pas été neutralisés. Et puis je ne sais pas à quel point ils m'ont à l’œil, un déplacement en France alors qu'ils m'ont forcé à partir peut avoir des conséquences tragiques sur chacun de mes proches, Neela et ma femme comprises.
Je ne supporterai pas que quelqu'un soit blessé par ma faute.

« Et si on parlait des lutins qui vivent quelque part en Patagonie et qui vivent de l’élevage de licorne plutôt hein ? »

L'effet prévu par cette remarque totalement déjantée est immédiat et efficace, je mets deux secondes à percuter que la miss cherche à détendre l'atmosphère. Elle m'arrache un sourire et la nostalgie laisse place à un léger soulagement. Elle ne s'est visiblement pas vexée. Néanmoins je me sens obligé de préciser :

« Ta proposition me plaît, vraiment, je préfèrerai faire ce déplacement avec toi mais je... il y a des complications. »

Voilà le genre de remarque inutile. J'en ai trop dit désormais. Je regarde la jeune femme avec embarras, navré d'être si vague.
Je me mords la lèvre et me rapproche, très sérieux :

« Comment les lutins élèvent-ils les licornes ? »



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MessageSujet: Re: Quatre mots sur un piano...   Mer 12 Juil 2017, 23:34


J’avais cru, pendant quelques secondes que l’évocation de mon voyage à venir en France avait provoqué la même idée chez l’arménien mais assez rapidement, j’avais senti que ce n’était qu’une idée un peu folle et pas réaliste du tout. « Je suis sûre que ça ne serait pas si difficile que ça. » Même si ça me forcerait sans doute à lui expliquer ce qui m’amenait en France. Ça n’était pas vraiment un problème, j’avais confiance en Arev et son jugement et je doutais qu’il soit comme ces gens qui avaient un peu trop profité de mes petits avantages que j’avais en tant qu’auteur compositeur. De toute façon, il semblait avoir été happé par ses pensées et je comprenais que je voyagerai à nouveau seule dans deux semaines.

Je préférais changer de sujet, évoquant des lutins et des licornes et j’avais tenté de garder un air sérieux quelques secondes avant d’afficher un sourire amusé qu’il finissait par me rendre. Je lui en voulais pas pour le voyage, c’était une idée lancée comme ça et puis on se connaissait à peine. Je préférais que la soirée se poursuive dans une bonne ambiance. Mais le chanteur était décidé à préciser sa pensée et je souriais doucement, comme pour mieux le convaincre qu’il n’y avait aucun malaise. « Il n’y a aucun souci… » J’étais intriguée bien sûre et j’aurais aimé avoir le culot de lui poser la question mais j’avais surtout le respect du silence que semblait vouloir garder Arev à ce sujet.

Il se rapprochait sur le ton de la confidence et je prenais un air sérieux mais on voyait que je luttais un peu pour ne pas me mettre à rire. « Alors en fait, c’est pas si compliqué que ça. Parce que vois-tu, les lutins parlent le licorne couramment… Si ils décident que tu es à la hauteur, ils peuvent t’apprendre à parler licorne si tu en as envie… Je t’assure c’est très sérieux. » J’avalais un morceau de fruit avant de continuer, toujours aussi sérieuse. « Ils doivent grimper les uns sur les épaules des autres parce que bon, les licornes sont grandes et les lutins tout petits petits ! » Je faisais petit avec mon index et mon pouce. « Ils les utilisent comme autobus… Enfin du coup, ça fait des licorne-bus… Ils peuvent voyager à travers la Patagonie comme ça et en échange, ils fournissent aux licornes du foin-nuage-barbapapa… » Je secouais la tête avant d’éclater de rire « Et toi tu m’écoutes te raconter tout ça sans m’interrompre… A croire que c’est toi le plus dingue de nous deux… » Je secouais la tête en laissant mon rire se calmer tout en croisant son regard. Cet échange-là me troublait un peu. Je finissais par détourner les yeux, intimidée.

