AccueilAccueil  CalendrierCalendrier  FAQFAQ  RechercherRechercher  MembresMembres  GroupesGroupes  S'enregistrerS'enregistrer  Connexion  

Partagez | 
 

 T'en vas pas maintenant

Voir le sujet précédent Voir le sujet suivant Aller en bas 
Aller à la page : 1, 2, 3  Suivant
AuteurMessage
✔ INSCRIT LE : 12/06/2017
✔ MESSAGES : 80

MessageSujet: T'en vas pas maintenant   Lun 24 Juil 2017, 03:12


Frederic et moi avions tout tenté pour ne pas dire que nous nous étions entêtés. Mais Paris avait laissé des traces et nous avions beau les ignorer, il était difficile de continuer notre histoire comme si de rien n’était. Et puis un soir, nous étions allés dîner et en sortant du restaurant, au moment de choisir chez qui nous passerions la nuit, il y avait eu un instant de flottement. « C’était notre dernier dîner, n’est-ce pas ? » J’avais relevé les yeux vers Fred, surprise et puis je m’étais avouée vaincue. « Je crois… Je suis vraiment désolée… » « Pas autant que moi… » Un silence s’était installé et je ne voulais pas qu’on se quitte comme ça. « Tu comptes beaucoup pour moi. » « Et toi aussi… » Il avait posé sa main sur ma joue avant de m’attirer contre lui et on s’était offert un dernier câlin alors que mes yeux brillaient un peu trop. « Il en a de la chance, j’espère qu’il le réalisera… » Je m’étais détachée et j’avais levé les yeux vers lui, gardant le silence. « Prend soin de toi… » « Toi aussi… » Et je l’avais regardé s’éloigner avant de partir dans la direction opposée.

Je m’étais plongée encore un peu plus dans la musique. L’écriture, la composition. Je n’avais pas rappelé Arev parce que j’avais besoin de digérer ma rupture avec Fred, que j’avais effacé son numéro et que j’allais devoir le demander à James et Amy le moment venu et que je ne voulais pas lui donner l’impression de revenir vers lui par défaut. J’avais également peur que comme à chaque fois, la vie nous prouve une fois de plus que nous n’étions définitivement pas en phase. Si c’était lui cette fois qui avait quelqu’un dans sa vie ?
Je n’avais pas réussi à me le sortir de la tête et maintenant que Fred n’était plus dans ma vie, c’était pire. J’avais eu envie de l’appeler mais j’avais peur alors j’écrivais et je composais. Je déposais les chansons, sans savoir si je les offrirais à quelqu’un ou les garderai pour moi.

Un producteur avait appelé. Il y avait plusieurs chansons dont une en particulier qui l’intéressaient, pour son petit protégé. Il n’avait pas voulu en dire plus, préférant faire d’abord écouter les morceaux à l’artiste en question. Ayant déjà travaillé avec l’homme en question, j’avais accepté tout ce mystère. Et puis la vie avait repris son cours et je n’avais pas eu de nouvelle alors que j’avais oublié toute cette histoire. Si mes chansons servaient, il se manifesterait.


James m’avait honteusement lâchée. Il y avait une soirée à la maison de disque pour saluer le départ d’un des grands noms de la boîte qui partait en retraite. Je m’étais pas démontée même si je détestais déjà l’idée d’être entourée par des tas de gens. Ma timidité me faisait toujours douter sur ma capacité à gérer ce genre d’événement. Avec un peu de chance, j’allais repérer des gens que je connaissais et tout irait bien.
J’avais enfilé une magnifique robe qu’Amy m’avait convaincue de choisir pour la soirée. Comme c’était plutôt huppé et plutôt très habillé elle avait trouvé la robe parfaite pour l’occasion et m’avait empêché d’opter comme toujours pour une petite robe noire.

Les premières minutes avaient été compliquées. D’abord les regards que j’attirais bien malgré moi avec ma tenue. Je me sentais jolie mais j’étais mal à l’aise par les attentions. Et puis bientôt je m’étais fondue dans la masse, retrouvant des connaissances, écoutant des conversations sans forcément y prendre part. J’ignorais que dans l’énorme salle, quelque part, se trouvait Arev. Sinon sans aucun doute, je me serai lancée à sa recherche quitte à affronter tout ce beau monde, quitte à le retrouver au bras d’une autre.  

_________________
☼ Take an angel by the wings, Ask her for the strength to stay ☾

On est des enfants de la nuit de la mélancolie. Le crayon s’en est aguerri on est introverti. Sans un bruit attendre l’embellie abrité de la pluie. Comme nés de l’ombre et du soupir on est introverti. Mais sous le manteau de l’hiver, La nature entaille la chair. J’ai dans mon chagrin des cimetières, Le cœur trop pur pour vraiment m’y plaire.
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
✔ INSCRIT LE : 16/06/2017
✔ MESSAGES : 72

MessageSujet: Re: T'en vas pas maintenant   Lun 24 Juil 2017, 16:24

J'ai pris ma décision. Ce soir, je mets un terme à ma carrière. Oh bien sûr, on arrête pas ce métier si facilement, la décision elle-même ne suffit pas. Mes albums sont toujours en vente, jusqu'à épuisement des stocks - ce qui n'est pas près de se produire soyons honnêtes. Pour autant, je prévois de ne plus rien enregistrer, de ne plus rien sortir, d'arrêter toute promotion. Clairement, je vais me tirer une balle dans le pied en m'effaçant de toutes les scènes. Cela fait quelques années maintenant que je n'ai plus de réels concerts programmés, ni d'interviews. Je me dis que la fin définitive et décidée de ma carrière ne sera pas si difficile ...
Cela fait longtemps que j'aurai du arrêter, en fait. En quittant l'Arménie sous les menaces, j'ai rejoins la France en pensant pouvoir continuer de vivre de ma passion tout en faisant ma vie, loin des ennuis. Grave erreur. Mes ennemis me suivent, partout dans le monde. Ils ont du moins choisis de me tenir loin de mon pays, ainsi que de l'hexagone. En bref, je dois rester aux États-Unis car là-bas, il semblerait que ma profession soit moins nuisible qu'ailleurs. Dans le doute, et par crainte qu'un autre proche soit touché après l'accident Neela, j'arrête tout.

C'est le cœur lourd que je me rends à la réception. Je n'ai pas bien compris qui était à l'honneur, il est question de retraite apparemment. Mal à l'aise dans mon costume, les politesses américaines mal révisées et beaucoup trop de mélancolie en tête, j'arrive contrarié.
Bien sûr, je fais les efforts nécessaires pour paraître souriant, ravi. Je récupère une coupe de champagne, salue les connaissances, me présente pour la plupart - car trop peu populaire. Finalement, lorsque mon producteur me chope, il semble motivé à me lancer sur un nouveau projet ! Pas de chance pour lui.

« ...Écoute, Peter, il faut vraiment qu'on prenne le temps de discuter d'abord. Tes idées ont l'air vraiment bien mais, d'autres artistes pourraient être contactés. »

Je ne sais pas encore comment jeter ma bombe. Je n'aurai pas du venir et contacter ledit producteur en privé pour avouer mon choix. Difficile d'en placer une là, au milieu des pros et des courtisans. Entre ceux qui sont ici pour vendre leurs tubes, leurs artistes bons marchés et autres produits dérivés et ceux d'un autre milieu - télé, radio - qui cherchent à tirer partie de ces rencontres, je commence à avoir la nausée.
Finalement, Peter m'entraîne jusque dans l'un des petits studios, persuadé qu'il a : LA chanson à me faire écouter.

« ...Si tu veux, tu me fais écouter. Mais je n'ai pas dit que j'allais enregistrer quoique ce soit ! »

Cet avertissement formulé dans un sourire inquiète enfin l'intéressé. Deux secondes. Après quoi il sort la bande son et me la fait écouter. Une, deux, trois fois. Je finis par me laisser emporter, paupières closes. Difficile d'imaginer le morceau parfaitement terminé avec une simple harmonie enregistrée au synthé. La mélodie en revanche me plait bien ;
Une chose en entraînant une autre - et ma maladresse m'empêchant de dire stop - je finis par accepter de chanter. Vite fait. Fredonner.  

Plus loin, dans la grande salle de fête, alors que je m'éclate sur un morceau inconnu, Peter qui a filé en douce s'impatiente. Après avoir dérangé plusieurs groupes en pleine conversation, il est soulagé : la voilà !

« Neela ! ... tu es superbe. Hem, viens voir s'il te plait. Voilà, ce n'est pas le but de la soirée mais j'étais tellement pressé d'entendre sa voix dessus ... J'ai filé un de tes morceaux à mon poulain, tu sais, je t'en ai parlé ? Bref, studio 4, vas voir ! »

Pas plus de précision pour elle. L'homme surexcité repart, visiblement décidé à démarrer tous ses projets ce soir. D'autres morceaux à faire écouter à d'autres artistes ... Allez savoir.

De mon côté, je reprends le refrain avec quelques variantes, la voix désormais chaude qui recouvre toute la pièce.
Ce soir, alors que je dois annoncer la fin pure et simple de ma passion, je me recroqueville sur ma passion, loin de tous les ennuis.

_________________
♪ A la vie, à l'amour
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
✔ INSCRIT LE : 12/06/2017
✔ MESSAGES : 80

MessageSujet: Re: T'en vas pas maintenant   Lun 24 Juil 2017, 21:41


J’avais attrapé une coupe de champagne, pioché discrètement dans les petits fours pile au moment où un autre auteur, Gregory, avec qui je collaborais régulièrement me prête en flag’. « Neela cette gourmande. » Je me dépêchais de mettre le petit four dans ma bouche et de lever la main vide vers lui. « Chai pas vrai ! » Et j’avais étouffé un rire le temps d’avaler ma bouchée. On se mettait à discuter, évoquant nos dernières collaborations. On venait de lui proposer de composer la B.O. d’un film et je l’en félicitais. Il avait une idée en tête et allait sans doute me contacter et j’avais montré mon enthousiasme à l’idée de collaborer à nouveau avec lui.

On se greffait à un autre petit groupe et écoutait sagement ce qui se disait jusqu’à ce que Peter fasse irruption dans le petit attroupement avant de faire le tour pour se rapprocher de moi. De toute évidence, c’était moi qu’il cherchait et il semblait soulagé de me trouver. Je l’observais avec un petit air amusé et à son compliment, j’avais à peine le temps de le remercier qu’il m’expliquait la situation. Je m’excusais auprès de mon collègue et des autres invités et me mettait à l’écart avec Peter. « Maintenant ? » « Oui maintenant ! Va voir je veux ton avis après ! » Je secouais la tête, hallucinée par son enthousiasme et l’énergie qu’il dégage. Il s’éloigne. « Bah tu viens pas ? » Il marmonne des mots que je ne comprends pas au milieu du brouhaha de la foule et de la musique de fond. « Il te voulait quoi ? » « Son protégé teste une de mes chansons en ce moment il veut que j’aille voir… » « Sacré Peter. » « Ouai… Bon bah je vais aller écouter puisque ça a l’air d’être urgent… »  J’abandonnais Greg, lui confiant la fin de ma coupe de champagne.