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MessageSujet: Re: Quatre mots sur un piano...   Jeu 13 Juil 2017, 11:19


Suite à ma question, Neela joue le jeu sans la moindre hésitation. Je n'en doutais pas. Commence alors des explications détaillées et loufoques, improbables, comiques, inattendues. Je me surprends à écouter attentivement, à tel point que lesdits petits lutins prennent vie dans mes pensées. Mon imagination trace les silhouettes élancées des licornes dont les créatures prennent soin avec respect et fascination.
Je détache finalement mes esprits du tableau féérique que Neela évoque. Je la regarde, elle, parler si librement, si honnêtement de faits qui sortent tout droit de sa pointe de folie. Je souris, bizarrement touché par sa capacité à chasser le négatif. Son histoire de lutins a balayé tous mes maux, la nostalgie, la culpabilité et même la gêne. Je me sens bien et dévore sans remord son doux regard, ses lèvres rêveuse.

« Et toi tu m’écoutes te raconter tout ça sans m’interrompre… A croire que c’est toi le plus dingue de nous deux… »

Je ne sais que répondre. Trop concentré dans ma contemplation, je ne m'attendais pas à ce qu'elle s'arrête ainsi. Je continue juste de sourire, avant de réaliser qu'il vaut mieux articuler quelque chose pour ne pas paraître absorbé de manière ambigüe ;

« ...Je t'écoute parce que tu racontes bien ! »

Alors je ne suis pas le plus dingue des deux ? Je secoue la tête pour moi-même comme si cette question était inutile. Aucun de nous n'est dingue mais je suis sûr d'une chose : Neela est fantastique.
Mes yeux glissent le long de son menton, remontent à ses lèvres puis son petit nez. Ils croisent son regard sans s'y attarder et finalement se retirent dans un coin de la pièce.

« Si j'ai besoin d'en apprendre plus sur les lutins, je sais désormais où aller ! »

J'attrape un dernier bout de fruit, pour m'occuper plus que par faim.


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MessageSujet: Re: Quatre mots sur un piano...   Jeu 13 Juil 2017, 20:49

Il y avait eu ce léger instant de flottement. Celui qui laisse penser que quelque chose se passe sans qu’on puisse vraiment mettre des mots dessus. Je m’étais laissée détailler du regard, faisant de même avant de détourner les yeux, intimidée mais aussi un peu troublée. Je sentais mon estomac se nouer, incapable de savoir si c’était agréable ou effrayant ou peut-être un mélange des deux. J’avais souris doucement en l’entend parler de mes « talents » de conteuse. « Tu parles… » Je secouais la tête avant de relever les yeux vers lui.

Arev était encore en train de me regarder et je me sentais rougir un peu. Ça faisait une éternité que quelqu’un ne m’avait pas regardé comme ça. Andy dirait que c’était juste que je ne remarquais jamais rien d’habitude mais c’était aussi la première fois depuis un moment que j’avais envie de me perdre dans le regard de quelqu’un. Il y avait eu des coups de cœurs depuis Noah mais aucun n’avait mené à ne serait-ce qu’un baiser. Je fuyais avant, je sabotais l’histoire avant qu’elle ne commence ou le type en face prenait la fuite quand il savait. Et Arev ne savait pas. Il détournait les yeux au moment où je réalisais qu’il faudrait lui raconter ma situation. Mais pas ce soir. Ce soir on avait réussi à retrouver la bonne humeur, je ne voulais pas la gâcher. Sauf s’il finissait par remarque une ou deux photos parmi toutes celles exposées dans la maison où j’étais avec Noah. Les derniers souvenirs visibles mais que tout le monde ne remarquait pas au premier coup d’œil.

« Si tu vas à « qui veut gagner des millions » et que tu as une question sur les lutins, tu fais l’appel à une amie et tu donnes mon numéro. » Je souriais amusée et tentais de reprendre un peu de contenance avec cet énième trait d’humour. « Est-ce que tu veux boire quelque chose pour terminer le repas ? Café ? Thé ? Chocolat ? » On ne sait jamais, c’était peut-être un accroc des chocolats chauds. Je me levais pour finir de débarrasser, remplissant le lave-vaisselle avant de tout ranger. Je me faisais un café, préparais également une boisson pour Arev.

« Est-ce que tu veux qu’on répète à nouveau ensemble avant qu’on chante au King’s ? » Les mains autour de ma tasse, je soufflais sur le café avant d’en boire une minuscule gorgée. Je n’étais pas contre une autre après-midi de répétition avec lui, ni contre un autre dîner. « Ou alors on répète chacun de notre côté en se tenant au courant et on se retrouve juste un peu plus tôt le jour J ? » Je haussais les épaules, le laissant décider de ce qu’il préférait et avec un sourire amusé je murmurais. « Pas de « comme tu veux. » » ça allait devenir un running gag entre nous…

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