J’avais traversé les couloirs. Depuis le temps, je connaissais les lieux assez bien. J’avais rejoint le bon étage avant de longer le couloir jusqu’au studio 4. J’avais gratté à la porte doucement avant de la pousser. Il y avait un ingénieur son, lui aussi en tenu de soirée et on échangeait un sourire. Peter avait le don de choisir ses moments. La musique venait de redémarrer et j’entrais un peu plus au moment où on commençait à chanter mes mots. En reconnaissant la voix, j’étais restée en retrait, observant Arev de l’autre côté de la vitre, sans être vue. Jamais deux sans trois. Il y avait eu l’anniversaire d’Amy. Puis nos retrouvailles mouvementées à Paris. Et ce soir, Arev chantait mes mots. « Il est doué. » « Très… »

Je surprenais l’ingénieur son jeter un regard à sa montre. « Retourne à la fête Sean. Je vais prendre le relai... » « Sûre ? » « Oui… Je le connais… » Il se levait alors que la chanson en était à la moitié. L’arménien, habité par la chanson, ne nous prêtait plus attention. Je prenais la place de Sean dans la chaise devant la console et j’observais Arev sans détacher mon regard de lui une seule seconde. L’entendre faisait du bien, sa voix m’avait manqué. Le voir me réchauffait le cœur. Le voir si inspiré était touchant. C’était peut-être le destin. J’avais écrit cette chanson pour lui et avec tous les évènements, je ne la lui avais jamais proposée mais au final elle était quand même arrivée jusqu’à lui.

Les derniers accords s’évanouissaient dans le studio, je m’étais levée pour le rejoindre côté micro et instruments. Il ne voyait plus personne en face là où Sean se trouvait et je brisais le silence. « C’était très beau. » et en le voyant se retourner vers moi, j’esquissais un petit sourire intimidé. « Bonsoir Arev. » Je baissais les yeux avant de les relever vers lui instantanément. « En version live, ça doit être encore mieux… » J’enjambais des câbles avant de m’installer au piano, ôtais mes chaussures à talon haut pour être plus à l'aise et posais ma pochette sur le bord. Il ne fallait que quelques secondes supplémentaires avant que mes doigts fassent sonner le piano, reproduisant parfaitement les accords de la bande son, attendant qu’il entame la chanson. Il comprendrait peut-être que pour être capable de la jouer, c’est que j’en étais l’auteur et le compositeur. Que si ce morceau semblait parler de nous c'est parce que c'était le cas. J’ajoutais des harmonies sur les refrains et sur quelques vers et le poids que j’avais sur le cœur s’était envolé en retrouvant notre complicité musicale. Il m’avait manqué.

_________________
☼ Take an angel by the wings, Ask her for the strength to stay ☾

On est des enfants de la nuit de la mélancolie. Le crayon s’en est aguerri on est introverti. Sans un bruit attendre l’embellie abrité de la pluie. Comme nés de l’ombre et du soupir on est introverti. Mais sous le manteau de l’hiver, La nature entaille la chair. J’ai dans mon chagrin des cimetières, Le cœur trop pur pour vraiment m’y plaire.
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
✔ INSCRIT LE : 16/06/2017
✔ MESSAGES : 72

MessageSujet: Re: T'en vas pas maintenant   Lun 24 Juil 2017, 22:44

Je n'avais pas calculé l'arrivée de l'ingé son. Pas immédiatement. En devinant sa silhouette, j'ai cru comprendre qu'il était entré en ayant vu la lumière. Après un échange avec Peter, et le départ de ce dernier, l'ingénieur était resté quelques minutes. A vrai dire, j'ai immédiatement occulté sa présence. Les mots de la chanson m'ont transporté. Je n'ai pas eu beaucoup d'occasion de chanter en français ici. Il paraît que cette langue me donne du charme et je n'hésite jamais à l'utiliser en représentation. Mais de nouvelles chansons ? Non, je n'en ai enregistrée aucune depuis que j'ai quitté la France.

A ma troisième reprise du morceau - je ne m'arrêtais plus - je commence à mesurer les mots, peser les intonations. Les paroles sont à la fois lourdes, peuvent avoir une explication triste, et pourtant respirent quelque chose de très positif. De beau, en fait. Il s'agit d'amour. Peut être que mon divorce est trop récent pour que j'en capte tout le sens optimiste. A moins que ce soit plus généralement du à la solitude pesante ... A moins qu'elle ;

Quand je m'arrête, son intervention me fait sursauter. Je pensais être seul en réalisant qu'il n'y avait plus personne là-bas derrière. J'ai chanté pour moi, pour honoré cette chanson, pour prendre mon pied simplement. Est-ce que j'aurai préféré être seul ?
En me retournant pour confirmer la présence de Neela, le sourire qui s'étire sur mon visage veut tout dire.

« Bonsoir Arev. »

« Neela ?!...bonsoir ! »

Comment vas-tu ? Tu es magnifique. Je suis heureux de te voir !
Il y aurait beaucoup de choses à dire, mais rien ne vient. Alors la jeune femme se met au piano et, si je mets quelques secondes à comprendre, je réalise vite qu'elle joue la chanson que je viens d'interpréter. Je reste perplexe, l'interroge du regard. Puisqu'elle semble décidée à aller au bout, je finis par joindre ma voix à la sienne sur un morceau encore inconnu il y a une poignée de minutes, que je connais maintenant quasiment par cœur.

Je la laisse terminer soigneusement, et retrouve enfin la parole. Il n'y a pas à dire, je suis tellement plus à l'aise quand je chante ! J'ose espérer ne pas faire preuve de trop de maladresse. Je m'approche, tire nerveusement sur ma cravate et fixe les touches du clavier :

« Tu connais cette chanson ? Ou... C'est la tienne ? »

Fausse question, je comprends à son expression. Peter sait-il ? Mais que doit-il savoir ? Nous ne sommes rien, à peine des collègues, disons des camarades d'une représentation dans un bar ...
Je me penche et dépose un baiser sur sa joue.

« Peter l'a trouve tellement bien, il voulait que je l'écoute et je n'ai finalement pas résisté à la chanter, deux trois fois. »

Je souris, ravi de cet exercice. Enfin, c'était surtout pour moi, sans que rien ne soit enregistré. Les mots restent dans ma mémoire et la mélodie me bercera longtemps.
Ma bulle éclate alors et je me souviens. Mon choix, la fin. Quitter ce monde certes imparfait mais merveilleux, ne plus monter sur scène, m'empêcher d'exprimer mes sentiments à travers mes accords et mes mots ... ne plus voir Neela ? Mon cœur se serre.

« Je ne pensais pas te voir là. Tu...vous êtes arrivés quand ? »

En toute logique, Fred ne doit pas être loin. Si Neela lui a épargné la soirée gratin, il doit l'attendre chez lui. Chez elle. Chez eux ?
Je finis par lui tendre la main pour l'aider à quitter son assise.

« Je suis juste venu pour parler au directeur, rapidement. Si j'arrive à le choper ! »

_________________
♪ A la vie, à l'amour
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
✔ INSCRIT LE : 12/06/2017
✔ MESSAGES : 80

MessageSujet: Re: T'en vas pas maintenant   Lun 24 Juil 2017, 23:18

J’avais levé les yeux vers lui, comprenant son interrogation et d’un air malicieux, j’avais gardé le silence, attendant qu’il commence à chanter la chanson qu’il maîtrisait déjà très bien. On retrouve les harmonies mais j’avoue avoir surtout envie de l’écouter. Je voudrais avoir composé et écrit une chanson qui dure bien plus longtemps juste pour ça. Pour le laisser m’entourer de sa voix. Je reste assise devant les touches blanches et noires redevenues silencieuses.

A sa question, je confirme d’un signe de tête même si je ne suis plus certaine que la chanson m’appartienne. Elle est déjà à Arev, elle lui était destinée après tout même s’il ne le savait pas. Je souris à son baiser et me sens même déjà rougir. J’espère juste que la lumière particulière du studio parvient à camoufler ça. « Il m’en a parlé il y a quelques semaines, il voulait proposer certains de mes morceaux à son petit protégé mais j’ignorais que c’était toi jusqu’à ce que j’entre dans le studio. » Une coïncidence de plus qui ressemblait à un énième signe du hasard. « Je suis contente qu’elle t’ait donné envie de la chanter… » mais je n’avais pas osé lui dire que je l’avais écrite pour lui.

Une ombre était passée sur son visage. Je me souvenais de la façon dont on s’était quittés la dernière fois. Je lui avais demandé de partir et il l’avait fait, non sans m’embrasser une première et une dernière fois. Depuis ce baiser m’avait souvent hantée et j’y pensais encore à l’instant. Je me demandais si c’était pour ça qu’il semblait soudain triste mais je pariais sur une autre raison. Quelque chose de plus important que moi. « ça va ? » Il parlait de sa surprise et je préférais ne pas insister. « Je dois être là depuis une toute petite heure maximum… Mais avec ce monde… Je ne m’attendais pas à te voir non plus… Mais ça me fait plaisir. » Plus que ça même, mais vu la situation, je n’osais pas le lui dire.

J’attrapais sa main pour me lever, ramassais mes chaussures qui m’avaient fait gagné quelques centimètres. A côté d’Arev j’étais une liliputienne avec mon mètre soixante. Je lâchais sa main à contre cœur pour attraper ma pochette. « Tu veux retourner à la soirée ? Il doit y être j'ai cru l'apercevoir. » Je me penchais alors pour enfiler à nouveau mes chaussures. Je me redressais et lui lançais un regard. « Tu veux lui parler de quoi au directeur ? » Quoi ? Je suis curieuse. Je suis timide, mais curieuse. Donc quand j’étais à l’aise avec quelqu’un, je me permettais de poser les questions qui me brûlaient les lèvres.

_________________
☼ Take an angel by the wings, Ask her for the strength to stay ☾

On est des enfants de la nuit de la mélancolie. Le crayon s’en est aguerri on est introverti. Sans un bruit attendre l’embellie abrité de la pluie. Comme nés de l’ombre et du soupir on est introverti. Mais sous le manteau de l’hiver, La nature entaille la chair. J’ai dans mon chagrin des cimetières, Le cœur trop pur pour vraiment m’y plaire.
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
✔ INSCRIT LE : 16/06/2017
✔ MESSAGES : 72

MessageSujet: Re: T'en vas pas maintenant   Lun 24 Juil 2017, 23:44

« C'est un très beau morceau. Il lui faut un interprète de qualité ! »

Dis-je en essayant de rester évasif. Pas évident. Je ne veux pas donner l'air de refuser cette chanson, et pourtant, c'est ce que je fais n'est-ce pas ? Je me rassure en me persuadant que Neela ne m'a de toute façon pas fait don de la chanson. Certes, elle l'a peut être donnée au producteur qui, lui, peut la remettre à qui il veut.
Mais laissez-moi me rassurer.

La jeune femme remet ses chaussures et j'envisage de faire ce pour quoi j'étais venu : parler au directeur. Maintenant que j'ai retrouvé la demoiselle cependant, j'ai plutôt envie d'en profiter. Ne vous faites pas de film. Je crains juste de la perdre, là, au milieu de la foule. Neela ne m'appartient pas, Neela n'est pas libre de m'accompagner où je le souhaite, Neela est au contraire libre de faire ce qu'elle veut.

« Oui oui, ça va merci. »

Bon, ce n'est pas une surprise : je cache mal mes émotions. Mon malaise semble visible, je fais avec. Le mieux c'est de penser à autre chose. Je réponds alors à ses sourires, la regarde se rechausser et faisant tourner les paroles de la chanson inlassablement dans ma tête.
Motivé, enjoué, malgré la potentielle existence d'un conjoint pour elle, je lui tends mon bras et quitte le studio N°4.

« ...Après ce qu'il s'est passé, je crois que je n'ai pas le choix. Je veux lui dire que c'est terminé. J'arrête la chanson. »

C'est dit. Et c'est douloureux. Je déglutis, comme si je réalisais seulement que le chant : c'est ma vie. Pourtant je le sais depuis des années. Je l'ai toujours su. J'ai besoin de ça pour vivre. Mais tant que je serais un danger : hors de question de courir le risque.
Je finis par m'arrêter, posant ma main disponible sur un mur pour me soutenir. Je ravale mes larmes et la regarde, résigné, et certainement pas prêt à changer d'avis.

« Comment ça va toi, d'ailleurs ? Je ne t'ai même pas demandé, mais tu as l'air bien... La convalescence s'est passée correctement ? Tu es suivie ? »

J'attrape délicatement son menton et lui fais tourner la tête, lentement. Elle avait une marque, là, sous la pommette. Je ne la vois plus. Le maquillage peut être mais c'est bon signe. J'acquiesce, satisfait de ce qui a disparu.

_________________
♪ A la vie, à l'amour
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
✔ INSCRIT LE : 12/06/2017
✔ MESSAGES : 80

MessageSujet: Re: T'en vas pas maintenant   Mar 25 Juil 2017, 01:41

« Un interprète de qualité » J’avais levé des yeux perdus vers lui. Est-ce qu’il était en train de dire que cet interprète ne serait pas lui ? Après avoir entendu cette mélodie et ses mots chantés par lui, je n’imaginais personne d’autre chanter. Oui j’avais accordé la chanson au producteur mais j’aurais eu droit d’opposer mon veto à la fin. Un peu déboussolée je n’avais rien su répondre, la gorge nouée par la déception. J’avais juste baissé les yeux pour cacher la déception.

J’avais attrapé son bras pour quitter le studio et on longeait les couloirs en direction de la fête. Ma curiosité s’était faite entendre et à sa réponse, je m’étais arrêtée, laissant son bras se dégager du mien. « Quoi ? » Il y avait de la surprise, de la tristesse, de l’incompréhension. « Mais Arev, c’est toute ta vie… » Je l’observais et cette décision semblait le faire souffrir et je ne supportais pas de le voir comme ça. Je plongeais son regard, faisant doucement non de la tête. Arev sans la musique, c’était pas possible. C’était une partie de lui. Je l’avais vu sur scène, il aimait trop ça pour y renoncer.

Il changeait de sujet et je fronçais les sourcils. Je le laissais faire mais je n’avais pas envie de parler de moi. Il pouvait prendre le temps de scruter mon visage, je n’avais pas la tête à ça. J’accrochais son regard, ne prenant pas la peine de répondre à ses questions. « Tu peux pas arrêter… » Je levais les mains pour les poser sur ses joues afin de le forcer à me regarder. « A qui je vais écrire des chansons ? Avec qui je vais pouvoir chanter au King’s ? » Je secouais la tête et je faisais un pas en arrière.

Je sentais la colère monter. Contre ces types qui avaient le pouvoir de lui bousiller la vie même à des kilomètres. « Ils t’ont interdit d’aller en France, pas de chanter, pas d’être ici. Ne leur donne pas encore plus de pouvoir. Ne les laisse pas prendre encore plus que ce qu’ils t’ont pris. » Son mariage, sa vie en France, sa vie en Arménie avec sa famille. Je me sentais bouillir. « Dans le studio, j’aurais aimé que tu puisses te voir à travers mes yeux, ça se voit que tu aimes trop ça… N’arrête pas… » J’étais presque aussi désespérée que lui. C’est juste qu’Arev, il ne me laissait pas indifférente. Quand il chantait il y avait ce petit frisson. Quand nos voix se mêlaient c’était encore plus vrai. Il y avait eu ce concert au King’s ça ne pouvait pas être le dernier. Et cette chanson dans le studio… « Je ne te laisserai pas aller parler au directeur. » Me demandez pas comment je comptais m’y prendre, mais j’allais trouver un moyen. « Je te laisserai pas faire la pire connerie de toute ta vie. »

_________________
☼ Take an angel by the wings, Ask her for the strength to stay ☾

On est des enfants de la nuit de la mélancolie. Le crayon s’en est aguerri on est introverti. Sans un bruit attendre l’embellie abrité de la pluie. Comme nés de l’ombre et du soupir on est introverti. Mais sous le manteau de l’hiver, La nature entaille la chair. J’ai dans mon chagrin des cimetières, Le cœur trop pur pour vraiment m’y plaire.
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
✔ INSCRIT LE : 16/06/2017
✔ MESSAGES : 72

MessageSujet: Re: T'en vas pas maintenant   Mar 25 Juil 2017, 15:48

Je n’avais pas l’intention de cacher la vérité à Neela. Depuis Paris, depuis qu’elle sait pour mes ennemis, j’ai cru comprendre que je ne pourrais pas avoir de secrets pour elle. Allez savoir, stupide logique. De toute façon lorsque j’aurai averti le directeur, les autres professionnels que je côtoie et les personnalités présentes seront certainement au courant plus vite que prévu ;
Quant à savoir si Neela allait me soutenir dans ma démarche ou tenter de me dissuader, j’avoue que je ne savais pas.

« A qui je vais écrire des chansons ? Avec qui je vais pouvoir chanter au King’s ? »

Je souris face à cette inquiétude. C’est gentil. Non, c’est touchant. Il y a des dizaines d’artistes en ville, populaires ou non, qui chanteraient au King’s avec grand plaisir. Neela n’a pas besoin de moi, elle a parfaitement assuré avant que l’on se rencontre.
Craignant de la blesser, je hausse les épaules et promets :

« Je viendrai quand même chanter avec toi. En tant que client fan, c’est possible, non ?! »

Je ne demanderai plus de participation au chef. Ce n’est pas très important ! Ma passion, c’est la musique. Je dois seulement cesser d’en vivre. Car si je vis de ce métier, je ne saurai freiner mes besoins de composition et surtout d’écriture. Ce sont dans les mots que je défends les valeurs qui me sont chères, ces valeurs que les terroristes veulent me voir étouffer.
Chanter en revanche, utiliser ma voix, ça, je ne saurai faire sans indéfiniment. Je continuerai de faire vibrer les portes de ma douche et, si j’y suis autorisé, j’aimerai continuer de chanter avec Neela. Dans son salon, le mien, au King’s…

« Je te laisserai pas faire la pire connerie de toute ta vie. »

Ses mots me vont droit au cœur. Sa détermination, cette façon qu’elle a d’exprimer son mécontentement. Mais moi je ne veux pas lutter contre eux. Je ne peux plus. Je suis épuisé, j’ai eu la peur de ma vie lorsqu’elle a été leur victime.
Alors je secoue lentement la tête, navré de devoir m’opposer à elle.

« Tu ne peux rien faire Neela, j’arrête. Je ferai comme tous les passionnés qui…qui ont un autre métier ! Je ne veux pas risquer un nouvel incident, c’est hors de question. »

Pour la rassurer sur mon humeur, sur ma capacité à encaisser la chose, je récupère sa main et lui souris, le plus honnêtement du monde. Oui c’est ma vie, oui c’est douloureux, mais ça ira. Ca ira surtout si ceux que j’aime se portent bien et me soutiennent. Elle en fait partie désormais, j’aimerai pouvoir le lui avouer.

« Et puis ; t’es trop petite pour me retenir. »

Dis-je en mimant la vingtaine de centimètres qui nous séparent. Moqueur, je me mets sur la pointe des pieds avant de me replacer face à elle. Cette robe est radieuse, la jeune femme semble sortie d’un conte de fée.

« Neela…rejoignons la fête. Je n’ai rien avalé ! »


_________________
♪ A la vie, à l'amour
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
✔ INSCRIT LE : 12/06/2017
✔ MESSAGES : 80

MessageSujet: Re: T'en vas pas maintenant   Mar 25 Juil 2017, 20:59


Je le regardais me sourire mais moi j’en avais plus envie. Qu’il arrête sa carrière ça me faisait mal au cœur. J’étais en colère contre ces pourris mais j’étais en colère contre lui aussi. Il parlait de venir chanter au King’s, comme ça, sans être un vrai chanteur mais tout ce que je voyais dans ma petite tête c’était les images de lui, sur scène, la première fois qu’il avait joué là-bas. Non, il ne pouvait pas arrêter. « ça ne sera pas pareil… » On entendait l’amertume dans ma voix, je n’essayais même pas de la cacher.

Et puis fâchée, je décidais de l’empêcher d’aller parler au directeur. Il était hors de question que je le laisse faire sans essayer d’intervenir. Je secouais la tête quand il parlait de faire un autre métier. « Ah oui ? Et quoi ? Tout va te paraître bien terne à côté. » Je les voyais les artistes, c’était l’adrénaline, le trac, le plaisir de partager. C’était puissant. Sans ça, il y avait un vide difficile à combler.

Il attrapait ma main et je reculais, la reprenant. Je n’allais pas le laisser m’amadouer, ni me convaincre. Je levais la tête vers lui, petite effectivement, mais je m’en fichais. J’avais trop de ténacité pour lâcher. Il me parlait de rejoindre la fête mais au lieu de le suivre et d’accepter comme si de rien n’était, je provoquais. « Donc j’ai pris des coups pour rien ? » Mon regard s’était assombris, mes traits s’étaient durcis. « Jusque là, au moins je pensais que j’avais pris des coups mais que ce n’était pas pour rien. Je pensais que c’était parce que tu avais le courage de défendre des valeurs, de parler de ton pays… Et je te soutenais dans tout ça… Tant pis si ça m’a valu des coups et des côtes abîmées… Mais je me suis trompée… »

Je détournais le regard et secouais la tête, dépitée. « A quoi ça a servi que tu quittes l’Arménie, puis la France, puis ta femme si c’est pour tout lâcher maintenant ? » Je soupirais et me mettais en marche. « ça a servi à rien… Tu les a laissé gagner. » Et après l’avoir dépassé, je continuais de marcher en direction de la fête. Il voulait aller manger ? Qu’il y aille sans moi. Qu’il en profite pour gâcher sa carrière, mais je ne voulais pas être témoin de ça.

_________________
☼ Take an angel by the wings, Ask her for the strength to stay ☾

On est des enfants de la nuit de la mélancolie. Le crayon s’en est aguerri on est introverti. Sans un bruit attendre l’embellie abrité de la pluie. Comme nés de l’ombre et du soupir on est introverti. Mais sous le manteau de l’hiver, La nature entaille la chair. J’ai dans mon chagrin des cimetières, Le cœur trop pur pour vraiment m’y plaire.
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
✔ INSCRIT LE : 16/06/2017
✔ MESSAGES : 72

MessageSujet: Re: T'en vas pas maintenant   Mar 25 Juil 2017, 21:48

Ce combat m'appartient. Et sachez que je m'en passerai volontiers. La jeune femme a faillit mourir une fois déjà, une fois de trop. Mon mariage était bâtit sur un mensonge et mes parents croient que je les fuis. Je crois que j'ai suffisamment perdu aujourd'hui pour risquer de perdre davantage. Ce que je veux, c'est me débarrasser de cette angoisse constante. Chaque minute qui passe je me demande comment vont les miens. Chaque nuit je fais des cauchemars. Je les imagine violenter Neela et je les revois s'en prendre à moi, il y a trois ans. C'est simple : j'ai des terroristes comme ennemis et il faudrait que je continue de vivre ma petite vie d'artiste ? Pour quoi ? Deux balades romantiques et quelques textes sur la beauté de l'Arménie ? Mon pays n'a pas besoin de moi. C'était un plaisir de le servir, mais il n'est pas beau parce que je le dis. Il est beau, tout simplement.

Les mots de Neela m'arrivent sans saveur, sans parfum. Je ne la trouve plus touchante. Je ne la trouve pas dure non plus. Elle a surement raison d'être en colère. De vouloir m'aider à rester chanteur. Ce qu'elle ne comprend pas, c'est que j'ai déjà pesé le pour et le contre. Ce qu'elle ne veut pas voir, c'est que ces coups qu'elle a pris, d'autres continueront à les prendre tant que je resterai égoïste.
Pour l'heure, il faut arrêter. Voir si cela change vraiment. Et pourquoi pas, pratiquer ma passion différemment. Moins publiquement.

« ça a servi à rien… Tu les a laissé gagner. »

Cette fois, ça fait mal. Je la regarde partir, perdu. Ne comprend-elle pas que le soutien dont j'ai besoin, c'est maintenant ? Ne voit-elle pas que si je m'inflige cette souffrance, c'est pour elle ? La colère m'envahit à mon tour, je la contiens.

« T'as pas le droit de me juger comme ça. »

Les médias, c'est terminé. De quel droit ose-t-elle me dénigrer de la sorte ? Mon cœur se serre et je déglutis difficilement sa soudaine absence. Je hausse un peu le ton, ne sachant comment retenir une fille que j'aime et qui s'en va. Une fille qui, visiblement, ne peut pas comprendre mon combat.

« Je veux les empêcher de faire du mal Neela, c'est tout ce que je peux faire ! Mais je peux pas le faire seul... »

J'attends qu'elle se retourne. Je l'espère, je fais même quelques pas pour attirer son attention. Va-t-elle continuer de juger ? Peut-elle vraiment être sévère ? Je ne lui demande rien. Si elle n'est pas d'accord, c'est son choix, mais si elle ne veut pas me soutenir je ne tiens pas à la forcer.
Sa méchanceté, en revanche, je n'en avais vraiment pas besoin...

_________________
♪ A la vie, à l'amour
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
✔ INSCRIT LE : 12/06/2017
✔ MESSAGES : 80

MessageSujet: Re: T'en vas pas maintenant   Mar 25 Juil 2017, 22:11

J’avais conscience d’avoir été dure. Méchante non, mais dure, oui. Parce que j’étais déçue. Parce que tout ça, c’était un gâchis sans nom. Les gens méritaient de connaître sa voix. Les gens devaient connaître sa voix. Ses mots. Son visage. Je voyais bien que mes mots l’avaient blessé mais j’étais comme ça. Entière. Passionnée. Je ne pouvais pas le laisser faire sans réagir, sans dire tout ce que j’en pensais.

J’entendais sa voix à travers le couloir. Non, j’avais pas le droit de le juger, c’est vrai. C’était sa décision que je condamnais, pas l’homme qu’il était au fond. Je continuais d’avancer jusqu’à ce que je l’entende dire qu’il ne pouvait pas faire ça seul. Je ralentissais le pas avant de m’arrêter. Je me retournais et le fixais longuement.

« Je continue de penser qu’à chaque fois que quelqu’un qu’il menace baisse les bras, ils se renforcent… Qu’ils ont une preuve de plus que la violence permet de tout obtenir. Que les coups sont plus fort que les mots… » Je haussais les épaules, découragée. « Tu peux pas le faire seul mais t’as eu peur que je parle d’eux à la police. J’aurais dû les rappeler et dire qu’on t’avait menacé… C’est notre silence qui fait leur force… » Je baissais les yeux.

« Je comprends pas pourquoi ça me tient tellement à cœur… Mais c’est comme ça. Ça me brise le cœur de savoir que tu vas tout stopper alors que tu as un talent monstrueux. De savoir que même sans le vouloir, des mots que j’avais écrit pour toi sont venu à ta rencontre par la plus grande des coïncidences et que tu n’enregistreras jamais cette chanson. Elle était pour toi Arev cette chanson… » Je faisais un pas dans sa direction. « Je suis désolée d’être si dure, j’ai juste mal au cœur de voir tout ce gâchi. »

_________________
☼ Take an angel by the wings, Ask her for the strength to stay ☾

On est des enfants de la nuit de la mélancolie. Le crayon s’en est aguerri on est introverti. Sans un bruit attendre l’embellie abrité de la pluie. Comme nés de l’ombre et du soupir on est introverti. Mais sous le manteau de l’hiver, La nature entaille la chair. J’ai dans mon chagrin des cimetières, Le cœur trop pur pour vraiment m’y plaire.
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
✔ INSCRIT LE : 16/06/2017
✔ MESSAGES : 72

MessageSujet: Re: T'en vas pas maintenant   Mar 25 Juil 2017, 22:27

Notre silence fait leur force.
Je tourne et retourne sa phrase dans tous les sens. Puis Neela évoque la chanson que je chantais quelques minutes plus tôt. Cette chanson, ces paroles, m'étaient destinés ? Je fronce les sourcils en la dévisageant. Ce n'est pas une blague, ni un hasard. Je me frotte la nuque, vraiment gêné. Ce n'est pas de chance car effectivement, je n'enregistrerai pas cette chanson. Pas prochainement en tout cas.
J'inspire profondément avant de reprendre.

« Tant que je ne sais pas comment les combattre, comment les affaiblir, oui, je vais continuer à "baisser les bras" comme tu dis. Mais peut-être qu'ils ne s'attendent pas à ça. Peut être qu'ils espèrent me voir continuer. L'arrêt de ma carrière peut les surprendre, qui sait ? Si au départ ils avaient des arguments, aujourd'hui ils veulent juste mon malheur. Mais que vont-ils prétexter si je m'arrête d'être une célébrité ? Le moindre faux pas pourra alors peut être déclencher une enquête. Mais au jour d'aujourd'hui, Neela, j'arrête. »

Ai-je juré sur mon sang que jamais plus je ne serai chanteur ? Figurez-vous que j'ai bien l'intention de mettre fin à cette organisation de salopards. Mais moi, je ne saurai pas faire. Ce n'est pas mon métier. D'autres s'en chargeront. D'ailleurs, le gouvernement Arménien lutte depuis longtemps.
Pourquoi Neela préfère-t-elle me voir comme un lâche plutôt que comme un tacticien ? Non je n'ai pas inventé l'eau chaude. Je ne vais pas sauver le monde, pas plus qu'arrêter les méchants.

« C'est gentil, pour le talent. Et pour la chanson : je ne te remercierai jamais assez, elle est sublime. »

Nous verrons bien ce qu'elle deviendra. Peut-elle me la garder ? Ou tient-elle tant à la publier rapidement ? Je fais moi aussi un pas dans sa direction et hausse les épaules, le plus légèrement possible.

« A ce jour, je n'ai pas de solution pour les contrer. J'en ai essayé plusieurs crois-moi. Alors s'il te plait... permets-moi de faire une pause. Je mets un terme à mon contrat ici. Nous verrons comment les choses évoluent, mais ne me condamne pas. J'ai besoin de toi... »

J'ai d'autres amis. Plus proches, plus vieux, plus intimes. Mai c'est de Neela dont j'ai envie, dont j'ai besoin. Je souris nerveusement, tends une main pour attraper la sienne et finalement me frotte la nuque. Maladroit. Je ne veux pas qu'elle me repousse une seconde fois.

_________________
♪ A la vie, à l'amour
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
✔ INSCRIT LE : 12/06/2017
✔ MESSAGES : 80

MessageSujet: Re: T'en vas pas maintenant   Mar 25 Juil 2017, 22:50

J’avais du mal à croire en sa stratégie. « Mais si tu continues de chanter… Je vois pas pourquoi leur faux pas ne peuvent pas déjà déclencher une enquête sauf si comme à Paris on ne dit rien. » Je ne comprenais pas pourquoi le fait d’arrêter attirerait finalement plus de problème à ces gens-là. Ils auraient seulement réussi à faire taire une voix de plus. « Je comprends pas ce que tu cherches à faire… Ils te laisseront tranquilles et ça restera comme ça pour toujours… C’est injuste bon sang ! » Je ne pouvais pas m’empêcher de ressentir ce sentiment d’injustice. Ça me donnait envie de pleurer.

« Elle ne servira à rien si tu ne chantes plus… » J’étais dégoutée. Non elle n’irait à personne d’autre. Elle resterait une démo perdue au milieu d’autres. Je dirais non à chaque fois qu’on me demanderait de la donner et ça resterait un texte inconnu, une mélodie ignorée et laissée de côté.

« Tu peux pas me demander d’approuver ton choix, je suis désolée… » Je n’avais jamais pensé qu’on pouvait soutenir une cause en faisant le choix de se taire face à la pression. Je comprenais qu’il soit fatigué mais il n’était pas obligé de lutter seul. Sa décision rendait service à ses ennemis. « Je suis là, malgré tout, mais je pense quand même que ce n’est pas une vraie solution. » Il était têtu, je l’étais aussi.

Je prenais une grande inspiration, j’en avais marre. Je voulais plus entendre parler de ça. Je voulais plus me disputer avec lui. Tant pis si ça devenait tabou. Tant pis si on parlait plus musique parce que ça reviendrait forcément à penser à tout ça. « On n’en parle plus. Ni de carrière. Ni de musique. Je suis fatiguée. » la voix fatiguée, l’air résignée. Je pensais être capable de le faire changer d’avis mais je ne faisais pas le poids. Je faisais quelques pas en arrière. « Il reste surement des petits fours… » Une façon détournée de l’inviter à rejoindre la fête même si au fond, je n’avais plus le cœur à ça.

_________________
☼ Take an angel by the wings, Ask her for the strength to stay ☾

On est des enfants de la nuit de la mélancolie. Le crayon s’en est aguerri on est introverti. Sans un bruit attendre l’embellie abrité de la pluie. Comme nés de l’ombre et du soupir on est introverti. Mais sous le manteau de l’hiver, La nature entaille la chair. J’ai dans mon chagrin des cimetières, Le cœur trop pur pour vraiment m’y plaire.
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
✔ INSCRIT LE : 16/06/2017
✔ MESSAGES : 72

MessageSujet: Re: T'en vas pas maintenant   Mer 26 Juil 2017, 15:15

Ce que je cherche c'est une solution. Elle viendra peut être plus facilement si je change de tactique. Depuis le premier jour, depuis que l'organisation terroriste a menacé mes sœurs, je n'ai jamais cessé de chanter. Et si c'est ça, qui les calmait ? Je veux essayer. Nous verrons bien. Que Neela ne soit pas d'accord est une chose, que notre relation se dégrade à cause de ça ? Je suppose que nous sommes plus matures tous les deux.
Visiblement elle préfère clore le sujet. J'acquiesce. Aucune envie de me battre avec elle. Si elle peut encore être mon amie malgré ce différant ... et que dirait Fred, si je la contrariais ?

A contre cœur, elle évoque la soirée qui se déroule en arrière plan. Oui, il doit rester quelques trucs, mais cet air boudeur qu'elle affiche me coupe l'appétit. Ce fut si réjouissant de la trouver ici par surprise ! Voilà qu'elle se mure dans un silence caractériel. Je la suis, osant à peine marcher à ses côtés.
Quand nous déboulons dans la salle, Peter vient aux nouvelles.

« Alors alors ? Fini de chanter ? Je vois que tu as trouvé l'auteur de ce beau morceau ! »

« Eh oui ! J'ai terminé et tu avais raison, elle est parfaite. Néanmoins je ne peux l'accepter. »

L'homme soudain inquiet m'entraîne un peu à l'écart. Je lui explique que pour des raisons familiales, de sérieux problèmes dont je n'ai pas envie de parler, je dois faire une pause musicale. La pilule passe mieux que je ne pensais.

« Arf c'est vraiment dommage Arev mais le principal c'est que tu prennes soin des tiens. Continue au moins de composer, tu veux ? »

« Je crois que je ne saurai pas arrêter ça, même si ça me fait entasser des cartons de pages dans ma chambre ! »

Après une accolade chaleureuse, le producteur me fait promettre que je reviendrai vers lui en cas de besoin, puis il se retire non sans saluer Neela. Le message sera passé au directeur mais Peter a promis de gérer la paperasse pour moi. Ça risque de prendre quelques semaines, évidemment.

Faisant face à Neela, j'approche en récupérant au passage deux verres de champagne. Sait-on jamais, elle souhaite peut être boire un coup ? Même avec moi ?

« ...tu ne m'as pas répondu, tu vas mieux ? »

J'ai bien une idée derrière la tête. Si elle me dit que tout va bien, je peux l'inviter à danser sans risquer de provoquer la moindre douleur. En revanche si elle émet un bémol à sa guérison, je veillerai sur elle. Allez savoir comment ;


_________________
♪ A la vie, à l'amour
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
✔ INSCRIT LE : 12/06/2017
✔ MESSAGES : 80

MessageSujet: Re: T'en vas pas maintenant   Jeu 27 Juil 2017, 09:31


La vérité c’est qu’on ne se comprenait plus et que ça me chagrinait. Que je comprenais que ce soit difficile mais pas qu’il baisse les bras. Que son changement de tactique ne servait à rien, ces types avaient juste eu ce qu’il voulait, Arev ne ferait plus de la musique comme il aimait le faire et les autres avaient gagnés. Il aurait dû choisir de parler, de les exposer, de contacter la police et pas de se taire. Et d’arrêter de mentir à tout le monde en cachant la vérité. De parler à sa famille. D’expliquer.

J’avais ce goût amer, cette impression d’avoir été passée à tabac pour rien à Paris. Il n’avait qu’à arrêter plus tôt alors, je ne me serai pas retrouvée à l’hôpital. C’était injuste mais j’étais en colère. Je pensais qu’il aurait continué, tenu bon, qu’en chantant plus fort encore il aurait prouvé à ces types qu’il n’avait pas peur. Mais il avait fait le choix de se taire. Se taire et attendre.

Le pire. Ce qui me brisait vraiment le cœur, c’est que je n’avais pas su le convaincre de continuer. Ma musique ne lui avait pas donné envie de continuer. Mes mots ne l’avaient pas fait changer d’avis. Et mon ego en prenait un coup, ma sensibilité aussi, surtout, car je n’étais pas si importante que ça au final. A sa place, j’aurais sans doute continué en me sentant soutenue. J’étais déçue. Ma chanson était belle mais pas assez pour qu’il en veuille. Les sentiments décrits dedans, il ne les avait même pas compris.

Non, on ne se comprenait plus. L’instant de grâce était terminé. Cette soirée était un total fiasco.

Sans vraiment d’envie, j’avais décidé de laisser tomber. On retournait à la fête et si j’étais silencieuse – et non parce que j’étais soi-disant caractérielle… - lui non plus n’était pas bavard. Peter arrivait et encore un peu vexée et surtout blessée par le refus d’Arev, je m’éloignais. Le producteur emmenait son poulain à l’écart. De loin je constatais qu’il semblait le comprendre. Ça faisait au moins une personne. Arev serait content. Enfin quelqu'un qui ne le décevait pas, ne le « jugeais » pas et le soutenait. Qu'est-ce que je faisais encore là ?

Peter repartait après m’avoir saluée et je forçais un sourire. Arev revenait avec deux coupes de champagne. Je n’attendais pas et avalais le contenue à grande gorgée. « Oui, ça va mieux. » Je ne pouvais pas faire semblant. Je pouvais pas faire comme lui, faire semblant que tout allait bien, discuter comme si de rien n’était. Pas ce soir. Pas après l’avoir vu renoncer comme ça. Pas après avoir été rejetée parce que c’était surtout ça qui me donnait envie de pleurer. Je ravalais ma peine à coup de champagne.

« Alors cette chanson ? » Je m’étais retournée en entendant la voix de Greg. Il perdait de son sourire en voyant ma tête. « Il n’en a pas voulu… » Il ne savait même pas que le chanteur était Arev, juste à côté de nous...« Quoi ? Pourquoi ? » « Faut croire qu’on partageait pas les même mots… Si vous voulez bien m’excuser… » Je lançais un regard à Arev et lui rendais la coupe vide. J’entendais Greg me suivre. « Hé… Neela attend… Attends moi ! » Il finissait par attraper ma main et je m’arrêtais, les larmes aux yeux. « Laisse-moi partir s’il te plaît. » Il semblait inquiet de me voir dans un tel état. « Nan, pas dans cet état. Parle-moi. » Je lui expliquais tout, l'agression à Paris, la chanson et son contenu, la décision d'Arev, notre dispute. J'avais la gorge nouée, les mots peinaient à sortir mais j'avais enfin pu vider mon sac.Greg me prenait alors dans ses bras. « Tu peux pas en vouloir aux gens d’avoir peur, et de capituler quand ils n’ont plus de courage… Et tu peux pas t’en vouloir de ne pas réussir à leur redonner ce courage. Même si je comprends ton sentiment d'impuissance. » « Je sais… » « C’est son choix… Il regrettera sûrement parce qu'on arrête pas tout ça sans difficultés. Ça lui manquera et quand il réalisera que ce n’est pas la bonne stratégie, il fera marche arrière. » Il soupirait et prenait mon visage entre ses mains, conscient qu’au fond, ce n’était pas vraiment ça le problème. « Il n’a surtout rien compris, hein ? Cette chanson c’était plus qu’une chanson et il a refusé… C’est ça qui te donne envie de pleurer… » Je faisais oui de la tête. « Je pensais… Qu’on était sur la même longueur d’onde… Mais on ne se connaissait pas… On s’est trompés l’un sur l’autre. » Il passait son bras par-dessus mes épaules, nous entraînant vers la sortie. « Allez viens… On va prendre un peu l’air… »

_________________
☼ Take an angel by the wings, Ask her for the strength to stay ☾

On est des enfants de la nuit de la mélancolie. Le crayon s’en est aguerri on est introverti. Sans un bruit attendre l’embellie abrité de la pluie. Comme nés de l’ombre et du soupir on est introverti. Mais sous le manteau de l’hiver, La nature entaille la chair. J’ai dans mon chagrin des cimetières, Le cœur trop pur pour vraiment m’y plaire.


Dernière édition par Neela Sheppard le Sam 29 Juil 2017, 21:48, édité 1 fois
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
✔ INSCRIT LE : 16/06/2017
✔ MESSAGES : 72

MessageSujet: Re: T'en vas pas maintenant   Sam 29 Juil 2017, 12:30

Lorsque je reviens à Neela avec la coupe de champagne - en guise de calumet de la paix ? - mon intervention n'a malheureusement pas l'effet escompté. La demoiselle avale sa boisson et répond à ma question comme si le simple fait de m'adresser la parole était désormais compliqué, pénible. Alors mes neurones déjà bien malmenés naviguent dans tous les sens à la recherche d'une solution : Doit-on revenir sur ma carrière ? Ou faut-il tenter l'humour ? Parler de la soirée est-il une bonne idée ? J'envisage même de parler de nous ... ne sachant pas si ce n'est pas plus risqué qu'autre chose !
En fin de compte, rien de tout ça ne m'est permis. Quand je la vois s'éloigner, un homme aux trousses, je regrette de ne pas avoir essayé, même une maladresse.

Je fais un pas, puis interromps mon geste, ne sachant plus du tout quoi faire. Là, avec mes deux coupes, j'ai juste l'air con. Mes yeux s'égarent à droite, à gauche, puis je me décide. Aller, il suffit de mettre les choses au clair. Du moins, de ne pas laisser notre relation se dégrader si bêtement alors qu'on était tous deux ravis de se retrouver là !
Stupides.

« Eh Arev ! »

Merde.
La fille du photographe. Ou plutôt, la photographe. La jolie blonde a repris l'affaire de son père l'an dernier, aussi, c'est désormais elle qui s'occupe de la plupart des photoshoot d'artistes, pour les pochettes ou la simple promo. Pour avoir sympathisé avec son père, je suis relativement proche de la fille. Je ne peux décemment pas l'esquiver facilement ;
Nous discutons quelques instants alors que j'aperçois au loin Neela, toujours en compagnie de l'autre. L'air distrait et impoli que j'affiche fait sourire mon amie.

« Pourquoi tu vas pas lui parler ? »

« Hein ? A qui ?! Je... »

« A Neela, cette question. Tu la bouffes des yeux, coquin ! »

« Mais non c'est... ! Je l'ai vue tout à l'heure et ; »

« Et vous avez fait les manchots. Arev, elle te plait ? Vas-y. »

« Ce n'est pas si simple. »

Je lui rends son sourire, plus par nervosité qu'autre chose. Oui, elle me plait. S'il suffisait de sentiment pour que les histoires prennent la tournure que l'on souhaite, ça se saurait non ?
La miss récupère ce que j'ai en main et me tape sur l'épaule avec encouragement.

« Si, figure toi que c'est aussi simple. Il y a assez de problèmes a gérer dans une vie. Ne va pas t'en causer d'autre : cette fille te plait, elle est là. File ! »

« Mais Neela a quelqu'un ! »

Ma mâchoire se contracte et, presque ravi d'avoir coupé la "cupidon" dans son élan, je vois son visage s'éclaircir à nouveau. Impossible à décourager.

« Ce mec avec qui elle parle ? Non je crois qu'il a quelqu'un. Et je l'ai vue arriver, ta Neela. Elle était seule. Enfin tu fais comme tu veux hein, moi j'aime bien être avec toi. »

Mais elle s'échappe déjà et moi, je rejoins l'extérieur pour atteindre ma barmaid préférée sans avoir préparer la moindre accroche.

« Euh...hey ! Tu, je, on avait pas fini de parler. »

Super l'arrivée. En plus je viens de leur couper la parole et le rouge me monte aux joues alors que je bégaye :

« Pardon je vous interromps, ça se fait pas excusez-moi. Neela je, quand tu pourras, on peut parler ? ... »


_________________
♪ A la vie, à l'amour
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
✔ INSCRIT LE : 12/06/2017
✔ MESSAGES : 80

MessageSujet: Re: T'en vas pas maintenant   Sam 29 Juil 2017, 22:18


Greg nous avait entraîné dehors, non sans attraper une coupe de champagne au passage. Il m’en tendait une et m’invitait à m’asseoir sur l’une des marches du grand escalier qui menait au pied de l’immeuble de verre. On restait un moment, silencieux, je reprenais une gorgée de champagne ce qui n’était pas forcément une bonne idée parce que l’estomac à moitié vide, je sentais déjà les bulles me monter à la tête.

« Je peux te poser une question ? » « Oui bien sûr… » « T’es sûre que tu ne sabotes pas un peu ta relation avec Arev ? » Je fronçais les sourcils et avalais une nouvelle gorgée de champagne. Greg en profitait pour continuer. « D’accord il a pas compris que la chanson parlait de vous, il aide pas. D’accord tu es en colère qu’il baisse les bras. Mais t’es sûre que si tu te braques autant c’est pas parce que tu as peur de ce qui pourrait se passer si tu laissais tomber un peu tes barrières ? » Je restais silencieuse, contrariée qu’il me dise tout ça avant de réagir enfin en tentant de me défendre. « Je suis sortie avec Fred je te signale… C’est bien la preuve que j’avance… » « Oui, t’as avancé, c’est vrai. Et c’est bien. Il le faut. Mais je pense que ce que tu risquerais de ressentir pour ton beau chanteur est plus fort que ce que tu ressentais pour Fred, et ça, ça te fait encore peur. L’idée de vivre quelque chose de vraiment fort. » Je fixais le vide, méditant ses propos et je devais admettre qu’il avait surement raison. C'était pas que ce soir. C'était aussi à l'anniversaire d'Amy. J'aurais pu accepter qu'il soit marié mais j'avais fait marche arrière. Je pensais quand même qu'à l'époque il n'avait pas fait le deuil de son mariage mais ça m'avait en quelque sorte "arrangée" inconsciemment. Je sentais mon regard se brouiller de larmes et je sentais sa main frotter doucement mon dos. « Il sabote peut-être sa carrière mais toi tu sabotes ta vie privée parce que ça te fait peur. » « Je le fais pas exprès… » « Je sais… Faut juste que tu trouves le courage maintenant… » Je faisais oui de la tête tout en ravalant l’émotion.

C’est là que Arev avait débarqué, maladroit, comme souvent. On se retournait vers lui avec Gregory et l’auteur me lançait un regard qui en disait long. Il murmurait tout bas. « Il faut des gens têtus pour apprivoiser un cœur brisé, t’as de la chance, il l’est… » Il se levait et frottais son pantalon. « On avait terminé. Bonne soirée Arev. » Et il repartait en tapant sur l’épaule de l’arménien comme pour lui donner du courage à lui aussi. Je me relevais à mon tour et même si j’avais très envie de fuir, j’avais exprimé le contraire. « D’accord, mais pas ici… J’ai faim ! » Oui, c’était pas très logique mais le champagne me faisait tourner la tête. « Y’a un diner en face qui fait de super burger… » Je l’interrogeais du regard attendant son accord. « Je te laisse pas le choix, faut que je mange sinon je vais finir ivre… Donc si tu veux parler, suis moi! » Je laissais échapper un rire un peu bête et commençais à descendre les marches.

Fallait voir la tête des gens en nous voyant débarquer en smoking et robe de soirée. On prenait place sur une banquette et je passais commande pour un burger avec des frites et un coca. « Comme si on pouvait se nourrir à coup de p’tit fours… » Je râlais pour la forme et je finissais par arrêter de tourner autour du pot après un bref moment de silence. « Je suis excessive Arev… Je suis entière… J’ai parfois du mal à prendre du recul, à ne pas réagir avec le cœur, avec mes émotions mais c’est aussi ce qui fait que je suis sincère jusqu’au bout… Tout ça pour dire que je suis désolée d’avoir été dure ce soir… Je continue de penser que tu fais une erreur, je suis têtue vois-tu » Je me permettais un sourire avant de reprendre « Mais c’est ton choix et je dois le respecter même si j’ai du mal à l’accepter. » La serveuse venait déposer nos commandes avant de repartir. « Je pensais pouvoir te convaincre de continuer… J’étais vexée de ne pas y arriver, que ma chanson te donne pas envie de continuer… Les artistes ont souvent de problèmes d’égo, je ne fais pas exception… » Je grimaçais légèrement avant de piocher une frite dans mon assiette. « Je suis désolée… » ça m’avait demandé du courage et beaucoup d’humilité pour reconnaître mes torts mais je me sentais aussi plus légère de faire mon mea culpa.

_________________
☼ Take an angel by the wings, Ask her for the strength to stay ☾

On est des enfants de la nuit de la mélancolie. Le crayon s’en est aguerri on est introverti. Sans un bruit attendre l’embellie abrité de la pluie. Comme nés de l’ombre et du soupir on est introverti. Mais sous le manteau de l’hiver, La nature entaille la chair. J’ai dans mon chagrin des cimetières, Le cœur trop pur pour vraiment m’y plaire.
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
✔ INSCRIT LE : 16/06/2017
✔ MESSAGES : 72

MessageSujet: Re: T'en vas pas maintenant   Sam 29 Juil 2017, 23:18

Quand l'homme - Greg ? - décide de nous laisser seuls, je prends son geste pour une réelle preuve de gentillesse. C'est surement plus que ça. Après avoir été le plus sympathique possible avec Neela, il fait preuve d'indulgence et de tolérance vis à vis du crétin que je suis. Je n'ai pas le temps de le remercier cependant, lorsque je me retourne il est déjà hors de portée - sauf si je me mets à hausser le ton.
C'est à Neela que je suis venu parler, c'est avec elle que j'ai envie d'être. Nos amis respectifs semblent le comprendre autant que nous, si ce n'est plus.
Encouragé par ces démonstrations positives, je souris à la demoiselle qui, visiblement, est sur la même longueur d'ondes. Ne désespérons pas : nous pouvons être en accord ! La preuve ;

« Je te laisse pas le choix, faut que je mange sinon je vais finir ivre… Donc si tu veux parler, suis moi! »

« Euh, parfait j'adore les burgers ! »

Installés sur une banquette rouge vif au milieu d'adolescents et trentenaires désabusés, nous passons commande sur un ton plutôt léger. Je fais fis des regards étonnés et moqueurs pour me concentrer sur nous. Même s'il s'agit de me concentrer sur un morceau de steak. En effet, la belle revient vite à un sujet plus sérieux et c'est tant mieux. Nous devons parler, nous devons nous entendre et si nos caractères sont opposés, je veux juste être sûr de nos sentiments ...

Neela se dit excessive. J'écoute, attentivement. Elle est dure avec elle-même, et voilà qu'elle s'excuse de l'avoir été avec moi. Était-ce le cas ? Je ne suis pas objectif. Mais honnêtement, ses excuses me font du bien. Notre "dispute" m'a blessé, je ne veux pas que les choses soient ainsi.
Elle est désolée et je m'en veux aussitôt d'inspirer cette culpabilité.

« Oh Neela je suis désolé aussi... Je prends peut être une décision terrible, de manière qui paraît impulsive. je te promets d'y réfléchir, mais ce soir, là, j'ai autre chose en tête. »

Au milieu des paquets de frites sur cette table presque propre, j'attrape sa main et plonge mon regard noir dans le sien. Je n'ai pas de beaux yeux bleu ni les cheveux parfaitement coiffés comme sur les publicités sportives. Toujours mal à l'aise dans ce costume et toujours pas rasé, je souris, presque timide.

« Si tu as envie de fuir à nouveau... si tu veux qu'on ne se revoie plus jamais parce que, c'est douloureux pour toi ou pour vous... je comprendrais. Ca n'a jamais été aussi rapide pour moi, je crois, avec quelqu'un. On se connait peu finalement. Mais ce baiser l'autre soir à l'hôpital... »

Voilà, je m'égare. Je débute une phrase avec une idée, mais je perds mon but en quelques secondes. Je soupire, referme mes doigts sur sa main et lâche avec soulagement, fierté et certes, peur :

« Je t'aime. »

_________________
♪ A la vie, à l'amour
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
✔ INSCRIT LE : 12/06/2017
✔ MESSAGES : 80

MessageSujet: Re: T'en vas pas maintenant   Dim 30 Juil 2017, 00:04

Il s’excusait à son tour et ça achevait d’enlever un poids. Je préférais quand nos échanges se passaient comme ceux-là et que l’atmosphère était plus apaisée. Le fait qu’il promette de réfléchir à sa décision me réchauffait un peu le cœur et je le laissais attraper ma main, sans chercher à me dégager de son étreinte. Je lui rendais son sourire doux et timide et l’écoutais jusqu’au bout comme lui m’avait écoutée.

Il se perdait un peu mais quand il évoquait la possibilité de ne plus se revoir je faisais non de la tête. Je n’avais pas envie de couper les ponts. Je comprenais quand il parlait de rapidité, j’avoue que notre lien s’était rapidement créé et qu’il y avait eu ce petit quelques chose presque tout de suite. Il évoquait le baiser échangé à Paris, celui que j’avais beaucoup de mal à oublier. Mon cœur battait un peu plus vite, un léger sourire en repensant à ce moment précis.

Et puis, boum. J’avais retiré ma main plus rapidement que je ne l’aurais voulu. J'avais failli reposer ma main sur la sienne mais mon geste avait été trop brusque, j'avais tout gâché mais cette fois ce n'était pas du sabotage. Mon cœur avait loupé un battement et tout ce que j’arrivais à faire c’était l’observer, la bouche entrouverte mais sans aucun son qui en sortait. J’étais paniquée, je sentais mes yeux s’embrumer à nouveau de larmes. C’était trop. Trop d’un coup. Ça lui avait demandé du courage mais j’étais incapable de lui répondre. Je cherchais mon air, respirais un peu vite avant de déglutir et de me racler la gorge. « Arev, je… »

« Je… » Je passais ma main dans mes cheveux, complètement abasourdie par sa déclaration. Il fallait que je dise quelque chose avant qu’il ne s’éclipse, c’était un risque ça, qu’il s’en aille après une telle réaction, non ? « ça fait un peu beaucoup. » J’avais toujours le regard un peu trop brillant. « Je t’aime beaucoup mais tu l’as dit on se connaît peu… » J’avais envie de pleurer sans trop savoir pourquoi. Y’avait Noah dans ma tête, les conseils des gens qui m’étaient proches aussi, ça s’emmêlait, ça s’embrouillait. Ça me faisait paniquer. Je réalisais qu’il était à un stade auquel je ne me trouvais pas. Parce que ça prendrait du temps. « Je tiens à toi. Vraiment. Et pour moi aussi ça a été soudain. J’ai essayé de t’oublier après l’anniversaire d’Amy et il y a eu Fred mais c’était pas aussi… fort. » Je réalisais qu’une larme coulait le long de ma joue et je me dépêchais de l’essuyer. « Mais je n’en suis pas là… Je peux pas… Après tout ce que j’ai traversé, ça demande du temps… Je suis désolée je peux pas te dire… » Te dire tout ça. Ces mots-là. Je ne pouvais pas me dire amoureuse de lui. J’avais aimé Noah, plus que tout. Je l’avais perdu et ça m’avait laissé le cœur en miettes. Après ça, « je t’aime » n’était pas quelque chose de facile à dire. Je le regardais désespérée de ne pas pouvoir lui rendre sa déclaration tout en ne voulant pas le perdre. « Je suis désolée… » Et je me sentais ridicule à me mettre à pleurer comme ça. C’était juste trop d’émotions d’un coup. Je me sentais coupable de ne pas pouvoir lui rendre ses mots, et déchirée parce que malgré tout je tenais à lui et je ne voulais pas qu’il parte. C’était juste trop. Trop tôt. Je baissais la tête et je guettais le moment où il allait partir. A sa place, championne de la fuite, je serai partie.

_________________
☼ Take an angel by the wings, Ask her for the strength to stay ☾

On est des enfants de la nuit de la mélancolie. Le crayon s’en est aguerri on est introverti. Sans un bruit attendre l’embellie abrité de la pluie. Comme nés de l’ombre et du soupir on est introverti. Mais sous le manteau de l’hiver, La nature entaille la chair. J’ai dans mon chagrin des cimetières, Le cœur trop pur pour vraiment m’y plaire.
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
✔ INSCRIT LE : 16/06/2017
✔ MESSAGES : 72

MessageSujet: Re: T'en vas pas maintenant   Dim 30 Juil 2017, 14:56

Peut être que je ne réfléchis pas assez.
Mais nos duos, les répétitions magiques, ce baiser délicieux. Ou encore nos sourires partagés, les non dits si explicites à Paris. Ces rêves qui me hantent, ce désir de la voir, la vouloir ... Toutes ces choses pareilles à des détails insignifiants surtout pour deux personnes qui se connaissent depuis quelques mois à peine, ça paraît trop léger. Pour vous peut être. Moi je viens de divorcer, j'étais dingue de mon épouse. Quand je l'ai rencontrée. Le temps a passé, nous avons affronté des difficultés ensemble, puis l'une d'entre elles nous a fait tomber. Ça fait longtemps que je ne suis plus amoureux d'Isabelle. Je n'aimerai probablement personne comme je l'aimais elle car chaque histoire est unique, différente. Aucune comparaison ne peut être faite, je ne suis pas là pour remplacer, encore moins compléter l'un des ex de Neela.
Je ne prétends même pas pouvoir être son conjoint. Mais les sentiments que je ressens, depuis le début, forment une conclusion inévitable. Qui saute aux yeux, et pas que les miens. Je l'aime.

« Mais je n’en suis pas là… Je peux pas… Après tout ce que j’ai traversé, ça demande du temps… Je suis désolée je peux pas te dire… »

La voir pleurer me fend le cœur, je lâche aussitôt le repas que l'on s'offrait et ne sais plus si je dois serrer sa petite main plus fortement par solidarité ou la relâcher, par respect. Je reste figé, me mordant simplement la lèvre. Je suis désolé pour elle, je ne voulais surtout pas lui faire revivre de difficiles souvenirs, ni lui mettre une quelconque pression.
Elle s'excuse une fois de plus et, compatissant malgré mon manque d'expérience en matière d'un deuil si difficile, j'articule en espérant ne rien dire de déplacé :

« Tu n'as pas à l'être Neela je, je n'attends rien de toi ce soir. Ni jamais... tu sais ? »

Je souris, espérant pouvoir provoquer la même réaction sur ses jolies lèvres. Je me mets à caresser sa main tendrement. Mes sentiments ne doivent pas être une souffrance pour elle. Ni envahissants, ni obligeants, ni conséquents. Ils sont ce qu'ils sont. Ils sont là, et je voulais être honnête avec elle. Après tout, je la crois encore en couple avec Fred ;

« Excuse moi si c'était pénible à entendre, je ne pensais pas te blesser. »

Je pensais que ce serait dur à dire, étant donné que son cœur est potentiellement pris. Par le passé notamment. Par un homme présent également. Et si j'étais condamné à aimer une fille qui ne peut pas ? Qui ne m'aime pas ? Que la vie ne libère jamais pour moi ?
Soit, je veux simplement qu'elle soit heureuse.

« ...Ne tiens pas compte de ça. C'est... je voulais surtout expliquer le baiser de Paris. Il n'était pas léger, c'était sincère et en accord avec ce que je ressens pour toi. Neela, ce n'est pas ta faute si ce n'est pas réciproque ou trop tôt, ou impossible. »

C'est finalement compliqué à dire, quand je comprends le sens de tout ça. Aimer une personne qui n'est pas prête pour ces émotions, c'est douloureux. Et après ? L'amour fait ce qu'il veut, il n'attend pas de savoir si nous sommes prêts ou non ;

_________________
♪ A la vie, à l'amour
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
✔ INSCRIT LE : 12/06/2017
✔ MESSAGES : 80

MessageSujet: Re: T'en vas pas maintenant   Lun 31 Juil 2017, 11:32

J’essuyais mes joues pleines de larmes avec mes petits doigts, espérant limiter les dégâts question maquillage, histoire de rester encore un peu digne au milieu du restaurant mais au final, ça n’avait que peu d’importance. Je relevais les yeux vers Arev quand il se montrait rassurant. Il n’attendait rien et ça m’enlevait un peu du poids qui venait de s’abattre sur moi. Je tentais de lui rendre son sourire comme pour dire « ça va mieux » mais c’était encore un peu compliqué.

« Ce n’est pas pénible. » Ça ne l’était pas. Au contraire, c’était plaisant de savoir que je lui plaisais mais ce qui me mettait dans un état pareil c’était de ne pas en être au même point et d’avoir peur qu’il décide, pour se protéger, de partir. « C’est juste beaucoup d’un coup, comme si tu avais déjà traversé un fil suspendu dans le vide et que moi j’étais encore au-dessus du précipice à chercher comment ne pas tomber. Et ton… Ta déclaration, c’est comme le vent dans mon dos, ça me surprend et me déséquilibre même si ça me fait avancer… » Je me trouvais ridicule de parler par métaphore mais c’était ce que j’avais trouvé de mieux pour expliquer ce que je ressentais.

J’avais enfin arrêté de pleurer et je respirais à nouveau plus facilement. Il évoquait Paris, le baiser. Ce baiser que je n’avais jamais pu oublier. « Ce n’est pas impossible… » Je resserrais mon étreinte autour de sa main. « Ce n’est pas impossible. » Je relevais les yeux à nouveau vers lui. « Je tiens vraiment à toi. Tu me plais beaucoup. » Je me sentais rougir, je devais avoir une tête pas possible entre ça et le maquillage abîmé par mes larmes et mes yeux rougis. « C’est réciproque mais peut-être pas avec la même intensité… Pour le moment en tout cas… J’ai besoin de temps… » Mais il avait dit qu’il n’attendait rien. « C’est la première fois que je ressens ça depuis… Depuis le décès de Noah. » Je soufflais un peu. « Avec Fred c’était… C’est un type bien que j’aime beaucoup mais ça n’aurait jamais pu durer… C’était une histoire de transition… Importante mais pas éternelle. » Ce qui en aucun cas minorait l’importance de l’éditeur pour moi. Autant je savais qu’un jour, si le charme continuait d’opérer, je pouvais me dire amoureuse d’Arev, je savais tout aussi bien que ça n’aurait pas pu être le cas avec Fred. « Je veux pas oublier ce que tu viens de dire. Ni les moments qu’on a partagés jusque-là. J’ai pas oublié le baiser, je pourrais pas, même si je le voulais, et je ne veux pas. »  Mes doigts jouaient avec les siens et je les observais en silence. « Il y a ce que je ressens et il y a les mots pour le dire et pour l'instant, j'ai encore trop peur des mots... » 

_________________
☼ Take an angel by the wings, Ask her for the strength to stay ☾

On est des enfants de la nuit de la mélancolie. Le crayon s’en est aguerri on est introverti. Sans un bruit attendre l’embellie abrité de la pluie. Comme nés de l’ombre et du soupir on est introverti. Mais sous le manteau de l’hiver, La nature entaille la chair. J’ai dans mon chagrin des cimetières, Le cœur trop pur pour vraiment m’y plaire.
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
✔ INSCRIT LE : 16/06/2017
✔ MESSAGES : 72

MessageSujet: Re: T'en vas pas maintenant   Mar 01 Aoû 2017, 15:07

Neela a traversé des épreuves que je ne mesurerai jamais, j'espère. Je ne peux aucunement porter de jugement sur sa réaction ce soir. Et puis je n'avais pas prévu de lui faire un pareil aveu ! Je suis presque aussi surpris qu'elle. Les mots me sont venus si naturellement, aussi instinctivement que mes sentiments à son égard.
Peut-être que sa réserve m'arrange un peu. Il faut d'ordinaire plus de temps pour bâtir de telles émotions, j'ai si peur de tout gâcher en me livrant trop prématurément.

L'évocation de Noah me serre le cœur par compassion et peine. L'évocation de Fred me serre à nouveau le cœur mais la raison est bien différente. Clairement jaloux et à la fois soulagé de comprendre que leur histoire est terminée, je me contente d'acquiescer. Je n'ai pas à donner mon avis, l'important c'est juste son bonheur.

« Je veux pas oublier ce que tu viens de dire. Ni les moments qu’on a partagés jusque-là. J’ai pas oublié le baiser, je pourrais pas, même si je le voulais, et je ne veux pas. »

« Je veux pas non plus. »

Ses doigts se resserrent sur les miens et ce message discret est un soulagement. Elle ne me repousse pas. Certes, je reste un peu paumé et seul dans cet amour reconnu, mais je n'en ressens pas la moindre colère. Juste de l'embarras. Je n'aurai jamais voulu causer ses larmes.
Heureusement la belle sèche les sèche déjà.

« Il y a ce que je ressens et il y a les mots pour le dire et pour l'instant, j'ai encore trop peur des mots... »

Elle a raison. Certains mots blessent, d'autres heurtent, parfois ils choquent. J'aurai du faire attention et peut-être garder ça pour moi. En revanche, si les mots peuvent contrarier malgré nous, un geste tendre n'est que tendresse...
Je me lève et me penche sur la table pour approcher mon visage du sien. Pas d'intrusion, pas d'impolitesse, je guide mes lèvres à sa joue dans l'espoir d'un contact doux. Simple. Pur.

Je n'attends pas qu'elle me dise je t'aime. Je n'attends pas que l'on soit Roméo et Juliette car nous sommes Neela et Arev, et notre histoire, quel que soit son chemin, nous appartient.


_________________
♪ A la vie, à l'amour
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
✔ INSCRIT LE : 12/06/2017
✔ MESSAGES : 80

MessageSujet: Re: T'en vas pas maintenant   Mar 01 Aoû 2017, 21:47

J’avais de la chance d’être tombée sur quelqu’un comme Arev. Il fallait du courage mais surtout beaucoup de patience pour accepter de rester à cette table après tout ce que j’avais dit. Certes, je venais à moitié de lui avouer qu’il me plaisait et que un jour, je pourrais sans doute lui retourner sa déclaration mais il aurait pu aussi se froisser et choisir de partir. Au cas où. Au lieu de ça, sa main était toujours dans la mienne et ça me donnait un peu de courage.

Je l’avais observé se lever et à son baiser sur ma joue, j’avais souris. Je relevais les yeux vers lui avec un petit sourire tout timide et je me sentais d’ailleurs rougir. Il y avait eu trop d’émotions pendant cette soirée, je me sentais vidée. Vidée et affamée. Malgré ce qui s’était passé, la réaction d’Arev m’avait rassuré et rien ne m’avait coupé l’appétit. « Je dois avoir une tête horrible. » J’avais étouffé un rire en cherchant à me cacher avec mes mains. « Je reviens… » Je lâchais sa main à contre cœur pour aller me rafraîchir aux toilettes. Juste le temps de passer un peu d’eau sur mon visage et de me redonner une contenance. Les yeux un peu rougis et brillants encore de l’émotion passée mais je ne ressemblais pas à un panda.

J’étais revenue à notre table mais je m’étais assise à côté de lui cette fois. Je tendais la main pour tirer mon assiette du bon côté de la table et déposais ma tête sur son épaule avant de lui piquer une frite. « J’étais trop loin, assise en face. » Je relevais une petite tête malicieuse vers lui avant d’attraper mon burger. « Je sais pas toi… Mais j’ai faim ! » Et je mordais dedans en essayant de ne pas en mettre partout. J’étouffais un rire quand la tomate se faisait la malle et m’empressait d’attraper une serviette pour limiter les dégâts. « Tu parles d’un glamour… »

On dégustait nos burgers et la serveuse était revenue débarrasser nos assiettes tout en nous apportant la carte des desserts. Je savais déjà que je prendrais un milk-shake à la vanille. Je me tournais vers Arev, l’observant avec tendresse et comme vidée par la tornade d’émotion qui s’était abattue sur nous, j’étais apaisée au moment d’aborde le sujet de sa fin de carrière. « Qu’est-ce que tu vas faire maintenant ? Tu vas continuer la fac ? » Je me demandais s’il y avait réfléchi. S’il pouvait se permettre d’attendre un peu ou s’il devait trouver rapidement une solution. « Je t’aurais bien dit de postuler au King’s mais je connais ta maladresse… » Je le taquinais gentiment, un sourire de chipie sur le visage.

_________________
☼ Take an angel by the wings, Ask her for the strength to stay ☾

On est des enfants de la nuit de la mélancolie. Le crayon s’en est aguerri on est introverti. Sans un bruit attendre l’embellie abrité de la pluie. Comme nés de l’ombre et du soupir on est introverti. Mais sous le manteau de l’hiver, La nature entaille la chair. J’ai dans mon chagrin des cimetières, Le cœur trop pur pour vraiment m’y plaire.
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
✔ INSCRIT LE : 16/06/2017
✔ MESSAGES : 72

MessageSujet: Re: T'en vas pas maintenant   Jeu 03 Aoû 2017, 12:35

Nos retrouvailles, hasardeuses dans le studio, n'ont pas bien commencé. Bien sûr revoir son sourire m'a immédiatement empli de joie et j'ai cru, dès que j'ai croisé son regard, que l'épreuve que je m'apprêtais à affronter allait être moins douloureuse. Je me suis trompé. Le ton est péniblement monté entre nous. A la fois en désaccord sur la façon dont j'abordais le problème mais aussi victimes de nos maux respectifs, nous avons mal géré l'obstacle.
Au final ? On s'en sort comme des chefs. Alors oui j'ai articulé des mots à l'impact pénible et si je les pense, j'aurai mieux fait de les réserver pour plus tard. Ça aurait pu définitivement achever la soirée. Mais Neela a su gérer ses émotions et, ensemble, nous avons trouver les mots... les gestes, pour relever la tête.

Quand elle s'éclipse quelques instants, je prends le temps de respirer. Cette fille est proportionnellement aussi géniale que je suis maladroit en sa présence ! Comme si tout était fait pour que je la fasse fuir. Pourtant elle reste. Je la vois revenir, si belle, pour s'assoir à côté de moi.

" J'ai faim aussi ! Rien n'entame mon appétit... "

Je souris en la voyant se battre avec le contenu du burger, haussant les épaules avec indulgence.

" C'est comme ça qu'on mange ce type de repas, rassure toi. "

La taquinant d'un léger coup de coude, je dévore mon sandwich aussi rapidement qu'elle. Devant la carte des desserts, je choisis de l'accompagner : ce serait bête de saliver devant son choix gourmand !
Neela revient à une conversation plus sérieuse, avec beaucoup de neutralité cette fois. Je souris. En fait ça fait du bien d'en parler tout en sachant que je serai écouté. Ça me permet de réellement penser à la suite ;

" Hey ! Tu sous-entends que je renverserai toutes les commandes !? ... "

Faisant mine d'être choqué, je me décale un peu de la demoiselle avant de rire. Impossible d'être crédible, elle a raison je serai incapable de faire ce boulot.

" Bon ok, oublions le King's. Oui je pense continuer à la fac. Enfin, j'espère qu'ils me garderont un peu. Je vais leur dire que j'ai davantage de disponibilités. Je m'entends bien avec les étudiants. "

Ça ne remplacera jamais ma vocation, mais clairement, j'y passe de très bons moments. Quant à savoir si ça suffira pour me faire vivre ... j'ai assez d'avance pour repousser ce détail.

" ...ma maladresse ne me prive pas de venir boire un verre de temps en temps, rassure moi ? "

J'ai bien l'intention de lui rendre visite au bar. Après, j'espère que l'on se verra avec plaisir et sans gêne. Ma question concerne plus que le bar, c'est un peu notre relation que je jauge. Va-t-elle accepter que l'on se côtoie encore ? De quelle manière ?
Je profite de cette proximité pour me coller davantage, la laissant replacer sa tête sur moi si elle le souhaite.

_________________
♪ A la vie, à l'amour
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
✔ INSCRIT LE : 12/06/2017
✔ MESSAGES : 80

MessageSujet: Re: T'en vas pas maintenant   Jeu 03 Aoû 2017, 22:35

Je souriais amusée alors que je finissais tout de même par venir à bout de mon burger sans trop faire de dégâts et surtout sans tâcher ma jolie robe blanche. Une réussite ! J’avais opté pour un milkshake en guise de dessert que la serveuse était partie chercher avec le dessert d’Arev alors que je profitais de cette pause dans notre repas pour l’interroger sur son avenir loin de la chanson. Cela avait été également l’occasion de le taquiner sur sa maladresse presque légendaire.

Devant son air choqué, je faisais mine de réfléchir avant de prendre un air très décidé. « Je ne sous-entends pas, je le dis ! » Et j’avais ris avec lui, repensant à la façon dont il avait rattrapé l’un des verres le jour de notre rencontre. Arev était doué pour sans doute tout un tas d’autres choses mais je ne le voyais absolument pas porter des plateaux avec des verres et des boissons dessus. Mieux valait qu’il nous laisse faire le travail avec Andy.

« Je te souhaite que ça marche alors et qu’on puisse te confier plus de cours… » Je souriais doucement avant de rajouter. « Tu pourrais aussi être professeur de chant ou de piano ? » Je haussais les épaules, c’était une façon comme une autre de faire de la musique sans être sur le devant de la scène. Il avait l’air en tout cas de ne pas être trop en galère et d’avoir le temps de se retourner c’était sans doute une pression de moins.

Face à sa question, je restais une seconde de trop silencieuse mais je venais de réaliser qu’on ne s’était pas vraiment compris. En fait, j’avais décidément beaucoup de mal à faire comprendre à Arev où j’en étais. Je n’avais peur que des mots, pas du reste. Je voulais passer du temps avec lui, tout le temps à venir si je m’écoutais. C’était juste les mots pour exprimer les sentiments qui m’effrayaient. Lui dire « je t’aime » n’était pas possible mais je ressentais clairement quelque chose pour lui. Il n’était pas qu’un ami. « Seulement de temps en temps ? » Je me collais contre lui alors que la serveuse portait nos desserts. Je glissais ma main dans la sienne sous la table. « Je ne pensais pas me contenter d’un verre de « temps en temps »… » Et j’aspirais une gorgée de milkshake avec ma paille tout en lui lançant un regard malicieux. Je me redressais sans pour autant trop m’éloigner « En fait, t’as pas compris… Je comptais te voir si souvent que tu finirais par en avoir marre… » Je faisais oui de la tête pour souligner à quel point j’allais jouer les pots de colle. « Tu peux encore te sauver si tu veux échapper au pot de colle que je pourrais être. » Et je faisais mine de quitter la banquette pour le laisser se sauver, espérant qu’il me retienne tout de même.

_________________
☼ Take an angel by the wings, Ask her for the strength to stay ☾

On est des enfants de la nuit de la mélancolie. Le crayon s’en est aguerri on est introverti. Sans un bruit attendre l’embellie abrité de la pluie. Comme nés de l’ombre et du soupir on est introverti. Mais sous le manteau de l’hiver, La nature entaille la chair. J’ai dans mon chagrin des cimetières, Le cœur trop pur pour vraiment m’y plaire.
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
Contenu sponsorisé



MessageSujet: Re: T'en vas pas maintenant   

Revenir en haut Aller en bas
 
T'en vas pas maintenant
Voir le sujet précédent Voir le sujet suivant Revenir en haut 
Page 1 sur 3Aller à la page : 1, 2, 3  Suivant
 Sujets similaires
-
» Mais comment Moto GAto va faire pour gagner maintenant?
» Haiti a maintenant un premier ministre ...
» 2064 - 207? : Crash2.0 et... maintenant? (Epoque SR3 - SR4)
» SOPA, PIPA? A la poubelle: maintenant ils ont ACTA!
» Allez, tous ensemble... On se motive... Et maintenant, on va regarder la pub.

Permission de ce forum:Vous ne pouvez pas répondre aux sujets dans ce forum
New York Excelsior :: New York City :: Manhattan :: Broadway-